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Cinquième session du Global Award For Sustainable Architecture…
Créé en 2006, le Global Award for Sustainable Architecture a donc cinq ans. Cinq ans d’engagement pour récompenser les architectes Le Global Award récompense tous les ans cinq architectes qui s’engagent dans le projet d’une architecture durable pour une nouvelle orientation, créatrice et éthique et ce du Nord au Sud, et d’Est en Ouest, en société urbaine développée comme dans les villes informelles
Ce concours a donc pour mission de réunir un panel d’architectes qui œuvrent à travers des projets concrets sur les problématiques sociétales, en rassemblant ce consortium, le Global Award permet de promouvoir cette architecture durable et place ainsi ces architectes au premier rang et permet de faire partager leurs travaux rassemblant ainsi toutes les compétences en matière de développement durable. Le concours livre les connaissances, les démarches innovantes et favorise les échanges concernant les principes sociétaux, sociaux, politiques et surtout environnementaux.
Le Global Award a été créé en 2006 sur un concept de l’architecte et professeur JanaRevedin, grâce au soutien de partenaires français et européens : la Cité de l’architecture & du patrimoine et le Conseil général des Yvelines, le Comité scientifique. La Cité de l’architecture & du patrimoine a développé depuis lors la valorisation culturelle du prix et de ses lauréats, en France et à l’étranger.
En avril 2010, Jana Revedin a créé le LOCUS Fund pour porter le prix, garantir l’indépendance du Comité scientifique et lancer des actions de transmission et d‘expérimentation dans le monde, avec le Global Award College qui réunit les architectes lauréats. Le Global Award for Sustainable Architecture a reçu en 2011 le patronage de l’UNESCO.
Chaque année, la Cité accueille les nouveaux lauréats en symposium. Avec 5 lauréats venant des deux Amérique, d’Europe centrale, de Scandinavie et d’Israël, la génération 2011 confirme l’importance croissante des enjeux de la construction solidaire, la mondialisation du débat sur les rapports entre architecture, nature et développement.
Après avoir salué en 2010 l’ingénieur Steve Baer, le Global Award continue à ouvrir le spectre des expériences : il accueille cette année des acteurs qui travaillent sur les grands équilibres entre développement et ressources, sur les grands territoires, mais aussi sur les sociétés historiques avec leur culture et leurs techniques.
5 lauréats d’horizons différents, Shlomo Aronson Israël, Vatnavinir Islande, Anna Heringer Allemagne, Teddy Cruz Etats-Unis, Q’eswachaka - Communidades de Huinchiri Pérou pour un concept partagée autour d’un principe d’une architecture durable innovante au service du patrimoine culturel local.
Shlomo Aronson :

« Shlomo Aronson appartient comme Doschi (Prix architecture durable 2010, NDLR) à une génération d'architectes qui ont participé à la construction moderne de leur pays mais l'ont fait en tant que précurseurs d'un rapport raisonné entre le terre et l'occupation humaine, démarche opposée aux logiques d'urbanisation de la plupart des modernismes de l'après-guerre », indique Marie-Hélène Contal, responsable du prix à la Cité de l'architecture.
Né le 27 novembre 1936 à Haïfa, Shlomo Aronson a étudié à l’université de Berkeley en Californie et s’est formé pendant deux ans dans l’agence de l'architecte paysagiste Lawrence Halprin à San Francisco. Il terminera ses études à Havard, après un passage à Londres en tant qu’urbaniste, il décide de rentrer en Israël en 1968 et participe à la planification de Jerusalem. En 1969, il créé une entreprise Shlomo Aronson and Associates, agence multidisciplinaire rassemblant architectes, paysagistes et urbanistes, depuis 2004 l’agence est dirigée en collaboration avec son fils et sa fiancée, avec moi et Barbara Aronson.
« Nous pensons qu'il faut concevoir l'architecture et le paysage ensemble et cela sur la plus grande échelle possible car c'est le meilleur moyen d'exprimer complètement notre vision philosophique et de la formuler à l'échelle des politiques urbaines. »
L’architecture d’Aronson se caractérise par son attention aux questions morales et historiques du lieu et autour de la notion culturelle. Ses créations explorent à la fois les relations culturelles et environnementales à l'échelle locale et régionale. Aronson intègre une esthétique moderne dans un paysage antique. Lawrence Halprin, ancien employeur Aronson et mentor, remarque que « À bien des égards, ces attitudes [Aronson] et son processus ont transcendé des questions de conception détaillée. Je crois que son travail doit être évaluée sur une base beaucoup plus large, celui du concept, de la philosophie de base, et du rôle important que l'architecture de paysage peut jouer dans la détermination du caractère et de qualité, non seulement d'Israël, mais aussi de notre monde et de l'avenir. »
La forme et les matériaux sélectionnés dans les projets d’Aronson sont tirées d'une lecture attentive de l'histoire et de la culture naturelle du paysage, une compréhension de la place urbaine autant que le paysage rural.
Son travail comprend entre autres de nombreux plans directeurs d'aménagement paysager : des villes de Carmiel, Nazareth, Ceinture verte de Jérusalem, Parc national de la Mer Morte, l'aménagement de l'aéroport international Ben Gourion. Quartiers, parcs, infrastructures, campus... Parmi ses projets exemplaires, le projet du désert du Néguev, fer de lance du développement pour le fondateur du pays, Ben Gourion.
Vatnavinir :

