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Pesticides et eau du robinet… Sous ce quinquennat + 12 % d’utilisation de pesticides en France

Pesticides et eau du robinet… Sous ce quinquennat + 12 % d’utilisation de pesticides en France

Pesticides et eau du robinet… Sous ce quinquennat + 12 % d’utilisation de pesticides en France

L’association de consommateurs, UFC-Que Choisir, dans une étude publiée en janvier 2016, a analysé les réseaux desservant les quelque 36 600 communes de France, sur la base de données du ministère de la santé. Elle a pu ainsi collecté des données révélant que bien loin de diminuer, l’utilisation des pesticides augmente entre 2011 et 2014. Même lorsqu’on raisonne en moyennes triennales, censées lisser les variations climatiques d’une année sur l’autre, l’augmentation calculée est de 12% sur 4 ans !

Constatant l’échec manifeste d’Ecophyto 1, le Ministre de l’Agriculture Stéphane LE FOLL a annoncé en octobre 2015 la deuxième mouture de ce plan qui prévoit toujours une réduction de 50 % … mais d’ici 2025 et d’ici 2020 une réduction de -25%.

Les résultats de l’étude : une qualité de l’eau excellente pour 95,6 % des consommateurs français

1– Résultats globaux

a) Une très bonne qualité de l’eau, notamment en ville

Notre relevé cumulé sur l’ensemble des critères sanitaires, montre que 95,6 % des consommateurs français ont accès tout au long de l’année à une eau de très bonne qualité. Ceci est plus particulièrement vrai dans les grandes villes ou les villes de taille moyenne où quasiment aucune pollution n’est relevée, alors même que les ressources en eaux brutes (rivières et nappes phréatiques) sont massivement polluées en nitrates et en pesticides. Ce paradoxe s’explique par la mise en place de coûteux traitements de dépollution que seules ces collectivités peuvent financer.

b) Une eau contaminée pour 2,8 millions de consommateurs ruraux

Près de 2,8 millions de consommateurs en revanche reçoivent une eau non conforme aux limites de qualité. Les 5 contaminants les plus fréquemment rencontrés se répartissent de la manière suivante :

1er – Pesticides :

Avec 2379 réseaux de distribution non conformes (soit 5% de l’ensemble des réseaux de distribution), répartis dans 2271 communes, les pollutions en pesticides constituent de loin la première cause de non-conformité. En termes de population, on peut estimer que de l’ordre de 2 millions de consommateurs boivent une eau non-conforme en pesticides.

Si les pesticides sont sur-représentés par rapport aux autres non-conformités, c’est qu’ils sont toxiques à très faible dose et que leur effet pourrait être décuplé par une exposition sur le long terme. Les autorités sanitaires ont donc été dans l’obligation de définir une norme très protectrice. A titre d’illustration, alors que la teneur maximale en nitrates dans l’eau potable est de 50 milligrammes par litre, elle est en revanche de 0,1 microgramme par litre pour chaque molécule de pesticide, soit une teneur 500 000 fois plus basse que celle en nitrates ! Il est donc beaucoup plus difficile d’atteindre la conformité réglementaire en pesticides qu’en nitrates.

2e – Nitrates :

Présents dans 390 réseaux (0,8 % des réseaux), répartis dans 370 communes, les nitrates constituent, bien après les pesticides, la deuxième cause de non-conformité. On estime que de l’ordre de 226.000 consommateurs reçoivent une eau non-conforme en nitrates.

Le fait que l’on décompte moins de non-conformité en nitrates, tient tout d’abord à une norme considérablement plus élevée donc plus facile à atteindre. D’autre part, une technique très fréquente, facile du point de vue technique et comparativement peu onéreuse pour atteindre la conformité réglementaire, consiste à diluer les eaux supérieures à la norme avec des eaux conformes. Cette pratique est d’autant plus facile qu’il n’est pas nécessaire que les eaux de dilution soient exemptes de nitrates, mais seulement qu’elles soient suffisamment en dessous de la norme.

