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La Santé et de la Sécurité au Travail dans la filière bois
Le Groupe AFNOR a initié une opération visant à développer et proposer des solutions innovantes pour favoriser le déploiement d’une culture de prévention de la santé et sécurité au sein des organisations, quels que soient leurs secteurs d’activité et leurs tailles. Autour de la norme internationale sur la Responsabilité Sociétale des Organisations (ISO 26000), la délégation Est du Groupe AFNOR, aux côtés des partenaires de l’opération collective comme la DIRECCTE Bourgogne, APROVALBOIS, le Conseil Régional de Bourgogne, a souhaité contribuer au progrès social des entreprises et plus précisément sur le volet « relations et conditions de travail ». La santé et la sécurité au travail est l’un des baromètres clés de la performance d’une entreprise dont la création de valeur repose sur des femmes et des hommes.
Ce travail conduit au sein de la filière bois est une véritable vitrine pour ces entreprises qui ont accepté d’avoir un éclairage nouveau sur ce sujet. J’espère que leurs témoignages permettront de vous convaincre de prendre le relais ou de partager leurs expériences !
La filière bois est le secteur d’activité qui rencontre le plus d’accidents après le BTP
En 2009, l’assurance maladie a recensé sur 6 926 salariés pour la filière bois en Bourgogne, 641 accidents avec arrêt de travail.
L’activité la plus exposée concerne les travaux de charpente en bois, suivie de la fabrication d’éléments de charpentes, ébauchage et façonnage divers (y compris bois de brosses). Les maladies professionnelles les plus rencontrées concernent les affections péri-articulaires provoquées par certains gestes et postures de travail.
Les mains sont les plus touchées, les accidents sont souvent liés à la manipulation d’objets.
Les incidences des accidents du travail
Coût pour l’accidenté : douleurs, handicaps, réadaptation, problèmes familiaux, perte d’emploi,...
- accident avec arrêt de + de 24h : 3 202 €
- accident grave (IPP3 > 9%) : 129 325 €
- accident mortel : 422 794 €
A cela il convient d’imputer les coûts indirects liés au remplacement du blessé, au matériel et produits détériorés, à l’arrêt de la production, aux retards de livraison, au temps passé à gérer administrativement l’accident du travail.
Sources : CARSAT BFC et CNAMTS (Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés) 2006
3. Incapacité Permanente Partielle
Première opération collective pour la santé et sécurité au travail en France, 25 entreprises de la filière bois de la région Bourgogne se sont portées volontaires pour participer à des ateliers de sensibilisation et réaliser des diagnostics de leurs organisations sur le thème de la Santé et Sécurité au Travail.
L’enjeu pour ces entreprises est de prendre conscience qu’une démarche de prévention organisée et structurée permet de réduire de façon pérenne les risques et les accidents du travail, tout en gagnant en compétitivité.
Cette opération a été rendue possible par le soutien financier et technique de la DIRECCTE Bourgogne, Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi, du Conseil Régional de Bourgogne et d’APROVALBOIS, Association pour la Promotion et la Valorisation des activités du Bois en Bourgogne.
Une opération qui a permis d’échanger, de dépister des actions de progrès et d’avancer matériellement sur le sujet de la Santé et Sécurité au Travail.
Concrètement la démarche consiste d’intégrer un management de la Santé et Sécurité au Travail (SST) qui permet entre autres :
- d’évaluer les risques professionnels, financiers et juridiques liés à la sécurité des biens et des personnes,
- de prendre en compte des exigences de plus en plus complexes (juridiques, réglementaires, contractuelles...),
- de satisfaire les besoins et attentes des collaborateurs et représentants,
- de contribuer à la dimension sociale/sociétale du développement durable et de valoriser l’image de l’entreprise.
Une opération en deux temps :
1re étape : les ateliers découverte pour s’informer pour un Objectif : comment apprendre ?
