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Eli Lotar (1905-1969)

Eli Lotar (1905-1969), à partir du 14 février jusqu’au 28 mai 2017 au Jeu de Paume

Sans titre 1931 Éli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 29,9 x 39,3 cm. Don de M. Jean-Pierre Marchand en 2009, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

Une exposition du 40e anniversaire du Centre Pompidou, coproduite par le Centre Pompidou et le Jeu de Paume. Cette exposition est la première rétrospective constituée d’une centaine de tirages d’époque, consacrée à l’œuvre d’Eli Lotar, photographe et cinéaste. Elle rend compte de la créativité foisonnante des années 1930, au travers de ses portraits, des œuvres issues de ses collaborations avec de nombreux artistes, mais également de sa passion pour le cinéma.

Jeunesse et talent précoce permettent à Eli Lotar de se démarquer rapidement des pionniers de la photographie moderne à Paris à la n des années 1920 : André Kertesz, Man Ray et Germaine Krull.

L’apprentissage de la technique photographique aux côtés de Germaine Krull lui permet de s’approprier le langage propre à la photographie moderne européenne (plongées, contre-plongées, décadrages ou gros plans) et, pour paraphraser l’écrivain et scénariste français Pierre Bost, de « découvrir dans l’objet connu l’objet inconnu ».

Pendant la période la plus intense de sa pratique photographique (1927-1932), Lotar prend pour sujet le paysage urbain et industriel de Paris et de ses alentours. Il s’attarde aussi sur les nouveaux objets de fascination qu’offre la vie moderne : avions, bateaux, trains, rails, signaux de chemin de fer…

Avec une certaine virtuosité, il photographie des détails et varie les points de vue, con rmant ainsi son appartenance à l’avant-garde.

L’engagement social et politique d’Eli Lotar ainsi que son goût pour le travail collectif se révèlent dans ses nombreuses collaborations avec l’avant-garde littéraire (Jacques Prévert, Georges Bataille, et la revue Documents), des hommes de théâtre (Antonin Artaud et Roger Vitrac) ou encore des réalisateurs de cinéma connus (Joris Ivens, Alberto Cavalcanti et Luis Buñuel) que le contexte socio-politique troublé des années 1930 ne laissait pas indifférents.

L’organisation thématique de cette exposition met en valeur la diversité des sujets photographiés par Eli Lotar : l’Institut des sourds-muets et l’hôpital des Quinze-Vingt dédié aux mal-voyants, les abattoirs de la Villette, la condition des prostituées parisiennes, le monde du spectacle vivant, les paysages du pourtour méditerranéen ou encore les sites archéologiques en Grèce au début des années 1930…

L’œuvre d’Eli Lotar s’inscrit tout à la fois dans la tradition du reportage documentaire et dans la mouvance surréaliste, mettant ainsi en lumière la dualité entre réalisme et lyrisme présente dans l’entre-deux-guerres. Elle témoigne des injustices sociales et de la misère (sa collaboration sur Terre sans pain de Luis Buñuel et son lm Aubervilliers en sont de bons exemples), du progrès industriel et de ses répercussions sur la vie quotidienne (avec le lm Zuiderzeewerken de Joris Ivens par exemple), mais aussi de la sensibilité aigüe du regard qu’il porte sur le monde.

En associant des tirages d’époque, des images inédites (reproductions de photographies à partir du fonds de négatifs), des documents (reproductions de pages de journaux et de revues illustrées) et des films, l’exposition présente une fresque visuelle qui témoigne de l’ensemble des pratiques photographiques et cinématographiques d’Eli Lotar.

Locomotive Vers 1929 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 22,9 x 14,3 cm. Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

L’EXPOSITION

Photographe et cinéaste français d’origine roumaine, Eli Lotar (Eliazar Lotar Teodorescu, Paris, 1905-1969) arrive en France en 1924 et devient rapidement l’un des tous premiers photographes de l’avant-garde parisienne. Proche de Germaine Krull qui lui apprend le métier, et plus tard des surréalistes, il publie dans les revues d’avant-garde : Vu, Jazz, Arts
et métiers graphiques, et participe à plusieurs expositions internationales majeures, parmi lesquelles « Fotographie der Gegenwart », « Film und Foto », « Documents de la vie sociale ».