3e – Contaminations bactériennes :

Ce défaut de traitement concerne 305 réseaux (0,7% du total des réseaux), répartis dans 253 communes. La population recevant cette eau est estimée à 215.000 consommateurs. Les bactéries sont des germes que l’on trouve en très grandes quantités dans l’environnement. Certaines d’entre elles sont pathogènes et peuvent provoquer au minimum des dérangements intestinaux, voire des affections intestinales plus graves. S’agissant plus particulièrement de la bactérie Escherichia coli, sa présence indique une contamination d’origine fécale, provenant le plus souvent d’effluents d’élevages entraînés par les précipitations ou d’eaux usées mal traitées.

Habituellement bien maitrisées, les techniques les plus classiques d’élimination de ces germes utilisent le chlore, l’ozone, les ultra-violets ou encore la filtration sur membranes. Mais pour être efficaces, ces installations nécessitent un suivi très régulier du fonctionnement, pouvant faire défaut dans des petites installations.

4e – Arsenic :

Il est présent dans 175 réseaux (0,4 % des réseaux), répartis dans 154 communes. On estime que 38.000 consommateurs reçoivent cette eau non-conforme. La contamination en arsenic est dans la quasi-totalité des cas d’origine naturelle. C’est en effet un composant habituel des roches anciennes ou volcaniques (Massif Central, Vosges …). Différents traitements permettent d’en diminuer fortement les teneurs.

Hors classement – Plomb :

Le plomb constitue le composant des canalisations le plus souvent détecté chez les consommateurs. Sa présence dans l’eau du robinet provient des canalisations anciennes utilisées jusque dans les années 1950 qui peuvent être encore présentes dans des immeubles anciens ou dans les parties privatives. On ne peut pas estimer la part de la population concernée par cette pollution, d’une part du fait du très faible nombre d’analyses réalisées sur ce contaminant. De plus, lorsque du plomb est détecté dans l’eau prise au robinet d’un consommateur, sa présence est généralement due aux canalisations de son immeuble ou de son logement. Par conséquent ce résultat ne nous renseigne pas sur la présence éventuelle de plomb pour les autres consommateurs desservis par le même réseau.

 Des pollutions rencontrées essentiellement dans les petites communes

Si la qualité est au rendez-vous dans les grandes et moyennes villes, il n’en va pas de même dans les petites communes. En effet, les analyses non-conformes sont retrouvées essentiellement dans des villes de moins de 30 000 habitants et plus particulièrement dans des petites communes situées en zone rurale. Ainsi, pour l’ensemble des critères analysés, les communes où nous avons relevé des dépassements des normes, comptent en moyenne 500 habitants, soit des communes de la taille d’un village.

La présence de pollutions dans ces petites communes s’explique avant tout par la faiblesse de leurs capacités financières, le manque de personnel et la vétusté des réseaux de canalisation. Ainsi, le simple respect des normes bactériologiques, implique un suivi constant et donc des moyens humains conséquents. Quant aux pesticides, il est bien évidemment impossible pour de petites communes rurales de financer les coûteuses installations qui permettraient de les éliminer. Enfin, des canalisations mal entretenues ou vieillissantes sont susceptibles d’occasionner des fuites à l’origine de contaminations supplémentaires.

2 – Résultats détaillés : analyse paramètre par paramètre

a) Les pollutions agricoles : 1eres causes de non-conformités tous critères confondus

Le premier groupe de critères analysés est celui des polluants causés par les activités humaines. Les polluants d’origine industrielle ou domestique sont globalement très rares. En effet, ces pollutions sont globalement bien maîtrisées grâce à des réglementations exigeantes et respectées. Il n’en va pas de même pour les activités agricoles qui génèrent les deux non-conformités les plus fréquemment relevées dans notre étude : les pesticides et les nitrates.

