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Jeux d'ombres et de lumières africaines pour le lycée Jean mermoz à Dakar...
Dakar, capitale de la République du Sénégal et de la région du Dakar, la ville suit le mouvement du Dak’Art, biennale d’art africain contemporain, en mettant en avant la richesse de la création artistique et plastique à travers le continent africain. La ville de Dakar s’enrichit des nombreuses manifestations initiées par le poète président Léopold Sédar Senghor, le festival mondial des Arts nègres lancé en 1966, le Dak’Art lancé en 1990, une place africaine forte ou se mêle poésie et surtout créativité artistique. Une ville affirmée aux nombreuses contributions artistiques africaine et aux racines de la terre africaine et avec elle les grands courants universels.
Mais Dakar est aussi densément peuplé, puisque sa superficie qui ne représente que 0,28 % du territoire sénégalais. Une agglomération qui rassemble 25 % de la population sénégalaise et forcément concentre près de 80 % de l’activité économique du pays. Un développement croissant qui pousse les dirigeants sénégalais à réfléchir sur l’éventualité de fonder une nouvelle capitale administrative. L'une des plus grandes villes d'Afrique, sa croissance démographique est importante et son nombre d'habitants s'élève rapidement. D'une population de 400 000 habitants dans les années 70, l'exode rural l'a fait plus que quadrupler en 20 ans.
L’empreinte coloniale de la France a marqué l’histoire de Dakar, elle s’est développée suite à une démographie galopante dans le cité-île de Gorée, l’administration coloniale d’alors a souhaité étendre sur le continent son commerce et en 1858, Emile pinet-Laprade fonde la ville de Dakar qui à cette époque n’est constituée que d’un petit fort et des petites rues au milieu de dunes et de brousses. Un plan cadastral est donc établi pour une nouvelle cité.
Son aspect architectural reste ancré à son histoire. Dakar est aussi une cité qui rassemble l’enseignement, une quinzaine d’établissement secondaire et une grande partie de l’enseignement supérieur centralisé dans la capitale sénégalaise.
Dernièrement, le lycée Jean Mermoz, situé sur le site du lycée d’origine à Ouakam, quartier en mutation entre le Plateau et les Almadies, est l'un des trois lycées français de Dakar reconnus par le Ministère de l’Education nationale a subi des travaux de rénovation suite à l’explosion d’une usine à proximité, dans le quartier de Hann avait entrainé la fermeture du lycée dont les baraquement en préfabriqués censé être temporaire devenaient vétustes.
L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) mène depuis 2006 une politique immobilière rénovatrice pour répondre à la forte attractivité des établissements d’enseignement français à l’étranger. Cette volonté s’est traduite sur le nouveau lycée français Jean Mermoz de Dakar, une conception architecturale imaginée par TERRENEUVE et Adam Yedid, Architecture et Climat, architectes. Après quatre ans depuis le concours à sa réalisation, le lycée a connu sa première rentrée scolaire en septembre 2010. Le 19 novembre 2010, M. Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, a donc inauguré le nouveau lycée français Jean-Mermoz de Dakar en présence de nombreuses autorités françaises et sénégalaises. Cette cérémonie, à la fois conviviale et solennelle, a témoigné de l’importance accordée à un projet architectural inscrit dans une démarche de développement durable, tant du point de vue éducatif qu’environnemental.
Une démarche architecturale pour une vision durable et bio-climatique qui pourra accueillir pas moins de 2.400 élèves, de la maternelle au lycée. L’ensemble du projet prend part dans un site occupé au cœur du complexe scolaire. Il a été implanté sur les terrains de sports du complexe.
La démarche conceptuelle du projet résulte du souhait du maître d’ouvrage pour une construction s’inscrivant dans un caractère environnemental et durable dans un cadre économique. Le projet de Terreneuve répond à un processus sur le concept de campus, regroupant les écoles maternelle et élémentaire, le collège et le lycée.
L’ensemble du projet s’articule autour d’une vingtaine de bâtiments entre l’école à R+1 et le lycée à R+2, répartis en 17.000 m2. Une écriture architecturale résolument contemporaine centralisant les innovations en matière de régulation thermique passive, en jouant avec l’utilisation des alizés, des patios, des passerelles, entre ombres et lumière, et marquée par les couleurs.
