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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 08:02

Parc National des Calanques2 Le Parc National des Calanques, 1er Parc périurbain d’Europe, 10ème Parc national de France

Après de multitudes rebondissements et grâce au fruit d’un long travail de concertation avec tous les acteurs concernés, en raison de certaines évaluations exigeantes émises par le Conseil National de Protection de la Nature qui évoquait le manque de profondeur dans l’approche du projet de charte pour le parc national des Calanques, le projet du Parc national des Calanques est devenu le 18 avril 2012 le 10ème parc national français et du 1er parc périurbain d’Europe par la signature du décret de création du Parc National des Calanques. 

L’Autorité Environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) du ministère de l'Ecologie, avait donc rendu, en octobre 2011, son expertise. Un examen du la charte tenant compte notamment des caractéristiques assez complexe du parc proche de l’agglomération marseillaise et sur l’apport d’une telle création dans la région.  L’AE a porté son évaluation sur la prise en compte de certains enjeux environnementaux particuliers par le projet de charte, sur la qualité de l'évaluation environnementale, au regard des prescriptions juridiques et des enjeux identifiés, et la clarté des documents, destinés dans le cadre du dispositif d'évaluation environnementale à faciliter la participation du public à l'élaboration des décisions.

Le 1er Parc périurbain d’Europe, 10ème Parc national de France

Situé dans les Bouches-du-Rhône, le Parc national des Calanques, créé par décret du 18 avril 2012, est le 10ème Parc national français.

Paysage emblématique, à la fois terrestre et marin, de la Provence méditerranéenne, le site des Calanques est connu dans le monde entier pour ses paysages grandioses, sa biodiversité remarquable et son patrimoine culturel caractéristique.

Aux portes de la deuxième ville de France, ce joyau naturel de la Côte d’Azur fait depuis près d’un siècle l’objet d’une volonté forte de protection. L’outil parc national, outil de protection de l’environnement par excellence, est apparu comme la solution la mieux adaptée pour répondre à ces enjeux de préservation des patrimoines, de gestion durable de ce territoire à la fois terrestre, marin et périurbain et de reconnaissance nationale et internationale de ce joyau national.

Le Parc national des Calanques vise avant tout à concilier la protection de l’environnement avec les activités professionnelles et de loisirs existantes. Pour cela, le nouvel établissement public du parc national travaillera avec les collectivités et les acteurs locaux à l’amélioration du suivi du patrimoine, à la gestion de la fréquentation, à la promotion des richesses du territoire et à la sensibilisation des usagers et des visiteurs.

Parc National des Calanques 1

De la Sabline de Marseille à l’herbier de Posidonie, des coraux profonds de la Cassidaigne aux forêts matures de chênes verts, de l’aigle de Bonelli au cachalot, ou encore de la grotte Cosquer au cabanon et la barque de pêche, les Calanques offrent une biodiversité (avec plusieurs dizaines d’espèces rares voire endémiques) et un patrimoine culturel matériel et immatériel d’une très grande richesse. C’est cet ensemble unique d’écosystèmes terrestres et marins, littoraux et insulaires, culturel et historique, que le Parc national des Calanques aura pour mission de protéger et de valoriser, pour les populations résidentes, les visiteurs d’un jour et les générations futures.

Que ce soit au dessous ou au dessus du niveau de la mer, le relief est omniprésent dans tous les paysages des Calanques, élément indissociable du caractère du parc national.

Les paysages, un écrin de massifs calcaires tourné vers le large …

Ce territoire, situé à proximité immédiate des villes, se caractérise par des paysages contrastés, entre terre et mer, dont les calanques sont la caractéristique la plus singulière.

Les territoires constituant le cœur des Calanques constituent un vaste espace sauvage et préservé, essentiellement escarpé et sans ressources en eau, qui culminent avec les falaises Soubeyrannes, le Mont Carpiagne ou le Cap Canaille.

80% du cœur est protégé au titre des sites classés, reconnaissance réglementaire de sa grande valeur en tant que site pittoresque. L’histoire géologique et climatique a façonné des paysages naturels grandioses: les Calanques, échancrures profondes dans une côte au calcaire d’un blanc étincelant, où la mer pénètre dans les terres entre des falaises abruptes alors même qu’elle était à plusieurs dizaines de mètres plus bas par le passé. Au massif des Calanques, répond celui du Cap Canaille et de ses falaises Soubeyrannes aux tons ocre à orangé, parmi les plus hautes d’Europe.