 Pesticides

Les pesticides constituent de loin le premier motif de non-respect des limites de qualité. On dénombre 2379 réseaux non conformes (soit 5 % de l’ensemble des réseaux de distribution recensés en France), qui sont situés dans 2271 communes. On peut estimer que ces contaminations concernent tout ou partie de l’année de l’ordre de 2 millions de consommateurs. Les molécules retrouvées sont essentiellement des herbicides. Ainsi sur les 20 molécules les plus fréquentes, 19 d’entre elles sont des herbicides, au premier rang desquels l’atrazine et ses molécules de dégradation. Cet herbicide appartenant à la famille des triazines est désormais interdit mais il est particulièrement rémanent dans l’environnement. Parmi les autres herbicides, on trouve par exemple le métolachlore, le bentazone, le terbuméton ou encore des produits de dégradation du glyphosate (AMPA).

Les principales zones où l’eau du robinet est contaminée en pesticides correspondent aux zones de cultures intensives (voir carte ci-dessus) :

–  Les Hauts de France, notamment dans les départements du Pas de Calais, de la Somme et de l’Oise qui sont des zones de grandes cultures, de polyculture et de maraichage.

–  Le Bassin parisien avec notamment les départements de l’Eure et Loir, du Loiret, de la Seine et Marne, de l’Yonne, de l’Aube et de la Marne, correspondant à des zones de grandes cultures céréalières (par ex. Beauce) et viticoles (Champagne).

–  Les Pays de Loire, notamment les départements de la Sarthe, du Maine et Loir et de la Loire Atlantique, zones de polycultures.

–  Le Sud-Ouest, avec les départements des Landes, des Pyrénées Atlantiques, du Gers et du Tarn et Garonne, zones de polyculture et de maïsiculture.

–  Le Languedoc et bas de la vallée du Rhône (Aude, Hérault, Gard) où l’on trouve d’importantes cultures viticoles.

Au-delà de la majorité de petites communes concernées par ces pollutions, quelques villes de taille moyenne peuvent être également concernées pour certains de leurs réseaux de distribution (cf. quelques exemples de villes ci-dessous) :

 Nitrates

Bien que les nitrates constituent la deuxième pollution rencontrée, ils sont cependant loin derrière les pesticides, avec 390 réseaux contaminés (soit 0,8% de l’ensemble des réseaux), répartis dans 370 communes. On peut estimer que la population touchée est de l’ordre de 226.000 personnes.

Les réseaux d’eau potable contaminés en nitrates se trouvent presque exclusivement dans le quart Nord-Est de la France, notamment dans les départements du Loiret, de la Seine et Marne, de l’Yonne, de l’Aube, de la Marne, du Pas de Calais et de la Somme qui correspondent aux zones de grandes cultures déjà vues au point précédent.

Voici quelques exemples de villes également concernées pour certains de leurs réseaux de distribution par les pollutions en nitrates :

 Autres pollutions

Les autres pollutions relevées dans les analyses officielles concernent un nombre encore plus réduit de réseaux : quelques dizaines au plus pour chacun de ces contaminants, soit au total pour l’ensemble de ces polluants, moins de 0,3 % de la population française.

On peut citer par ordre de fréquence :

  Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) qui sont des composés toxiques produits lors des combustions.

  Des résidus et des solvants chlorés (trihalométhanes, tri- et tétra- chloroéthylène) qui sont des solvants d’origine industrielle.

  Le benzène, un composant utilisé dans l’industrie chimique.

  Le bore, un polluant qui peut être d’origine industrielle, agricole ou provenant des eaux usées.

b) Des défauts de traitement cantonnés aux zones rurales et de montagne

Le deuxième groupe de non-conformités étudiées dans notre étude, est celui des contaminations dues à un mauvais fonctionnement des installations du traitement pour rendre l’eau potable.

Ces contaminations peuvent être dues à des quantités excessives de produits utilisés pour la potabilisation (chlore, chlorites, aluminium) ou à l’inverse à une quantité insuffisante de désinfectant entrainant la présence de bactéries. Un manque de surveillance de la part de l’exploitant ou encore une vétusté des installations sont souvent à l’origine de ces non-conformités. Elles sont le plus fréquemment rencontrées dans des petites communes rurales ou de montagne.

o Qualité bactériologique

C’est l’exigence première pour qu’une eau soit considérée comme potable. La réglementation définit notamment des limites de qualité qui ne doivent pas être dépassées pour les germes les plus susceptibles de causer des problèmes de santé tels que des troubles intestinaux ou des infections localisées (Escherichia coli et entérocoques).

