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Pour ne pas briser les chaines de notre mémoire un anneau pour Notre Dame de Lorette

Entre histoire et mémoire … Le mémorial nationale de Notre-Dame de Lorette

En 1925 a eu lieu l’inauguration de la Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, un cimetière militaire et mémorial français situé sur la colline éponyme, à 165 mètres d’altitude, sur le territoire de la commune d’Ablain-Saint-Nazaire près d’Arras, dans le département du Pas-de-Calais.

Inaugurée en 1925, elle commémore les milliers de combattants morts sur un des champs de bataille les plus disputés de la Première Guerre mondiale entre  et . Environ 45 000 combattants y reposent, dont la moitié dans des tombes individuelles. La superficie totale du site comprenant le cimetière, la basilique, la tour-lanterne et le musée, fait plus de 25 hectares. C’est la plus grande nécropole militaire française. L’année dernière le 11 novembre 2014 a été commémoré à Paris le 96e anniversaire de l’Armistice de 1918.

Cette journée point d’orgue de l’année d’ouverture du cycle du centenaire, a rendu hommage à tous les combattants de la Grande Guerre. Ce fut aussi l’occasion de l’inauguration d’un mémorial international comportant les noms de 600 000 soldats, dénommé Anneau de la Mémoire et situé sur les bords de la colline de Notre-Dame-de-Lorette.

La région Nord-Pas-de-Calais a été durant quatre années l’un des théâtres majeurs du premier conflit mondial sur le front ouest. Français et Allemands s’y sont durement affrontés en 1914 et 1915. A compter du printemps 1915, les troupes de l’Empire britannique y ont été à leur tour massivement engagées, avec des hommes venus du Royaume-Uni (Anglais, Ecossais, Gallois, Irlandais) et des autres territoires de l’actuel Commonwealth, en particulier du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Inde et d’Afrique du Sud. Les grandes nécropoles et mémoriaux érigés à proximité de l’ancienne ligne de front après la guerre témoignent de l’envergure des combats et de l’ampleur des destructions qui ont marqué la Flandre et l’Artois durant la Grande Guerre.

Conçu comme un hommage à la paix durable instaurée sur le continent européen, le mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette accueillera par ordre alphabétique les noms de 600 000 soldats, amis et ennemis d’hier, mêlés sans distinction de nationalité, de grade ou de religion et réunis, cent ans après, dans un même souvenir et un même hommage.

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96 ans écoulées et pour commémorer la fin de la Grande Guerre, un futur mémorial témoin du passé et des stigmates laissée par la Grande Guerre qui aura fait 10 millions de victimes dont les agglomérations ressemblaient à un immense champ de ruines et la volonté d’hommes et de femmes ont permis aux villes et villages de renaître de leurs cendres.

Au même titre que Verdun, le Chemin des Dames ou encore Vimy, la colline de Notre-Dame-de-Lorette demeure l’un des hauts-lieux de la Grande Guerre. Ce site fut le théâtre d’âpres combats lors de la Bataille de Notre-Dame-de-Lorette qui dura d’octobre 1914 à octobre 1915. 100.000 soldats périrent au cours des assauts répétés. Celui que les états-majors définissaient comme un point stratégique essentiel est devenu une immense Nécropole (la plus grande en Europe consacrée à la Première Guerre mondiale), s’étendant sur 13 hectares. Chaque année, ce cimetière national reçoit des milliers de visiteurs. Plus de 40.000 corps reposent sur le sommet de la colline, 20.000 sépultures individuelles et 8 ossuaires rassemblant 22.970 corps non identifiables. Ces chiffres donnent le vertige et ils rappellent l’ampleur de ce drame humain.

Le territoire de la Communaupole aura été marqué par deux événements majeurs au cours du XXème siècle : l’épopée du charbon (qui a débuté au XIXème siècle) mais également la Grande Guerre. Si les livres d’Histoire citent souvent les places fortes de l’Est de la France ou de Picardie, le front de l’Artois n’est pas en reste et a payé un lourd tribut durant ces années de combats intenses.

Ainsi, les communes, qui forment aujourd’hui notre agglomération, ont été presque toutes complètement détruites. Lens, Liévin, Harnes, Méricourt, Hulluch, Loos-en-Gohelle, Angres, Souchez, Ablain-Saint-Nazaire… étaient devenues de vastes champs de ruines, symboles d’un front qui plia sans jamais rompre .

La paix de ce conflit, qu’on qualifia de « Der des ders », fut signée le 11 novembre 1918 à Rethondes et la démobilisation intervint au début de 1919. Les soldats furent invités à rentrer chez eux.

Si le soulagement des poilus et de leurs familles était palpable, il n’existait pas à proprement parler de sentiment de liesse. En effet, habitations, édifices publics, cultuels, usines… étaient par terre, la désolation dominait. Tout était à reconstruire, tout était à reconquérir…

La population de l’époque s’y employa de belle manière, villes et villages renaissant rapidement de leurs cendres.

