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Sous l’azur des voutes de l’Eglise d’Ourjout, autour de son autel, se joue des étoiles de peintures

Sous l’azur des voutes de l’Eglise d’Ourjout, autour de son autel, se joue des étoiles de peintures… L’Eglise d’Ourjout renferme d’exceptionnelles peintures murales

Au village d’Ourjout, située à Les Bordes-sur-Lez, dans le Couserans, existe une des plus petites églises de l’Ariège, plus petite encore avant les remaniements des  XIV° et XVI° siècles. Structurée une première fois d’une simple nef étroite et courte terminée par une abside ronde. La nef fut prolongée vers l’ouest et deux chapelles formant transept furent ajoutées. La porte, qui s’ouvrait sur la façade à l’ouest fut reportée au nord.

eglise-d-Ourjout

Un ensemble de peintures murales a été découvert (XIe – XIIe et XVIIe – XVIIIe siècles). Avec la mise au jour de ces peintures qui a eu lieu lors de la restauration du maître- autel de l’église, sous le contrôle scientifique et technique de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), ces œuvres prennent désormais place dans le corpus restreint des peintures monumentales romanes dont le département de l’Ariège conserve déjà de précieux exemples.

Eglise-d-Ourjout-

Au vu de son état, le grand retable en bois du XVIIIe siècle, classé au titre des monuments historiques, a fait l’objet de la dépose de quelques panneaux. Cette opération a permis de découvrir les premiers éléments de peintures situés derrière et jusqu’alors masqués par celui-ci. La Drac a alors souhaité la poursuite du dégagement et la mise au jour complète de ces peintures.

Abside

© J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées

Dans l’abside de l’église sont conservées les représentations de cinq apôtres en pied, placés sous des arcades, reconnaissables, pour la plupart, à leurs attributs et identifiés par leur nom : Pierre, André, Jacques, Barthélemy. Au registre médian, des médaillons renferment les symboles représentant cinq signes du zodiaque : le lion, le scorpion, le cancer, la balance et, sans doute, le capricorne. Au registre inférieur prend place un décor ornemental qui pourrait figurer une draperie. Par leur style et leur iconographie, elles se rapprochent d’œuvres du début du XIIe siècle et sont comparables, en de nombreux points, aux peintures monumentales des églises catalanes réalisées par le « Maître de Tahull ». Les décors peints d’Ourjout ont l’avantage d’être parvenus jusqu’à nous dans un bon état de conservation. Seules les modifications postérieures de l’abside ont partiellement amputé le décor.

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© J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées

Ces peintures sont situées dans la partie la plus ancienne de l’édifice.

La Drac a proposé à la commune d’engager une étude historique et un diagnostic complet de l’édifice. Afin de préserver les décors et de faciliter les travaux de conservation préventive, l’église reste, jusqu’à nouvel ordre, fermée à la visite.

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© J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées

Un édifice dont l’abside est soutenue par quatre contreforts peu saillants et couronnée d’un cordon d’arcatures à bandes lombardes au nombre de quatre entre contreforts, trois arcatures terminées par des modillons ornés de têtes dont deux têtes d’évêques. Une fenêtre, agrandie récemment, s’ouvre dans cette abside et trouble la pureté de ses lignes romanes. Le clocher, placé au-dessus de l’arc triomphal, est à deux rangs d’arcades doubles, couronnées par un pignon. Le cintre des arcades repose sur deux colonnettes unies par un chapiteau barlong.

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© J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées

A l’intérieur l’abside, couverte en cul-de-four très aplati, est fermée à fond plat. La nef romane a été démolie pour ouvrir de part et d’autre au XVI° siècle deux chapelles à fond plat voûtées d’ogives et dessinant, en plan, une croix. Les deux piliers non engagés de la nef sont surmontés de chapiteaux ornés de feuillages à deux rangs de palmes droites sans plis.  Celui du sud porte des boules aux extrémités des palmes. Les piliers présentent quelques détails particuliers : ils sont garnis de trois ou quatre boutons espacés dans la gorge entre les tores des bases, ce qui est très rare, ils ont aussi deux griffes représentant un pied chaussé d’une pantoufle ce qui est aussi peu commun mais s’observe à Saint Lizier et à Mercus. La plinthe a une bande godronnée.

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© J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées

La porte, ouverte dans l’allongement de la nef du XVI° siècle, ne présente aucune ornementation. Sur le mur nord, à gauche de la porte, et proche du mur de la chapelle latérale, deux pierres gravées figurent l’Agneau.

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© J.-F. Peiré, Drac Midi-Pyrénées

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