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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations, c’est à cette problématique que s’est saisi le CEPRI afin de faire un point sur la situation actuelle, d’identifier les blocages et de proposer des leviers de réflexion.

En effet, une collectivité qui connaît les défaillances potentielles des réseaux qui structurent son territoire va chercher à réduire la vulnérabilité de ces réseaux, de manière à limiter leur défaillance en cas d’inondation. Quelles solutions techniques ou organisationnelles peut-elle mettre en place ou proposer à l’opérateur concerné ?

Les collectivités qui en sont à chercher des pistes pour réduire la vulnérabilité de leurs réseaux, sont confrontées au manque de rentabilité de l’adaptation des réseaux existants. Par conséquent, les opérations d’adaptation sont réservées aux réseaux neufs et aux renouvellements lourds, ce qui signifie qu’il faudra plusieurs décennies pour atteindre une adaptation effective des réseaux d’un territoire.

Réduire la vulnérabilité des réseaux

Après avoir pris connaissance des dysfonctionnements potentiels, comment limiter ces défaillances en cas d’inondation a n d’assurer le maintien des services fournis et la préservation des réseaux ? S’il est parfois possible de réduire l’exposition en mettant tout ou partie du réseau hors d’eau, il est aussi question ici d’avoir des réseaux résistants et assez flexibles dans leur conception pour absorber les problèmes rencontrés sans trop impacter les usagers. Les solutions qui sont proposées ici ne s’appliquent pas toujours à tous les types de réseaux, ni à toutes les composantes des réseaux.

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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

B1 – Evitement

Éviter le risque, c’est ne pas exposer le réseau, ou ses éléments sensibles à l’eau, à l’aléa inondation. On peut distinguer un évitement “horizontal”(localisation hors zone inondable) et un évitement “vertical” (surélévation).

> B1a. Évitement horizontal

L’évitement horizontal est la localisation hors zone inondable, permanente ou temporaire, de tout ou partie du réseau, dans la mesure où cela reste techniquement et financièrement raisonnable, l’idée étant que le réseau puisse continuer de fonctionner, au moins en zone non inondée. Dans le cas où le réseau connaîtrait de toute façon un dysfonctionnement en cas d’inondation, l’évitement horizontal appliqué à certaines composantes aura l’avantage de les préserver de l’action de l’eau.

• Dispositions permanentes

Il est difficile de situer entièrement un réseau hors zone inondable au sein d’un territoire qui occupe aussi bien les zones inondables que celles qui ne le sont pas sans créer d’inégalités dans la desserte. Cependant, pour des réseaux qui ne portent pas des services publics indispensables (chauffage urbain, réseau de climatisation) ou pour lesquels des alternatives équivalentes plus souples en cas de crise sont possibles (bus au lieu de tram), on peut envisager de limiter le développement du réseau aux zones non inondables.

Les dispositions permanentes d’évitement horizontal concernent par conséquent essentiellement des installations ponctuelles stratégiques des réseaux. On pourra prendre garde de situer hors zone inondable les postes de distribution de gaz ou d’électricité, les usines de traitement d’eau potable, les stations d’épuration, les réservoirs (eau potable, hydrocarbures), les centrales téléphoniques, les centres d’élimination des déchets, les grands carrefours ou échangeurs routiers, les gares…

Ces dispositions permanentes sont de type passif, c’est-à-dire qu’elles se mettent en place à la conception ou lors de la rénovation du réseau, mais elles ne demandent aucune action supplémentaire lors de la survenance d’une crue, si ce n’est une surveillance minimum des sites.

S’il est plus intéressant de procéder à l’évitement par anticipation, dès la conception des réseaux, il y a quelques cas de relocalisation d’installations sensibles suite à un événement.

La ville de Saintes connaît en 1982 une inondation importante qui touche son usine de traitement d’eau potable. Celle-ci est reconstruite en 1989 sur un point haut proche du captage, hors zone inondable. L’opération a coûté 2,75 M€ et a permis de moderniser par la même occasion la production d’eau. Elle a été financée par la ville de Saintes, aidée d’une subvention de l’Agence de l’eau Adour-Garonne.

• Dispositions temporaires

De manière plus temporaire, certains réseaux peuvent s’adapter pour se déplacer hors zone inondée. Il faut pour cela une certaine souplesse, essentiellement permise aux services basés sur le réseau routier. Le service est alors restreint aux zones hors d’eau et le territoire inondé en est temporairement dépourvu.

Pour la collecte des déchets, l’Agglomération orléanaise a mené une étude pour estimer les typologies de terrains qui pourraient accueillir une zone de stockage temporaire de déchets en cas d’inondation. Elle a également prévu de modifier ses itinéraires de collecte, non seulement pour se restreindre aux axes disponibles, mais aussi pour tenir compte de la nouvelle répartition de la population du fait des évacuations. Le service de gestion des déchets a également prévu d’évacuer son matériel informatique et ses véhicules pour tout maintenir hors d’eau.

On peut même envisager que l’évitement horizontal temporaire soit uniquement un moyen de protéger du matériel et que cela entraîne une mise en arrêt du réseau.

Pour un réseau de transport en commun guidé (tramway, métro, trolley…) pour lequel des voies sont immergées, les rames peuvent être garées au sec, mais cela implique qu’elles ne circulent pas et donc que le service est à l’arrêt.

Cela peut également s’appliquer aux stocks de produits (polluants, chers), qu’il est possible d’évacuer avant la montée des eaux. Mais l’absence de ces produits peut nuire au fonctionnement de l’installation.

Le principe du démontage préventif s’inscrit aussi parmi ces mesures. Il consiste à démonter des installations sensibles le temps de l’inondation, pour “n’avoir qu’à” les remettre en place après le retrait des eaux et un nettoyage de leur point d’ancrage. Cela concerne principalement les installations électroniques, mais peut aussi toucher d’autres éléments du fait de leur coût ou de leur rareté.

Pour un réseau de chauffage urbain, il est possible de retirer les boîtiers de contrôle des postes de livraison client. Il s’agit d’éléments sensibles, sans lesquels les clients pourront continuer de recevoir le flux de chaleur, la seule contrainte étant qu’il ne sera plus possible d’en régler la température.

Il est ici pertinent d’évoquer le principe du site de repli, qui est finalement un évitement horizontal temporaire pour des points stratégiques des réseaux : bureaux, centre de gestion, garage, parking, centre de dépôt…

Ces typologies de dispositions temporaires demandent un minimum d’anticipation pour leur bon déroulement.

Attention, ce n’est pas parce qu’un réseau est déplacé de façon temporaire ou qu’un site de repli est prévu qu’il ne faut pas penser à protéger les installations initiales inutilisées pendant la crise. Cela permet notamment une réduction des dommages et un retour plus rapide à la normale.

> B1b. Évitement “vertical”

L’évitement “vertical” consiste à surélever la totalité du réseau ou des éléments vulnérables de celui-ci de façon à les maintenir au-dessus du niveau de l’eau. Cela se fera le plus souvent de façon définitive, dans un objectif de ne pas dégrader le service fourni.

• Topographie naturelle ou artificielle

Installation de tout ou partie du réseau sur un point haut ou un remblai. Cela est d’au- tant plus intéressant lorsqu’il s’agit d’une installation ayant une grande emprise au sol (poste source, station d’épuration, usine de traitement de l’eau…). Il faut cependant prendre garde à l’impact hydraulique des remblais.

