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Recyclage : En 2014 14,5 Millions de tonnes de déchets exportées contre 8,3 Mt en 1999

Recyclage : En 2014 14,5 Millions de tonnes de déchets exportées contre 8,3 Mt en 1999

Dans une étude publiée par le Commissariat général au développement durable (CGDD) et menée par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS), la France exporte toujours plus de matières premières de recyclage : plus 75 % de 1999 à 2014…

L’étude fait le point sur les matières premières de recyclage (MPR) déchets recyclés de métaux ferreux, non ferreux, de papiers-cartons, plastiques… – qui permettent d’économiser des ressources, en substitution de matières vierges. Elle note qu’alors que les importations sont restées stables en quantité depuis 1999, les exportations ont considérablement augmenté. Le solde des échanges français a été multiplié par 8 en 15 ans, pour atteindre 2,8 milliards d’euros (Md€) en 2014, soit l’équivalent de la valeur de la production agricole, ou des services financiers.

Le rapport du SOeS précise que le contrôle et le suivi du commerce international sont assurés par l’administration des douanes (en quantité et en valeur). Les matières premières issues du recyclage des déchets non dangereux s’échangent comme des produits car elles ont une valeur marchande. Attractives en termes de prix, elles permettent des économies de matière, d’énergie, d’eau, avant d’être réintroduites dans le processus de production. Leur transport vers des destinations parfois lointaines contribue aux émissions de gaz à effet de serre. À ce titre, un des objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, dans son article 70, est de promouvoir l’utilisation des ressources à l’échelle des territoires. Le suivi longitudinal, réalisé pour la première fois sur quinze ans, montre une forte hausse des exportations.

Les premières conclusions de l’étude font mention d’exportations en forte croissance… 8,3 millions de tonnes (Mt) de déchets étaient exportées en 1999 et 14,5 Mt en 2014, soit une hausse de 75 % (+ 4 % en moyenne par an). Dans le même temps, les importations déclinaient de près de 1 % par an, passant de 7 Mt en 1999 à 6,3 Mt en 2014 (graphique 1). Ces flux sont très dépendants de la conjoncture internationale, ainsi que le montre l’inflexion constatée à la suite de la crise de 2009.

L’étude fait apparaître que l’accroissement des exportations est en grande partie le fait des déchets d’acier (3,7 Mt en 1999 et 6,3 Mt en 2014), de papiers-cartons (respectivement 0,9 Mt et 2,6 Mt) et, dans une moindre mesure, des plastiques (0,06 Mt en 1999 et 0,4 Mt en 2014).

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Autre résultat de l’enquête, celui du solde commercial élevé… Ainsi, en 2014, les exportations de MPR se sont élevées à 4,6 Md€ et les importations à 1,8 Md€. Le solde (2,8 Md€) a été multiplié par 8 en 15 ans (graphique 2). L’étude explique que cet excédent est de l’ordre de celui des échanges de produits agricoles (production brute, hors produits transformés) ou du solde des produits financiers. Le solde en valeur est tributaire de l’évolution des prix des MPR. La France exporte des déchets ayant plus de valeur ajoutée (321 euros/tonne), que ceux importés (286 euros/tonne). L’enquête note que ce phénomène était plus accentué en 2012 (respectivement 376 et 261 euros/tonne), à cause, notamment, des quantités importantes de métaux non ferreux exportées.

Au sein de l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas dégagent le plus fort excédent commercial dans le domaine des déchets.

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Ensuite, l’étude observe une hausse continue de la collecte nationale de MPR… Elle indique que la ressource française en MPR s’est accrue ces quinze dernières années. En 1996, 1 450 déchèteries étaient dénombrées pour 3,8 Mt de déchets collectés. En 2013, le parc est passé à 5 200 déchèteries pour 13 Mt collectées, dont 4 Mt sont l’objet d’un recyclage. Au total, en 2012, 14 Mt sont entrées en centres de tri captant des déchets ménagers ou des déchets des activités économiques, contre 3,2 Mt en 1998. La France compte aujourd’hui une quinzaine de filières à responsabilité élargie du producteur qui valorisent 7,7 Mt de déchets, dont 3,8 Mt d’emballages ménagers. Par ailleurs, 13,6 Mt de ferrailles ont été récupérées en 2012 contre 10 Mt en 1998.

Autres conclusions, celle d’une forte demande de l’étranger… L’étude du SOeS souligne que 18 Mt de MPR ont été mobilisées par l’industrie française en 2012. Le reste a été exporté, compte tenu de l’accroissement de la demande euro- péenne, de l’émergence de pays tiers (Chine, Inde, Turquie), et de l’appréciation des cotations des matières recyclées sur les marchés. Dans le même temps, le secteur industriel français a marqué le pas. Les quantités de MPR exportées vers la Chine ont été multipliées par 16 en 14 ans (635 400 tonnes en 2014), celles vers l’Inde ont triplé (112 500 tonnes).

Ces pays sont très demandeurs de métaux non ferreux indispensables aux industries de haute technologie.