- réduire voire éviter les accidents du travail,
- réduire le risque juridique,
- être économiquement plus compétitif,
- impliquer les collaborateurs et être à leur écoute,
- renforcer l’image de marque (attrait des salariés, meilleurs relations CARSAT, DIRECCTE,...),
- connaître les exigences réglementaires et y répondre.
Les problématiques abordées :
- l’évaluation des risques (document unique, principes généraux de prévention, les contrôles périodiques, installations électriques, engins de levage, portes, presses,...) des salariés,
- les formations du personnel (formation au poste, caristes, habilitations électriques, risque chimique,...),
- les mesures (bruit, poussières, etc.),
- l’affichage, la documentation et les exigences propres aux ICPE, Installations classées pour la protection de l’environnement (puissances électriques installées, traitement, stockage de bois, etc.),
- les thèmes de responsabilité pénale.
La méthodologie préconisée :
- savoir se situer,
- définir ses pistes de progrès,
- évaluer tous ses risques et exigences réglementaires,
- planifier ses actions (les plus impactantes et les moins coûteuses d’abord),
- communiquer et impliquer les collaborateurs,
- définir les responsabilités et former en conséquence,
- analyser les problèmes et trouver des solutions pour éviter que ça ne se reproduise,
- intégrer la SST à tous les niveaux (embauche des nouveaux, achat d’une machine, conception, etc.).
2e étape : le diagnostic pour évaluer sa démarche SST
Le diagnostic est un outil de progrès et de dialogue visant à confronter les différents regards des acteurs de l’entreprise et à mesurer le différentiel entre les situations observées et celles souhaitées dans le respect des valeurs essentielles. Ces diagnostics sont basés sur l’outil GPS, Grille de Positionnement de la Sante, de la CARSAT, Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail.
24 thèmes sont abordés et centrés autour des pratiques de l’entreprise en matière de SST avec pour objectif de :
- dépister les points forts,
- mettre en avant les enjeux significatifs,
- donner les axes de progrès à l’entreprise.
Les 24 thèmes de la SST
Analyse des accidents du travail et des maladies professionnelles
Vérification périodique et maintenance des équipements
Attitude de l’entreprise vis-à-vis des sous-traitants et fournisseurs
Attitude de l’entreprise vis-à-vis des intérimaires
Prévention des situations d’urgence
Achat de nouveaux équipements et de nouveaux produits
Conception des postes et des situations de travail Santé au travail
Application des principes généraux de prévention
Réalisation et mise à jour du document unique
Réalisation des actions faisant suite au document unique
Objectifs SST de l’entreprise
Fonction sécurité
Engagement et exemplarité de l’encadrement
Communication
Fonctionnement du CHSCT
Gestion organisée de la sécurité
Amélioration continue
Observations terrain
Documentation
Réalisation des formations réglementaires
Application de la réglementation HSE
Un bilan général satisfaisant, les entreprises participantes possèdent une culture de la prévention SST sécurité et ont déjà réalisé un certain nombre d’actions. Des échanges entre les différents acteurs de l’entreprise sont possibles et réels. La fonction sécurité est souvent impartie au chef d’entreprise qui est généralement l’interlocuteur unique avec les différents services de l’Etat. Occupant généralement plusieurs responsabilités au sein de son organisation (achats, RH, commercial, ...), le dirigeant se sent parfois démuni pour répondre aux nouvelles exigences.
Les entreprises mettent en avant la difficulté de répondre à la réglementation qui évolue de façon permanente et de traiter de nouveaux risques tels que les troubles psychosociaux (le stress par exemple).
Une opération qui sensibilise au plus près les réflexions des dirigeants ainsi que des collaborateurs, les entreprises sont en constante évolution tant dans l’approche environnementale que dans les mécanismes de production autour de la sécurisation. Elles procèdent aux formations nécessaires.