… des reliefs sous-marins remarquables

Cette richesse terrestre trouve son équivalent dans les prolongements sous-marins des reliefs karstiques à l’architecture complexe et chahutée (arches, grottes, surplombs, tombants...). L’inclusion d’un cœur marin permettra de mieux protéger ces paysages sous-marins, certains naturels, d’autres liés à de nombreuses et parfois très anciennes épaves.

Des milieux naturels terrestres d’une grande diversité malgré de fortes contraintes climatiques. Notamment sur terre avec 31 écosystèmes remarquables et 140 espèces protégées dont l’Aigle de Bonelli (1 couple sur les 30 recensés en France).

La diversité des milieux naturels (massifs calcaires, littoral marin, îles et îlots...) et des conditions de vie particulièrement rudes (sécheresse estivale, sol calcaire, embruns salés...) permettent la présence d’espèces rares et spécifiques faisant de ce territoire une référence pour les milieux méditerranéens.

La majorité du territoire est une mosaïque de garrigues, de landes et de pelouses dont la composition floristique est particulièrement riche. Les nombreuses falaises et grottes, notamment, abritent une flore et une faune remarquables, espèces ayant développé des stratégies d’adaptation à ce milieu hostile : mousses, algues, fougères, coléoptères, lézards, chiroptères, oiseaux nicheurs... La plupart est réglementairement protégée au niveau national ou communautaire.

Certaines espèces végétales sont endémiques de Basse Provence (Genêt de Lobel) d’autres du cœur lui-même (Sabline de Provence, Astragale de Marseille, Ophrys de Marseille).

Les archipels de Riou, du Frioul et l’Ile Verte, soumis à de fortes pressions (fréquentation, espèces invasives), sont pourtant des refuges pour des espèces remarquables. C’est le cas d’oiseaux marins menacés comme le Puffin cendré, le Puffin de Méditerranée, l’Océanite tempête.

A l’intérieur des terres, on relève un unique couple d’Aigle de Bonelli – espèce devenue très rare en France – faisant jusqu’ici l’objet d’un Arrêté préfectoral de Protection de Biotope.

Des milieux marins riches d’une grande biodiversité, avec 14 écosystèmes remarquables, 60 espèces patrimoniales (dont les 2/3 sont protégées) : Mérou, Corb, plusieurs espèces de dauphins et de tortues marines, de nombreuses autres espèces restent à découvrir, notamment dans les grottes ou les canyons, et le Canyon de la Cassidaigne est remarquable pour sa richesse biologique. La Méditerranée c’est 0,8 % de la superficie des océans et mers du globe pour 7% des espèces connues dans le monde dont 13 000 espèces endémiques.

La surface du cœur marin représente cinq fois la partie terrestre. Il regroupe quasiment toute la diversité des milieux et espèces méditerranéens, compte tenu d’une courantologie et d’une topographie particulièrement complexes, depuis les canyons profonds (jusqu’à – 1250 m) parsemés de coraux d’eaux froides, jusqu’aux petits fonds d’herbier de Posidonie, habitat prioritaire et écosystème pivot des espaces littoraux, et aux encorbellements à Lithophyllum en surface.

Cette diversité de reliefs, associée à des eaux d’une grande richesse (apport de l’embouchure du Rhône, courant ligure, « upwelling, remontée d’eaux froides généralement riches en matières nutritives. »...), fait que le cœur abrite de nombreuses espèces recouvrant l’ensemble du cycle alimentaire du phytoplancton jusqu’aux espèces prédatrices.

Malgré une importante biodiversité marine, les populations de nombreuses espèces ne présentent souvent pas un « bon état », que ce soit en termes de taille ou de quantité :

-            le Corb et le Mérou brun, espèces emblématiques de Méditerranée, qui, malgré un moratoire national institué pour ce dernier en 1993, ne présentent pas des effectifs à la hauteur de ce que l’on constate dans de nombreuses Aires Marines Protégées ;

- la Grande Nacre, le plus grand coquillage de Méditerranée, vivant au sein de l’Herbier et dont les individus de grande taille deviennent rarissimes ;

-            l’herbier à Posidonie, « espèce pivot » de Méditerranée servant à la reproduction, de nurserie, d’habitat et dont les surfaces auraient diminué à l’échelle du cœur de 40% en une quarantaine d’années compte tenu des pressions anthropiques (mouillages) et de la pollution. L’état des lieux réalisé pour Natura 2000 a montré que seul 20% était en « bon état », notamment dans les principales calanques. La régression semble s’être stabilisée ces dernières années ;