L’exposition « Eli Lotar (1905-1969) » examine, sous un jour nouveau, le rôle de cet acteur crucial de la modernité photographique à travers un parcours thématique, de la
« Nouvelle Vision » au cinéma documentaire, en passant par ses paysages urbains, industriels ou maritimes. Ses portraits montrent son attrait pour les poses et postures et sa proximité avec la plupart des grands artistes de l’époque.

L’engagement social et politique d’Eli Lotar ainsi que son goût pour le travail collectif se révèlent dans la réalisation de nombreux projets avec des écrivains (Jacques et Pierre Prévert), des hommes de théâtre (Antonin Artaud et Roger Vitrac) ou encore des réalisateurs de cinéma connus (Joris Ivens, Alberto Cavalcanti et Luis Buñuel) que le contexte socio- politique troublé des années 1930 ne laissait pas indifférents.

L’exposition rassemble plus de cent tirages vintage récemment localisés dans une quinzaine de collections et d’institutions internationales ainsi qu’une sélection d’une centaine de documents (livres, revues, lettres, négatifs, films) qui constituent le cœur du travail d’Eli Lotar. Elle est organisée en cinq sections thématiques qui ne suivent pas un ordre strictement chronologique.

Les deux premières parties de l’exposition traitent des reportages photographiques effectués par Eli Lotar en majorité pour la presse illustrée. Intitulées « Nouvelle Vision » et « Déambulations urbaines », elles permettent de se plonger dans l’univers du photographe, reconnu pour la singularité de son œuvre dès la fin des années 1920. La reproduction de revues de l’époque (VU, L’Art Vivant, Arts et métiers graphiques, Jazz, Bifur) montrent une partie des nombreuses publications de Lotar à cette période. Les tirages d’époque, les impressions réalisées à partir des négatifs et les documents présentés dans cette section permettent de prendre la mesure de sa notoriété précoce au sein de l’avant-garde photographique européenne.

Isolateur Vers 1930 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 24,1 x 20,1 cm, achat en 2005. Collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

Attiré par l’univers du cinéma, Lotar participe, dès 1929, à des productions de films documentaires en travaillant avec des cinéastes comme Jean Painlevé, Joris Ivens et Luis Buñuel. La troisième section est consacrée aux œuvres les plus socialement engagées de Lotar avec une sélection de photographies et de films où se reflète la complexité sociale et politique de l’entre-deux-guerres, comme par exemple le réalisme cru de sa série sur les Abattoirs (1929) et sa collaboration sur Terre sans pain (1933) le seul film documentaire de Luis Buñuel qui illustre les conditions de vie déplorables de la région isolée et aride des Hurdes, en Espagne. Le travail avec des cinéastes qui participent activement à l’émergence du cinéma documentaire marque fortement la carrière de Lotar, qui après guerre, réalise Aubervilliers (1945), un documentaire poétique sur les conditions de vie dans les taudis de cette ville.

Les deux dernières sections de l’exposition portent une attention particulière aux rencontres artistiques et littéraires fructueuses de la vie de Lotar. Elle présente des images inédites de ses voyages ainsi qu’une série de prises de vues des poses loufoques des personnages du théâtre Alfred Jarry d’Antonin Artaud. Ses collaborations avec plusieurs artistes, dramaturges et poètes lui permettent d’apporter son expertise artistique et technique (notamment le travail de la lumière et du cadrage) aussi bien lors de voyages sur le pourtour méditerranéen avec Jacques Bernard Brunius et Roger Vitrac, que dans ses photomontages pour le théâtre Alfred Jarry d’Antonin Artaud ou encore sa collaboration amicale avec Alberto Giacometti dont Lotar sera le dernier modèle.