La ville de Charleville-Mézières, inondée par la Meuse en 1995, a procédé à la surélévation temporaire d’un axe routier, dont la submersion menaçait d’isoler un quartier et son hôpital. Quand l’eau a commencé à monter, une voie dans chaque sens a été surélevée, grâce à la mise en place d’un matériau de remblai (dispositif temporaire). Ces voies étaient réservées aux véhicules légers et de secours, ainsi qu’aux piétons, qui pouvaient ainsi rejoindre la gare. En effet, beaucoup de personnes se sont reportées sur le chemin de fer, l’usage de la route étant vraiment devenu difficile. Le dispositif a été complété par la mise en place de deux digues en terre et le colmatage de tous les regards d’assainissement. Le tout est resté en place une semaine, permettant d’assurer la continuité de la circulation.
On peut imaginer l’ampleur logistique nécessaire à un tel aménagement, qui n’est intéressant que pour des événements suffisamment longs. La ville a d’ailleurs bénéficié de l’aide d’un régiment du génie basé à proximité ainsi que du matériel d’une entreprise de travaux publics locale.
Aujourd’hui, les digues de terre ont été remplacées par un muret. Les regards d’assainissement sont équipés de regards verrouillables (automatiquement ou manuellement) à partir d’un certain niveau d’eau.
En 2003, la Loire connaît une crue relativement modeste, mais qui a des conséquences importantes sur le réseau d’assainissement, avec notamment 5 stations d’épuration (STEP) sur 9 arrêtées (mise en protection électrique notamment), générant de gros problèmes de pollution avec des rejets bruts.
Suite à cela, certaines STEP ont été complètement refaites, comme celle de Saint-Cyr-en-Val : le site offrait assez d’espace pour que l’usine soit reconstruite en haut du coteau, offrant une surélévation intéressante. Il subsiste quand même une inquiétude sur l’emplacement des stocks de réactifs, mais un plan d’évacuation a été élaboré pour ces derniers.

• Position au sein d’un bâti

Cela concerne des éléments très ponctuels le long d’un linéaire ou au sein d’installations plus conséquentes.

Il est possible d’installer des éléments sensibles d’un réseau au sein d’une construction pour qu’ils puissent être au-dessus du niveau d’eau. Se pose alors la question de l’insertion paysagère et de l’accessibilité en période de crue. On peut envisager, plutôt que d’enterrer un poste de distribution sous un trottoir inondable, d’édifier une structure qui permette de l’accueillir en garantissant son maintien hors d’eau. Poste de transformation électrique dans le lit majeur de la Garonne. Source : CETE Sud-Ouest.

À l’occasion d’une crue, on peut rehausser temporairement des espaces de stockage de matériel sensible, cher ou polluant, au moyen d’étagères, de parpaings… Le démontage préventif peut aussi rentrer dans l’évitement vertical, dans la mesure où les éléments démontés sont maintenus sur place, mais mis hors d’eau.

• Voie aérienne

Certains réseaux peuvent se concevoir en aérien : distribution d’électricité, téléphonie, éclairage urbain, transport (routier, ferré, piétons).

Pour les réseaux câblés, il faut faire attention à l’ancrage des poteaux, notamment en cas d’écoulement fort, et à la hauteur sous câble pour la circulation d’éventuelles barques en dessous. C’est une contrainte en plus pour les circulations aériennes, potentiellement très utilisées en cas d’inondation (hélitreuillages, approvisionnements…). On peut également identifier ici une contradiction avec les dispositions prises suite à la tempête de 1999 pour l’enfouissement massif des réseaux câblés.

Il y a donc une évaluation à faire sur l’exposition du territoire à différents types de risques a n de prendre la meilleure décision possible.

Par rapport aux contraintes esthétiques et à l’encombrement de l’espace public, on peut envisager, en milieu urbain dense, de faire passer les câbles le long des parois des immeubles bordant les rues, pour plus de discrétion.

En ce qui concerne les axes de circulation, une des conditions est de bien prendre garde à la transparence hydraulique des infrastructures générées, ainsi qu’à leur accessibilité à tous, en tout temps (normal ou crise).

> Synthèse sur l’évitement

L’évitement, horizontal ou vertical, peut se traduire par des mesures temporaires ou permanentes, qui s’appliquent à des réseaux, des parties de réseaux et des contextes très différents. Les dispositions permanentes ne sont raisonnablement envisageables que dans des cas de renouvellement ou de rénovation lourde, notamment en post-inondation. Les cas de délocalisation ou rehaussement purs sont très rares et ne sauraient concerner que des points extrêmement stratégiques.

Surélévation d’un poste source à Villeneuve-Saint-Georges
Dans le cadre de la réduction de la vulnérabilité du réseau de distribution électrique en Ile-de-France face aux crues de la Seine, ERDF a pour projet de surélever un important poste source situé à Villeneuve-Saint- Georges. L’opération, qui sera également l’occasion de quelques renouvellements matériels, est estimée à 20 M€. Malgré son coût important, elle est justifiée par la criticité de l’installation qui, si elle devait être touchée, impacterait des dizaines de milliers de foyers.
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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

B2 – Robustesse

Rendre un réseau plus robuste, c’est faire en sorte, par des dispositifs portant sur le réseau ou son environnement immédiat, qu’il ne soit pas détérioré par la présence de l’eau. En effet, les installations peuvent être sensibles aux effets mécaniques des écoulements et dégradations de terrain environnant, à la poussée d’Archimède, la pression de l’eau, la corrosion, mais aussi l’entrée d’eau dans les installations. Face à cela, on peut jouer sur la résistance mécanique du réseau (solidifier), son étanchéité ou tout simplement sur la sensibilité à l’eau de ses équipements (désensibiliser).

> B2a. Solidification

Afin de parer les effets mécaniques de l’eau ou du sol en situation d’inondation (cisaillements, poussée d’Archimède, arrachements…), il est possible, dans une certaine mesure, d’améliorer la solidité des réseaux.

Pour les voies aériennes (électricité, télécommunications, voies), l’ancrage des poteaux, pylônes, piles de ponts et de viaducs est très important. En effet, le courant génère sur ces piliers une poussée qui sollicite leurs fondations, sans compter le possible travail de sape lié à l’érosion du terrain. Si un seul pilier vient à céder, on perd l’intérêt de la surélévation et on risque même la rupture du linéaire.

En ce qui concerne les linéaires exposés à l’eau d’une inondation, l’utilisation de matériaux adaptés permet de limiter les ruptures suite aux cisaillements liés aux arrachements de terrain ou aux forces inhabituelles telles que la poussée d’Archimède en cas de liquéfaction des sols. On peut également améliorer l’ancrage de ces linéaires dans le sol, notamment pour faire face à la poussée d’Archimède. Les points d’attache doivent être assez rapprochés pour ne pas aggraver les phénomènes de cisaillement.

En plus de l’ancrage des poteaux et des linéaires souterrains, on peut aussi évoquer l’arrimage des cuves de stockage et autres éléments légers présents sur les installations des divers réseaux (cuves de produits chimiques en STEP ou usine de traitement de l’eau, cuves d’hydrocarbure…). Cet ancrage peut être permanent ou ponctuel, suivant les besoins pratiques. Dans le second cas, il faut anticiper les dispositifs de fixation et prévoir un temps pour leur mise en œuvre.