Toutefois, des axes de progrès ont été diagnostiqués à travers l’opération notamment par :
- Savoir définir la fonction sécurité
- Mettre en place une politique sécurité avec des indicateurs
- Formaliser les actions d’amélioration faisant suite au document unique
- Rédiger correctement les consignes de travail et de sécurité au poste de travail
- Effectuer rigoureusement les contrôles
- Faire une analyse systématique du retour d’expérience pour éviter la réapparition de situations dangereuses, incidents ou accidents
Par ailleurs, l’opération a pu mettre en exergue trois thèmes les mieux maîtrisés
Le 1er thème maîtrisé est celui de la vérification périodique et la maintenance des équipements, dont les points forts se concentrent sur une bonne réalisation des contrôles électriques et levages, du respect des délais réglementaires des vérifications périodiques et enfin du suivi du planning des vérifications. Il reste néanmoins quelques points à améliorer comme à généraliser les contrôles exhaustifs : il peut manquer les bilans de conformité machine, le diagnostic amiante des bâtiments, les portes électriques, et de levers quelques observations à la suite des vérifications périodiques.
Le 2ème thème maîtrisé est celui de l’engagement et de l’exemplarité de l’encadrement ; en effet, les points forts soulignés s’apparentent à une constante celle du souci de l’encadrement à voir ses collaborateurs exercer leur métier dans de bonnes conditions de travail, ainsi que l’application des instructions par l’ensemble des salariés. Il reste notamment à améliorer l’association des opérateurs à l’élaboration des fiches de poste et des consignes de sécurité (pour les machines dangereuses, les fiches de données de sécurité simplifiées des produits chimiques et des consignes de sécurité propres au poste de travail).
Le 3ème thème maîtrisé est celui de l’observation terrain, on relève de nettes positions sur la vérification et l’entretien des équipements de sécurité incendie, ainsi sur le respect des règles d’ergonomie du poste de travail, de la vérification du port des équipements de protections individuelles, d’une mise à disposition des fiches de sécurité des produits dangereux et de la vérification du bon état des machines et outils portatifs, il reste quelques positions à parfaire comme la communication sur la dangerosité des produits manipulés, de l’information des collaborateurs de leurs responsabilités sur les sujets de santé et sécurité au travail et enfin de consulter davantage les salariés.
A l’inverse trois thèmes restent à améliorer
Le 1er se situe sur l’ Attitude de l’entreprise vis-à-vis des sous-traitants et fournisseurs dont la vigilance porte sur le respect des consignes de sécurité par les entreprises extérieures qui interviennent, d’instaurer un plan de prévention avec les entreprises extérieures et un protocole de sécurité avec les transporteurs et de formaliser un plan de circulation.
Le 2ème thème à améliorer correspond à la Gestion organisée de la sécurité notamment la disponibilité des documents opérationnels au poste de travail et des procédures générales de gestion des risques, de progresser dans l’organisation de la gestion de la sécurité au sein de l’établissement, d’une progression dans l’acquisition d’une meilleure méthode pour mettre en œuvre une démarche de gestion de la sécurité et de définir les rôles de chaque membre de l’équipe en terme de sécurité : mise en place d’indicateurs simplifiés (Tf7/Tg8, suivi des actions en cours), d’un plan d’actions pluriannuel et définir les objectifs avec le comité de direction de l’établissement.
Le 3ème thème, celui de l’Amélioration continue favorisant une progression des fiches sécurité issues du terrain, d’instaurer une visite sur le terrain par le CHSCT ou les délégués du personnel et doit porté sur l’amélioration en intégrant un « baromètre par atelier, lors des visites de sécurité, de formaliser des retours d’expérience, des accidents, soins et incidents et de mettre en place une méthode d’analyse des causes.
Cette opération régionale démontre aux entreprises que le mécanisme Santé Sécurité au travail s’organise de façon très élémentaire, notamment par de simples actions, et ainsi s’enchaîne des démarches progressives d’amélioration de la SST et la mise en place d’un management…
« La sécurité au travail est l’un des baromètres clés de la performance d’une entreprise dont la création de valeur repose sur des femmes et des hommes »
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