La présence d‘Eli Lotar aux avant-postes du modernisme a pourtant fait l’objet d’une reconnaissance tardive. Il faut attendre le début des années 1990 pour qu’une première rétrospective lui soit consacrée au Centre Pompidou. Depuis, les avancées dans le champ des études du surréalisme, de la photographie de l’entre-deux-guerres, mais aussi du cinéma, permettent de poser un regard nouveau sur son travail et de restituer toute la singularité de sa trajectoire et de son univers visuel. Le Jeu de Paume et le Centre Pompidou à Paris s’associent pour présenter une exposition rétrospective constituée à partir des archives et du fonds d’atelier du photographe conservés au Centre Pompidou et de tirages d’époque provenant de collections et d’institutions internationales.

Vitre brisée Vers 1940 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 22,8 x 15,1 cm. Don de Anne-Marie et Jean-Pierre Marchand, Mitzura Arghezi et Théo Arghezi 1993, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

LE PARCOURS DE L’EXPOSITION

NOUVELLE VISION

Jeunesse et talent précoce permettent à Eli Lotar de se démarquer rapidement des pionniers de la photographie moderne qui émerge à Paris à la n des années 1920.

Son travail est largement représenté, en 1929, lors de l’exposition « Film und Foto » à Stuttgart, aux côtés des autres gures parisiennes que sont André Kertesz, Man Ray et Germaine Krull. Dans le sillage de cette dernière, auprès de laquelle il a appris la technique photographique, Eli Lotar fait siennes les nécessités nouvelles de l’art photographique : « découvrir dans l’objet connu l’objet inconnu » pour citer l’écrivain et scénariste français Pierre Bost.

Les photographies de Lotar prennent pour sujet le paysage urbain et industriel de Paris et ses alentours. Lotar s’attarde ainsi sur les nouveaux objets de contemplation qu’offre la vie moderne : avions, bateaux, trains, rails, signaux de chemin de fer… Il cherche des détails et varie les points de vues, adoptant ainsi le langage typique de la photographie moderne européenne : plongées, contre-plongées, décadrages ou gros plans.

Sans titre Vers 1930-1934 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 40 x 30 cm. Don de M. Jean-Pierre Marchand 2009, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

DÉAMBULATIONS URBAINES

La sensibilité de Lotar va au-delà de l’esthétique moderniste.

C’est la ville de Paris en mutation – archaïque ou moderne, riche ou misérable, de nuit ou de jour, photographiée à ras du sol ou d’en haut – qui s’offre comme un terrain de jeu idéal pour le jeune photographe récemment arrivé de Bucarest et qui cherche à proposer un nouveau regard puissamment ancré dans le réel. Dans les premiers temps, Lotar partage avec Germaine Krull sa célèbre Ikarette puis s’équipe d’un Ermanox, un appareil à main qui l’autorise à adopter des points de vue surprenants, à l’instar des images de pas prises au beau milieu de la foule visitant la Foire de Paris en 1928.

Entre réalisme et onirisme, sa fascination pour la ville l’inscrit dans les préoccupations de l’avant-garde surréaliste, groupe avec lequel Lotar a entretenu des liens sans jamais en faire officiellement partie.

Punition 1929 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 18,5 x 13 cm. Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

ENGAGEMENT DOCUMENTAIRE

Entre 1928 et 1929, Lotar effectue une dizaine de reportages pour le magazine VU. Ce travail se poursuit de manière intense jusqu’en 1932 en illustrant des revues comme Variétés, Détective, Jazz ou Bifur.

À cette même période Lotar commence à travailler comme assistant de Jean Painlevé sur des lms comme Crabes et crevettes (1929), puis il est associé au projet de lm documentaire Zuiderzeewerken, de Joris Ivens en 1930. Ainsi, le style du photographe s’éloigne de l’esthétique moderniste pour adopter une approche plus documentaire. Progressivement, il publie les images prises en marge des tournages des films sur lesquels il collabore. Par exemple, c’est à l’occasion de Zuiderzeewerken que Lotar écrit et publie un article illustré de ses photographies témoignant de son expérience sur le chantier de construction de la digue et des écluses et de son intérêt pour les questions sociales. Lotar travaille en tant qu’opérateur sur le lm Terre sans Pain, 1933, de Luis Buñuel, un projet dont la mission était de dénoncer les conditions de vie des habitants de la région Las Hurdes en Espagne.

