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Habitat groupé, un art de vivre indépendant pour vivre ensemble… Le
Village Vertical à Villeurbanne
L’habitat groupé, une autre manière de vivre et de se découvrir. Vie de quartier ou vie à la campagne, l’habitat groupé ne connaît pas de frontière. Un mode d’habitat engagé ou la solidarité est le maître mot. Une construction à plusieurs et chacun chez soi. Une façon de construire durablement avec comme principal objectif l’éco-responsabilité au cœur d’un éco-hameaux…
Exemple à Villeurbanne avec le Village Vertical : un habitat coopératif.
Une coopérative propriétaire des logements qu’elle loue à ses coopérateurs en échange d'un loyer et d'achat de parts sociales. Les habitants sont donc propriétaires collectivement du bien mais locataires individuellement. L’enjeu pour les coopérateurs est d’être les acteurs de leur projet depuis la définition de leur intention en passant par le choix architectural jusqu’à l’organisation de la vie collective après l’emménagement.
Ce système permet de sortir durablement un bien de la spéculation : la valeur des parts sociales, encadrée, est déconnectée de la valeur du bien ; si l'immeuble est revendu, la plus- value ne peut pas être distribuée entre les associés. La coopérative propose un autre rapport au patrimoine : la fonction d'habiter et l'intérêt collectif priment sur l'investissement immobilier et l'enrichissement financier individuel. La société coopérative repose également sur les valeurs d'équité, de transparence dans la gestion et de participation de chacun aux décisions. La démocratie s'y applique selon le principe une personne = une voix, quel que soit le nombre de parts sociales détenues.
Les coopératives d’habitants proposent des solutions sur les aspects environnementaux, économiques et sociaux. Le respect de l'environnement est abordé sous l'angle de la performance énergétique (meilleure isolation, panneaux solaires, etc.) mais aussi de l’organisation interne à la coopérative (un potager est proposé dans presque tous les projets, les déplacements sont mutualisés). Les coopérateurs appréhendent la propriété d’une manière innovante, à contre courant du modèle dominant. Ils sont les acteurs et les producteurs de leur projet immobilier. Le lien social et le bon voisinage sont ancrés dans les projets grâce à des salles de vie communes et des espaces de rencontre. Il ne s’agit pas de se retrouver entre soi mais bien de soutenir un projet collectif où tout le monde peut participer. Quelle soit intergénérationnelle, sociale ou culturelle, la mixité est souvent une volonté importante des coopérateurs.
Le Village Vertical se situe sur un îlot de la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) des Maisons Neuves à Villeurbanne.

Ce projet de la communauté urbaine de Lyon se veut exemplaire sur la question du développement durable. L’opération intègre la recherche d’un équilibre entre l’environnement et les modes de vie des futurs habitants. L’accent est mis sur les économies d’eau, d’énergie et les déplacements doux.
La performance énergétique et l’innovation sont les maîtres mots du programme de la ZAC. C’est à ce titre que la ville de Villeurbanne, le Grand Lyon et l’aménageur, l’OPAC DU RHONE, ont souhaité accompagner le projet expérimental de la coopérative d’habitants Village Vertical. Le programme construit en partenariat avec la coopérative HLM Rhône Saône Habitat sera le premier projet réalisé dans la ZAC et le premier en France à intégrer une coopérative d’habitants de ce type.
L’équipe de maîtrise d’œuvre est composée de deux cabinets d’architectes Arbor&Sens et Detry&Lévy. Ces deux équipes sont spécialistes de l’architecture environnementale avec une spécificité d’ingénierie énergétique et environnementale pour Arbor&Sens. Elles sont entourées d’un économiste (ACR), d’un bureau d’étude fluides (ACR), d’un bureau d’étude structure (SYNER Ingénierie), d’un bureau d’étude acoustique (Ingénierie Acoustique), d’un bureau de contrôle (Veritas) et d’un coordonnateur Sécurité et Protection de la Santé (Veritas).
Les villageois verticaux souhaitent créer un écohabitat dans les deux sens du terme : écologique et économique. Ainsi, des logements sociaux et très sociaux peuvent faire partie du projet. Quatre appartements (studios et type 2) seront conventionnés en foyer PLAI (Prêt Locatif Aidé d’Intégration), produits par l’URHAJ (Union Régionale pour l’Habitat des Jeunes) et gérés par une de ses associations adhérentes, pour loger des jeunes en parcours d'insertion.
La future vie du Village est pensée en amont, notamment grâce à l’aménagement des espaces communs : salle commune avec cuisine, buanderie, terrasses, hall et potager. De plus, quatre chambres d’amis / chambres d’hôtes sont prévues pour pouvoir accueillir les invités des coopérateurs, ou des personnes intéressées par la démarche coopérative. Le Village Vertical se définit comme un laboratoire d'écologie urbaine, destiné à expérimenter des modes de vie les plus respectueux possibles de l'environnement.
Le projet est basé sur le partage, l’échange, la convivialité et une volonté d’amorcer un mouvement innovant. En tant que projet pilote, le Village Vertical est confronté, tout au long de l’opération, à beaucoup d’obstacles politiques, juridiques et techniques.
Le terrain consenti par l’aménageur permet d’avoir un bon compromis entre rapport à l’espace public (construction donnant sur un mail piéton et une place), orientation du bâtiment favorable à un ensoleillement important (façade principale donnant au sud) et utilisation diversifiée des sols (possibilité de jardins potagers, accès, cheminements...).
Malgré une double maîtrise d’ouvrage, un projet architectural sans rupture était souhaité, offrant la même qualité aux deux programmes. L’ensemble du bâtiment a été travaillé avec les mêmes principes architecturaux (desserte, appartements traversants, matériaux, traitement des espaces extérieurs...) et les deux entités (Village Vertical et copropriété de Rhône Saône Habitat) mutualisent certains équipements : ascenseur, sous sol, chaufferie, toiture solaire.
La recherche de compacité a amené les maîtres d’œuvre à travailler des formes simples, parallélépipédiques, cadrant les deux accès principaux, chacun de ces volumes venant se placer en limite du recul défini par le règlement de ZAC. Deux failles viennent briser le linéaire de la parcelle et permettent d’ouvrir les appartements sur des orientations diverses et d’assurer l’ensemble des circulations verticales des deux programmes. Elles sont le lieu d’espaces collectifs généreux, permettant leur appropriation par les usagers et la desserte des logements. Elles sont complétées par des coursives au nord qui permettent de mutualiser l’ascenseur.
Les façades publiques sont animées par des balcons et par les avancées des espaces communs. Les espaces de vie ouvrent au sud sur le cœur de la ZAC. Les baies des séjours sont largement dimensionnées offrant une belle ouverture sur le parc et la ville et contribuant à la performance passive du bâtiment. Au nord le jardin se protège des vis-à-vis et offre une plus grande intimité d’usage, il accueille un jardin potager et des activités collectives associées aux espaces communs du Village Vertical.
La toiture solaire surplombe le bâtiment, se détache de la façade, couvre l’attique et produit de l’électricité et de l’eau chaude pour l’ensemble du bâtiment. Le soin apporté à l’enveloppe et aux systèmes techniques s’est d’abord attaché à réduire la consommation énergétique. La production solaire vient dans un deuxième temps, pour alléger encore l’impact environnemental du bâtiment. Dans ce même souci, le choix de construire une peau extérieure en bois permet de réduire l’énergie grise du projet, qui représente près de 30% de la consommation énergétique d’un bâtiment sur son cycle de vie et permet une très grande évolutivité.
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