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Des sites décontaminés par AREVA qui présentent une radioactivité 10 à 50 fois supérieure à la normale !

Des sites décontaminés par AREVA qui présentent une radioactivité 10 à 50 fois supérieure à la normale !

Des sites décontaminés par AREVA qui présentent une radioactivité 10 à 50 fois supérieure à la normale !

La CRIIRAD et le Collectif Mines d’Uranium alertent les propriétaires et les collectivités concernées.

Des remblais radioactifs issus d’anciennes mines d’uranium disséminés sur des centaines de sites

Plus de 200 mines d’uranium réparties sur 25 départements ont été exploitées sur le territoire français, la dernière a fermé en 2001. L’extraction du minerai d’uranium a entrainé la production d’environ 180 millions de tonnes de déblais solides improprement appelés « stériles » alors qu’une part importante présente une radioactivité élevée. Ces déchets sont amoncelés près des sites d’extraction sur 165 verses réparties sur 114 sites. Voir carte : http://www.criirad.org/actualites/uraniumfrance/img/CarteFrance_WEB.pdf et tableau : http://www.criirad.org/actualites/uraniumfrance/img/liste_departement.pdf

Mais du fait des carences de la réglementation française en la matière, ces matériaux, bien que radioactifs, ont aussi été réutilisés comme remblais pendant des décennies, pour la construction de plateformes, chemins, routes, parkings et parfois se retrouvent à l’intérieur des bâtiments, exposant ainsi le grand public, sur des centaines de sites en France, à des doses de radiation significatives et dans certains cas nettement supérieures aux limites sanitaires. Les stériles radioactifs contiennent de l’uranium et ses descendants radioactifs qui entrainent une exposition par irradiation externe (en particulier du fait de l’émission de rayonnements gamma très pénétrants) et une exposition interne (inhalation de poussières radioactives et surtout d’un gaz radioactif, le radon, qui émane en permanence des stériles et se retrouve dans l’atmosphère. Dans certains cas une contamination interne par ingestion intervient également).

AREVA s’est engagé à traiter les sites qui entrainent les doses de radiation les plus fortes pour le public. Mais le travail effectué n’est pas satisfaisant. La CRIIRAD se bat depuis plus de 20 ans pour que l’Etat et les industriels responsables de cette situation traitent les sites contaminés. La diffusion en 2009, dans l’émission « Pièces à Conviction », du documentaire « Uranium, le Scandale de la France Contaminée », auquel a largement contribué la CRIIRAD, a abouti à ce qu’AREVA réalise une détection par hélicoptère des sites où des stériles radioactifs ont été utilisés comme remblai. Le documentaire peut être visionné sur https://www.youtube.com/watch?v=MkFMzViwaKk .En fonction des niveaux de dose subis par les populations concernées, AREVA s’est engagé à traiter les sites qui présentent les risques les plus élevés. Le traitement consiste à retirer, avec des engins de chantier, les remblais radioactifs et à les ramener sur d’anciens sites d’extraction du minerai d’uranium.

CarteFrance_WEB

Une méthode de traitement notoirement insuffisante

Les mesures réalisées ces derniers mois par des associations membres du Collectif Mines d’Uranium sur des lieux où AREVA a réalisé des travaux d’assainissement montrent que la radioactivité reste anormalement élevée du fait d’un travail trop limité. Par exemple :

  En presqu’ile Guérandaise (Loire-Atlantique), les vérifications effectuées en janvier 2017 par le collectif CAP Radioactivité sur deux chantiers ont montré qu’en bordure de zones décapées, le taux de radiation au contact du sol reste 30 fois supérieur à la normale sur un chemin de la commune de Guérande qui conduit à un gite et 50 fois sur un parking de la commune de Piriac-sur-mer, implanté au niveau de l’ancien carreau de la mine d’uranium. Ces sites ont pourtant été traités par AREVA en décembre 2016. (voir video https://www.youtube.com/watch?v=mh86CLlVfjg )

