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En 2015, c’est sur la route que l’on rencontre toutes les erreurs précipitées

En 2015, c’est sur la route que l’on rencontre toutes les erreurs précipitées

Route

En 2015, c’est sur la route que l’on rencontre toutes les erreurs précipitées

Dans les revues de l’Observation et Statistique du service de l’observation et des statistiques (SOeS) du Commissariat général au développement durable (CGDD), une synthèse sur la branche du transport montre qu’en 2015 le secteur a vu une progression de voyageurs et une augmentation de la production de services annexes au transport entrainant des externalités négatives, à commencer une progression de la mortalité sur nos routes, mais aussi des émissions de gaz à effet de serres remontant à la hausse. Alors que les recettes des administrations liées au transport progressent de 6,6 %, tirées par la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) – (environ 60 % des recettes publiques) qui augmente de 10,3 %, l’investissement en infrastructures de transport recule, en particulier sur les routes secondaires et les lignes ferroviaires à longue distance.

Si l’année 2015 est marquée par un prix très bas du pétrole qui profite aux pays importateurs de pétrole brut mais pèse sur l’économie des pays exportateurs, il favorise des externalités plus négatives que positives. En effet, la circulation routière est repartie à la hausse. Constituée à plus de 70 % par celles des voitures particulières françaises, la circulation routière, en 2015, a augmenté de 2,2 % à un rythme plus élevé que sa moyenne annuelle depuis 2010 (+ 0,9 %) ; celle des voitures particulières s’accroît de 2,4 %, combinant une augmentation du parc de 0,6 % et des parcours moyens de 1,9 % ; celle des véhicules utilitaires légers de 2,3 %. La circulation des véhicules lourds baisse à nouveau (- 0,6 %) en 2015, tirée par celle des poids lourds de marchandises, malgré une augmentation de celle des bus et cars français et étrangers (+ 1,5 %).

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Première externalité, la mortalité due aux transports augmente

Pour la seconde année consécutive, le nombre de tués sur les routes de France métropolitaine a augmenté. Avec 3 461 tués, la mortalité augmente de 2,3 %, après 3,5 % en 2014, l’accident entre un autocar et un poids lourd en Gironde étant à lui seul responsable du décès de 43 personnes. Le nombre d’accidents sur les autoroutes continue d’augmenter pour la quatrième année consécutive. Le nombre de tués dans des accidents impliquant un poids lourd est en baisse.

En dehors de la route, l’année 2015 est marquée par deux accidents importants : celui de l’A320 de Germanwings (150 tués) et le déraillement du TGV-Est (11 morts). Les nombres de personnes décédées et disparues en mer diminuent.

Deuxième externalité, les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse

Avec l’augmentation de la circulation, la consommation de carburant routier progresse de 1,3 % au total, dont 2,0 % pour le transport individuel de passagers ; la consommation de carburéacteurs pour le transport aérien progresse de près de 5 %.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) dues aux transports, qui proviennent à 93 % du transport routier, s’accroissent de 0,9 % alors qu’elles étaient sur une tendance à la baisse depuis 2004 (- 0,7 % en moyenne annuelle). Les émissions de GES dues aux transports représentent un peu plus de 2 tonnes CO2 eq par habitant, alors que l’objectif fixé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte est de 2 tonnes CO2 eq par habitant pour l’ensemble des secteurs (les transports représentent un peu moins de 30 % des émissions totales) (graphique 4).

Dans les zones situées à proximité des grands axes routiers, les teneurs en particules et les concentrations de NO2 continuent souvent à dépasser les seuils réglementaires, même si elles sont en diminution. Au total, les émissions de NOx et d’autres polluants atmosphériques poursuivent leur baisse.

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LE TRANSPORT DE VOYAGEURS EST EN NETTE HAUSSE

La consommation des ménages en transport progresse, en dépense comme en voyageurs-km
La consommation des ménages en transport, qui contribue à la moitié de la dépense totale nationale de transport, progresse de 2,3 % en volume (i.e. à prix constants), un peu plus rapidement que leur consommation totale. Les dépenses de transport individuel progressent de 2,4 %, celles de transport collectif (17,3 % des dépenses de transport) de 2,0 %. Les achats de véhicules par les ménages progressent très nettement en 2015 (+ 6,7 % en valeur, + 5,8 % en volume) en lien avec les immatriculations de voitures particulières neuves en 2015 (1,89 million) qui augmentent de 6,8 % mais restent à un niveau bas après quatre années consécutives de repli entre 2010 et 2013 ; il s’agit surtout de voitures à essence (+ 24,9 %) ou à motorisation alternative qui représentent 4,1 % des immatriculations en 2015. Les dépenses des ménages en transport collectif poursuivent leur progression (+ 2,0 % en volume), à un rythme plus soutenu que les années précédentes (+ 1,5 % en volume en moyenne depuis 2010).

En 2015, le transport intérieur de voyageurs (mesuré en voyageurs-km) croît sensiblement (2,1 %), à un rythme bien supérieur à sa moyenne annuelle depuis 2010 (+ 0,8 %), du fait de l’accroissement du transport en véhicules particuliers (+ 2,4 %) qui représente 79,5 % du transport de voyageurs (graphique 2).

Le transport collectif sur longue distance repart aussi (+ 0,9 % après – 0,9 % en 2014). Le transport ferroviaire progresse légèrement (+ 0,3 %, – 0,9 % en 2014), cumulant une croissance sur les trains à grande vitesse (+ 0,6 %) et un moindre ralentissement des trains interurbains classiques (- 2,0 % contre – 6,1 % en 2014). Le transport aérien intérieur croît, en nombre de passagers, de 1,0 % après une baisse de 2,3 % en 2014. Enfin, le transport routier en autocars interurbains, réguliers ou occasionnels, qui n’inclut pas encore les nouveaux services de cars mis en place en application de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, progresse de 1,6 %.

En revanche, le transport collectif de proximité ralentit (+ 0,8 % contre 1,1 % en 2014). Le transport urbain (22,6 % du transport collectif) croît de 1,1 %, à un rythme deux fois plus faible que sa croissance annuelle moyenne depuis 2010. En Île-de-France, où se concentrent plus des trois quarts des transports urbains de France, sa croissance (0,8 %) est particulièrement modérée en raison de la baisse de trafic due aux attentats de janvier et novembre et des travaux sur le RER A en été. Seul le transport en tramway confirme son dynamisme. Hors Île-de-France, le transport urbain ralentit aussi (+ 2,1 % contre + 3,0 %), mais reste plus dynamique pour la dixième année consécutive qu’en Île-de-France ; il progresse dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants (+ 2,6 %) mais diminue légèrement dans celles de moins de 100 000 habitants (- 0,3 %). Le transport ferroviaire de proximité en TER est toujours en baisse en 2015 (- 0,3 %) mais moins qu’en 2013 et 2014.

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La santé économique du secteur du transport de voyageurs se redresse

L’accroissement du transport de voyageurs se traduit par une progression de la production des branches correspondantes (2,3 %). Le nombre d’entreprises progresse de 11,7 % : ce dynamisme concerne les taxis (y compris VTC) et les caristes ; l’emploi salarié croît dans ces deux secteurs (+ 5,7 % et 3,5 %) mais continue de baisser dans les deux grandes entreprises que sont SNCF et Air France, dont les résultats se redressent (redevenus positifs). Cependant, la part des compagnies françaises sur les faisceaux étrangers (hormis l’Afrique) est en recul depuis 2013. Les résultats des activités ferroviaires de SNCF mobilité sont stables ou en légère croissance en 2015.

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