Règlement du PPRi Loire Aval, approuvé le 31 mars 2014
Titre III – Mesures de prévention, de protection, de sauvegarde et de conception Chapitre II : Mesures obligatoires
Article 5 – Mesures imposées aux gestionnaires des réseaux publics ou collectifs a) Mesures imposées aux gestionnaires des réseaux d’assainissement publics :
“Les gestionnaires de réseaux d’assainissement publics doivent, pour les tronçons des réseaux d’assainissement des eaux usées et/ou pluviales pouvant être mis en charge, remplacer les tampons existants par des tampons articulés ayant un angle d’ouverture maximal de 30° par rapport à la surface du sol en situation de crue (ouverture sous l’effet de la pression).
Le remplacement des tampons évoqué ci-dessus doit être opéré dans un délai de 5 ans à compter de l’approbation du PPR : les tampons situés en zone d’aléa fort (zones R et B et sous-zones R1, B1, et B2) doivent être remplacés prioritairement.”
Les tampons articulés avec angle d’ouverture limité sont un compromis entre les forces internes générées par la mise en charge du réseau d’assainissement, la sur-inondation occasionnée par son débordement, et le danger que représente l’ouverture complète d’un tampon (projectile, chute, aspiration…).

• Le cas particulier des galeries multiréseaux (GMR)

L’idée de la galerie multiréseaux (GMR) est de construire une galerie souterraine visitable accueillant les réseaux urbains, aussi divers soient-ils : AEP, assainissement et eaux pluviales (à condition que le relief y soit favorable), gaz de ville, électricité, télécom, TV, collecte pneumatique des déchets, réseau pneumatique de La Poste, chauffage urbain…. Cela constitue une alternative à la mise en pleine terre, séparément, de chacun de ces réseaux.

Les galeries multiréseaux sont souvent des tunnels enterrés à plus ou moins grande profondeur (3 m à 30 m). Mais il peut également s’agir d’un “caniveau technique”, dont l’accès se ferait directement depuis la surface, par un système de dalles amovibles servant de support pour un trottoir.

Le caractère visitable des galeries a de nombreuses conséquences positives sur les réseaux eux-mêmes :

  • optimisation de la longueur des réseaux, car le tracé des réseaux peut s’affranchir de la trame viaire ;
  • possibilité de surveiller en permanence les réseaux (niveau d’eau dans la galerie, par exemple ;
  • intervention facilitée et rapide en cas de défaillance sur un réseau, notamment suite à une inondation ce qui rallonge la durée de vie des installations.

    La réduction des fuites et des délais d’intervention représente un gain économique pour les opérateurs.

    Par ailleurs, pour la voirie urbaine, les GMR permettent, une fois achevées, de ne plus avoir de travaux en surface liés à l’entretien, la réparation ou l’installation de nouveaux réseaux, ce qui permet de rallonger la durée de vie des revêtements de voirie. De plus, les GMR peuvent accueillir à tout moment un nouveau réseau et permettent de s’affranchir des problématiques de largeur de voie. En n, la mise en galerie des réseaux permet de libérer le sous-sol et d’éviter ainsi les accidents de rupture de réseau en cas d’affouillement, mais aussi de laisser plus de place pour des plantations par exemple.

    Le caractère visitable des galeries a de nombreux avantages, mais il pose également des problèmes de sécurité, notamment vis-à-vis de la malveillance. De plus, le caractère peu répandu de cette technique fait que les entreprises concernées manquent d’expérience sur le sujet. Ainsi, pour le moment en France, les GMR sont l’objet d’un ou réglementaire et judiciaire. Sur le plan économique et financier, l’investissement de départ est plus important pour une GMR et il faut réfléchir à la répartition des participations entre maître d’ouvrage et gestionnaires de réseaux.

    Vis-à-vis du risque d’inondation, les GMR permettent notamment de mutualiser les protections face aux inondations (protection de la galerie bénéfique à de multiples réseaux). En cas d’inondation des galeries, comme les réseaux sont ancrés régulière- ment, ils ne subissent pas de déformation, comme cela peut se faire en pleine terre où ils ont plus de possibilités de mouvement. Ainsi, pendant l’inondation éventuelle de la galerie, les réseaux sont moins dégradés qu’en pleine terre et, après la décrue, l’accès aux réseaux pour d’éventuelles réparations est facilité. Cela permet de limiter les dommages et d’accélérer le retour à la normale.

    La République tchèque, dont plusieurs villes sont équipées en GMR (Prague, 90 km ; Brno, 17 km…), est un exemple très intéressant. Pour faciliter et clari er le développement de telles installations, le pays a mis en place en 1994 une norme (CSN737505) qui encadre la conception et la mise en service de ces galeries sur le territoire. La norme dé nit entre autres les types de réseaux pouvant être installés dans les GMR.

    L’installation de GMR dans Prague a commencé dans les années 70 avec la construction de quartiers d’habitat collectif. Les galeries sont reliées aux sous-sols des bâtiments par des “corridors techniques”. Plus récemment, des GMR ont été percées au tunnelier dans le centre historique de Prague, zone très touristique et classée, pour laquelle le maire voulait s’affranchir des incessants travaux de surface. Sur les 90 km de GMR, 63 km sont gérés par une même entreprise spécialisée. C’est la ville de Prague qui a financé la construction des GMR et qui finance leur entretien, mais elle envisage aujourd’hui de faire participer les opérateurs de réseaux. Lors de l’inondation majeure de Prague en 2002, les galeries ont été très peu endommagées, contrairement aux infrastructures de surface. Les réseaux, bien accrochés, n’ont pas été altérés par la poussée d’Archimède, qui peut être néfaste en pleine terre.

    Lorsqu’un projet (sans rapport avec le risque inondation) va nécessiter le déplacement de réseaux enterrés, c’est au maire de demander, dès le début des études du projet, à ce que soit faite l’étude comparative entre le déplacement des réseaux et leur mise en galerie. Il est alors important de rappeler aux représentants des opérateurs que la mise en GMR est à leur avantage.

    v B2b. Étanchéification

    Lorsqu’il s’agit de réduire la vulnérabilité d’un réseau, le premier réflexe peut être de travailler sur son étanchéité, aussi bien sur les linéaires que sur les nœuds, du simple branchement à l’infrastructure vitale pour son fonctionnement. Cela consiste à limiter le contact avec l’eau de tout ou partie du réseau ou à empêcher la pénétration de l’eau dans le réseau.

    Il y a deux stratégies possibles en matière d’étanchéité, qui vont dépendre des installations concernées. La première est de recourir à des dispositifs passifs, c’est-à-dire intégrés aux installations dès leur conception, les rendant intrinsèquement étanches. Cela a l’avantage de garantir le fonctionnement de l’installation bénéficiaire pendant l’inondation, sous condition de maintien de ses ressources et malgré d’éventuelles difficultés d’accès. L’autre possibilité consiste à mobiliser des dispositifs temporaires au moment de l’inondation (dispositifs actifs), ce qui implique parfois l’arrêt des installations ainsi protégées. L’avantage au moins est qu’elles seront prêtes à fonctionner au moment de la reprise d’activité.