Autre faits que l’étude mentionne, le prix des MPR à la hausse, mais avec une forte volatilité prix… L’enquête révèle qu’entre 1999 et 2014, les prix, toutes MPR confondues, se sont appréciés en euros courants de 5,5 % par an. Cette hausse est plus élevée que celle des prix européens, avec notamment une forte progression pour les métaux non ferreux. Le niveau des prix des MPR est fortement corrélé à celui des matières premières. Ainsi, dans les périodes de ralentissement économique, la baisse des prix des matières de base entraîne une dépréciation du prix des MPR qui les remplacent. Celles-ci deviennent moins attractives pour les industriels, car plus coûteuses à insérer dans les process de produc- tion, accentuant encore la chute des cours. Ce constat, particulière- ment prégnant lors de la crise de 2009 (graphique 3), est également présent en 2015. L’effet inverse s’observe lorsque la demande est soutenue, comme ce fut le cas en 2010 et 2011, avec une forte élasticité prix.

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Après, l’étude montre que 86 % des exportations de MPR en valeur sont à destination de l’UE en 2014… Ainsi, trois pays, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne (tableau 1), totalisent plus de la moitié des exportations françaises en valeur (2,6 Md€). La Chine est devenue le sixième partenaire commercial. Au total, la France exporte vers 150 pays dans le monde, et importe de 120 pays en 2014.

En valeur, 86 % des exportations de MPR sont à destination de l’UE (4 Md€ en 2014). Six pays, Belgique, Espagne, Allemagne, Italie, Luxembourg et Pays-Bas, représentent 85 % des exportations en quantité (carte 1).

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Il existe une relative spécialisation dans ces mouvements : l’Espagne et la Belgique privilégient les déchets de fonte et d’acier, tandis que l’Allemagne importe davantage de métaux non ferreux, et les Pays-Bas des quantités importantes de déchets de papiers-cartons.

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Puis l’étude évalue l’augmentation à 20 % par an les exportations vers la Chine… Les exportations vers les pays tiers constituent 14 % du total en valeur (664 millions d’euros – M€) en 2014.

Celles vers la Chine représentent 258 M€ (19 M€ en 2000), soit une multiplication par plus de 13 sur la période. Les exportations vers la Turquie ont été multipliées par 13, pour atteindre 76 M€. Hong Kong a vu ses importations quadrupler, totalisant 36,5 M€.

A l’inverse, l’étude précise que 84 % des importations de MPR en valeur en provenance de l’UE… Les importations françaises provenant de l’UE représentent 1,5 Md€ en 2014. Sept pays, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume- Uni, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie, et la Pologne contribuent pour 1,4 Md€.

Les 0,3 Md€ restants proviennent principalement de pays tiers tels que la Suisse, les États-Unis ou la Russie.

L’étude, dans ses dernières conclusions, mentionne que l’offre et la demande concernent les mêmes familles de matériaux… La structure des échanges est assez similaire entre les exportations et les importations, bien qu’en quantités très différentes. Les déchets de fonte, fer et acier, de papiers-cartons, scories et cendres, ainsi que de laitiers (granulats artificiels issus de la sidérurgie), sont les principaux matériaux en termes d’échanges en masse (graphique 4). Le solde (exportations – importations) de ferrailles est excédentaire de 4 Mt, de 2 Mt pour les papiers-cartons, et de plus d’1 Mt pour les scories, cendres et laitiers. Métaux non ferreux et plastiques représentent des soldes moindres, mais à forte valeur ajoutée.

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Enfin, l’étude termine sur la valeur constitué par les déchets d’acier (ferrailles) à 40 % du solde… La distribution des échanges en valeur fait une place importante aux métaux ferreux et non ferreux (graphique 5).

Le solde des échanges de ferrailles est conséquent (1,2 Md€), mais il est sous-tendu par un solde matière important (4 Mt). Les métaux non ferreux, les déchets de cuivre, d’aluminium et autres métaux rares, représentent un solde des échanges de plus d’1 Md€. Au total, les échanges de métaux représentent plus des trois quarts du solde net. Papiers-cartons et polymères de plastiques sont contributeurs à hauteur de 0,4 Md€.

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Typologie des matières premières de recyclage exportées par pays en 2014, en valeur

Belgique 1,07 Md€ : 59,2 % déchets d’acier, 18,7 % déchets de cuivre ;

Espagne 0,77 Md€ : 58,3 % déchets d’acier, 15,8 % déchets de papiers-cartons ;

Allemagne 0,75 Md€ : 16,3 % déchets d’acier, 42 % déchets non ferreux ;

Italie 0,59 Md€ : 30,5 % déchets d’acier, 24,8 % déchets de cuivre ;

Luxembourg 0,38 Md€ : 81 % déchets d’acier ;

Pays-Bas 0,19 Md€ : 45 % déchets de cuivre et d’aluminium, 18,3 % déchets de papiers- cartons ;

Chine 258 M€ : 59 % métaux non ferreux, 18,3 % déchets de papiers-cartons ;

Turquie 76 M€ : quasi-totalité 99 % déchets d’acier ;

Inde 36 M€ : 49 % métaux non ferreux ; États-Unis 43 M€ : 48 % métaux non ferreux

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