Membre actif de l’Association des artistes et des écrivains révolutionnaires comme responsable de la section photographique, Lotar est un artiste politiquement engagé ou ouvertement antifasciste. Les photographies prises en février 1936 montrent l’effervescence du Frente Popular victorieux en Espagne et sont un autre exemple de l’engagement militant sans ambiguïté d’Eli Lotar.

La carrière de Lotar est entièrement tournée vers le cinéma dès le milieu des années 1930. Il travaille sur des projets avec de nombreux cinéastes, sur des projets personnels et sur des commandes jusqu’à la n de sa vie. Certains de ses films ont aujourd’hui disparus pendant que d’autres restent des ébauches.

L’exposition permet de voir le seul lm pour lequel il a reçu une réelle reconnaissance au titre d’auteur intitulé Aubervilliers, 1945. Commandé par Charles Tillon, le maire communiste, sur les bidonvilles de sa commune, le lm fait un état des lieux de la situation sociale et cherche à dénoncer les conditions terribles de vie dans les taudis. La forte présence de la musique dans ce lm (Joseph Kosma) le transforme en un conte visuel, qui malgré les textes de Jacques Prévert en voix off, satisfait plus le public cinéphile que le commanditaire.

Aux Abattoirs de la Villette 1929 Éli Lotar Épreuve gélatine-argentique d’époque, 22,2 x 16,2 cm. Metropolitan Museum of Art, New York. © Eli Lotar

PHOTOGÉNIE DES SITES

Dans les années 1920 et 1930, période la plus intense de sa pratique photographique, Eli Lotar effectue plusieurs voyages à travers la France et la Méditerranée, dont il rapporte de nombreuses vues de sites portuaires et maritimes – thème en vogue à l’époque.

Des cadrages audacieux, typiques du photographe, donnent à voir le carénage des bateaux en Grèce, les mâts de terre-neuviers amarrés dans le port de Saint-Malo ainsi que des paysages de bord de mer, des Cyclades à Stromboli en passant par Gibraltar. Quelques photographies montrent L’Exir Dallen, voilier sur lequel Eli Lotar et Jacques-André Boiffard embarquèrent pour faire le tour du monde à l’occasion du tournage d’un lm de commande pour un industriel espagnol.

De 1931 à 1935, Eli Lotar fait plusieurs voyages en Grèce, réalisant des prises de vues de la Grèce contemporaine et antique ainsi qu’un lm, avec Roger Vitrac et Jacques-Bernard Brunius, intitulé Voyage aux Cyclades (1932), dont il ne reste que quelques bandes 35 mm. Les sites archéologiques et les sculptures antiques font aussi l’objet de l’attention accrue du jeune photographe, qui parvient à associer dans ses reportages la vitalité des scènes urbaines à la simplicité raffinée des statuettes de l’art cycladique. Publiés dans l’ouvrage touristique La Grèce (1942) aux éditions Arthaud et dans des revues comme Voyage en Grèce (1934-1939) de Héraclès Joannidès, le numéro spécial des Cahiers d’art de Christian Zervos sur l’art grec (1933) et Minotaure d’Albert Skira (1936), ces photographies accompagnent des textes d’auteurs prestigieux tels que Jean Cassou, Le Corbusier ou encore Marguerite Yourcenar, contribuant à la diffusion de l’œuvre d’art par l’image, notamment à cette période, où l’on dénote un fort intérêt de l’art moderne pour les arts préhistoriques, antiques et primitifs.

Travaux d’assèchement du Zuyderzee, Pays-Bas 1930 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 17,4 x 12,8 cm. Archives Tériade, musée départemental Matisse, Le Cateau-Cambrésis. © Eli Lotar

POSES ET POSTURES

L’exposition se propose de conclure ce panorama en resituant le photographe dans son réseau intellectuel et artistique.

Les portraits des surréalistes (Georges Bataille, André Masson, Roger Vitrac), de gures du cinéma et du music-hall (Sylvia Bataille, Feral Benga, Marcel L’Herbier), ou dans les années 1940 et 1960, du sculpteur Alberto Giacometti sont autant d’exemples de ces rencontres et amitiés diverses qui ont jalonné la carrière de Lotar, en particulier dans le monde du spectacle. En 1931, sa collaboration avec Antonin Artaud et Roger Vitrac pour le Théâtre Alfred Jarry est l’expérience la plus originale et la plus aboutie de Lotar avec le monde de la scène. Lotar réalise avec ses photographies des photomontages composant des tableaux vivants hallucinatoires.