    • Dispositions permanentes

    En ce qui concerne les linéaires, seules les mesures permanentes sont envisageables et il existe à ce titre différentes techniques permettant d’assurer l’étanchéité selon leur typologie :

    • pour les canalisations, leur principe de fonctionnement (à savoir acheminer un fluide) veut qu’elles soient étanches. On peut cependant veiller à la pérennité de cette étanchéité par une bonne conception et un entretien approprié, ainsi que par des dis- positifs au niveau des points d’entrée et de sortie : verrouillage des regards, clapets anti-retour chez les usagers ou au niveau des exutoires… On peut également jouer sur la pression du fluide transporté, ce qui se fait notamment sur les réseaux de gaz, vulnérables en basse pression mais n’ayant aucun problème en cas d’inondation s’ils sont en moyenne pression(> 4 bar) ;
    • pour les câbles, il y a principalement deux options : les câbles graissés (la graisse agissant comme un isolant hydrophobe) ou les câbles sous pression (en cas de fuite, l’air va dans l’eau, mais pas l’inverse).
    PPRi de la vallée de l’Yerres
    II- Prescriptions générales
    Chapitre 4 – Prescriptions constructives
    “La conception des nouveaux réseaux devra prévoir les dispositifs suivants :
    • la pose de clapets anti-retour automatiques ;
    • le verrouillage des tampons d’assainissement ;
    • la pose de pompes permettant l’évacuation des points bas.
    L’entretien régulier de ces dispositifs devra être garanti par le gestionnaire.”

    Il est parfois possible de rendre étanches des installations ponctuelles dont dépendent les réseaux. Pour des équipements techniques, on peut travailler sur l’étanchéité de l’espace qui l’accueille : chambre d’inspection étanche, cuvelage du sous-sol.

    Par ailleurs, on peut dans certains cas compter sur la présence à proximité d’éléments permanents de protection tels que des murs ou des talus. Se pose alors la question du franchissement de ces protections au quotidien et en temps d’inondation. Deux solutions sont alors envisageables : soit un franchissement passant au-dessus de la protection et garantissant un accès au site en toutes circonstances ; soit un franchissement se faisant au travers d’ouvertures dans la protection en temps normal, mais nécessitant une fermeture étanche en période d’inondation, remettant en question l’accessibilité au site.

    Stations anti-crue dans le Val-de-Marne
    Pour que son réseau de gestion des eaux pluviales puisse continuer d’évacuer les eaux collectées pour des crues fréquentes, le Conseil départemental du Val-de-Marne dispose de stations anti-crue. Tant que le niveau de la rivière reste suffisamment bas, les eaux pluviales sont rejetées gravitairement (a). En cas de crue, lorsque cet exutoire se retrouve submergé, la station se met en fonctionnement (fermeture des vannes anti-intrusion et démarrage du pompage) pour continuer à évacuer l’eau de pluie (b). Pour des crues plus importantes menaçant les stations elles-mêmes, les agents du département mettent en place des batardeaux pour protéger les installations qui, passé un certain seuil, ne peuvent plus fonctionner.

Attention, il est insuffisant de se protéger d’une submersion surfacique directe s’il n’y a pas en plus un travail d’étanchéification de tous les accès d’eau possibles internes au site (arrivées de câbles, sanitaires, sous-sols…).

• Dispositions temporaires

Il existe également des solutions plus ou moins anticipées qui nécessitent une activation en cas d’inondation. Ce type de solution concerne essentiellement des installations ponctuelles (local technique, centre de transformation…) et les accès aux installations souterraines de certains réseaux.

On peut alors envisager des solutions temporaires, démontables, qui demandent cependant si possible un minimum d’anticipation, que ce soit pour les besoins logis- tiques (préparation de stocks de matériel, sollicitation de fournisseurs, formation du personnel…) ou parce qu’une installation préalable permanente est nécessaire (points d’ancrage…).

Parfois, la protection des installations n’est pas compatible avec la continuité de leur fonctionnement, mais elle peut tout de même être appliquée en raison des impacts plus graves qu’elle évite et de la possibilité d’un retour rapide à la normale. Cette protection peut consister en une étanché cation remettant en cause l’accès au site ou ses conditions de sécurité. Pour des territoires exposés à des inondations de très longue durée (plusieurs semaines, mois), il convient de s’interroger sur la conception d’installations qui demanderaient ce genre de stratégie.

Les installations souterraines telles que les réseaux de transport type métro, train, tunnel… ont de multiples voies d’entrée (accès piétons, accès techniques, ventilation…) étant nécessaires à leur fonctionnement. Leur étanchéification compromet donc leur fonctionnement. Cependant, le montant des dégâts qui seraient générés en cas d’inondation de ces installations et la gêne occasionnée par les réparations (durée, travaux, impact service) font qu’il est plus intéressant d’arrêter le fonctionnement du réseau le temps de l’inondation, aussi important soit-il, pour une reprise rapide après la décrue. Bien sûr, admettre l’arrêt d’un réseau de transport demande par ailleurs l’organisation d’une certaine compensation au niveau d’un autre mode de transport public (navette bus par exemple).
La RATP prévoit, en cas d’inondation prévue, d’obstruer 424 entrées d’eau identifiées (grilles d’aération, accès techniques, bouches de métro, postes de redressement…). À cet effet, des marchés de mise à dis- position de matériel et matériaux sont passés avec des fournisseurs (blocs béton, batardeaux, truelles, brouettes…), une partie de son personnel est formé pour monter les protections et un plan de déploiement progressif des ressources et de leur mise en place au fur et à mesure de la montée des eaux est prévu.
“Le but recherché est de protéger le réseau pour reprendre l’exploitation au plus vite si nous sommes amenés à l’interrompre”, Éric Dyèvre, directeur du département de gestion des infrastructures de la RATP.
En effet, sans ses protections, la RATP estime qu’il lui faudrait plusieurs années pour remettre les installations en état de fonctionnement nominal et que cela lui coûterait de 2 à 5 Md€. Cela est à comparer à l’investissement de départ de 6 M€ qui a été nécessaire pour la mise en œuvre du plan de protection (achat de matériel, formation du personnel…).

Enfin, à la notion d’étanchéité on peut rajouter les systèmes de pompage des eaux d’infiltration. Pour certains réseaux enterrés, ces systèmes sont utiles au quotidien face à la proximité de nappes souterraines. Pour d’autres, ils permettent de parer à des intrusions imprévues ou maîtrisables par ce biais. Cela suppose tout de même la disponibilité de pompes en bon état de marche, une alimentation électrique ou une réserve de fuel et, surtout, un exutoire pour déverser les eaux pompées. Il est ici aussi souhaitable d’anticiper ce type d’organisation.

v B2c. Désensibilisation

Si l’étanchéification des réseaux permet de conserver des éléments sensibles à l’écart de l’eau, l’utilisation de matériaux et de composantes moins sensibles est parfois envisageable. Il s’agit par exemple de s’affranchir des composantes électroniques ou d’utiliser des matériaux qui ne craignent pas la corrosion.

