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5 patrimoines à l’honneur : Les Rubans du Patrimoine 2016

5 patrimoines à l’honneur : Les Rubans du Patrimoine 2016

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5 patrimoines à l’honneur : Les Rubans du Patrimoine 2016

Lancé en 1994 sous le nom de « Villes et Villages gagnants », le concours les rubans du Patrimoine distingue et récompense, par des prix nationaux, régionaux et départementaux, des communes ayant réalisé des opérations de rénovation ou de mise en valeur de leur patrimoine bâti.

Les rubans du Patrimoine sont organisés dans le cadre d’un partenariat entre la Fédération Française du Bâtiment, l’Association des maires de France, la Fondation du patrimoine, et depuis 2014, la Caisse d’Epargne.

Le jury national des rubans du Patrimoine 2016 a décerné alors :

  • un prix national au titre des communes et structures intercommunales de moins de 3 500 habitants ;
  • un prix national au titre des communes et structures intercommunales de plus de 3 500 habitants et moins de 20 000 habitants ;
  • un prix national au titre des communes et structures intercommunales de plus de 20 000 habitants ;
  • un prix spécial « Dynamisme territorial » ;
  • un prix spécial du Jury ;
  • enfin un prix régional a été remis aux communes non primées par le jury national.

 

Prix national au titre des communes et structures intercommunales de moins de 3 500 habitants ;

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© Olivier Yves LAGADEC

Perrecy-les-Forges – Saône-et-Loire – 1 728 hab. – Restauration de l’église St Pierre-St Benoît

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L’église Saint-Pierre Saint-Benoît est l’édifice principal qui subsiste encore du Prieuré de Perrecy, fondé au XIème siècle par les moines de l’Abbaye de Fleury. C’est l’un des édifices majeurs de l’art roman en Bourgogne.

Vers 1491, l’abside du XIème est remplacée par un chevet à trois côtés de style gothique tardif. Les nombreux remaniements qui s’échelonnent du XVème au XIXème siècle n’ont pas entaché l’authenticité et l’originalité de ce bâtiment.

La valeur historique et architecturale de l’édifice a permis qu’il soit inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1862.

En 2009, face aux risques pour la sécurité des personnes, l’église a dû être fermée au public. Il est apparu de graves désordres sur la nef. Les architectes trouvent leur origine dans une intervention surprenante, effectuée au milieu de XIXème, consistant à la suppression des entraits bas et des poinçons de la charpente. Les pieds de celle-ci poussant alors au vide ont entrainé le mur gouttereau sud de la nef, qui a progressivement pris appui sur la charpente du bas-côté sud, elle-même renvoyant les efforts sur le gouttereau du bas-côté.

Le caractère évolutif des déformations, menaçant la stabilité de l’ensemble du bâtiment, a rendu indispensable les travaux de consolidation et le contrebutement des maçonneries. Il a fallu également procéder au démontage intégral de la charpente, étape incontournable pour permettre la reprise des assemblages et la restitution des entraits bas indispensables à sa bonne tenue.

Le bas-côté, rétabli dans sa configuration d’origine avec une couverture en demi-carène, abrite désormais un dispositif d’étaiement permanent contrebutant le mur gouttereau sud de la nef sur celui du bas-côté, lui-même repris par des contreforts en béton armé insérés dans les contreforts existants.

Profitant des échafaudages, les parements intérieurs ont été dégagés et restaurés, ainsi que les vitraux. Un éclairage mieux adapté à la volumétrie de l’église a été installé pour apporter une touche finale à sa mise en valeur.

Suite à ces importants travaux de consolidation, l’église est à nouveau ouverte au public. Trois nouvelles tranches de travaux vont suivre.

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© Olivier Yves LAGADEC

Prix national au titre des communes et structures intercommunales de plus de 3 500 habitants et moins de 20 000 habitants

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© Olivier Yves LAGADEC

Châteaugiron – Ille-et-Vilaine – 7 400 hab. – Restauration de la chapelle du château

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© Olivier Yves LAGADEC

La chapelle Sainte-Marie-Madeleine, classée au titre des Monuments Historiques, est le plus ancien vestige du château puisqu’elle est attestée dès 1184. D’une grande sobriété architecturale, en grande partie romane, l’édifice a connu différents usages au cours des siècles. Chapelle castrale, son histoire se confond d’abord avec celle du château mais aussi avec celle de la ville et de la paroisse puisqu’elle fut église paroissiale durant quatre siècles, jusqu’en 1865.

