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Une Tour végétale à
Nantes ??? Pas si sûr
Une tour végétale à Nantes, verra t-elle le jour ? Telle est bien la question du moment pour un programme lancé, en 2010, à l’ouest de l’île de Nantes amorçant ainsi un nouvel éco-quartier Prairie-au-Duc, qui prévoit pas moins de 50 000 m² de bâtiments le long du boulevard de la Prairie au Duc, associant à la fois résidence, écoles, enseignement supérieur, bureaux et commerces.
Un nouveau quartier au cœur de parc des chantiers initié depuis 2005 pour un vaste programme d’aménagement du site des anciens chantiers navals. Le quartier Praire-au-Duc s’inscrit dans un programme lié au développement durable, il devrait accueillir près de 400 logements répartis pour un quart en logement sociaux, un quart de logements intermédiaires et 50 % de logements en accession. Le programme prévoit notamment la réalisation d’un groupe scolaire et d’un centre de loisirs, d’une crèche associative et d’une école de cinéma et arts graphiques.
Ainsi, le quartier a vu naître le projet d’une tour végétale, comme un signal fort du futur éco-quartier Prairie-au-Duc.
Une tour de 9.000 m2 pour environ 85 logements et intégrant 1.800 m2 de bureaux et 1.100 m2 d’activités commerciales. Une tour aux accents environnementaux au cœur de la Ville de Nantes.
Imaginée par Edouard François, cette nouvelle tour propose une architecture conique et une conception de végétalisation sur façade.
Face aux défis imposés par la ville, notamment à travers la mobilité, les enjeux environnementaux et sociétaux, la ville doit répondre notamment à celui de l’étalement urbain. Densifier le cœur de ville, tel est le défi de la ville durable tout en répondant aux enjeux du futur. Chaque objet architectural doit s’insérer au cœur du patrimoine urbain existant, la tour végétale d’Edouard François présente des contours fluides sans arêtes frontales, des formes aérodynamiques parées de végétaux.
Ainsi pour l’élaboration d’un tel projet, l’architecte s’est entouré de spécialiste en matière du végétale en milieu urbain afin d'édifier ce bâtiment comme un acteur prépondérant en matière de biodiversité. Les échanges et les rencontres autour du monde botanique ont donné à l’architecte des éléments de réponses.
« En traversant le pont de Haudaudine de l’île de Nantes avec Claude Figureau, nous avons eu une révélation : si les espèces dites «Chasmophytes » développent des racines qui se glissent dans les interstices des failles rocheuses alors elles pourraient également pousser dans des tubes allongés. Ces tubes recréent très exactement les conditions de vie et de survie de ces espèces à faible croissance en milieu sauvage. Ces tubes “plantés” à l’extrémité des balcons, de hauteur variable et de section fine (15 à 25 cm de diamètre) donnent une structure visuelle à l’immeuble à l’image des lances des batailles peintes par Paolo de Uccelo. » explique t-il.
Les végétaux à l’état sauvage possèdent des caractéristiques de survie dans de milieux hostiles, ils rampent à travers chaque interstices, et croissent dans des conditions de sols pauvres, sur des parcelles presque stériles. Les conditions climatiques, la rudesse de l’hiver, la chaleur de l’été, toutes ces conditions n’altèrent pas leurs survies.
C’est ainsi que Edouard François cherchera les plantes sauvages qui envelopperont la tour.
Un travail élaboré avec le Jardin Botanique de Nantes, une aide précieuse sur la végétalisation de la façade de la tour. Cette collaboration a permis d’élaborer une expérimentation visant à étudier la croissance des plantes sauvages chasmophytes dans de nouvelles failles artificielles : des tubes longs et étroits. Différentes espèces ont été semées des tubes de tailles différentes aux matières différentes (inox, galva, fer) avec ou sans isolant pour étudier scientifiquement l’adaptablité des plantes dans ce milieu.
Un an d’étude expérimentale aura permis de données de réels résultats , en effet la croissance des plantes sauvages s’effectue de manière importante, malgré une faible consommation d’eau, et faisant face aux conditions climatiques rigoureuses comme l’échauffement des tubes au soleil, les résultats ont révélés un faible impact sur les racines des plantes. Une expérimentation qui s’est portée sur une vingtaine de tubes, permettant le choix d’une sélection appropriée et variée en concordance avec les plants dont les résultats sont les plus positifs. Une conclusion ravissante qui permet d’intégrer biodiversité en milieu urbain.
A propos de cette collaboration, un protocole d'expérimentation dit de "modélisation du système de végétalisation" a été signé par des représentants de la Ville de Nantes : Romaric Perrocheau (Directeur du Jardin Botanique de la Ville de Nantes), Jacques Soignon (Directeur des services des Espaces Verts et de l'Environnement de la Ville), Claude Figureau et Edouard François). Le protocole est consultable depuis ce site, dans la rubrique "Protocole d'expérimentation végétal".
Mais verra t-elle le jour ? Telle est la question actuellement, car il semblerait que la SAMOA, Société d'Aménagement de la Métropole Ouest Atlantique, est revu sa copie.
Ce projet engagé par Edouard François, architecte parisien qui a réalisé des bâtiment étonnants, comme la Tower Flower, l’immeuble qui pousse, pour le compte du promoteur Giboire, laisse une nouvelle fois l’empreinte du végétal sur le minéral, réunissant ces deux substances pour n’en faire qu’une. Une architecture qui avaint convaincu les services administratifs de la SAMOA puisqu’un permis de construire a été instruit en 2010. Hors en septembre dernier, la direction de la SAMOA a changée, Jean-Luc Charles succédant à Laurent Théry, parti à Lille. Un changement qui annonce une nouvelle équipe, puisque Marcel Smet remplace Alexandre Chemetoff. Ce renouvellement a eu pour conséquence de remettre en question l’originalité du programme, la Prairie-au-Duc n’étant plus adaptée au programme d’immeuble de grande hauteur. Les 60 mètres de la tour paraissent peu appropriés et ne peuvent s’insérer dans un site unique qui fait belvédère sur le quai de Fosse.
« Si les édifices de grande hauteur ne sont pas retenus pour le quartier de la Prairie au Duc, il y en aura ailleurs sur l’Île de Nantes, notamment sur la partie sud-ouest » explique Jean-Luc Charles.
Ainsi, le promoteur doit revoir sa copie. « On peut parfaitement comprendre qu’il puisse y avoir un nouveau regard sur l’aménagement de l’île de Nantes et sur les perspectives de l’éco-quartier de la Prairie au Duc. Même si cela est perturbant », souligne Philippe Camus, son directeur général.
Afin de poursuivre la collaboration du Groupe Giboire et la SAMOA, le promoteur doit revoir sa copie en proposant un projet d’envergure moindre.
Une situation paradoxale, entre un projet ambitieux déposé, et une nouvelle requalification d’un quartier, laissant supposé de nombreuses et vives réactions de la part des Nantais. Notamment sur la gestion d’une telle disposition et le financement de tel ou tel projet que ont vu naître sur cette parcelle et refoulé pour des raisons de requalification.
Ainsi pour manifester son mécontentement, Edouard François a envoyé une lettre ouverte au Maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault
Fiche technique
Type de projet :
Mixte
En construction :
décembre 2011
Livré :
décembre 2013
Surface :
9 150 m² SHON
Maîtrise d’ouvrage :
OCDL / Groupe GIBOIRE
Architecte / Maître d’œuvre :
E. François (75)
Adresse :
Bd de la Prairie au Duc
http://vraiment-ailleurs.eklablog.com/quelques-photos-n-1-a42324048