On peut prendre l’exemple de la fibre optique, qui vient peu à peu remplacer les câbles cuivrés pour la téléphonie et Internet. Le réseau en fibre optique est une technologie qui, sur une grande partie des installations, n’a pas besoin de composantes électroniques, ce qui signifie qu’en cas de pénétration d’eau dans les câbles ou au niveau des points intermédiaires, le fonctionnement du réseau n’est pas ou peu affecté, alors qu’un réseau cuivré se serait tout de suite interrompu du fait de l’incompatibilité eau-électricité. Par contre, les installations des usagers dépendent de l’électricité (box, téléphone), tout comme les centraux téléphoniques. Les opérateurs de télécommunications remplacent peu à peu le réseau cuivré par de la fibre optique, soit dans le cadre d’un programme d’entretien par le remplacement de leurs lignes, soit suite à des inondations. Il n’est d’ailleurs plus envisageable aujourd’hui de renouveler des lignes cuivrées à une échelle industrielle du fait de la rareté des matériaux.

Un autre exemple spécifique est celui des conduites du réseau de chauffage urbain. Ces conduites transportent un fluide à haute température et, malgré leur isolation, ont une température extérieure assez élevée. De fait, en cas d’inondation, si l’eau parvient à entrer en contact avec un de ces tuyaux, un choc thermique se produit, pouvant entraîner la rupture de la conduite. S’il existe des dispositifs d’étanchéification de ces conduites, on peut également jouer sur la température du fluide transporté a n de réduire l’écart et donc le risque de choc thermique. Ainsi, la conduite ne craindra plus le contact avec l’eau de l’inondation (à condition d’être également étanche bien sûr) et la mise en température du fluide caloriporteur sera moins énergivore.

Il y a donc parfois des synergies entre les évolutions du territoire dans son ensemble (amélioration des technologies, économies d’énergie…) et la réduction de la vulnérabilité des réseaux. Ces synergies sont porteuses d’opportunités à saisir.

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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

B3 – Maillage

Le maillage illustre le besoin d’apporter de la redondance et de la flexibilité dans les possibilités d’approvisionnement et de cheminement du service porté par un réseau, en prenant toutefois garde que cela ne soit source de vulnérabilités supplémentaires.

> B3a. Diversité des sources d’approvisionnement

La multiplication des centres de production ou d’élimination a pour but d’assurer la continuité du service porté par le réseau. En effet, le fonctionnement de certains réseaux dépend de points de production de la ressource fournie (électricité, gaz, eau potable, hydrocarbures…) ou d’exutoires pour les réseaux de collecte (STEP, centre d’élimination de déchets). En cas d’atteinte de ces sites, c’est le fonctionnement global du réseau qui est mis en défaut. À ce titre, il peut être avisé de multiplier les sources dont dépendent les réseaux pour leur bon fonctionnement, de façon à ce qu’en cas de l’indisponibilité de l’une, une autre puisse prendre le relai.

En raisonnant à l’échelle d’une collectivité locale, on peut ainsi envisager deux possibilités, qui ne sont pas incompatibles :

  • la multiplication, à l’échelle de la collectivité, des sources (ou exutoires) du réseau. Par exemple, plusieurs petites STEP plutôt qu’une seule grande STEP ;
  • la connexion du réseau de la collectivité avec un réseau identique d’une collectivité voisine. Par exemple, certains syndicats voisins de production d’eau potable sont reliés par une canalisation qui leur permet de s’entraider en cas de difficulté.
Le réseau AEP de Saintes dispose d’une interconnexion avec celui de Saint-Agnant (à 35 km !), géré par le Syndicat des eaux de Charente-Maritime. Cela signifie qu’en cas de dysfonctionnement sur son usine, le réseau pourra continuer d’être alimenté grâce à l’usine du réseau voisin, qui par ailleurs fonctionne au quotidien pour son territoire. Attention, cela suppose que l’usine en question est capable d’augmenter ponctuellement sa production pour alimenter ce réseau supplémentaire.

Si l’on peut comprendre que la connexion entre deux réseaux voisins ne sera utilisée qu’en cas de nécessité, deux options sont possibles pour des réseaux qui comportent plusieurs sources ou exutoires.

Le premier cas est celui où la source (l’exutoire) de secours n’est utilisée qu’en cas de problème et reste inactive le reste du temps. Cela n’est pas forcément très rentable, à moins qu’il ne s’agisse d’une ancienne installation, gardée pour ce genre d’éventualité. Elle devra être contrôlée régulièrement pour s’assurer de sa capacité à fonctionner en cas de besoin.

Le Grand Lyon dispose de plusieurs sources d’approvisionnement en eau potable. Il a en effet, en plus de son usine principale sur le Rhône, deux usines de secours réparties sur son territoire et captant des eaux différentes : un lac avec une station de traitement à proximité et un autre champ captant au niveau d’une nappe à l’est de Lyon. Ces dispositifs de secours servent également en cas de pollution du Rhône. Il est donc question ici d’usines qui ne sont sollicitées qu’en cas de besoin.

L’autre possibilité est que les différentes sources soient sollicitées en permanence, et dans le cas où l’une viendrait à faire défaut, l’autre pourrait prendre à sa charge le supplément à produire pour maintenir le service fourni sur le territoire.

Dans tous les cas, il sera pertinent de choisir des sources de localisation et de sensibilité différentes, de façon à limiter le risque d’une indisponibilité simultanée.

Se pose également la question de la capacité des différentes sources (exutoires) à assumer cette prise de relai. En effet, l’idée ici est que le territoire desservi par l’instal- lation défaillante puisse continuer de fonctionner. Il est alors souhaitable que les ins- tallations qui prennent le relai puissent monter en charge a n de desservir un territoire plus grand.

Un raccordement ne se fait pas à la dernière minute. La connexion de réseaux de même nature ou le raccordement à des centres de production supplémentaires se fait par anticipation, lors de la conception ou de la rénovation des réseaux en question.

> B3b. Redondance des chemins et des nœuds

Il ne suffit pas d’assurer l’approvisionnement des réseaux pour garantir leur bon fonctionnement. Il s’agit également de s’assurer que le service produit atteindra les usagers sans encombre. À ce titre, il est recommandé de concevoir les réseaux de telle sorte que les cheminements possibles y soient multiples. Ainsi, qu’il s’agisse d’eau, de véhicules, d’électricité ou de communications, en cas d’indisponibilité d’un tronçon ou d’un nœud du réseau, le “ fluide” transporté pourra emprunter un autre chemin pour arriver à destination, limitant l’impact sur l’usager final.

Cette redondance des itinéraires et des nœuds peut être prise en charge par le gestion- naire de réseau, mais aussi par l’usager, en se raccordant à différentes branches d’un même réseau ou à différentes sources. Cela vaut notamment pour le réseau électrique, pour lequel il n’est pas rare de trouver de gros usagers (hôpital, industrie, STEP…) qui sont reliés à deux postes de distribution différents.

La RATP est alimentée par RTE et possède ses propres postes de transformation, qui sont tous reliés par une ligne de secours, ce qui permet d’assurer une continuité du circuit même si un des postes fait défaut.

Cette notion de report vient à nouveau poser la question de la capacité à prendre en charge un surplus de la part des installations du réseau, notamment des linéaires. En effet, le chemin alternatif envisagé doit alors transporter, en plus du “ fluide” habituel, une quantité supplémentaire destinée à desservir les usagers qui dépendent du tronçon ou du nœud en défaut. Pour compter sur le maillage d’un réseau, il faut donc s’assurer que ses capacités sont suffisantes pour accuser des surcharges ponctuelles.