  Dans la Loire, les vérifications effectuées en décembre 2016 par le collectif des Bois Noirs ont montré qu’en bordure de zones décapées, le taux de radiation au contact de la chaussée reste 10 fois supérieur à la normale sur une route de la commune de La Tuillière pourtant traitée par AREVA en octobre 2016. Sur la commune de Saint-Priest-la-Prugne, un centre de loisir qui n’a pas été assaini correctement en 2006, fait toujours face à de grosses difficultés. En 2006, par exemple, sur la commune de Saint-Priest-La-Prugne (Loire), après plus de 4 ans de combat, la CRIIRAD et le Collectif des Bois Noirs ont obtenu qu’AREVA traite le terrain d’un centre de loisirs. A l’issue des travaux, les contrôles réalisés par la CRIIRAD ont montré qu’il restait des remblais radioactifs. Entre temps, le site a été revendu. Les contrôles effectués par la CRIIRAD, le 4 octobre 2016, à la demande du nouveau propriétaire, ont confirmé la présence de remblais radioactifs sur plusieurs dizaines de mètres carrés avec un taux de radiation au contact du sol 6 fois supérieur à la normale. Il s’agit pourtant d’un site qui accueille des touristes, dont des enfants.

  Dans le Puy-de-Dôme, devant une grange de la commune de Baffie, les contrôles effectués par l’association Puy-de-Dôme Nature Environnement en octobre 2016 ont montré une radioactivité 20 fois supérieure à la normale, etc.

Nécessité de maintenir la vigilance des citoyens et mobiliser les Collectivités locales

Les cas de décontamination insuffisante ne sont pas isolés. L’ASN considère pourtant que « lorsque des travaux de retrait de stériles miniers radioactifs sont planifiés, il convient de les mener de telle sorte qu’il n’y ait plus besoin d’y retourner ultérieurement. A cet effet, l’objectif de retrait recherché doit être le plus complet possible lorsqu’il est décidé de mener de tels travaux ». Mais les services de l’Etat ne se donnent pas les moyens de vérifier ce que fait AREVA, ni d’imposer des méthodes fiables.

A moins de disposer de moyens de mesure de la radioactivité, les propriétaires des terrains concernés sont alors trompés.

Garantir que tous les matériaux radioactifs soient enlevés lors des chantiers suppose que la surface contaminée soit correctement repérée et que les entreprises aient bien pour consignes d’enlever tous les remblais qui présentent une radioactivité anormalement élevée. Mais il n’en est rien. AREVA, avec l’aval de l’IRSN, de l’ASN, du Ministère de l’Environnement et des DREAL, refuse d’effectuer des mesures de radioactivité au contact du sol, méthode préconiséex par la CRIIRAD, car elle permet de localiser de manière plus fiable les remblais radioactifs.

La CRIIRAD et les associations membres du Collectif Mines d’Uranium ont demandé à plusieurs reprises aux autorités compétentes (Ministère de l’Environnement, ASN, DREAL) que les méthodes d’assainissement soient revues afin de garantir que, lorsque AREVA prend en charge un chantier de décontamination, le travail soit fait de manière définitive, c’est-à-dire que l’ensemble des matériaux radioactifs soient bien éliminés et renvoyés vers un site d’entreposage adapté. Ces problématiques ont été abordées par exemple lors de réunions de travail entre les représentants du Collectif Mines d’Uranium, de la CRIIRAD, de l’ASN et du Ministère de l’Environnement, en février et juillet 2015. En vain… Voir le compte rendu de réunion http://www.criirad.org/collectif-mines/pdf/Medde-2-02- 2015-CMU.pdf

A cet effet, la CRIIRAD et les associations membres du Collectif Mines d’Uranium demandent que les services compétents de l’ETAT imposent à AREVA de revoir rapidement ses méthodes de travail et s’engage à assainir définitivement les terrains traités. Un courrier a été adressé en ce sens au Ministère de l’Environnement.

Le fait de laisser en place les remblais radioactifs, outre les risques pour la santé des riverains, entraine un préjudice fort pour les propriétaires qu’il s’agisse de lieux publics ou privés.

Ces remblais resteront radioactifs pendant des milliards d’années et pourront être disséminés au gré des travaux de réfection de voirie ou de constructions et aménagements divers.

Les propriétaires et élus concernés (mairies, conseils communautaires, conseils départementaux, conseils régionaux) doivent prendre conscience des enjeux et se mobiliser pour obtenir un assainissement définitif des lieux à forte radioactivité.

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