Ces contaminations bactériennes constituent le 3e motif de non-respect des critères réglementaires, avec 305 réseaux concernés (0,7% des réseaux), répartis dans 253 communes. La population recevant cette eau est estimée à 215.000 consommateurs. Il est à noter qu’aucune ville n’est concernée par les contaminations bactériennes.

Nota : en outre, la réglementation définit des références de qualité pour les germes qui sans être pathogènes, signalent une défaillance dans le traitement de l’eau ou dans le réseau (bactéries coliformes, bactéries sulfitoréductrices).

En termes de répartition géographique, on retrouve ces communes exclusivement dans des zones rurales et plus particulièrement en montagne (Pyrénées, Massif Central et Alpes).

o Bromates : ces sels de brome sont susceptibles d’être à l’origine de cancer des reins. Ils peuvent apparaître lors du processus de potabilisation de l’eau, soit lorsqu’une eau contenant déjà du brome est désinfectée à l’ozone, soit parce que l’eau de javel en contient. Peu de réseaux sont concernés par ce type de contamination qui arrive en 5e position des contaminants.

Références de qualité : trois critères, sans impact direct sur la santé, méritent d’être mentionnés au titre des dysfonctionnements du traitement de potabilisation :

o Chlorites : ces composés peuvent apparaître dans certaines conditions lors de l’utilisation de chlore pour la désinfection de l’eau potable. Ils sont susceptibles d’être toxiques, mais à des doses très largement supérieures à celles rencontrées dans l’eau du robinet. C’est en application du principe de précaution qu’une dose maximale a été définie. Ces contaminants sont trouvés dans 1100 réseaux (2.4 % du total), répartis dans 1047 communes.

o Matières organiques : les matières organiques sont d’origine naturelle lorsqu’elles proviennent du lessivage des sols par les pluies. Elles peuvent également être issues des rejets agricoles et urbains. Les matières organiques ne présentent aucune toxicité, en revanche elles peuvent engendrer un développement microbien, d’algues ou de champignons ou encore être à l’origine de mauvais goûts. 800 réseaux (1,7%) sont concernés par ces non-conformités. Ils sont répartis dans 740 communes.

o Aluminium : la présence d’aluminium peut être d’origine naturelle, mais le plus souvent elle résulte de l’ajout volontaire de sels d’aluminium utilisés pour rendre limpides des eaux naturellement troubles. Ces dépassements sont rencontrés dans 116 réseaux (0,25 %) de zones rurales et de montagne, répartis dans 102 communes.

c) Arsenic et sélénium : deux contaminants d’origine naturelle

Le troisième ensemble de critères analysés concerne les paramètres d’origine naturelle. Cela peut être des contaminants (arsenic, sélénium) qui du fait de leur toxicité sont l’objet de limites de qualité devant être impérativement respectées. Mais cela peut également être des paramètres sans incidence sur la santé (par ex. acidité ou minéralisation de l’eau) qui à ce titre sont de simples références de qualité.

o Arsenic : la présence d’arsenic dans l’eau est essentiellement d’origine naturelle, car celui-ci est présent dans les roches anciennes ou volcaniques, ou encore dans les captages profonds. L’arsenic est toxique par effet cumulatif, il peut entraîner des cancers de la peau et des cancers internes. Cette contamination est rencontrée dans 175 réseaux (0,4 % des réseaux), répartis dans 154 communes. Ce qui en fait la 4e pollution la plus fréquemment rencontrée. On estime que 38.000 consommateurs reçoivent cette eau non-conforme. Les communes concernées sont de très petites communes rurales (taille moyenne : 500 habitants). Ces dépassements des limites entrainent une interdiction de la consommation de ces eaux.

