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La généralisation du compteur électrique communiquant, Linky, …
Eric BESSON, Ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, a tenu, avec Michèle BELLON, Président du Directoire d’ERDF, et les parlementaires Jean-Claude LENOIR et Ladislas PONIATOWSKI, une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé les décisions du Gouvernement sur le déploiement de compteurs électriques communicants en France.
Entre mars 2010 et mars 2011, le Gouvernement a procédé à une expérimentation à grande échelle pour évaluer les coûts et les bénéfices que représenterait le déploiement de compteurs électriques communicants en France pour les consommateurs et pour l’ensemble des acteurs du système électrique. ERDF avait ainsi déployé et testé 300 000 compteurs dans les régions de Tours et de Lyon.
Pour compléter cette étude technique, un comité de suivi constitué de l’ensemble des opérateurs, fournisseurs d’énergie, autorités concédantes, autorités de régulation, médiateur de l’énergie, associations de consommateurs, et fédérations industrielles, concernés par le déploiement du nouveau compteur électrique, et présidé par Jean-Claude LENOIR et Ladislas PONIATOWSKI, avait été installé au printemps. Le 21 septembre dernier, le comité a remis ses conclusions à Eric BESSON.
Cette expérimentation a aussi fait l’objet d’un travail d’évaluation mené par la Commission de régulation de l’énergie qui a publié en juillet les résultats de son analyse technico-économique.
Les compteurs électriques actuels sont pour la plupart des compteurs électromécaniques. Ils mesurent la consommation et nécessitent l’intervention de techniciens en cas de modification de puissance ou de panne.
Linky est un compteur communicant, c’est à dire qu’il peut recevoir et envoyer des données sans l’intervention physique d’un technicien. Installé chez les consommateurs finaux et relié à un centre de supervision, il est en interaction permanente avec le réseau, qu’il contribue à rendre intelligent.
Le compteur Linky est capable de recevoir des ordres et de transmettre des informations à distance. Pour cela, il communique à un concentrateur, sorte de mini-ordinateur intégré aux postes de transformation gérés par ERDF. Le concentrateur est relié au centre de supervision d’ERDF.
- Les consommateurs accéderont facilement aux informations sur leur consommation réelle, et pourront ainsi mieux la maîtriser, et seront facturés sur la base de leur consommation réelle.
- Les fournisseurs pourront facturer leurs clients au rythme qu’ils souhaitent et sur la base des consommations réelles, et pourront diversifier leurs offres de tarif et les adapter plus finement aux besoins de leurs clients.
- Les producteurs auront une meilleure visibilité sur les périodes pendant lesquelles ils ont produit de l’énergie, et disposeront d’une installation électrique simplifiée, Linky permettant de comptabiliser à la fois leur production et leur consommation.
- Les gestionnaires suivront en temps réel la qualité de fourniture de l’électricité, réduiront leurs délais d’intervention en cas de panne, réaliseront des opérations à distance (mises en service, réglage de la puissance, etc.), et développeront des services permettant notamment une utilisation durable de l’électricité pour tous les Français.
Linky, c’est en fait bien plus qu’un compteur, c’est un système de communication. Celui-ci est supervisé par un automate qui gère des ordres, des comptes-rendus et des données de mesure. Toutes ces informations circulent sur un réseau constitué de cinq éléments principaux (voir illustration) :
1. Le compteur communicant Linky : il mesure la consommation, l’intensité et la puissance. Il applique les ordres reçus.
2. Le réseau d’électricité basse tension : les fils électriques classiques deviennent vecteurs de communication grâce à la technologie des Courants Porteurs en Ligne (CPL). Ils permettent d’échanger des données et des ordres entre compteurs et concentrateurs, dans les deux sens.
3. Le concentrateur : situé dans les postes de distribution, il interroge les compteurs, traite et stocke les informations qu’il reçoit avant de les transmettre au système d’information central
4. Le réseau de télécommunications (GPRS) : il permet la communication entre les concentrateurs et le système d’information central
5. Le système d’information central : il reçoit les demandes de la part des systèmes d’information internes d’ERDF, et les traite de façon automatisée.
