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Ce qui caractérise le nucléaire, c’est que l’inscience ne traite à point nommé de rien que du rien – FUKUSHIMA six ans déjà

Ce qui caractérise le nucléaire, c’est que l’inscience ne traite à point nommé de rien que du rien – FUKUSHIMA six ans déjà

Ce qui caractérise le nucléaire, c’est que l’inscience ne traite à point nommé de rien que du rien – FUKUSHIMA six ans déjà

Voilà six déjà qu’a eu lieu cette catastrophe sans précédent à Fukushima … Et aujourd’hui celle-ci se poursuit démontrant véritablement que le leurre des honneurs de l’intelligence et de la science moderne et son incrédulité flattent leur affaire de conscience plutôt que leur raison tout en leur laissant la liberté plus grande de se satisfaire dans l’erreur. Car à Fukushima, c’est bien un double sentiment qui nous submerge, celles de la grandeur et de la misère que porte en soi l’homme mais surtout de la fausse notion qu’il en a. À Fukushima où ailleurs dans les contrées de l’atome, il se sentait grand par sa nature première et par sa destinée, mais quand le désastre court, alors le poids incommensurable de sa propre nature le rend misérable et impuissant à se relever. La-bas, à Fukushima, les fuites radioactives se poursuivent et des milliers de personnes continuent à être déplacées. Mais pire encore, alors que s’opère continuellement les opérations de démantèlement sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, les dernières investigations menées par Tepco fin janvier 2017 ont permis de visualiser une partie de l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur 2 de Fukushima Daiichi, révélant deux paramètres inquiétants :

1) le corium a pu faire un trou dans une plateforme métallique située juste en dessous de la cuve du réacteur.

2) l’endroit est excessivement radioactif : 530 Sieverts/h (dose létale quasi immédiate), mesure de radioactivité la plus haute jusqu’à présent révélée par Tepco.

Tout d’abord, en novembre 2016, Greenpeace a mené une campagne de mesure de niveaux de radiation à Iitate, village situé à environ 35 km de Fukushima, et dans ses environs. Les chiffres de cette enquête ont été révélés fin février 2017 par Greenpeace, dans son rapport « No return to normal ». 

Les résultats sont très inquiétants : des valeurs relativement élevées de rayonnements, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des maisons d’Iitate, montrent un risque inacceptable d’exposition pour les citoyens s’ils y retournent. Dans certaines maisons, les doses de radiation mesurées sont cinq fois supérieures aux doses internationales maximales recommandées.

Or, le gouvernement japonais entend lever l’ordre d’évacuation de la région d’Iitate à la fin du mois de mars et supprimer les compensations financières un an plus tard. Cela signifie que les habitants de la région seront financièrement contraints de retourner vivre dans une zone qui est pourtant toujours dangereuse pour leur santé.

Rappelons que l’impact radiologique de l’accident de Fukushima s’étendait sur un périmètre de 100 km. En ce qui concerne la catastrophe de Tchernobyl, le périmètre était de 300 km.

Pourtant en France, aucune leçon ne semble avoir été tirée de ces accidents nucléaires. En effet, il existe un véritable vide juridique sur les plans particuliers d’intervention (PPI), qui sont aujourd’hui délimités de façon arbitraire et systématique par les autorités préfectorales à 10 kilomètres alors qu’aucun texte ne prévoit de seuil.

Si la ministre Ségolène Royal avait annoncé, en avril dernier, vouloir étendre le PPI de 10 à 20 km, il n’y a pour le moment qu’une circulaire adoptée et pas de décret d’application publié. Le calendrier reste inconnu et Greenpeace tient à souligner qu’un PPI, même élargi à 20 km, reste trop restreint.

Et pourtant, un accident du type Fukushima peut survenir en France : le parc nucléaire français est vieillissant et dangereux, d’autant plus que 30 réacteurs sont vérolés par une centaine d’anomalies graves. Et EDF n’a plus les moyens d’investir dans la sûreté nucléaire…

Greenpeace continue d’exiger une extension des PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Tepco (Tokyo Electric Power) a fait savoir, fin janvier 2017, (http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/handouts/2017/images/handouts_170130_02-e.pdf) qu’il avait repéré sous le réacteur 2 de la centrale atomique de Fukushima (Japon) une accumulation de matière noire qui pourrait être des barres particulièrement radioactives d’uranium fondu. Cette découverte a été rendue possible grâce à une caméra conduite à distance. Ce n’est pas la première fois que Tepco fait des recherches dans l’enceinte de confinement du réacteur 2, mais les images obtenues jusqu’alors n’étaient pas aussi explicites.