Juchée à 165 mètres d’altitude, la colline de Notre-Dame-de-Lorette domine la plaine d’Artois. Pas étonnant dans ces conditions qu’elle fut, en temps de guerre, l’objet de tant de convoitises de la part des belligérants, constituant un enjeu de premier ordre.

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Après l’armistice, ce point stratégique et hautement symbolique se mua en lieu de recueillement. Au sommet de la colline, théâtre des échanges d’artillerie, fut établie une vaste Nécropole nationale. Elle se présente sous la forme d’un rectangle qui s’étend sur 200 mètres de long et 75 de large. Le site se caractérise par deux édifices : la tour-lanterne et la basilique. Œuvre de l’architecte Cordonnier, la tour-lanterne a été inaugurée en 1925.

Elle culmine à 52 mètres de haut et il faut gravir 200 marches pour en atteindre le sommet, où se trouve le phare. Elle possède en son sein une crypte qui abrite les tombes de soldats inconnus, décédés au cours des conflits ayant émaillé le siècle dernier.

La basilique fut consacrée le 5 septembre 1937 et malgré sa taille imposante, elle conserva le nom « chapelle », en mémoire de celle qui fut construite sur place en 1727.

Elle a été érigée dans un style romano-byzantin et elle se caractérise notamment par un impressionnant dôme et son autel extérieur. 90 ans après la fin de la Première Guerre mondiale, l’endroit interpelle toujours autant par sa grandeur et l’émoi qu’il suscite.

Aussi pour commémorer ce site empreint d’histoire et de mémoire, la plus grande nécropole de France compte depuis 2014 un mémorial international parmi les plus grands du globe. Un anneau signé par l’architecte Philippe Prost, qui honore pas moins de 600 000 noms de soldats de toute nationalité.

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Conçu par l’architecte parisien Philippe Prost, le monument, qui est éclairé de façon permanente pendant la nuit grâce à des panneaux photovoltaïques, forme une ellipse, et s’élève à mesure que le terrain décline… La structure de 232 voussoirs de béton fibré à ultra-haute performance (BFUP) de 3,50 mètres de haut et 1,50 mètre de large dessine un périmètre extérieur de 345 mètres. En raison de la pente, un tiers de la structure est en porte-à-faux.

futur-memorial-nationale-de-Notre-Dame-de-Lorette1© Artefactorylab/AAPP

« Un porte-à-faux qui est là pour rappeler que rien n’est jamais acquis, que la paix demeure toujours fragile », souligne Yves Le Manner, historien, ancien directeur de La Coupole aujourd’hui chargé du centenaire de la Première Guerre mondiale au conseil régional. L’effet est assuré grâce « aux 84 voussoirs précontraints formant une poutre fondée sur pieux », détaille Jean-Marc Weill de C&E Ingénierie. La surface centrale de 6800 m2 est végétalisée, « avec un fleurissement plus important sous le porte-à-faux de coquelicots, bleuets ou marguerites », précise le paysagiste David Besson-Girard.

Il est édifié au sommet de la colline de Lorette et à la lisière de la nécropole française sur un terrain de 2,2 hectares cédé par le ministère de la Défense à la Région, le nouveau Mémorial est, cas unique, sans frontière… Gravés au laser sur des plaques d’acier inoxydables de 3 mètres de hauteur, sans ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, de grade ou de religion, les noms de 600 000 soldats venus de tous les continents pour tomber sur le même sol : celui de la Flandre française et de l’Artois. Amis et ennemis d’hier, « les uns mêlés aux autres, dans un même anneau de fraternité », résume Yves Le Maner.

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De forme ellipsoïdale, cet anneau de béton porte les noms des quelque 600.000 soldats de toutes nationalités tombés en Flandre française et en Artois entre 1914 et 1918. Les noms sont disposés par ordre alphabétique, toutes nationalités mélangées, amies et ennemies d’hier. « L’objectif de ce mémorial, qui représente l’un des plus grands de la planète, est d’ancrer le souvenir de la mort de masse qui a frappé les sociétés européennes », selon le conseil Régional. Fin 1914, l’espoir d’une victoire rapide s’estompe dans chaque camp. Sur une ligne courant sur près de 800 kilomètres, depuis la côte belge jusqu’aux Vosges, les armées française et britannique font face aux forces allemandes, opposant des hommes d’une vingtaine de nations. Qu’ils soient Australiens, Néo-Zélandais, Canadiens ou Sud-Africains mais aussi Indiens, Portugais, Tchèques, Polonais ou Chinois, sans compter les soldats venus des colonies françaises, tous ont fait de cette région de France, un lieu de la mémoire mondiale.

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Les Australiens à Fromelles…

Au lendemain de la bataille déclenchée par l’armée britannique devant Fromelles, on dénombre 5 533 victimes dans les rangs australiens. Pour la jeune nation australienne, la date du 19 juillet 1916 reste connue comme la première opération des soldats australiens sur le sol européen mais également comme l’un des plus tragiques épisodes de la Grande Guerre.

