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Un pas en avant dans le Salon de l’Abondance et un faisceau lumineux parcourt ses décors les plus précieux…

Un pas en avant dans le Salon de l’Abondance et un faisceau lumineux parcourt ses décors les plus précieux…

Le salon de l’abondance révèle ses décors les plus précieux….

Avec ses 57 m2, le salon de l’Abondance est le plus petit des salons des Grands Appartements du Château de Versailles. Situé au premier étage, dans la partie nord-est du corps central, il est précédé du grand salon d’Hercule, jouxte le salon des Jeux de Louis XVI et donne accès au salon de Vénus, au-delà duquel se déploie l’enfilade du Grand Appartement du Roi. Éclairé par une unique croisée ouvrant sur le parterre Nord, le salon est aménagé en 1682 sous la direction du Premier Architecte du Roi Jules Hardouin-Mansart. Il sert de vestibule au cabinet des Médailles ou des Curiosités de Louis XIV qui renfermait les objets les plus précieux des collections royales. Ce cabinet aujourd’hui disparu était situé à l’emplacement de l’actuel salon des Jeux de Louis XVI.

Le salon de l’Abondance doit son appellation à sa proximité avec le cabinet des médailles, lieu de conservation des principaux chefs-d’œuvre des collections royales et à la peinture centrale du plafond. Quelques-uns de ces objets fameux, dont bon nombre ont disparu, sont représentés sur la voûte peinte par Antoine-René Houasse en 1683, d’après les dessins fournis par Charles Le Brun, le Premier peintre. Le plafond illustre la Magnificence et la Magnanimité royale inspirant et récompensant les Arts. C’est la première fois à Versailles qu’un décor plafonnant est peint d’un seul tenant à l’huile directement sur la coque de plâtre. L’effet de trompe-l’œil est impressionnant : on a le sentiment d’admirer un ciel ouvert animé de quelques nuages sur lesquels reposent des allégories.

Lors des soirées d’appartement, divertissement nocturne d’hiver instauré par Louis XIV pour distraire la Cour, le salon de l’Abondance dit « chambre des liqueurs » accueille trois grands buffets : « Celui du milieu au-dessous duquel on voit une grande coquille d’argent est pour les boissons chaudes, comme café, chocolat, etc. Les deux autres sont pour les liqueurs, les sorbets et les eaux de plusieurs sortes de fruits. On donne de très excellents vins à ceux qui en souhaitent et chacun s’empresse à servir ceux qui entrent dans ce lieu, ce qui se fait avec beaucoup d’ordre et de propreté.»

De 1682 à 1710, le petit salon servait également de vestibule à la galerie de la quatrième chapelle du château de Versailles située au niveau de l’actuel salon d’Hercule. Lorsque le lieu de culte est définitivement déplacé, le salon de l’Abondance intègre alors pleinement l’enfilade des Grands Appartements.

Entre 1814 et 1815, le salon est remis en état; tandis qu’en 1834, dans le cadre de la conversion du château en musée, le Salon devint une salle de musée accueillant des toiles de Van der Meulen. Ce n’est qu’en 1955 que la pièce retrouve une partie de sa cohérence «Ancien Régime» par la mise en place d’une tenture murale en velours de Gênes vert.

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Le plafond de René-Antoine Houasse révélé :

Les artistes au XVIIe siècle ont pour habitude de puiser dans l’Iconologie, le dictionnaire allégorique de l’italien Cesare Ripa (1593) pour composer leurs œuvres, ils s’autorisent néanmoins parfois quelques libertés. Cependant, en s’appuyant sur différentes sources (Ripa, Félibien …) on peut dégager les grands thèmes qui animent le plafond de Houasse.

Le groupe central incarne les vertus royales

1 La Magnanimité désigne du doigt la direction de l’ancien cabinet des Médailles. Cette jeune femme incarne la bienveillance du monarque à l’égard des artistes dont les œuvres sont alors conservées dans la pièce voisine. Son sceptre symbolise la puissance bienfaisante, et la corne d’abondance regorgeant d’orfèvrerie et de médailles évoque les richesses utilisées pour de nobles desseins.

2 La Magnificence, porte une pyramide et une palme. À côté d’elle, se déploie un plan d’architecte. Ces attributs symbolisent la gloire du monarque qui construit des ouvrages pour la postérité.