-            les Oursins, les Langoustes, etc. dont les effectifs sont en constante diminution et les individus de taille de plus en plus réduite compte tenu de la pression de prélèvement ; - le Corail Rouge, récolté depuis l’antiquité, dont les branches de plus de quelques centimètres se trouvent dorénavant à des profondeurs de plusieurs dizaines de mètres ; -            l'Hippocampe dont les deux espèces de Méditerranée sont devenues particulièrement rares du fait de la dégradation des habitats (herbiers notamment) et de sa capture volontaire ou non.

Ces milieux littoraux sont représentatifs de la richesse écologique exceptionnelle du bassin méditerranéen, un des « points chauds » mondiaux de la biodiversité. Ils sont riches mais vulnérables.

Le Patrimoine Culturel émane d’un passé Méditerranéen millénaire. Le cœur du parc national des Calanques a été occupé par l’homme depuis plusieurs milliers d’années : la grotte Cosquer, au cap Morgiou, décorée de peintures rupestres dont les premières datent d’il y a 27 000 ans, est le témoignage le plus extraordinaire de cette occupation.

De nombreux vestiges plus récents (du 15e au 20e siècle), restent visibles, la plupart étant à proximité des villes ou sur le littoral (anciennes usines, fours à chaux, forts militaires, batteries, cabanons, etc.). Ils sont rarement valorisés, généralement voués à l’oubli ou à la ruine. En outre, selon les experts, le potentiel archéologique du cœur semble important, même si très peu documenté. Quant aux fonds marins, on y trouve plus de 100 épaves. Le « cabanon » au sein des calanques habitées, témoin le plus visible d’un certain art de vivre et datant pour certains du 19ème siècle, est aussi un objet patrimonial fort, à l’authenticité souvent encore préservée. L’art de vivre populaire provençal originel « à la campagne ou sur la côte » reste très prégnant. Dès le 19e siècle, le concept de villégiature, de double résidence, se retrouve en chanson, dans la littérature et sur la scène musicale, locale mais aussi nationale, où le « cabanon » est un héritage identitaire des Marseillais.

Dans le massif des Calanques s’est développée il y a plus d’un siècle une véritable « vie de village », une forme de loisir pour les classes populaires, loin des contraintes de l’agglomération et plus près de la nature. Cet isolement au sein de certaines calanques a permis la conservation d’authentiques cabanons marseillais qui possèdent une histoire propre à chaque calanque.

Ce sont au départ de simples cabanes de pêcheurs et d’humbles logements d’ouvriers. L’appellation de “cabanonier” recouvre alors tout ce qui a trait à l’habitant et à la pratique du “cabanon”. Ces « petits cabanons pas plus grands qu’un mouchoir de poche » (René Sarvil, 1935) sont encore présents aujourd’hui comme éléments originaux du patrimoine bâti des Calanques.

Une « mythologie des calanques » s’est également développée au cours des âges, compte tenu sans doute du caractère grandiose et impressionnant de certains sites et du contraste fort qu’ils présentent avec les villes. Ce territoire est l’un des berceaux de la civilisation méditerranéenne avec en filigrane toute les mythologies qui y sont liées et dont le parc national est aussi une reconnaissance.

Selon la légende, la Fontaine de Voire dans la Calanque de Marseilleveyre aurait été le théâtre de l’union entre Gyptis la Salienne et Protis le Phocéen, union qui fut à l’origine de la fondation de Marseille, il y a près de 2 600 ans.

Le Cinéma avec les frères Lumières, Pagnol, Tourneur, Carpita, Melville, Friedkin et nombreux cinéastes récents, Besson, Marchand, Berry, etc.

Les Calanques, depuis les origines du cinéma. La relation entre les Calanques et le cinéma remonte aux origines de l’art cinématographique, lorsque les frères Louis et Auguste LUMIÈRE projetèrent l’un de leurs premiers films, la célèbre Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, en 1896, quatre ans seulement après l’invention du cinématographe. La première projection privée a d’ailleurs eu lieu à la résidence des deux frères, au Château Lumière à La Ciotat.