Désaffecté, l’édifice est transformé en salle de patronage puis réhabilité en salle de cinéma de 1927 à 1978, date à laquelle il devient la propriété de la mairie qui le convertit en salle d’escrime.

Une première campagne de sondages en 2004 a permis de découvrir des peintures murales créées entre le XIIème et le XVIIIème siècle.

En 2009, la mairie lance les travaux de restauration de la chapelle pour lui redonner vie, la mettre et valeur et l’ouvrir au public. Deux décisions sont prises : le décor néo-gothique sera déposé et les décors peints consolidés et restaurés. Par ailleurs, la charpente lambrissée sera restituée.

La première étape a consisté à restaurer les extérieurs : réfection des maçonneries à l’ancienne, rehausse de la toiture et reconstruction complète de la charpente, poutres engoulants sculptés, pose de vitraux ouvragés, d’une voûte lambrissée en châtaignier, réhausse du clocheton, le tout façonné à l’identique.

Dans un deuxième temps, la restauration du chœur et des intérieurs est lancée. Les murs ont été consolidés en maçonnerie et recouverts de badigeon, ocre pour le cœur, blanchâtre pour la nef. Les peintures murales ont été restaurées et la litre funéraire avec ses armoiries a été dégagée et restaurée. 1100 dalles en granit recouvrent le sol.

La ville a souhaité accueillir un centre d’art au cœur de la chapelle. « Les 3 CHA » (La CHApelle du CHAteau de CHAteaugiron) est inauguré en 2015 et a accueilli 7 000 visiteurs en 6 mois. Véritable écrin pour l’art, ce lieu riche et de qualité propose une programmation culturelle contemporaine.

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© Olivier Yves LAGADEC

Prix national au titre des communes et structures intercommunales de plus de 20 000 habitants ;

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© ARC&SITES – NUNC – photo Olivier Yves LAGADEC

Communauté de Communes du Thouarsais – Deux-Sèvres – 36 293 hab. – Restauration de l’hôtel du Président Tyndo et trans- formation en conservatoire de musique et de danse

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© ARC&SITES – NUNC – photo Olivier Yves LAGADEC

L’hôtel du Président Tyndo (Louis Tyndo, sénéchal de la vicomté, premier président du parlement à Bordeaux), construit dans la seconde moitié du XVème siècle, est un édifice style renaissance emblématique au cœur de Thouars.

Sa position urbaine privilégiée et l’ampleur du site ont conduit la ville de Thouars à acquérir l’hôtel en 1873 pour y établir une école de filles. Ce changement d’usage va nécessiter un agrandissement et des transformations. Une nouvelle aile est construite dans un style néo- médiéval qui abrita les salles de classe et le grand dortoir. Après le départ de l’école en 1979, l’hôtel particulier tombe en désuétude et est désaffecté pendant 30 ans.

La grande tour d’escalier du XVème fut classée au titre des monuments historiques en 1889. Le corps de logis XVème et les bâtiments du XIXème sont inscrits à l’ISMH en 2013.

L’édifice est très dégradé. La communauté de Communes du Thouarsais a choisi la reconversion de ce lieu en conservatoire plutôt que le projet de construction neuve. Les bâtiments ont été restaurés en rétablissant les dispositions anciennes du bâtiment de la Renaissance : restauration des façades en pierre de taille, restitution des menuiseries à vitraux, dégagement et restauration des cheminées médiévales aux décors peints du XVIIème, restitution de parquets et de terre cuite traditionnelle, restauration des menuiseries du XVème siècle par greffe.

Les bâtiment XIXème, de style néo-médiéval, ont fait l’objet d’importants travaux : consolidation de la charpente, renforcement des structures de planchers pour répondre aux contraintes réglementaires en conservant leur rôle aux structures anciennes.

L’hôtel accueille dorénavant un conservatoire intercommunal de musique et de danse et devient ainsi un lieu d’enseignement, de diffusion et de rencontres. Le conservatoire reçoit plus de 800 élèves depuis septembre 2015.

Il est ouvert à la visite au même titre que les 8 autres monuments historiques de la commune. Il constitue un atout pour le développement touristique et apporte la première pierre du processus de revitalisation du centre ancien de Thouars.

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© ARC&SITES – NUNC – photo Olivier Yves LAGADEC

Prix spécial « Dynamisme territorial »

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© Olivier Yves LAGADEC

L’Isle-Adam – Val d’Oise – 12 000 hab. – Rénovation des cabines de bain de la plage de l’Isle-Adam

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© Olivier Yves LAGADEC

Depuis longtemps les adamois prennent des bains dans le bras de l’Oise dit du « Cabouillet » où l’on trouve, dans un méandre, une plage naturelle dont l’accès était libre autrefois.