3 La Personnification de l’art porte un plateau contenant des instruments de peintre et de sculpteur.

Les allégories périphériques personnifient la richesse du monarque et de son règne

4 Les richesses des mers sont symbolisées par Neptune, dieu romain des Océans, accompagné de Téthys, déesse grecque de la fécondité marine. Elle tient une branche de corail et une coquille, précieuses matières venues des mers.

5 Les richesses de la terre, opposées en symétrie à celles de Neptune, sont incarnées par Pluton, dieu romain des Enfers et des richesses souterraines. Il évoque l’or, l’argent, les pierres précieuses…

6 Les richesses intellectuelles et militaires sont représentées par Minerve, déesse romaine de la sagesse, de la guerre, des sciences et des arts. Elle tient un livre appuyé sur un globe terrestre. Elle personnifie également l’Europe conquérante.

7 Les richesses naturelles et matérielles, opposées en symétrie à celles de Minerve, sont évoquées par l’allégorie de l’Asie, symbole d’abondance. L’encensoir qu’elle tient en main rappelle tous les produits rares (encens, parfums, épices) que la Compagnie des Indes fondée par Colbert en 1664 importait de ces lointaines contrées.

Les objets précieux signalent la proximité du cabinet des Médailles

Peints en trompe-l’œil, comme la balustrade sur laquelle ils sont exposés, des objets de collection manifestent la richesse du roi et livrent un aperçu réaliste de ce que le cabinet des Médailles, tout proche, renferme. Des jeunes gens semblent occupés à disposer ces objets sur la balustrade à mesure que les putti les leur apportent.

8 La nef d’or de Louis XIV figure sur la corniche, au-dessus de la porte qui donnait accès au cabinet des Médailles. Cet objet de « vingt-six kilos d’or », en forme de navire démâté, était exposé sur la cheminée du précieux cabinet. Il servait lors du souper en Grand Couvert à placer les coussins de senteur et les serviettes. L’objet a été détruit à la Révolution.

9 La coupe de Rodolphe II de Prague, le plus grand vase de jaspe connu (57 cm de longueur), issu des collections du cardinal Mazarin. Pluton désigne de la main cet objet dont le matériau est extrait de son royaume souterrain.

L’imposteur

10 Ce putto n’est pas sorti du pinceau de Houasse. Il a été ajouté 130 années plus tard, en 1814, lors de la restauration menée par le peintre d’histoire Pierre-Claude Delorme.

Salon de l'Abondance

René-Antoine Houasse (1645 – 1710), peintre français, est l’élève de Le Brun, sous la direction duquel il travailla à la Manufacture des Gobelins. Il participa avec lui à la décoration des Grands Appartements du château de Versailles, notamment le salon de Mars, le salon de Vénus et le salon de l’Abondance. Agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 13 mai 1672, il est reçu le 15 avril 1673. Il réalise à partir de 1688, une série de tableaux mythologiques pour Trianon dont Morphée et Isis et l’Histoire de Minerve. Il fut directeur de l’Académie de France à Rome de 1699 à 1704. Il épouse le 5 février 1673 Marie Le Bé, une cousine de Charles Le Brun. Il est le père de Michel-Ange Houasse, peintre de scènes de genre et de paysages à la cour d’Espagne.

La restauration :

Le décor peint

En 2011, une étude préalable a montré la nécessité d’une intervention fondamentale sur le décor peint du salon de l’abondance. Le chantier a débuté en juillet 2012. L’opération, incluant également le traitement des stucs dorés, des marbres et du parquet, s’est achevée en janvier 2014.

La restauration du plafond de Houasse a eu pour objectif de résoudre les désordres de la structure tout en améliorant son aspect visuel. Commencée en juillet 2012, le chantier s’est terminé en avril 2013 pour la partie peinte. La restauration a été confiée à une équipe constituée de spécialistes de la couche picturale et du support. Comme toujours, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, un comité scientifique a validé les protocoles et les degrés d’intervention, après tests préalables et analyses scientifiques si nécessaires.

De petites dimensions (environ 115 m2), le salon de l’Abondance fait exception dans les décors plafonnants du château car il comporte le seul décor entièrement peint sur enduit de plâtre.