Bien que partiellement immatériel, le réseau de téléphonie mobile est un bon exemple de maillage limité par la saturation des capacités de transport. Le réseau de téléphonie mobile est très maillé : de multiples antennes, qui servent d’autant de nœuds pour relayer les communications. Dans le cas où l’une d’entre elles est défaillante, les communications qui transitaient par elle se reportent sur d’autres antennes à proximité. Cependant, suivant le nombre d’antennes défaillantes et l’importance des communications à transmettre, les antennes qui prennent en charge les communications reportées peuvent arriver à saturation et n’être plus capables d’assurer leur fonction, comme ce fut le cas après l’ouragan Sandy en 2012 à New York.
Le réseau routier est également un réseau maillé en général (tout dépend de l’échelle à laquelle on se place). Dans le cas d’un tronçon ou d’une intersection défaillante, il est possible de mettre en place des déviations. Le risque est l’encombrement du trafic dû à ce report de véhicules sur des voies qui ne sont peut-être pas dimensionnées pour, que ce soit en termes de nombre de voies ou de conception matérielle.
L’enjeu est très important, car il permet à la fois l’évacuation et l’approvisionnement des populations, il assure l’accessibilité des sites sensibles ou encore la possibilité, pour les services de secours et les intervenants réseau, de circuler sur le territoire pour aider à gérer la crise. Le maillage du réseau routier permet de multiplier les possibilités de parcours et donc évite une isolation de certaines parties du territoire si un axe vient à être coupé. Ce maillage doit par contre être doublé d’un plan de déviation efficace pour être exploité au mieux. Les parcours alternatifs proposés doivent limiter au possible le rallongement des temps de trajet et l’encombrement des axes.
Il faut bien noter que le plan de déviation doit être élaboré de façon coordonnée avec les territoires voisins et avec les gestionnaires de réseau routiers des différentes échelles, de façon à éviter les ruptures d’itinéraires. Le moment venu, l’application d’un plan de déviation demande une bonne organisation et une disponibilité des moyens humains et matériels.

Sur cette thématique des transports, on peut également évoquer la multiplication des points de connexion entre les différents types de réseaux de transport, sous la forme de pôles multimodaux, permettant de passer d’un mode de transport à un autre pour éviter les zones en difficulté.

Un réseau d’eau potable est en revanche relativement arborescent. Cependant, des connexions entre les différentes sections du système permettent de le mailler pour pallier d’éventuelles avaries. Entre deux branches locales, certains jeux de canalisations et vannes permettent de contourner des problèmes, tels qu’une panne de pompe ou une pollution.
> B3c. Compartimentage

Bien que le maillage d’un réseau offre de nombreux avantages, cela peut également être source d’une vulnérabilité supplémentaire, en facilitant la propagation des défaillances. L’idée du compartimentage ne s’oppose pas à celle du maillage, elle vient au contraire le compléter. Il s’agit, face à un réseau maillé (existant ou en projet), de garder la possibilité de le compartimenter, en cas de problème, pour limiter la propagation sur d’autres branches. Cela peut être utile dans bien d’autres situations que celle de l’inondation, suivant les types de réseau. Par contre, l’application d’un tel principe signifie que certaines zones ne seront plus desservies, résultant en un fonctionnement partiel du réseau.

Le compartimentage peut se faire à l’échelle du réseau tout entier avec, par exemple, une segmentation possible par quartier, que l’on pourra enclencher en cas de besoin, en fonction de la situation. Il n’est cependant pas toujours possible d’effectuer des coupures très fines, ce qui peut entraîner des défaillances de réseaux sur des zones restées hors d’eau.

Pour le réseau électrique, des coupures peuvent se faire au niveau des postes de distribution publique (DP), qui desservent l’équivalent de quartiers. Si le poste DP est submergé, tout le quartier sera privé d’électricité, qu’il soit sous l’eau ou non. Si une partie du quartier est submergée, il faudra y couper l’électricité pour la sécurité des personnes et du matériel, mais cela impactera tout le quartier si aucune possibilité de segmentation n’a été envisagée.
Pour le réseau d’assainissement, on peut utiliser des vannes pour limiter la propagation de l’inondation dans certaines branches du réseau et clapets anti-retour pour éviter des phénomènes de refoulement chez l’usager. Pour les vannes de sectionnement, il faut bien être sûr de la possibilité de les rouvrir facilement à la décrue a n de ne pas faire obstacle au ressuyage du territoire.
Le réseau d’approvisionnement en eau potable est ponctué de vannes qui évitent par exemple la propagation des pollutions en cas d’inondation ou en d’autres circonstances.
Les distributeurs de gaz peuvent couper la distribution dans les canalisations en basse pression à l’aide de robinets et de vannes a n d’assurer la sécurité des personnes, car les conduites en basse pression sont plus sujettes à la rupture en cas d’inondation.
La mise en place de barrages routiers ou la déviation de trains vers des arrêts voisins permettent d’éviter les afflux de personnes et de marchandises non nécessaires vers des zones déjà en difficulté qui ont notamment besoin de maintenir leur capacité de circulation.
L’Agglomération de Blois, qui a mobilisé, avec l’appui des services de l’Etat, les gestionnaires de réseaux de son territoire pour en étudier la vulnérabilité dans le cadre de l’élaboration d’un plan d’évacuation du quartier de Vienne, a obtenu des informations sur les réseaux de distribution de gaz et d’électricité. Les concessionnaires ont indiqué que la distribution de gaz et d’électricité est interrompue préventivement à l’arrivée de l’inondation, dès que l’évacuation des quartiers décidée par le préfet est effective. Par ailleurs les gestionnaires ont également rappelé que les principaux postes de distribution sont hors zone inondable et qu’il est possible de couper les quartiers submergés (et évacués), tout en maintenant les quartiers restés hors d’eau. Il n’y aurait donc, en cas d’inondation, que peu de perturbation hors zone inondée pour ces deux réseaux.

Toutes ces dispositions nécessitent un déclenchement au moment de l’inondation. Cela pourra se faire automatiquement, par un système de télégestion, ou manuellement.

On peut aussi travailler à l’échelle du bâtiment, côté usager. En effet, il est parfois envisagé, dans les zones qui le permettent, de maintenir la population sur place le temps de l’inondation. Dans ce cas, il est important de pouvoir maintenir un minimum de confort, surtout s’il s’agit d’une situation pouvant durer.

À ce titre, il est possible, au sein d’un même bâtiment, de compartimenter les réseaux de manière à distinguer les étages qui se trouvent immergés de ceux qui sont au-dessus du niveau d’eau. Cela commence par installer le poste de distribution de l’immeuble au-dessus des plus hautes eaux connues (PHEC), c’est en effet un point sensible de tout réseau, tandis que les linéaires sont généralement plus résistants. L’idée est ensuite d’avoir deux réseaux internes de distribution : l’un allant vers les étages supérieurs, qui ne devrait pas être perturbé par l’inondation ; l’autre desservant les étages inférieurs et pouvant être coupé en cas d’inondation, sans que cela ne gêne la desserte du reste de l’immeuble.