S’agissant de cette généralisation, la FNCCR, Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) a tenu à réagir sur cette mesure. « Une telle mesure serait contraire aux droits des concessions et pénaliserait durablement les collectivités et les consommateurs. » ERDF serait « prête à assurer le financement » par un emprunt, lequel serait sécurisé par « l'assurance de conserver les concessions de distribution durant leur durée d'amortissement, soit environ vingt ans ».
Représentant les collectivités concédantes, la FNCCR observe :
- qu’ERDF a toujours indiqué être dans l’impossibilité de recourir à l’emprunt, lorsqu’il s’agissait de l’affecter à l’entretien et à la modernisation des réseaux ;
- qu’à supposer même qu’ERDF emprunte, le remboursement de l’emprunt sera par construction adossé aux recettes du TURPE ;
- que les collectivités locales sont propriétaires des ouvrages des réseaux de distribution, des compteurs et des systèmes de comptage comme cela est explicitement prévu dans les cahiers des charges de concession, signés par EDF puis ERDF, ainsi que par la loi (article L 322-4 du Code de l’énergie) ;
- que le « gel » des contrats de concession se heurterait au principe de libre administration des collectivités locales et pourrait entrer en conflit avec les exigences de la future directive européenne amendant les directives 2004/18/EC et 2004/17/EC.
« Si imparfait soit-il, le compteur Linky est partie intégrante du réseau : il doit être financé par le consommateur et, en contrepartie, lui offrir des services nouveaux, synonymes d’économies et d’efficacité énergétique. A ce jour, l’expérimentation n’a pas prouvé les vertus de Linky en termes de MDE, la délibération de la CRE du 7 juillet 2011 reconnaissant explicitement que les offres de MDE seront portées par les seuls fournisseurs. Il y a là une dérive mercantile du service public qui pourrait, in fine, se révéler plus coûteuse pour le consommateur que le seul statu-quo (cf. article du Parisien du 21 juin 2011) !
La FNCCR plaide pour un compteur évolué, porté par le service public, apte à donner aux consommateurs des informations visibles et lisibles sur leur consommation d’électricité. A titre d’exemple, selon l’Ademe, le coût supplémentaire d’un afficheur déporté (1 milliard d’euros) pourrait être rentabilisé en une année. »
Ufc-Que Choisi a lui aussi regretté cette mesure hâtive estimant que ces "compteurs intelligents" n’offraient pas autant d'atout décisif pour le consommateur et pourraient lui coûter très cher..
« La décision de généralisation a été prise bien que les objectifs assignés aux expérimentations menées en Touraine et à Lyon n'ont pas été atteints. Le planning des poses n'a pas été tenu et de nombreuses défaillances techniques ont été relevées », précise l'UFC-Que Choisir. Mais surtout "Linky n'a pas permis aux consommateurs, à qui a été imposée l'expérimentation, de réduire leur facture », ajoute l'association. De plus, « malgré l'engagement pris d'une gratuité pour les consommateurs, tout porte à croire que ceux-ci le (le compteur) paieront », alors que son prix s'élève entre 120 et 240 euros.
« Les vrais bénéficiaires du déploiement de 35 millions de compteurs communicants seront donc le gestionnaire de réseau (...) et les fournisseurs d'électricité », déplore l'association, qui récuse tout financement de ce déploiement par le consommateur et sollicite la mise à disposition gratuite des informations permettant de maîtriser mieux sa consommation d'énergie.
Les chiffres clés de l’expérimentation
§ 250 000 compteurs posés
§ 4600 concentrateurs installés
§ 30 minutes en moyenne pour la pose d’un compteur Linky (en conformité avec les objectifs)
§ 1500 compteurs posés en moyenne par jour (avec un pic à 2000 en août 2010)
§ Moins de 1% des opérations de pose ont donné lieu à une réclamation
§ 98% des télé-opérations demandées par les fournisseurs (mise en service, changement de puissance...) sont réalisées avec succès sous 48 heures
§ 95% des compteurs posés ont été testés et communiquent dans les deux sens
§ Jusqu’à 170 000 courbes de charge remontées quotidiennement
§ Le budget initial de 150 millions d’euros a été respecte
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