Les réseaux contaminés se trouvent dans les zones géologiques correspondant à des roches anciennes ou volcaniques :

  Massif Central : Lozère et partie nord du Gard,

  Alpes : Alpes maritimes, Hautes-Alpes, Savoie,

 Vosges

 Nièvre

o Sélénium : c’est un composant des roches profondes dont la présence dans les eaux révèle l’épuisement des nappes phréatiques du fait d’une sur- utilisation notamment agricole. Bien que ce composé soit toxique, ses conséquences sur la santé sont à ce jour mal évaluées compte tenu des faibles niveaux auxquels est exposée la population française. Le sélénium est trouvé dans 120 réseaux (0,3 %), répartis dans 113 communes, ce qui en fait la 6e pollution la plus fréquente.

Ces contaminations sont trouvées exclusivement dans des départements qui sont localisés dans des zones de grandes cultures et pour lesquels on relève de fortes consommations agricoles de l’eau des nappes phréatiques pour l’irrigation :

  Bassin de la Loire : Vienne et Indre

  Bassin Parisien : Eure et Loir, Loiret, Essonne, Seine et Marne, Marne

 Références de qualité : parmi les critères d’origine naturelle, on peut en citer 5 qui sont sans impact direct sur la santé, mais qui sont cependant très fréquemment relevés et qui peuvent être à l’origine d’inconfort ou de désagrément pour le consommateur.

o Minéralisation de l’eau : la minéralisation traduit la richesse de l’eau en sels minéraux d’origine naturelle. Une minéralisation trop forte ou trop faible n’a aucun impact direct sur la santé, en revanche une eau faiblement minéralisée (également appelée douce) peut être corrosive pour les canalisations et les appareils de chauffage et entraîner une dissolution des métaux toxiques comme le plomb. Si cette eau est en outre acide, elle est alors considérée comme agressive car elle peut attaquer les canalisations (plomb, cuivre, zinc). A l’inverse une eau trop minéralisée (souvent appelée ‘calcaire’ ou ‘eau dure’) peut être à l’origine de dépôts et d’entartrages des canalisations ou des appareils de chauffage. C’est pour cette référence de qualité que l’on relève le plus grand nombre de non-conformités, puisque 7.000réseaux (15% de l’ensemble des réseaux), répartis dans 3.800 communes, sont concernés par une eau trop douce (Massif Central, Vosges, Bretagne …) ou à l’inverse par une eau trop minéralisée (Nord du Bassin Parisien, Pas de Calais, Alpes).

o Eau acide / eau alcaline : ce paramètre est directement lié à la nature du sous-sol : en régions granitiques les eaux sont acides, alors qu’en régions calcaires elles sont alcalines. Une eau à la fois acide et peu minéralisée est considérée comme agressive (voir point précédent). Les non-conformités sur ce paramètre concernent 1925 réseaux (4% des réseaux), répartis dans 909 communes.

o Manganèse : celui-ci est naturellement présent dans les roches au contact de l’eau. Il ne semble pas présenter de toxicité, en revanche il peut donner une coloration et un goût métallique à l’eau (142 réseaux concernés, soit 0,3 % dans 138 communes).

o Fer : la présence de fer dans l’eau est majoritairement d’origine naturelle du fait de sa présence fréquente dans les roches. Il ne présente pas de toxicité, par contre il peut être à l’origine de colorations de l’eau ou de goûts désagréables (129 réseaux concernés soit 0,3 % dans 122 communes).

o Radioactivité : la radioactivité de l’eau est due à la présence, dans certaines régions, d’un sous-sol granitique riche en composés radioactifs naturellement présents dans les roches (Massif Central et Bretagne). Elle est faible par rapport aux autres sources de radiations naturelles (rayonnements du sous-sol, de l’air ambiant ou rayonnements cosmiques). Les études épidémiologiques menées à ce jour n’ont pas permis d’établir de lien entre des problèmes de santé et la consommation d’eau ne respectant pas les seuils de radioactivité. Par application du principe de précaution, il est cependant recommandé de limiter cette consommation. Seulement 61 réseaux de distribution sont concernés (0,1 % des réseaux) répartis dans 50 communes.

d) Alerte sur les composants toxiques des canalisations

Le quatrième et dernier ensemble de non-conformités étudiées, concerne certains composants toxiques des canalisations pouvant migrer dans l’eau, pour lesquels la réglementation a défini des limites de qualité.