PPRi de Paris, règlement, approuvé le 19 avril 2007
Dans certains secteurs stratégiques, une des conditions pour pouvoir (re)construire est que “les réseaux d’électricité, de gaz, de chauffage central, d’eau (eau potable et eau chaude sanitaire) et de téléphone doivent être organisés de manière à permettre d’isoler les circuits alimentant les niveaux inondés et à maintenir la distribution de ces fluides pour les logements et pour les équipements de sécurité des immeubles”.
L’exemple typique est celui du réseau électrique, dont les câbles sont étanches, mais pour lequel les postes de transformation ou les compteurs de distribution représentent des points de fragilité. Il s’agirait donc de disposer le compteur électrique d’un immeuble au-dessus des PHEC et de séparer les réseaux de desserte des étages supérieurs et inférieurs.
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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

Leviers réglementaires et financiers

> Leviers réglementaires

Divers documents permettent à la collectivité d’inciter, voire d’obliger, les opérateurs de réseaux à évaluer leurs vulnérabilités, à les communiquer aux autorités et à réduire la vulnérabilité de leurs installations.

• Contrat de concession ou de délégation de service public (DSP)

L’article L1332-1 du Code de la sécurité intérieure précise :
“Les exploitants d’un service, destiné au public […] prévoient les mesures nécessaires au maintien de la satisfaction des besoins prioritaires de la population lors des situations de crise.
Ces besoins prioritaires […] sont pris en compte dans les cahiers des charges ou contrats régissant les concessions ou délégations de service public et dans les actes réglementaires encadrant les activités précitées. […] Ces actes réglementaires peuvent comporter des mesures transitoires.”

Ainsi, les collectivités doivent faire figurer dans les contrats de concession ou de délégation les priorités des besoins de la population de leur territoire, dans le respect de la réglementation nationale. C’est l’occasion pour elles d’imposer des programmes d’évaluation, d’entretien ou d’amélioration du réseau existant, d’émettre des exigences pour les cas de développement du réseau ou encore de demander la mise en place de plans de gestion de crise pour les gestionnaires des réseaux locaux.

Attention cependant, même si cela permet à la collectivité délégante de faire passer certaines exigences au gestionnaire délégataire, la responsabilité de la bonne gestion du réseau reste à la collectivité. Il est donc important que la collectivité qui a la compétence liée aux réseaux concernés puisse assurer un contrôle et un accompagnement de ces mesures.

• Règlement de service

Établi entre le délégant et le délégataire dans le cas d’une DSP ou par la collectivité en charge du service en question, le règlement de service fixe les conditions de fourniture du service : tarifs, autorisations de raccordement, interruptions potentielles, indemnisations, modalités de contrôle…

Règlement du service public Eaux pluviales (SP-EP) du SyAGE (Syndicat mixte pour l’assainissement et la gestion des eaux du bassin versant de l’Yerres)
Article 13 – Étanchéité des installations et protection contre le reflux des eaux
“Les ouvrages privés d’évacuation des eaux pluviales (grilles, regards..) raccordés directement sur un ouvrage du SP-EP doivent être munis d’un dispositif anti-retour lorsqu’ils sont situés en dessous du niveau de la voie a n de se prémunir du reflux des eaux provenant du domaine public en période de fortes précipitations.
A n de ne pas être inondé par les eaux pluviales provenant de la parcelle en cas de fonctionnement du dispositif anti-refoulement qui ne permet plus le rejet des eaux pluviales vers l’ouvrage public, il est nécessaire d’installer un système de pompage permettant l’évacuation des eaux issues de la parcelle dans le terrain.
En outre, les tampons ou regards d’accès doivent être verrouillés et les canalisations doivent résister à la pression en cas de mises en charge.
Le propriétaire est responsable du choix (clapet anti-retour, vanne…), de l’entretien et du bon fonctionnement du dispositif ainsi que du système de pompage et de mise en fonctionnement du clapet (a n d’évacuer ses propres eaux pluviales dans le jardin par exemple)”.

• Cahier des charges

Toute occasion est bonne pour améliorer la condition des réseaux face au risque d’inondation, même les projets ne concernant a priori pas directement ces réseaux. Les opérations de renouvellement ou de développement urbain sont ainsi des opportunités respectivement de réduire la vulnérabilité des réseaux ou de les concevoir dès le début pour être les moins vulnérables possible. La création de cahiers des charges spécifiques qui accompagneront les marchés publics pour ce type de projet permet de faire passer ces exigences avec un support réglementaire.

À Lyon, la direction de l’Eclairage public, lorsqu’elle n’est pas maître d’ouvrage de l’opération, trans- met ses prescriptions au travers d’un cahier des charges (cahier des exigences) qui vient compléter le programme de l’opération. Ce document servira ensuite de document de référence au maître d’œuvre extérieur pour définir ces exigences dans le CCTP. Sur la problématique précise du risque inondation, ce cahier des charges interdit tout élément de connexion enterré. Les coffrets d’alimentation des candélabres sont installés dans le mât à 60 cm au-dessus du sol et tout élément de connexion est également en surface. Lorsque la ville est inondée sous une faible hauteur d’eau, l’éclairage peut donc continuer à fonctionner (sous réserve d’être alimenté en électricité).
Les quais bas de la ville constituent un cas plus particulier, car la probabilité d’inondation est naturellement plus élevée (une à deux fois par an notamment pour la Saône). À l’occasion de leur réaménagement, il a été demandé à l’aménageur de positionner tous les éléments de connexion au-dessus du niveau de crue centennale. Si cette disposition a posé quelques problèmes pour la maintenance au départ, la direction de l’Éclairage public a trouvé peu à peu des solutions pour s’adapter à ces contraintes particulières.

• Plan de prévention des risques (PPR)

Les PPR traitent généralement du zonage du territoire, pourtant, ils peuvent aussi “dé nir des règles relatives aux réseaux et infrastructures publics desservant son sec- teur d’application et visant à faciliter les éventuelles mesures d’évacuation ou l’inter- vention des secours” (loi Barnier, n° 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement). Ainsi, le règlement du PPR peut imposer aux gestionnaires de réseaux d’effectuer un diagnostic de leur vulnérabilité et de prévoir des mesures de protection ou de continuité en cas d’inondation. Il peut également dé nir des usages interdits sur certaines zones (sauf en cas d’impossibilité technique avérée ou d’impacts nanciers peu raisonnables), ce qui est un moyen d’empêcher l’implantation en zone inondable de certaines infrastructures sensibles faisant partie des services urbains. Dans ce cas là, il revient aux services de l’État de véri er la bonne application des prescriptions