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Le support

Le plâtre de la voûte, est posé sur un lattis de bois lui-même cloué sur les poutres de la charpente. L’ensemble montrait des faiblesses : il présentait des déformations, un léger affaissement et de nombreuses fissures apparentes (90 mètres linéaires environ). La zone centrale, celles des trois figures allégoriques, était particulièrement accidentée à la suite d’un dégât des eaux. Le travail mené par les restaurateurs spécialistes du support a donc consisté, d’une part, à procéder au refixage des soulèvements de la couche picturale et d’autre part, à reprendre la consolidation et le traitement des fissures au moyen de bouchages souples n’entravant pas le jeu de la structure.

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La couche picturale

La couche picturale présentait plusieurs types d’altération :

– Encrassage de la surface.

– Oxydation des vernis et chancis qui créaient des zones blanchâtres.

– Importants repeints des restaurations antérieures qui recouvraient en partie la matière picturale, notamment dans les figures centrales et dans le ciel.

– Des lacunes de matière picturale visibles ou mastiquées ainsi que des usures.

Ces altérations sont en partie liées aux anciennes restaurations surtout celles des années 1970 et des années 1942-1950.

Pour l’étape du nettoyage, deux partis ont été adoptés :

– Une intervention sur la base de l’état de 1814 pour l’ensemble du décor.

– Pour le groupe des figures allégoriques, une restauration qui revient à l’état Delorme de 1814 respectueux de l’original. Grâce aux dégagements des repeints de 1950 et à l’enlèvement de la restauration de 1814, le groupe central retrouve ainsi sa matière originale notamment l’éclat du coloris XVIIe siècle.

La réintégration de la couche picturale, dernière étape de la restauration, a visé à redonner une lisibilité à la composition en respectant le passage du temps. Après des essais, les restaurateurs ont remonté les usures par glacis, mastiqué les lacunes et trouvé les bons tons pour redonner vie au décor.

Le plafond retrouve ainsi sa lisibilité et l’harmonie des formes. La restauration permet ainsi de redécouvrir un décor dont les qualités d’inventivité et l’illusionnisme parfaitement maitrisé de la composition, étaient voilés jusqu’à présent par les méfaits du temps.

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Chantier global de 500 000 euros

Mécénat de MARTELL pour la restauration de la peinture de Houasse.

Maitrise d’œuvre :

Conservation du musée, assistée du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) Nicolas Milovanovic ; Béatrice Sarrazin.

Conseil scientifique :

Frédéric Didier, Bénédicte Gady, Claire Gérin-Pierre, Mathieu Lett, Nicolas Milovanovic, Serge Pitiot, Béatrice Sarrazin.

Maîtrise d’ouvrage :

Gérard Recordon, Stéphane Masi château de Versailles, Direction du Patrimoine et des Jardins.

Équipe :

16 restaurateurs (mandataire : Xavier Beugnot. Co-mandataire : Marie-Ange Laudet-Kraft)

Mécénat pour le câblage : Nexans.

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Les décors d’architecture

Conçu à l’origine comme un prélude au Cabinet des Médailles de Louis XIV par Jules Hardouin-Mansart en 1682, le salon de l’Abondance est un bel exemple d’ensemble «louis-quatorzien» illustrant la transition décorative entre un style à l’italienne représenté par Charles Le Brun et un style nouveau développé par le Premier architecte du Roi.

Le parti décoratif s’intègre à l’enfilade du Grand Appartement du Roi par l’emploi de marbres polychromes pour les lambris d’appui et le lambrissage des deux arcades, par la disposition des deux reliefs en plomb dorés et par un superbe entablement en stuc dorés.

Si la pièce conserve une bonne partie de sa cohérence décorative de la fin du XVIIe siècle, elle présentait en revanche des dégradations significatives. Les décors architecturaux étaient en mauvais état et des interventions des XIXe et XXe siècles avaient dénaturé l’entablement en altérant le modelé des métopes (élément sculpté de la frise), en brisant la composition et la hiérarchie décorative dont l’or est le liant. Les stucs des métopes ont été mutilés lors de la Révolution : les attributs royaux ont été buchés ainsi que les attributs des allégories et leurs chevelures.