Les Britanniques à Loos-en-Gohelle…

« S’ils veulent savoir pourquoi nous sommes morts / Dites leur : c’est parce que nos pères ont menti. »

Le Mémorial de Loos-en-Gohelle qui ceint le cimetière du Dud Corner, conserve les noms de 20 000 soldats de l’armée impériale britannique. La plupart ont été tués lors de la Bataille de Loos, en septembre/octobre 1915. Parmi eux, le Lieutenant John Kipling, unique fils de l’auteur du « Livre de la jungle ». Rudyard Kipling en demeura inconsolable. Ce dernier écrira cette phrase demeurée célèbre « S’ils veulent savoir pourquoi nous sommes morts / Dites leur : c’est parce que nos pères ont menti. »

Les Indiens à Neuve-Chapelle…

En octobre 1914, la Force Expéditionnaire Britannique reçoit le renfort de troupes arrivant de sa colonie des Indes. Stationné en Flandre, le Corps indien prend part à plusieurs batailles dont l’assaut sur Neuve-Chapelle en mars 1915 au cours duquel il perdra 4 000 hommes.

Les Canadiens à Vimy…

Au printemps 1917, l’armée britannique prépare une offensive majeure dans la région d’Arras, en diversion d’une attaque française sur le Chemin des Dames. Les soldats canadiens doivent prendre la crête de Vimy. C’est la première fois que les quatre divisions du corps canadien sont réunies au sein d’un même corps d’armée. La bataille de la crête de Vimy éclate le 9 avril 1917, en même temps que l’offensive devant Arras. Appuyé par un tir d’artillerie inégalé pendant la guerre, l’assaut canadien se poursuit sans relâche. La cote 145, point le plus élevé de la crête, est prise le 10 avril au matin. C’est un succès retentissant même si le corps canadien subit de lourdes pertes. La victoire de Vimy est généralement célébrée comme l’un des éléments fondateurs de la nation canadienne. Ce triomphe donna aux Canadiens le privilège d’apposer leur signature au Traité de Versailles.

Les Néo-Zélandais à Arras…

Simultanément, l’armée britannique lance le 9 avril 1917 une vaste attaque surprise devant Arras. Ce matin là, près de 24 000 soldats, regroupés dans la carrière Wellington, surgissent à quelques mètres devant les lignes ennemies pour partir à l’assaut. La carrière Wellington a été creusée en 1916 et 1917 par les tunneliers néo-zélandais qui relient entre elles d’anciennes carrières de craie situées sous la ville d’Arras. Une véritable ville troglodyte y est alors aménagée avec zones de repos et cantonnement, postes médicaux, postes de commandement, sans oublier des voies ferrées pour le ravitaillement, un réseau électrique et des puits alimentant cuisines et lavoirs.

Les Allemands à Annoeullin…

Albert Ball repose au cimetière militaire allemand d’Annoeullin avec 6 113 soldats allemands et trois russes prisonniers de guerre.

L’aviateur Albert Ball, as de la Première Guerre Mondiale, originaire de Nottingham, est une figure emblématique du Royal Flying Corps, (ancêtre de la R.A.F).

Fort de 44 victoires, il s’écrasa dans un champ le 7 mai 1917 près d’Annoeullin, après un combat contre Lothar von Richthofen, frère du Baron Rouge. Il avait 20 ans. Il fut enterré avec les honneurs militaires dans le cimetière militaire allemand.

A l’issue de la Grande Guerre, le Roi George V proposa de transférer son corps à Westminster, mais sa famille souhaita que, conformément à la tradition britannique, son corps reposa là où il était tombé.

L’engagement de ce jeune pilote de combat et sa mort dans les bras d’une jeune paysanne venue le secourir restent graver dans les mémoires. Dès son décès en 1917 et pendant l’occupation lors de la Seconde Guerre Mondiale, des habitants allaient régulièrement fleurir sa tombe au milieu du cimetière allemand, un geste en forme de modeste signe de résistance.

Les Chinois à Saint-Etienne-au-Mont…

A Saint-Etienne-au-Mont, le cimetière renferme un carré où reposent 160 travailleurs chinois et quelques Sud-Africains. Non-combattants, ils assuraient sous l’autorité militaire les tâches logistiques dans les ports et les dépôts de l’armée britannique à l’arrière du front. Les stèles furent gravées en caractère chinois par leurs compatriotes. Un monument dédié au Chinese Labour Corps dont le style rappelle une pagode se trouve au milieu des tombes.

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Le mémorial en données :

Maîtrise d’ouvrage : Conseil régional Nord-Pas-de-Calais.

Maîtrise d’œuvre : Philippe Prost/AAPP, architecte mandataire ; Pierre di Sciullo, graphiste, typographe ; David Besson-Girard, paysagiste ; Yann Toma, conception lumière ; C&E Ingénierie, BET structure ; Michel Forgue, économie ; Louis Choulet, BET fluides.

Coût prévisionnel : 6,5 millions d’euros.

Calendrier : consultation des entreprises en février 2013 pour une livraison au printemps 2014.

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