Le PPRi de la vallée de l’Yerres impose et recommande dans son règlement des mesures permettant la diminution de la vulnérabilité des réseaux. Les prescriptions apparaissent à la fois côté réseau existant et côté bâti, avec la question de la connexion au réseau.
II- Prescriptions générales
Chapitre 4 – Prescriptions constructives
Article 1 – Assurer la sécurité des occupants et maintenir un confort minimal
“Pour assurer une continuité du service en cas de crue, les réseaux de fluides et leurs locaux, les installations relais ou de connexion qui leur sont liées ainsi que les équipements techniques présentant un caractère d’intérêt général et ne pouvant être localisés ailleurs doivent être implantés au-dessus de l’altitude PHEC ou au minimum conçus de façon à garantir leur étanchéité et bon fonctionnement pendant l’inondation.
Pour les réseaux électriques : le tableau de distribution doit être placé au-dessus des PHEC, un coupe-circuit doit être mis en place pour isoler la partie de l’installation située au-dessous des PHEC afin de faciliter une remise en service partielle en cas d’inondation. Les réseaux doivent être de préférence descendants a n de faciliter l’évacuation de l’eau dans les gaines et pour ceux situés en aval des appareils de comptage, ils doivent être dotés d’un dispositif de mise hors service automatique installé au-dessus de l’altitude des PHEC.”
La conception des nouveaux réseaux d’assainissement devra prévoir des dispositifs d’étanchéification (voir B2b. Étanchéification).
Chapitre 7 – Prescription et recommandation sur les réseaux collectifs existants
“Les concessionnaires et gestionnaires des réseaux de fluides doivent, dans un délai de 5 (cinq) ans, à compter de la date d’approbation du PPRi, présenter au préfet du département […] une étude indiquant les mesures prises ou envisagées pour faire face à la crue de référence.
A n de limiter les risques d’accidents pour la circulation des piétons et des véhicules (phénomène de “trou d’eau”), il est recommandé aux gestionnaires des réseaux d’assainissement de procéder au verrouillage des tampons du réseau.”
PPRi de Paris, Règlement, approuvé le 19 avril 2007
Les améliorations d’un réseau doivent être apportées lors de la rénovation d’un immeuble, d’un remplacement ou d’une opération d’entretien importants de matériel concernant le réseau en question. En ce qui concerne le bâti, les éléments vitaux tels que les compteurs de gaz et d’électricité doivent être situés au-dessus des PHEC (cf. B3c. Compartimentage). Les arrivées d’eau et centraux téléphoniques doivent bénéficier de systèmes de protection.
De nombreuses prescriptions concernent également le maintien d’accès viaires aux zones d’habitat ou au sein de secteurs stratégiques, même en cas d’inondation, avec l’obligation de communiquer ces plans d’accès à la population concernée et de stocker sur site l’éventuel matériel nécessaire au maintien de ces accès. Dans le PPRi de Paris, certaines dispositions concernent spécifiquement les acteurs exerçant une mission de service public. Les services de transport en commun et les réseaux de distribution de fluides (énergie, eau, télécoms) en font partie.
Ainsi, “les sociétés concessionnaires des réseaux de transport en commun [et de distribution de fluides] doivent analyser leur vulnérabilité et intégrer dans leurs projets toutes dispositions constructives adaptées visant à permettre le fonctionnement normal [du réseau] ou, a minima, à supporter les dommages structurels d’une immersion prolongée de plusieurs jours et un redémarrage de l’activité le plus rapidement possible après les départ des eaux”.
De plus, les gestionnaires de réseaux doivent, depuis 2012 (ils ont eu un délai de 5 ans pour le faire), “élaborer et mettre en œuvre un plan de protection contre les inondations (PPCI). Ce plan doit être soumis pour avis conforme au préfet de police. Un rapport d’avancement du plan et de sa mise en œuvre sera communiqué annuellement au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris et au préfet de police.” Le fait que la collectivité soit elle aussi amenée à élaborer des PPCI pour ses services est l’occasion pour elle d’avoir une meilleure conscience de son patrimoine, de sa valeur, son exposition et des enjeux qu’il abrite. Se pose seulement ensuite la question de savoir comment le protéger ?

Les PPRi permettent d’ancrer au niveau local et opérationnel la réglementation nationale. Ils font également of ce d’articulation avec les documents d’urbanisme, notamment en conditionnant l’obtention des autorisations d’urbanisme.

• Plan de gestion des risques d’inondation (PGRI) et Stratégie locale de gestion des risques d’inondation (SLGRI)
Certains PGRI demandent à ce que les collectivités locales évaluent la vulnérabilité des réseaux qui structurent leur territoire, mais aucune indication n’est donnée concernant les compétences et les moyens nécessaires à cette tâche. D’autres demandent également à ce que les PPRi interdisent l’implantation d’éléments clés des réseaux en zone inondable.

PGRI Loire-Bretagne
“Disposition 2-10 : Implantation des nouveaux équipements, établissements utiles pour la gestion de crise ou à un retour rapide à la normale.
Sauf en l’absence d’alternative à l’implantation dans la zone inondable, les PPR approuvés après l’approbation du PGRI prescrivent une implantation en dehors des zones inondables des nouveaux établissements, équipements, installations utiles à la gestion de crise, à la défense ou au maintien de l’ordre, au retour à un fonctionnement normal du territoire après une inondation.”

Les SLGRI sont encore en cours d’élaboration, mais on peut imaginer que certaines d’entre elles se saisiront de la question des réseaux et encadreront le diagnostic de vulnérabilité de leur territoire.

> Leviers financiers

Pour le financement des mesures de réduction de la vulnérabilité des réseaux, les ressources viendront généralement de l’opérateur ou de la collectivité directement concernés.

On peut toutefois mentionner que les particuliers et certaines entreprises peuvent bénéficier de financements issus du Fonds National de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM) dit “ Fonds Barnier ” pour mettre en œuvre des mesures de réduction de la vulnérabilité de leur bien, y compris, le cas échéant, des mesures pour réduire la vulnérabilité des réseaux à l’inondation. Les conditions d’éligibilité de ces mesures au bénéfice du Fonds Barnier sont néanmoins restrictives : ces mesures doivent être rendues obligatoires par un PPRI approuvé et concerner des biens à usage d’habitation, des biens d’activités professionnelles d’entreprises de moins de 20 salariés, ou des biens à usage mixte.

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Réduire la vulnérabilité des réseaux face aux inondations

Conclusion sur la réduction de la vulnérabilité des réseaux

Une multitude de dispositifs techniques existent, permettant de réduire la vulnérabilité des réseaux face au risque d’inondation et certains outils réglementaires permettent d’appuyer la réflexion sur leur possible mise en place.

Certains de ces dispositifs sont permanents, ce qui permet généralement d’assurer la continuité du fonctionnement du réseau, ou du moins de limiter les actions à mettre en place en situation de crise.

D’autres sont temporaires, ce qui demande, si possible, une réflexion en amont, en plus d’une procédure de déploiement au moment de l’inondation. Cela signifie qu’au moment de la crise ou juste avant, il faut prévoir les moyens humains, logistiques et techniques pour prendre les mesures nécessaires à la réduction de la vulnérabilité des réseaux exposés et vulnérables. Certaines mesures prises assurent la continuité du fonctionnement du réseau, tandis que d’autres nécessitent son arrêt, mais garantissent une reprise rapide après le retrait des eaux.

Toutes les solutions ne sont pas applicables dans tous les cas. Selon que le réseau est existant ou à construire, selon sa typologie ou encore les caractéristiques de l’aléa auquel il est exposé, certaines dispositions s’avèreront plus pertinentes que d’autres.

Il faut également avoir conscience qu’étant donné le faible intérêt économique que trouvent généralement les gestionnaires de réseaux dans ce type d’adaptation, ils ont plutôt tendance à réserver ces opérations à un pro- gramme d’amélioration continue sur le long terme. Si la collectivité souhaite faire effectuer des modifications au réseau à court terme, il faut qu’elle soit prête à le financer en large partie, ou qu’elle puisse justifier de l’intérêt de l’opération du fait de la fréquence des événements ou des forts enjeux impactés.

Ainsi, en attendant les quelques décennies qui seront nécessaires à l’adaptation des réseaux existants, la collectivité doit veiller à ce que les nouvelles installations sur son territoire soient adaptées et elle doit s’organiser pour faire face aux défaillances des réseaux qui resteront parmi les conséquences des inondations.

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