Le littoral, les calanques, les collines restent le support de multiples traditions séculaires, qu’elles proviennent d’une époque où il s’agissait de lieux de subsistance (chasse, cueillette, pêche...), puis de loisir avec l’« art de vivre provençal», principalement sur la côte. La bouillabaisse, plat traditionnel marseillais aux « poissons de roches », symbolise sans doute le mieux cette recherche du plaisir, de la convivialité et du contact avec la nature encore très prégnant.

Le territoire a aussi acquis une notoriété associée à des exploits sportifs ou techniques et à des découvertes scientifiques. Notamment :

invention de l'escalade moderne dans les Calanques de Marseille par le célèbre alpiniste

Gaston REBUFFAT ;

naissance de l’océanographie, de l’archéologie sous-marine et de la plongée en scaphandre autonome avec le commandant Jacques-Yves COUSTEAU et le plongeur Albert FALCO qui y mènent les premières fouilles archéologiques sous-marines en 1952.

Le site est également tristement célèbre pour avoir été le lieu de la disparition de Saint- Exupéry.

Les caractéristiques scientifiques exceptionnelles du parc national et la proximité de la métropole marseillaise ont permis d’écrire de nombreuses pages de l’histoire des sciences. En témoignent le site de Luminy au centre du massif des Calanques et la Station océanologique d’Endoume à Marseille (université d’Aix-Marseille).

Parc National des Calanques3

Les objectifs de protection du patrimoine dans le cœur du Parc

A) Préserver la biodiversité méditerranéenne terrestre et marine

1.            Préserver ou restaurer le bon fonctionnement des écosystèmes

2.            Protéger les éléments naturels de grande valeur patrimoniale

3.            Favoriser la diversité biologique commune méditerranéenne sous toutes ses formes

4.            Proposer la création de réserves intégrales

B) Préserver les paysages, la quiétude et la magie des lieu

5.           Limiter l’artificialisation, renforcer l’intégration paysagère des aménagements, rechercher la réversibilité

6.            Préserver la quiétude des lieux et les possibilités de ressourcement de chacun

7.            Limiter la « marchandisation » des sites et des paysages

C) Préserver et valoriser la richesse culturelle de la Méditerranée provençale

8.            Réhabiliter, valoriser la ruralité et/ou la qualité des interfaces ville / nature

9.            Protéger et mettre en valeur le patrimoine bâti et archéologique, et l’histoire des lieux

10.            Favoriser le patrimoine culturel terrestre, littoral et maritime qui respecte durablement le territoire

D) Faire du cœur un espace de nature d’exception pour l’accueil, la découverte et la sensibilisation des publics

11.            Accueillir, éduquer et sensibiliser tous les publics à l’environnement exceptionnel du Parc national des Calanques

12. Trouver le bon équilibre entre développement des activités de pleine nature et protection de l’environnement et garantir un « tourisme durable »

13. Maîtriser la fréquentation et organiser des pratiques sportives et de loisir écoresponsables

 

Le Parc en Chiffres :

10e parc national français (le 7e en métropole, le 3e marin et le 1er périurbain).

Une surface essentiellement maritime : 158 100 ha dont 141 500 ha en mer (89,5%)

Cœur terrestre 8 300 ha

Cœur marin 43 500 ha

Aire Optimale d’Adhésion (AOA) 8 300 ha

Aire Maritime Adjacente (AMA) 98 000 ha

Au total, 7 communes* sont concernées par le Parc national dont 3 pour le seul cœur : Marseille, Cassis et La Ciotat.

* Marseille, Cassis, La Ciotat, Carnoux-en-Provence, La Penne-sur-Huveaune, Ceyreste, Roquefort-la-Bédoule

 

Depuis la loi sur les parcs nationaux de 1960, 10 Parcs Nationaux ont été créés en métropole et dans les départements d'outre-mer :

1963            La Vanoise

1963            Port-Cros

1967            Les Pyrénées

1970            Les Cévennes

1973            Les Ecrins

1978            Le Mercantour

1989            La Guadeloupe

2007            La Guyane

2007            La Réunion

2012            Les Calanques

L’ensemble des 10 parcs nationaux comprend plus de 2 567 000 ha de cœur terrestre et 49 770 ha de cœur marin.

 

Par Lucvieri - Publié dans : Parc Naturel - Communauté : LA COMMUNAUTE DE TOUS
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Commentaires

Vidéo coup de gueule contre les pneus déposés a du massif des Calanques ! http://www.newsofmarseille.com/savon-du-jour-la-nature-sous-pression/
Commentaire n°1 posté par sofia le 30/05/2012 à 16h03

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