La partie cadastrale du projet est disposée en deux corps principaux, des corps étirés formant îlots intérieurs arborés et ombragés. Cette disposition offre une ventilation naturelle transversale. La déclinaison architecturale des îlots suit une logique qui intègre des procédés passifs en matière de rafraîchissement et d’optimisation pour la protection solaire. Doubles murs ventilés, coursives de distribution, toitures à forte inertie. Tous ces systèmes passifs contribuent à garantir un confort thermique et participe à l’effort de réduction de la consommation d’énergie thermique pendant l’essentiel de l’année scolaire et de réduire la période d’utilisation de la climatisation à un ou deux mois par an.
Les bâtiments pour l’enseignement se délimitent à l'est de la parcelle, l'école élémentaire, le collège et le lycée. A l'ouest se dispose sous une grande toiture unitaire le pôle des espaces communs : le gymnase, le restaurant, la salle polyvalente, le CDI et l'administration.
Terreneuve a réussi à réunir des solutions simples rendant l’exécution offrant qualité et réduction des coûts de construction ainsi que les coûts de maintenance. Le mode constructif s’est orienté sur la maçonnerie et planchers hourdis dans la majorité des édifices du complexe scolaire et sur certains ouvrages spécifiques, le choix a opté vers le béton banché.
La sélection des matériaux de finition privilégie également le recours aux produits fabriqués et distribués localement, comme la serrurerie, les pavés de basalte pour les sols extérieurs, les dalles de granito et le grés cérame pour les sols intérieurs.
Enfin, la mise en place de panneaux solaires pour l'eau chaude sanitaire, ainsi que l'installation d'une station d'épuration autonome pour le recyclage des eaux usées, à destination de l'arrosage des espaces extérieurs, complètent la démarche Haute Qualité Environnementale initiée par l'agence dès la conception en phase concours. Ce projet s’est servi du savoir faire des entreprises locales, avec une grande économie de moyens techniques, en limitant l’importation de produits manufacturés.
Établissement public national placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes, l’AEFE assure depuis 20 ans le pilotage et l’animation d’un réseau scolaire unique au monde : 470 établissements, 280 000 élèves, répartis dans 130 pays. Ce dispositif scolaire est un acteur majeur du rayonnement culturel et linguistique de la France à l’étranger. Il promeut également à travers le monde les valeurs et les exigences attachées au système éducatif français.
Quelques chiffres :
I. L’ÉTABLISSEMENT
Statut : Établissement en gestion directe Effectifs :
· 2100 élèves (78 divisions de la maternelle à la terminale)
· 700 élèves en primaire, 844 en collège et 556 en lycée
· Augmentation de 7 % (150 élèves) à la rentrée 2010
· 132 enseignants et 49 personnels non enseignants
II. LE PROJET IMMOBILIER
Terrain : 5,3 hectares mis à disposition gratuitement par les autorités locales
Surfaces construites : 17 000 m2 avec gymnase et piscine
Maîtrise d’œuvre :
· Architectes français: AGENCE TERRENEUVE associée à ADAM YEDID
· Architecte d’opération sénégalais : ARCHITECTURE ET CLIMAT
· Bureaux d’études français : SATOBA + ALTO + GETRAP
· Bureau de contrôle sénégalais : SCAT INTERNATIONAL
· Assistant à la maîtrise d’ouvrage (AMO) : SCAU
Entreprise sénégalaise : GÉNÉRALE D’ENTREPRISE (GE)
Coût du projet : 21 millions d’euros, compris mobiliers et équipements, dont 15,5 M€ de travaux
Financement :
AEFE : Établissement :
Emprunt : Charge annuelle de l’emprunt : 650 000 € / an pendant 15 ans
Calendrier du projet :
· Lancement concours d’architecture : février 2006
· Choix du projet lauréat : juillet 2006
· Début des études : septembre 2006
· Lancement des appels d’offres travaux : novembre 2007 / mai 2008
· Signature marché de travaux : septembre 2008
· Fin de la première tranche : été 2010
· Fin de la seconde tranche (estimation) : printemps 2011
Caractéristiques du projet :
· Architecture bio-climatique (façades ventilées, protections solaires)
· Chauffe-eau solaires
· Station d’épuration autonome
· Éclairage extérieur photovoltaïque
· Équipements spécifiques : gymnase, piscine, CDI, salle de spectacle de 180 places, salles scientifiques, laboratoires de langue, équipements de demi-pension, 500 ordinateurs, tableaux interactifs.
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