Filmées lors d’une inspection menée par une caméra mobile, les images du potentiel amas de combustible vont devoir être analysées pour confirmer la nature de la matière.

A l’instar des réacteurs 1 et 3, le réacteur 2 est l’un des plus endommagés et responsables de dégagements massifs de substances radioactives dans la nature après la mise en péril du site par le gigantesque tsunami de mars 2011. L’opérateur de la centrale nucléaire endommagée essaie depuis des années de localiser cet uranium fondu, étape capitale dans le processus d’assainissement du site fortement touché en mars 2011 par un fort séisme et un tsunami. De la matière a déjà été repérée sous l’un des quatre réacteurs endommagés mais le combustible fondu rejeté par les trois autres turbines n’avait jusqu’ici pas été détecté.

Les employés de Tepco ont utilisé un accès existant destiné au remplacement des barres de contrôle qui ne peut se faire que par le bas. Pour cela, une ouverture est aménagée dans l’enceinte de confinement suivie d’une passerelle qui permet d’accéder à la cavité située juste en dessous de la cuve. A cet endroit, les systèmes de commande des barres peuvent être vérifiés lors des visites d’entretien et les barres de contrôle peuvent être remplacées si besoin. Voici par exemple une photo d’une inspection du dessous de cuve du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, le 8 février 2012.

Ces barres sont nécessaires au bon fonctionnement du réacteur car elles permettent de réguler sa puissance. Le 11 mars 2011, les barres sont remontées automatiquement dans les réacteurs de Daiichi et ont stoppé la réaction en chaîne.

Aujourd’hui au réacteur 2 de Fukushima Daiichi, le paysage du dessous de cuve est tout autre, voilà ce qu’on peut en voir :

Le caillebotis est recouvert de morceaux de matière noire qui pourrait bien être du corium solidifié. Le trou dans la plateforme, juste sous la cuve, évoque le passage du corium. Ayant pu chauffer à l’intérieur de la cuve jusqu’à 2 à 3000°C, celui-ci a facilement pu faire fondre les barres de contrôle et comme le fond de cuve est percé de multiples trous (voir photos ci-dessous), le magma radioactif n’a pas eu de mal à traverser la passoire.

Ces trous servent à faire coulisser les barres de contrôle qui sont situées sous la cuve. C’est un vieux système des réacteurs Mark-I ou Mark-II, conçus par General Electric, qui a démontré sa grande faiblesse. Aujourd’hui, il existe encore beaucoup de centrales nucléaires qui l’utiisent, notamment aux Etats-Unis. En France, le système est différent, il est actionné par le haut.

On peut facilement imaginer, puisque trou il y a, que le corium est tombé sur le caillebotis, l’a rendu mou à cause de la chaleur et l’a déformé jusqu’à percement à cause de sa densité 20 fois plus importante que celle de l’eau. La suite logique est qu’il est tombé dans le fond de l’enceinte de confinement. Là, l’interaction corium-béton, bien connue des spécialistes, a fait disparaître le béton petit à petit. On ne connaît pas la profondeur du trou – n’ayez crainte Tepco nous l’annoncera un jour – mais peu importe, le mal est fait depuis 6 ans déjà et la pollution est permanente à cause de l’eau. L’investigation du 26 mars 2012 nous avait appris qu’il y avait 60 cm d’eau au fond de l’enceinte à une température d’environ 50°C, malgré un apport de plus de 100 m3/jour.  Le corium est donc bien proche et l’eau extrêmement contaminée file dans les sous-sols et la nappe phréatique. Le corium n’a pas besoin de s’être enfoncé dans le sol pour polluer la nappe phréatique et l’océan Pacifique.

