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Le Street Art pour un appel à l’évidence – Troy Anthony Davis & Amnesty international…
Troy Anthony Davis, Afro-Américain, né en octobre 1968 a été reconnu coupable pour le meurtre d’un policier dans la nuit du 19 août 1989, à Savannah dans l’Etat de Géorgie… Malgré les nombreux doutes quant à sa culpabilité, il a été condamné à mort en 1991. La culpabilité maintes fois remise en question sans qu’aucun recours n’aboutisse.
De nombreuses personnalités et des organisations internationales se sont émues de cette condamnation, notamment celle d’Amnesty International qui livre une campagne auprès de la famille de Troy Davis.
Sans décrire le récit de cette inculpation dans la nuit du samedi du 19 août 1989, un policier, Mark McPhail 27 ans, gît à terre dans un parking d’un restaurant fast food de Savannah. Un témoin de la scène, Larry Young explique au policier que des incidents ont éclaté à la suite d’altercations entre plusieurs individus, un certain Troy Davis, et Silvester Coles, tous deux menaçant ce fameux M. Young et dont le policier McPhail tenta de protéger et qui reçu une détonation puis s’allongea …
Bien que Sylvester Coles ait été, selon des témoignages, en possession d'une arme à feu le soir du crime (celle-ci n'a jamais été retrouvée), c'est lui qui dénonce le lendemain Troy Davis aux autorités. Huit autres témoins font une déposition allant dans le même sens. Le procès de Troy Davis s'achève en 1991 par une condamnation à mort.
L'arme du crime n'étant jamais retrouvée. Aucune empreinte digitale ni traces ADN n'ont pu être relevées sur les lieux du crime. Celui qui était alors âgé de 19 ans, Troy Davis a été condamné sur la foi des témoignages de neuf personnes.
Depuis sept des neuf témoins qui avaient accusé Troy Davis sont revenus sur leurs dépositions originales en 1991, avouant avoir menti. Beaucoup ont déclaré avoir agi sous la pression des enquêteurs. Parmi eux, un illettré aurait signé sa déposition rédigée par la police alors qu'il n'était pas capable de la lire, une jeune femme qui était en liberté conditionnelle a eu peur de dire aux policiers qu'elle n'avait pas vu le tireur et enfin un adolescent a accusé Troy Davis sous la menace de poursuites pour complicité.
Le 16 juillet 2007, la veille de l'injection létale qui devait mettre fin à ses jours, un recours en grâce déposé par Davis a finalement été entendu et l'exécution été repoussée pour une période maximale de 90 jours.
De recours en recours, septembre 2008, ou d’autres témoins disculpent Troy Davis et sont présentés au Comité des Grâces de l’Etat de Georgie, le 23 septembre alors que la sentence est prononcée, la cour suprême décide de suspendre l’exécution afin de réexaminer l’appel déposé.
Avril 2009, bis répétita, la Cour d’appel statue à son tour et accorde un sursis de 30 jours pour que Davis se pourvoit devant la Cour suprême Fédérale, la même qui a rejetée le recours en 2008. Le 17 août 2009, la Cour fait savoir qu’elle a accepté l’appel de Davis.
Le 24 août 2010, un juge fédéral de Savannah a estimé que le condamné à mort Troy Davis n'avait "pas réussi à prouver son innocence" et a rejeté le recours qu'il avait présenté contre son exécution. Cette décision ouvre la voie à la reprise de la procédure devant conduire à son exécution.
Il n'a pas été innocenté. Troy Davis, condamné à mort depuis près de 20 ans, s'est inexorablement rapproché de son exécution. Ce noir Américain, devenu un symbole de la lutte contre la peine de mort, n'a pas réussi à convaincre la justice de son innocence. Les chances d'annulation de sa condamnation à mort en appel sont infimes.
Depuis 2007, Amnesty International fait campagne avec la famille de Troy pour un nouveau procès. Et comme moyen d’attirer l’attention sur Troy Davis, Amnesty International a fait appel à un artiste de rue Mentalgassi, du Street Art, artiste du collage urbain, un collage précis et concis sur des objets urbains.
Le collectif allemand et du Street Art et Mentalgassi ont collaboré avec les frères et sœurs l'équipe créative Lisa Jelliffe et Kirsten Rutherford pour créer une série d'installations d'art uniques pour Amnesty International.
«Rendre visible l'invisible" utilise des affiches de clôture lenticulaire dans trois sites à travers le centre de Londres pour mettre en évidence le cas de Troy Anthony Davis.
L'installation d'art représente un gros plan du visage de Troy Davis, qui n'est visible que pour ceux qui s’approchent de la clôture. Frontalement, l'image devient invisible. Une plaque sur chaque site comme une alerte vers les passants vers le site d'Amnesty (www.amnesty.org.uk / clôture) où ils peuvent signer une pétition appelant à la justice pour Davis.
Les clôtures sont des supports inattendus pour livrer des représentations artistiques, alertant et émouvant. Cette vision lenticulaire à travers des barreaux d’une clôture comme métaphore à ceux d’une prison, seule façon de mettre en évidence l’évidence…
« Il s'agit d'une manière étonnante et saisissante de faire passer le message d'Amnesty dans les rues. Nous avons déjà eu une réaction massive sur le cas de Troy Davis et ce projet renforce nos convictions. »
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