Une équipe internationale regroupant des professionnels multidisciplinaires autour d’un concept, celui du confort et du bien-être. La conception de leurs travaux est axée notamment pour les centres de traitement de soins et thérapeutiques. Le caractère unique d'un lieu donne l'orientation au développement de services et d'expériences. Leur recherche porte sur le contexte géographique et naturel que ce soit des paysages urbains, ruraux ou éloignés, ils évaluent une large possibilité de services et d’installations à mettre en place en relation étroite avec le tissu social et l'environnement local économique. « En utilisant les moyens locaux et des techonologies simples, combinés à des coûts raisonnables, le tout dans une coopération et un soutien mutuel. »
Afin de promouvoir un tourisme de santé associé à travers l'Islande. afin de promouvoir l'éducation et améliorer la croissance des connaissances dans le domaine du tourisme de bien-être, dans les sciences, les traitements médicaux et alternatifs et de la durabilité. Afin de promouvoir une école de pensée islandaise concernant le bien-être avec la nature. Et enfin de promouvoir l'Islande comme un laboratoire pour le monde dans le tourisme de santé.
Anna Heringer :

Plus jeune lauréate du Global Award 2011, Anna Heringer est née en 1977.
Portée très tôt vers le bénévolat, elle a ponctuée ses études par de fréquents voyages au Bangladesh en réalisant à Rudrapur une école, plusieurs maisons familiales et un centre d'apprentissage pour électriciens autour d’une approche architecturale locale, une main d'œuvre locale, des matériaux - torchis et bambous locaux, le climat et la culture guident ainsi le parti architectural. Son parti pris architectural réside dans la régénération de certaines méthodes ancestrales sans opposée la modernité technologique. En réapprenant ces techniques de construction, les populations locales recouvrent les notions de traditions et culturelles du territoire. Elle s’applique à l’amélioration de l’image des matériaux pauvres comme le bambou et le torchis en composant une diversité architecturale permettant de renforcer ce type de construction, la beauté architecturale initie une entretien charnel entre la nature et son environnement permettant aux populations de s’approprier ces vielles techniques oubliées.
« L'architecture est un outil pour améliorer nos vies, ancrer la durabilité dans le monde réel ».
Teddy Cruz :

Né en 1962, Teddy Cruz est un architecte et urbaniste américain d’origine mexicaine
En fondant son agence, Teddy Cruz s’est intéressé aux problématiques des migrations urbaines et de la notion de frontière. Un laboratoire sur des observations sur les régions frontalières pour la création de nouveaux paradigmes d’urbanisation et de démocratisation. Ces recherches autour des politiques urbaines notamment sociétales à travers la migration et la citoyenneté s’inscrivent dans une démarche d’urbanisation développée en travaillant sur des notions d’urbanismes formels et informels, la richesse et la pauvreté, et les collisions entre les systèmes naturels et la juridiction politique, tout en exposant le conflit comme un outil opérationnel pour repenser les pratiques artistiques.
Un travail au cœur de la problématique, à la frontière, entre San Diego, en Californie et Tijuana, au Mexique, où il a pu étudié l'élaboration d'une politique pédagogique selon les particularités émergentes de ces deux territoires distants de trente kilomètres. Ses recherches ont porté sur les dynamiques urbaines trans-frontalières entre ces deux villes. « L'avenir de l'urbanisation dépend moins de la construction que des transformations sociales et j'espère, que cela va mener à l'architecture. », explique l'architecte. « J'essaie de jeter des ponts de stratégies informelles ». « Les quartiers informels de cette ville croissent plus vite que les pôles urbains, les cernent, transforment les règles de croissance et effacent les distinctions entre urbain, suburbain et rural (...). Notre démarche a commencé ici par aborder le conflit qui prévaut entre habitat d'urgence, le travail précaire et les entreprises des zones franches d'activité ('maquiladoras'). Notre intervention s'est déplacée sur ces usines elles-mêmes, en proposant qu'elles fabriquent des composants utilisables par les habitants pour leur logement. »
Q’eswachaka - Communidades de Huinchiri :

Q'eswachaka Bridge est situé dans la rivière Apurimac, à environ 3.000 mètres d’altitude, dans la province de Canas. Ce pont impressionnant de 29 mètres de long, et est reconstruit chaque année grâce aux efforts collectif de tous les habitants de la région. Et ce depuis cinq siècles
« Le pont Q'Eswachaka est un ouvrage de cordes, sur une des pistes du QhapacNan, la grande voie inca qui traversait l'intégralité de la Cordillère des Andes à plus de 3.000 mètres d'altitude pour aboutir à Cuzco »
Environ 700 hommes et femmes provenant des communautés locales, Ccollana Huinchiri à Q'eswachaka participent à la construction du pont. La construction et les techniques de tissage se transmettent de génération en génération, ce pont a été construit par les Incas, probablement au XVe siècle. Le paysage impressionnant, c'est l’une des seules possibilités d'être immergé dans la culture péruvienne. « Il a fallu pour cela que, de génération en génération, les matériaux soient produits et préparés, que les techniques soient transmises ! Il est incroyable, qu'une telle tradition se soit maintenue jusqu'à ce jour. Cela repose sur des savoirs, des rituels et surtout un système de services communautaires » explique Carmen Arrospide Poblete, présidente de l'ONG Patronato Machupicchu. « Face à ses enjeux économiques et sociaux, , la survivance du Pont Q'Eswachaka est une fable sur la durabilité: Elle commence par un paradoxe - l'ouvrage le plus fragile a tenu alors que sur la route, les puissantes architectures des relais de poste ou des forteresses se sont effondrées. Elle poursuit par une question d'une très grande acuité et qui met en question le lecteur : pourquoi dans une société un projet est-il plus durable qu'un autre et par quels moyens ? Elle se termine par une morale, une phrase brève et que le lecteur est invité à creuser car le fond y manque le moins : 'le Q'Eswachaka symbolise la validité de la culture, matérielle et immatérielle. » explique Marie Hélène Contal.
Le Q'Eswachaka devrait très prochainement être inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité.
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