Il achève sa carrière photographique au début des années 1960 par une collaboration avec le sculpteur Alberto Giacometti, dont il sera le dernier modèle. Lotar photographie Giacometti, Giacometti sculpte Lotar : un jeu de miroirs révélateur de leur amitié profonde.

Portrait de l’actrice Wanda Vangen 1929 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 24 x 17,9 cm. Achat en 1992, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI. © Eli Lotar

ELI LOTAR

1905

Naissance d’Eliazar Teodorescu dit Eli Lotar à Paris dans le 18e arrondissement. Il est l’enfant illégitime de Tudor Arghezi, un poète et homme de lettres roumain, et de Constanta Zissu, une enseignante évoluant dans les cercles de l’avant-garde poétique bucarestoise.

1924

Après avoir passé son enfance et adolescence à Bucarest, Eli Lotar s’installe à Paris et se lance dans une carrière de comédien de cinéma.

1926

Eli Lotar rencontre Germaine Krull et apprend la photographie à ses côtés.

1927

Déambulations photographiques dans Paris en compagnie de Germaine Krull et de Joris Ivens. Lotar réalise ses premières photographies en marge de tournages des lms Paname n’est pas Paris de Nikolaï Malokoff et Poker d’As d’Henri Desfontaines.

1928

Photographie le tournage de L’Argent de Marcel L’Herbier, aux côtés de Jean Dréville qui tourne un documentaire sur les coulisses du lm.
Publications : VU, La Revue Française de photographie.

1929

Il prend les photos de plateaux du Petit Chaperon rouge d’Alberto Cavalcanti et réalise avec celui-ci Vous verrez la semaine prochaine. Lotar rencontre Jean Renoir, Yves Allégret, André Cerf, Claude Heymann et Pierre Prévert. Première revue critique sur Eli Lotar par Jean Gallotti dans L’Art Vivant.
Publication des Abattoirs de la Villette dans la revue Documents de Georges Bataille.

Premier séjour aux Pays-Bas auprès de Joris Ivens comme opérateur sur le tournage de Zuiderzeewerken.
Assiste Jean Painlevé sur le tournage du documentaire Crabes et crevettes à Roscoff.
Publications : L’Art Vivant, VU, Bifur, Jazz, Close Up, Paris, notamment auteur de l’article « Ici, on ne s’amuse pas », Jazz, n° 11.

1930

Tournage avec Jean Painlevé : Caprelles et Pantopodes.
Ouvre un studio photographique situé au 59 de la rue Froidevaux, Paris, avec le photographe Jacques-André Boiffard.
Il s’essaie au photomontage (Théâtre Alfred Jarry, série des « Paris de fantaisie »)
Publications : Close Up, Art et décoration, Jazz, Arts et métiers graphiques, Paris, Photographies modernes.

1931

Séjour au Portugal avec Jacques-Bernard Brunius pour la préparation du lm d’A Severa, premier lm sonore portugais de Leitão de Barros.
Tournage en Grèce du lm Voyage aux Cyclades avec Roger Vitrac et Jacques-Bernard Brunius et de Prix et pro ts d’Yves Allégret.

Publications : Arts et métiers graphiques, VU, La Revue du Cinéma, Le Dictionnaire de l’argot d’Émile Chautard.

1932

Il tourne le lm Ténériffe avec Yves Allégret. Tournage de Fanny de Marc Allégret à Marseille. Lotar y est gurant et assistant-réalisateur avec Yves Allégret et Pierre Prévert.
Opérateur sur L’Affaire est dans le sac de Pierre Prévert.
Lotar adhère à l’association des écrivains et des artistes révolutionnaires (L’AEAR). Proche des membres du groupe Octobre, troupe de théâtre d’agit-prop (Lou Tchimoukow, Boiffard, Jacques-Bernard Brunius, Jacques et Pierre Prévert). Devient le compagnon d’Elisabeth Makovska, peintre et photographe d’origine russe.