Il est à noter que les pollutions des canalisations sont les plus mal mesurées, d’une part du fait du faible nombre d’analyses réalisées. D’autre part, pour beaucoup d’autres contaminants (par exemple les pesticides, les nitrates …) si une non-conformité est trouvée, quel que soit l’endroit du prélèvement, alors cette analyse sera représentative de l’ensemble du réseau et concernera tous les habitants desservis. En effet, sur ce type de paramètres on peut considérer que les caractéristiques de l’eau sont uniformes sur tout le réseau. Par commodité, on peut donc réaliser les prélèvements à la sortie de l’unité de potabilisation.

En revanche, s’agissant des composants des canalisations, le prélèvement ne peut se faire que lorsque l’eau s’est suffisamment chargée en contaminants au contact des canalisations, c’est-à-dire en fin de circuit et notamment au robinet des consommateurs. Or, du fait même de la diversité des matériaux utilisés dans les différentes parties d’un même réseau, une analyse non conforme pour l’un de ces contaminants ne signifie pas que cette pollution affecte l’ensemble du réseau, car elle peut ne concerner par exemple que certaines branches du réseau, qu’un immeuble ou qu’une partie privative.

Les analyses non-conformes n’étant pas représentatives de la qualité d’un réseau, on ne peut pas non plus calculer à partir de ces données la population exposée à ces contaminants.

 Plomb : aux doses potentiellement observées dans l’eau du robinet, l’exposition au plomb sur de longues durées est susceptible d’entraîner chez l’enfant des retards du développement intellectuel. Sa présence dans l’eau du robinet est due à son utilisation dans les canalisations anciennes. En France, alors que les canalisations dépendant des communes ont été changées, des tuyaux en plomb peuvent en revanche encore être présents dans des immeubles anciens.

Sur l’ensemble de la France, 3 % des analyses en plomb sont non-conformes, soit une proportion notable au regard des proportions de non-conformités trouvées pour les autres contaminants. Le plomb constitue à ce titre le composant des canalisations le plus fréquemment trouvé dans les analyses et concerne des bâtiments de plus de 1200 communes à travers toute la France, y compris pour des villes de taille significative.

Ainsi des non-conformités en plomb ont été trouvées dans des immeubles des villes suivantes :

Mais alors que le plomb reste présent dans un nombre significatif d’immeubles anciens, il faut déplorer le très faible nombre d’analyses réalisées. A titre d’exemple pour les 8 villes citées ci-dessus, sur la période étudiée de deux ans et demi, le nombre de prélèvements relevés pour l’analyse du plomb n’est que de 15 en moyenne par ville. Ces analyses trop limitées ne permettent donc pas de connaître l’exposition réelle des consommateurs.

 Nickel : ce métal toxique pour les reins, est présent dans l’eau du robinet du fait de son utilisation en plomberie (tuyaux, raccords, robinets). Des non-conformités pour ce critère ont été détectées dans 630 communes.

 Cuivre : une exposition au cuivre à long terme est susceptible de provoquer des irritations du nez, de la bouche ou des yeux. Sa présence dans l’eau provient de la corrosion des canalisations, notamment par des eaux agressives (trop douces). Des dépassements en cuivre ont été relevés dans 380 communes.

 Chlorure de vinyle : le chlorure de vinyle monomère (CVM) est suspecté d’être à l’origine de cancers du foie et de cirrhoses. C’est un composé du PVC dont la présence dans l’eau est due au relargage par des canalisations en PVC de mauvaise qualité posées avant 1980. Des dépassements de la norme en CVM ont été relevés dans près de 350 communes.

Les non-conformités en CVM sont relevées plus fréquemment dans certaines régions de France, du fait de politiques d’équipement pratiquées localement avant les années 1980 :

–  Centre et Pays de Loire : Sarthe, Loir et Cher, Loiret, Cher, Indre, Indre et Loire

–  Poitou – Charente : Charente, Charente maritime,

–  Massif Central : Creuse, Corrèze, Lot

 

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