Afin de retrouver l’unité et l’harmonie de l’ensemble des décors, des travaux de restauration des stucs, plombs et menuiseries dorées, des marbres ont été conduits à la suite du chantier de restauration du décor peint de la voûte. Un éclairage de mise en valeur a également été mis en place.

Une restauration fondamentale des stucs dorés a été mise en œuvre avec une attention particulière sur le traitement d’harmonisation générale entre la dorure originale, les redorures du début de XIXe siècle et les redorures effectuées dans le cadre de l’opération.

D’une manière générale, les redorures du XXe siècle, particulièrement désaccordées, les retouches à la bronzine et les badigeons orangés ont été enlevés et remplacés par une dorure à la mixtion. Les dorures neuves ont été après coup patinées avec des gouaches et du talc pour s’harmoniser avec les dorures anciennes, qui par leurs usures, avaient un aspect plus mat. C’est en suivant ce protocole et après le dégagement de la peinture faux-marbre que les plates-bandes et les fonds des métopes ont été redorés afin de rétablir les dispositions d’Ancien Régime révélés par les sondages. Ces fonds présentent la particularité d’être animés par des dessins incisés dans la matière formant de véritables paysages composés de maisons, d’arbres, de collines et de nuages.

La peinture appliquée au début du XIXe siècle en masquait une grande partie et faisait perdre le lien subtil entre les figures allégoriques et leur environnement. Il a été aujourd’hui rétabli grâce à un dégagement systématique et soigné des éléments gravés en prenant le soin de bien nettoyer les incisions fortement empâtées.

Pour retrouver l’harmonieuse composition du xviie siècle, Les nombreux éléments buchés ont été rétablis : couronnes à pointes, couronnes de laurier et coiffures des figures. Les dégagements ont permis de révéler leurs fantômes. C’est grâce à une corniche identique que Jules Hardouin-Mansart avait réalisé dans son hôtel particulier de la rue des Tournelles à Paris, que ces éléments ont pu être sculptés, moulés et réintégrés dans les métopes du salon. Le dialogue entre les figures du plafond peint et celles de l’entablement est ainsi rétabli.

Un important travail a également été effectué sur les supports proprement dits : les fissures, fentes, zones de clivage, boursoufflures et réparations antérieurs de mauvaise qualité sont reprises, consolidées et rebouchées.

Les plombs dorés des deux dessus-de-porte ont été démontés afin de les remettre en forme, de vérifier et reprendre certaines fixations et ainsi procéder à leur nettoyage et à l’harmonisation de leur dorure. Les éléments manquants (volutes de fumée et fleurs) ont été rétablis afin de garantir l’équilibre de la composition des scènes.

Toujours dans le but de retrouver l’harmonie esthétique de l’Ancien Régime, la face intérieure de la porte-fenêtre a été redorée. La dorure et le rechampissage blanc des trois portes ont été ravivés, nettoyés et ponctuellement repris.

La serrurerie en bronze doré est révisée, nettoyée, complétée et partiellement redorée. Les lambris d’appui, les chambranles des portes et les piedroits des deux arcades, en marbres précieux ont fait l’objet d’une remise en état générale afin de leur redonner de l’éclat, réparer les fissures, reprendre et intégrer les masticages et autres ragréages disgracieux.

Enfin, un nouvel éclairage de mise en valeur des peintures et des décors assuré d’une part par des réglettes lumineuses de type LED et d’autre grâce à des projecteurs directionnels a été implanté sur la corniche.

MAITRISE D’OUVRAGE

Daniel Sancho, Stéphane Masi, château de Versailles, Direction du Patrimoine et des Jardins.