De fait, les niveaux de pollution de la nappe phréatique en aval du réacteur 2 ont toujours été gigantesques. Les dernières données de Tepco relevées par le site Fukushima Diary montraient des niveaux importants en strontium 90 pour des échantillons pris non loin du réacteur 2, côté mer : puits 1-06 : 750 000 Bq/L, puits 1-14 : 54 000 Bq/L, puits 1-16 : 200 000 Bq/L (5 février 2016). Et il faut se souvenir que Tepco a avoué durant l’été 2013 que 300 m3 d’eau contaminée allaient directement des sous-sols de la centrale à l’océan Pacifique chaque jour.

Une partie du corium du réacteur 2 a pu aussi se déverser dans la piscine torique. On en retrouvera partout assurément. Il faut se souvenir du corium de Tchernobyl qui se trouve encore, 30 ans après les faits, réparti sur plusieurs niveaux de la centrale ukrainienne.

A Fukushima Daiichi, Hiroshi Miyano, professeur à l’Université Hosei et président de la commission d’étude pour le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, a déclaré que « Le niveau extrêmement élevé de radiations mesuré à un endroit, s’il est exact, peut indiquer que le combustible n’est pas loin et qu’il n’est pas recouvert d’eau ».

Mais les plus de 500 Sv/h (530) relevés sous la cuve et le trou dans la grille risquent fort d’empêcher Tepco de poursuivre ses investigations comme il l’avait prévu. En effet, le petit robot qu’ils comptaient envoyer en éclaireur devait passer sur cette grille. Or il n’a pas été conçu pour rencontrer des débris collés à la grille ou des trous. Il était prévu également pour mener une mission de 10 heures (la dernière investigation avait donné une radioactivité de 73 Sv/h). La radioactivité ambiante réactualisée le rendra inutilisable probablement au bout d’une ou deux heures seulement. En raison d’une marge d’erreur, « le niveau peut aussi être inférieur d’environ 30 %, mais il reste élevé », a confirmé par téléphone à l’AFP un porte-parole de Tepco, Tatsuhiro Yamagishi. Avec de tels niveaux de radiations, un homme exposé mourrait presque instantanément…

Pour mémoire, le réacteur 2 de Fukushima Daiichi a subi une explosion, sans doute au niveau de la piscine torique, le 15 mars 2011 vers 6h10. A partir de cette date, une énorme quantité de radioactivité s’est échappée de ce réacteur qui, malgré ses murs extérieurs intacts, rejetait un panache de vapeur permanent par le trou du panneau d’évent (déjà ouvert le 13 mars 2011).

Cette radioactivité venait soit directement du puits de cuve, à la verticale du réacteur, comme le montre cette photo gamma (880 mSv/h en juin 2013) (ce qui prouve au passage que le couvercle de la cuve n’est plus étanche),

soit par une cheminée de ventilation provenant du sous-sol, qui est bien visible sur la photo ci-dessous (angle nord-ouest du bâtiment-réacteur).

À Fukushima, même les robots ne survivent pas à l’intensité des radiations

Les robots envoyés sur le site nucléaire de Fukushima par la société Tepco ne sont pas assez résistants face à l’intensité des radiations : quatre appareils nettoyeurs n’ont pas réussi à aller au bout de leur mission.

Si comme Tepco le souhaite, le démantèlement du site de Fukushima devrait se profiler pour 2021. Mais pour l’heure, la priorité est à la collecte de données, rendue possible grâce à des robots. Spécialement conçus pour se déplacer sous l’eau et chercher des barres de combustibles fondues dans les enceintes de confinement des réacteurs, les robots sont censés pouvoir résister aux radiations pendant plusieurs heures. Mais la tâche s’avère compliquée : tous les robots envoyés sont morts en cours de route, avant même d’avoir achevé leurs investigations.

Abandons à répétition

Ainsi, le 10 février dernier, un appareil n’a tenu que deux heures avant de tomber en panne, rapporte le Japan Times. Une semaine plus tard, c’est le robot Scorpion, envoyé dans le réacteur numéro 2, qui a été bloqué par des débris. Les scientifiques ont fini par sectionner le câble auquel il était relié. Avant Scorpion, deux autres robots ont, eux aussi, été abandonnés. En cause : des radiations trop intenses. « Dès qu’ils s’approchent des réacteurs, les radiations détruisent leurs câbles électriques et les rendent ainsi inutilisables », explique à l’agence Reuters, Naohiro Masuda, responsable du démantèlement de Fukushima chez Tepco, opérateur de la centrale de Fukushima.