1933

Il tourne Las Hurdes avec Luis Buñuel, Pierre Unik, Ramon Acin et Rafael Sanchez Ventura.
Voyage en Méditerranée durant environ 6 mois avec Jacques-André Boiffard à bord du voilier L’Exir Dallen. Prend des photos devant les usines Citroën en grève. Photographie d’une représentation du groupe Octobre (Fantômes).
Publications : Phare de Neuilly, Octubre, Escristores y artistats revolucionarios.

1934

Exposition « Eli Lotar et Jacques-André Boiffard » à la galerie-librairie La Pléiade à Paris Projets de lms avec ses compagnons du groupe Octobre.

1935

Participe à l’organisation de l’exposition de l’AEAR « Documents de la vie sociale », galerie-librairie de la Pléiade.
Séjour en Grèce avec sa compagne Elisabeth Makovska. Photographies publiées aux éditions Arthaud.

1936

Séjourne en Espagne pendant la victoire du Front populaire espagnol. Photographe de plateau sur Une partie de campagne de Jean Renoir. Directeur de la photographie Vous n’avez rien à déclarer ? de Léo Joannon. Publications : Minotaure, Le Voyage en Grèce, Coronet (Chicago).

1937

Directeur de la photographie sur Les Maisons de la misère et sur Comme une lettre à la poste d’Henri Storck. Directeur de la photographie sur Records 37 dirigé par Jacques-Bernard Brunius et Robert Desnos. Court- métrage qui sera présenté dans la sélection de l’exposition internationale.
Publications : Verve, Coronet, La Grèce

1938

Long séjour en Indochine au sein des colonies françaises d’où il rapporte plus de 800 images. Épouse Elisabeth Makosvka.
Publications : Coronet (Chicago).

1940

S’engage dans l’armée française, puis rejoint à pied son épouse et ses proches dans le sud de la France.

1941

Ouvre un studio photo à Cannes. Y accueille le photographe Willy Ronis. Activités de Résistance. Photographe de plateau sur Les Deux Timides d’Yves Champlain (Yves Allégret) à Nice.

1943

Opérateur sur le documentaire L’Âme de l’Auvergne de Fred Orain et Lucien Vittet.

1944

Séjour en Suisse. Publie quelques photographies d’Alberto Giacometti prises à l’Hôtel de Rive, à Genève, dans la revue Labyrinthe dirigée par Albert Skira.

1945

Sortie du lm inachevé de Jean Renoir : Une partie de campagne. Tournage d’Aubervilliers. Photographe de plateau et opérateur sur L’Homme de Gilles Margaritis.

1946-1947

Présentation publique d’Aubervilliers. Nominé dans la catégorie documentaire social au Festival de Cannes. Divers tournages de documentaires. Séjour en Pologne. Supervision de deux lms à Prague et aux Pays-Bas non exploités. Recherche le corps et les archives de Pierre Unik en Silésie. Unik a disparu en 1945 après avoir réussi à s’enfuir de son camp d’internement.

1949

Aubervilliers reçoit le Grand Prix du lm poétique du festival de Knokke-le-Zoute (Belgique). 1951

Séjour au Cameroun en Afrique pour le tournage du documentaire Bois d’Afrique. 1956

Premier voyage en Roumanie après trente-deux ans d’absence. Projets de lm qui n’aboutissent pas.

1963-1964

Compagnonnage étroit avec Alberto Giacometti. Il pose dans son atelier pour plusieurs bustes et prend des photographies du sculpteur et de son atelier.

1969

10 mai : décès d’Eli Lotar à Paris.

Benne (poussières) 1929 Eli Lotar Épreuve gélatino-argentique d’époque, 22,5 x 16,5 cm. Courtsey Gilles Peyroulet et Cie, Paris. © Eli Lotar

Jeu de Paume

1, PLACE DE LA CONCORDE · PARIS 8E · M° CONCORDE WWW.JEUDEPAUME.ORG

HORAIRES D’OUVERTURE

Mardi (nocturne) : 11 h-21 h
Mercredi à dimanche : 11 h -19 h. Fermeture le lundi

TARIFS

Plein tarif : 10 € / Tarif réduit : 7,50 €

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