MAITRISE D’ŒUVRE

Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments Historiques, Fabien Passavy, architecte du Patrimoine Étude des stucs et de la dorure de l’entablement : Barbara Donne Donati

Bureau d’études techniques :

– Électricité : Alternet

– Éclairagiste : Cosil

ENTREPRISES

Restauration des stucs dorés, des plombs dorés, et peinture décorative : groupement Ateliers Gohard / Socra / Arcoa Restauration des marbres : DBPM Maçonnerie/ Plâtrerie : Pierre Noel Électricité/ Eclairage de mise en valeur : SDEL-ITT Serrurerie d’art : Remy Garnier SA

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Le remeublement :

Histoire du décor et de l’ameublement du salon du XVIIe siècle à aujourd’hui

Le décor mural

À la fin du XVIIe siècle, la pièce était tendue de riches étoffes l’une pour l’hiver et l’autre pour l’été : l’hiver, un velours vert comportant une tenture, deux portières et seize tabourets ornaient le salon, l’été, deux brocarts étaient alternés. Sur ces textiles se détachaient des chefs-d’œuvre des collections de peintures de Louis XIV, peinture religieuse, les tableaux de Véronèse, Poussin et Guido Reni étant demeurés en place jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

Sous Louis XV la tenture de velours vert d’hiver est toujours utilisée. À la présentation des peintures s’est régulièrement substituée celle de pièces de la tenture de tapisseries des Belles Chasses représentant les Chasses de l’empereur Maximilien, tenture bruxelloise du XVIe siècle.

Si la couleur rouge cramoisi est omniprésente dans les salons voisins du Grand appartement (salons de Mars, Mercure et Apollon), la couleur verte dominait jusqu’au milieu du XVIIIe siècle dans le salon de l’Abondance. La présence de tabourets dans cette pièce, rappelait sa fonction comme vestibule du cabinet des Médailles.

C’est dans cette logique historique de luxueux décor textile que les murs du Salon furent recouverts lors d’un réaménagement précédent en 1955 d’un velours de Gênes bordé d’un riche galon or. Le velours a été tissé par la maison Tassinari à Lyon. Il porte des motifs d’acanthes dans le grand goût français. Sa qualité a conduit à conserver cet état du milieu du XXe siècle lors des récentes opérations. Sur le velours ciselé, à défaut des tableaux religieux sont présentés aujourd’hui des portraits de descendants de Louis XIV. Ce décor mural complète le lambris d’appui en marbres polychromes présent sur les chambranles des portes de l’ébrasement de la fenêtre.

Le Mobilier

la pièce est cantonnée depuis le milieu du XXe siècle par quatre armoires basses richement ornées de bronze doré, leurs vantaux animés de deux personnages en conversation : Aspasie et Socrate. C’est au célèbre ébéniste André-Charles Boulle que l’on doit l’invention du modèle de ce meuble, créé pour servir de médaillier. Les deux meubles disposés de part et d’autre de la porte du fond ont été très probablement réalisés dans l’atelier de Boulle et de ses fils au début du XVIII e siècle. Ceux placés de chaque côté de la fenêtre, les deux autres médailliers ont été exécutés vers 1770 et sont attribués à Philippe-Claude Montigny.

Au centre des grands côtés de la pièce, les deux commodes à l’origine destinées à l’antichambre et à la Chambre de Louis XIV à Trianon, livrées en 1708 par Boulle. Elles comptent parmi les plus fameux meubles royaux conservés à Versailles. Avec leur caisson galbé de deux tiroirs, leurs pieds en consoles elles témoignent d’une remarquable magnificence baroque. Leur présence dans ce salon rappelle ainsi aux visiteurs combien l’ébénisterie du règne de Louis XIV est dominée par le génie d’André-Charles Boulle.

Pour éclairer le salon et constituer un véritable ensemble mobilier, deux paires de guéridons de bois sculpté et doré des XVIIIe et XIXe siècles sur des modèles Louis XIV appartenant aux collections du château de Versailles flanquent les commodes Boulle.

Les antiques

Douze petites sculptures ayant fait partie des collections de Louis XIV sont présentées au-dessus des quatre médailliers. Deux des six marbres sont antiques : ils illustrent le goût de Louis XIV pour les œuvres antiques, non seulement dans les espaces officiels des Grands Appartements et des jardins du château, mais aussi à l’intérieur de l’appartement de collectionneur et du cabinet des Médailles. Parmi les œuvres en marbre de l’époque moderne, la statuette de Porcie est mentionnée dans le cabinet des Médailles en 1720.

Les six petites sculptures en bronze ont été acquises pour la plupart à la fin du XVIIe siècle, certaines d’entre elles léguées à Louis XIV par le peintre Charles Errard en 1689, l’une d’entre elles, le Gladiateur Borghèse, donnée par le jardinier Le Nôtre, ami du roi, en 1693. Ces œuvres témoignent de la passion de Louis XIV pour les bronzes : plus d’une cinquantaine de pièces de ce genre ornaient l’appartement de collectionneur du roi.