En image, voilà à quoi ressemblait l’expédition du robot Scorpion :

Unit 2 Primary Containment Vessel Investigation at Fukushima D…

“Scorpion Robot” Obtained Additional Information from Unit 2 PCV: On February 16, the “Scorpion-shaped robot” was inserted into the Unit 2 Primary Containment Vessel (PCV) at Fukushima Daiichi Nuclear Power Station to further investigate the conditions within. It went along the CRD rail that led to the area directly below the Reactor Pressure Vessel called the pedestal area, and obtained additional information such as the PCV interior, deposits conditions, temperature readings, and radiation levels. Even though the robot could not reach the pedestal area, which we had initially planned to investigate, valuable information was obtained which will help us determine the methods to eventually remove fuel debris. The robot was left inside the PCV not to obstruct further investigations, as an option of the original plan, since it stopped over the deposits. TEPCO Holdings will continue to review the information, such as deposits on the CRD rail and conditions inside the pedestal, obtained from this entire investigation. For more photos and information, go to http://photo.tepco.co.jp/en/date/2017/201702-e/170216-01e.html

Publié par Tokyo Electric Power Company Holdings, Incorporated sur jeudi 16 février 2017

Dans ce contexte encore très incertain, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise entend suivre sa feuille de route, et débuter le démantèlement dans quatre ans. Un processus qui durera une quarantaine d’années et coûtera des dizaines de milliards de dollars. Sans oublier l’enjeu de la décontamination. La compagnie aérienne low-coast sud-coréenne Jeju Air a annoncé mardi 28 février qu’elle n’emprunterait pas l’aéroport de Fukushima par crainte des radiations.

Fukushima: Le coût de la catastrophe devrait dépasser 170 milliards d’euros

C’est le double du coût estimé fin 2013 par les autorités japonaises. La facture du démantèlement, des dédommagements des riverains et de la décontamination de l’environnement après l’accident nucléaire de Fukushima devrait dépasser les 20.000 milliards de yens (170 milliards d’euros), rapporte jeudi la chaîne publique japonaise NHK.

Tepco, la compagnie qui exploite la centrale de Fukushima Daiichi, avait initialement indiqué que le démantèlement et les travaux sur le site seuls coûteraient aux environs de 2.000 milliards de yens (17 milliards d’euros) mais, dans la nouvelle évaluation gouvernementale, le montant est 4 fois supérieur : 8.000 milliards (66 milliards d’euros), selon la NHK et le quotidien Nikkei.

Trois à quatre décennies pour nettoyer la centrale

Un comité d’experts mandatés par le gouvernement avait déjà dit en octobre que le coût du démantèlement « dépasserait très largement 2.000 milliards de yens ». Ces experts n’ont officiellement pas donné de chiffres actualisés plus précis depuis, et le ministère de l’Economie (Meti) non plus, mais pourraient les publier à l’occasion de leur prochaine réunion ce mois-ci. « Les discussions (sur les coûts et la répartition entre les parties prenantes) vont se poursuivre encore l’année prochaine », selon un porte-parole du Meti.

Il faudra en outre au moins trois à quatre décennies pour récupérer le combustible fondu dans trois unités et nettoyer les lieux du mieux possible.

Quelque 8.000 à 10.000 milliards de yens sont en outre désormais jugés nécessaires par les mêmes experts pour les dédommagements versés aux habitants de la région, indemnisations dont la part déjà versée avoisine 6.000 milliards de yens (50 milliards d’euros). La somme grimpe au fil des mois du fait du nombre important de personnes affectées par le drame.

Contribution des fournisseurs d’électricité

L’Etat avance cet argent à Tepco par le biais d’un fonds spécialement créé auquel contribuent aussi les autres fournisseurs d’électricité. La compagnie est censée rembourser ultérieurement les sommes prêtées par le pays, mais l’échéance n’est pas définie.

Les opérations de décontamination des environs du site, également comprises dans la somme totale de plus de 20.000 milliards de yens, pourraient coûter de leur côté 4.000 milliards de yens, bien plus que prévu précédemment, selon les chiffres de la NHK et des autres médias qui ne mentionnent pas leur source.

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