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L’Hotel
La Pérouse à Nantes, un exemple en matière de prévention et de gestion des déchets
Situé en plein cœur de Nantes, entre l’Opéra et la Cathédrale, l’hôtel La Pérouse présente une architecture contemporaine, confondant à la fois l’univers de l’oblique et de celui de Claude Parent et celui d’un édifice massif dont les dessins géométriques rappellent l’architecture cubiste. Sorti de terre en 1993, son intégration dans le paysage du centre ville Nantais a laissé de nombreuses réactions.
Aujourd’hui, ces réactions ont laissé place à d’autres réflexions notamment pour sa démarche volontaire vers l’écologie engagée depuis 2003, parvenant à réduire de 50% sa production de déchets et de 30% son émission de gaz à effet de serre.
Un résultat provenant d’une mise en œuvre d’un ensemble de remises en cause des habitudes.
Cet hôtel qui compte 46 chambres en catégorie 3 étoiles a véritablement lancé plusieurs opération vers la démarche environnementale en axant sa priorité vers l’énergie, l’eau et les déchets. Même si les déchets n’ont pas fait de suite partis des premières préoccupations car le coût de leur évacuation n’est pas proportionné aux volumes émis, l’hôtel mettait 5 poubelles par semaine collectées par les services municipaux en charge des ordures ménagères.
La facturation de la collecte se fait une fois par an au travers de la taxe foncière dont elle représente 22 % du total avec des règles de calcul mystérieuses.
En décidant de s’engager vers la certification Ecolabel européen, La Pérouse a du satisfaire à 37 critères obligatoires et 47 facultatifs mais avec un minimum de points à obtenir. 9 critères obligatoires concernaient les déchets. Le plus exigeant pour l’hôtel était la suppression pure et simple de toutes les portions individuelles dont notre industrie hôtelière est prolixe : mini savons, gels douches.
En effet, ces produits d’appels ou d’accueil présentent un caractère d’approche commerciale, aussi l’hôtel a entrepris dans un premier temps de mesurer l’impact de cette pratique en termes de déchets. En récupérant pendant deux semaines les savonnettes que les clients avaient laissées après leur séjour, l’hôtel a procédé au pesage. Et là surprise : la conclusion est sur les 25 g d’une savonnette neuve il restait, après le départ des clients, 21 g ! Autrement dit, extrapolé sur une année de fonctionnement, environ une tonne de savon. Une tonne de savon qui partait à la poubelle pour rien, qui avait été transportée pour rien, qui avait été fabriquée pour rien, qui avait consommé des matières premières et de l’énergie pour rien !!!
L’hôtel a donc, après avoir « chaussé les lunettes du développement durable », de suite entrepris la démarche Ecolabel.
Certaines réflexions sont apparues : Mais les clients étaient-ils prêts ? Comment allaient-ils percevoir ce changement ?
L’hôtel a donc procédé à l’élaboration d’un questionnaire en ligne : « Sachant que sur une savonnette de 25g il reste en moyenne 21g après votre séjour, seriez-vous prêts à accepter des distributeurs de savon liquide ? ». La réponse a été OUI à plus de 75% des voix.
Avec un tel consensus, l’hôtel a mis des distributeurs de savon. Par ailleurs, l’hôtel ne souhaitait pas que ses clients puissent lui reprocher d’avoir fait des économies sur leur dos sous prétexte d’écologie. Le nouveau savon est alors issu de l’industrie biologique.
Une société située à 96 km de Nantes fournit, à l’hôtel, un savon 3 en 1 fabriqué à base d’eau de source, de calendula, propolis et angélique issus de l’agriculture biodynamique. Acheté en conditionnement de 1 litre, ce qui comparativement aux portions individuelles a permis de réduire formidablement les emballages et autres contenants.
Ce cas du savon a donc entrainé la règle qui prévaut en matière de Développement Durable : L’hôtel s’engage à chercher des solutions qui remplissent les 3 critères suivants : réduction de l’empreinte écologique de l’acticité de l’hotel + amélioration de la qualité de la prestation pour les clients + neutralité économique. Ou si économie financière il y a elle doit permettre de proposer d’autres produits plus qualitatifs.
Approché par un cabinet spécialisé en analyse des cycles de vie et qui a proposé une méthode d’analyse pour mieux connaître les impacts environnementaux de l’activité : Malice®. C’est l’analyse de l’ensemble des fonctions de l’établissement au travers de leur impact sur plusieurs critères : l’énergie et l’eau consommés, les déchets produits selon différentes catégories, les équivalent g de CO2 et les coûts. C’est un outil d’analyse très pertinent pour tout gestionnaire car il permet d’identifier les grandes masses. Celles qui s’avèrent importantes en termes d’impact environnementaux et de coût sont donc les premiers à mettre en œuvre. Cette analyse est assortie de préconisations avec calculs de retours sur investissements.
Cette nouvelle approche a mise en exergue le poste de la blanchisserie, dont l’impact carbone est équivalent de celui du poste climat (chauffage, climatisation). En effet, ce poste impacte fortement l’établissement, 38 tonnes de linge lavé par an. Grâce à cette prise de conscience l’hôtel a cherché des solutions pour réduire l’impact de ce poste. Le blanchisseur leur a proposé de passer à des draps en percale de coton, plus fin donc plus qualitatif mais aussi moins lourd (-18%). Plus cher à l’achat mais moins à l’entretien (on met plus de drap en percale par cycle de lavage). Quand on sait qu’en plus les cours de coton ont doublé récemment c’est encourageant.
Une autre étape a été décisive dans la démarche c’est l’accompagnement de l’ONG Natural Step dont la vocation est de faire remonter le Développement Durable au cœur de la stratégie de l’entreprise. Ils apportent les moyens pour faire prendre conscience en quoi progresser dans les bonnes pratiques environnementales dans le métier de l’hôtellerie. En effet acheter des produits locaux, permettait de répondre à une attente des clients qui souhaitent, en allant à l’hôtel, sortir de leur quotidien, changer de décors, partir à la découverte. Leurs 4 principes sont fondateurs et aident à formaliser les axes de réflexion dans la recherche de solutions durables :
« Dans les sociétés durables, la nature (biosphère) n’est pas soumise à une augmentation systématique de :
- De la concentration de substances extraites de la croute terrestre
- De la concentration de substances produites par la société
- De sa dégradation par des moyens physiques
- Et dans cette société les humains ne sont pas soumis à des conditions qui diminuent leur capacité à pouvoir subvenir à leurs besoins. »
Lorsqu’en 2007 l’Hôtel La Pérouse a obtenu l’Ecolabel européen, il a divisé par deux ses déchets. Il est passé de 9,2 tonnes annuelles à 4,5. C’est donc sur ce critère que l’Hôtel a eu les plus grands résultats. A noter que la taxe des ordures ménagères quant à elle a progressé ce qui a plus que doublé le coût à la tonne de ses déchets.
D’autres bénéfices inattendus sont apparus :
- Usage de produits moins toxiques pour l’environnement mais aussi pour les salariés
- Gain de place significatif : savon 3 en 1 en litres au lieu de 3 articles conditionnés en portions individuelles.
- Diminution du risque d’accident du travail : les cagettes de fruit sont reprises par son fournisseur alors qu’avant l’hôtel devait les réduire pour les mettre dans les poubelles.
- Draps moins lourds pour la manipulation.
- Réduction du volume des poubelles, a la plus grande satisfaction des employés chargés de les manipuler.
- La remise à plat des procédures qui est un élément sain de la vie d’une entreprise et permet de la faire évoluer.
- La motivation du personnel.
http://www.hotel-laperouse.fr/index.html
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