À la fin du XIXème siècle, une série de cabines en bois est construite sur le terrain qui domine le chemin de halage. Le bras du Cabouillet est resté navigable jusqu’à 1903, les cabines ont ensuite été descendues sur le rivage.

En 1910, le site est agrandi. Une cinquantaine de cabines, disposées comme les anciennes écuries du Prince de Conti, sont construites et quelques équipements sont installés : bar, accueil, terrasse en bois, plongeoir…

Dans les années 1920, la plage s’agrandit d’une cinquantaine de cabines supplémentaires, d’un kiosque à musique, d’un grand pavillon central, d’un grand plongeoir et de cours de tennis. Elle atteint alors 3,5 hectares et gagne le titre de « station touristique ».

Les années 1930 voient la construction de bassins en ciment, indépendants de la rivière, avec des cascades.

L’endroit devient très à la mode entre les deux guerres. Cette plage est historiquement un témoignage du passé du tourisme balnéaire de la région Ile-de-France.

La ville devient propriétaire en 1981 et développe une offre touristique attractive en liaison avec les activités fluviales.

Les cabines ne sont plus utilisées depuis 30 ans en raison de leur vétusté. En 2015, la commune entame la démolition et la reconstruction à l’identique de 44 cabines individuelles et de 2 cabines collectives pour accueillir les groupes en utilisant des matériaux nobles : bois, tuiles, zinc, comme à l’origine. Un cheminement adapté a également été créé.

La plage de l’lsle-Adam reste la plus grande plage fluviale de France. 25 saisonniers y travaillent de fin avril à début septembre.

Ce projet doit conduire à proposer aux visiteurs et à tout organisateur potentiel, une mise à disposition d’équipements de qualité à vocation culturelle, associative et ludique, dans un cadre verdoyant, attrayant et sécurisé, unique en France.

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© Olivier Yves LAGADEC

Prix spécial du Jury

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© Olivier Yves LAGADEC

Houdan – Yvelines – 3 432 hab. – Réhabilitation intérieure du donjon du XIIème et de ses accès avec construction d’un nouveau beffroi

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© Olivier Yves LAGADEC

Le donjon de Houdan est une tour fortifiée médiévale bâtie entre 1125 et 1132 par le Comte de Montfort pour renforcer la ligne de défense ouest de son domaine qui était la plus exposée aux attaques normandes.

A partir du XVIème siècle et jusqu’à la révolution, le donjon sert de prison. Son accès par pont-levis est alors supprimé et remplacé par une porte percée au niveau de la motte.

En 1880, le donjon accueille la cuve d’un château d’eau jusqu’à la grande guerre.

Il est classé au titre des Monuments Historiques depuis 1886.

Le donjon devient propriété de la ville en 1902 et une nouvelle cuve est positionnée en 1952 jusque dans les années 1960 où il retombe en déshérence.

Une partie essentielle du travail de restauration a été de remettre en valeur les parements intérieurs du donjon, en pierre de taille et moellons, identiques à ceux de l’extérieur. Ces parements avaient été négligés au fil des siècles et tombaient en ruine. Il a également fallu restituer les cheminements intérieurs en galets roulés ou « calade » d’origine.

Pour valoriser ces parements, il a fallu reprendre et modifier le gros œuvre du château d’eau construit à l’intérieur, en respectant les méthodes de construction d’origine.

La création d’une salle de projection dans la cuve à double parois concentriques située au sommet du donjon faisait partie du challenge du chantier.

La restauration a été guidée par la volonté de conserver l’ensemble des traces archéologiques : les planches de coffrage d’origine, les joints rubans du XIIIème siècle, les graffitis, les enduits du XVIème siècle, les anciens empochements des planchers successifs.

Depuis la restauration de l’enveloppe intérieure, le donjon est devenu un établissement de 5ème catégorie autorisant l’accueil de 50 personnes. La salle basse est destinée aux conférences, concerts, expositions… Au 1er étage, l’ancienne cuve du château d’eau a été transformée en salle de projection avec écran incurvé.

La terrasse récompense les plus courageux qui n’auront pas eu peur d’affronter les quelque 250 marches en leur permettant de profiter de la vue à 360°.

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© Olivier Yves LAGADEC

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