Le salon de l’Abondance est ainsi aujourd’hui la seule pièce du château à donner une idée du grand nombre, de la qualité et du mode de présentation des petites sculptures de Louis XIV dans les espaces de ses appartements dévolus aux collections artistiques.

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LES OEUVRES PRÉSENTÉES DANS LE SALON

Tableaux

– La Magnificence royale par Claude III Audran (1658-1734).

– Louis de France, dit le Grand Dauphin (1661-1711) ; fils de Louis XIV devant le siège de Philipsbourg en 1688 par l’atelier de Rigaud.

– Louis de France, duc de Bourgogne (1662-1712) l’aîné des petits-fils de Louis XIV par l’atelier de Rigaud.

– Philippe V, roi d’Espagne (1683-1746) deuxième petit-fils de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud.

– Louis XV, roi de France (1710-1774), arrière-petit-fils de Louis XIV par Jean- Baptiste Van Loo.

Nature morte au chandelier des Travaux d’Hercule et Nature morte aux pièces de l’orfèvrerie de Louis XIV par Meiffren Comte (1630-1705).

Mobilier

– Deux Médailliers en marqueterie de première partie de cuivre sur fond d’écaille et de contrepartie d’écaille sur fond de cuivre probablement de l’atelier de Boulle et de ses fils, premier tiers du XVIIIe siècle, Saisie révolutionnaire.

– Deux médailliers de style Boulle vers 1770 en marqueterie de contrepartie d’écaille sur fond de cuivre, attribué à Philippe-Claude Montigny, maître en 1766, don Roudinesco.

– Deux commodes par André-Charles Boulle (1642-1732), ébène, marqueterie de première partie de cuivre sur fond d’écaille pour la chambre du roi à Trianon. Exécutées en 1708.

– Paire de guéridons « porte-girandole », bois sculpté et doré, XVIIIe siècle.

– Paire de guéridons « porte-girandole », bois sculpté et doré, XIXe siècle, legs de la duchesse de Windsor en souvenir de S.A.R. le duc de Windsor.

– Quatre girandoles «à lacé » en bronze doré et cristal de roche de style Louis XIV.

Petites sculptures en marbre et en bronze de la collection de Louis XIV

– Annius Verus, buste antique, marbre

– Italie, XVIIe siècle, Le Gladiateur Borghèse, statuette, bronze. Don de Le Nôtre à Louis XIV en 1693 ; n° 201 des Bronzes de la Couronne ; œuvre attestée à Versailles en 1707. Paris, Musée du Louvre, département des objets d’art, en dépôt à Versailles.

– Cérès, tête antique, marbre. Œuvre attestée à Versailles en 1707.

– Italie-XVIe siècle, Néron, buste, bronze. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, MR 1691 ; en dépôt à Versailles.

– Italie-XVIe siècle, Poppée Sabine, buste, bronze. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, en dépôt à Versailles.

– Italie-XVIIe siècle, Vénus accroupie, statuette, marbre. Don d’Hippolyte de Béthune à Louis XIV en 1663 ; œuvre attestée à Versailles en 1707.

– Italie-XVIIe siècle, Porcie, statuette, marbre. Don d’Hippolyte de Béthune à Louis XIV en 1663 ; œuvre attestée à Versailles en 1707 ; mentionnée dans le cabinet des Médailles en 1720.

– Italie-XVIIe siècle, Le Tireur d’épine, statuette, marbre. Don d’Hippolyte de Béthune à Louis XIV en 1663 ; œuvre attestée à Versailles en 1707.

– Italie-XVIe siècle, Apollon, statuette, bronze. N° 242 des Bronzes de la Couronne.

– Rome-XVIIe siècle, Vestale, tête, bronze. Legs de Charles Errard à Louis XIV en 1689 ; n° 309 des Bronzes de la Couronne ; œuvre attestée à Versailles en 1707. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, en dépôt à Versailles.

– Florence-XVIIe siècle, d’après Jean de Bologne, L’Astronomie, statuette, bronze. N° 66 des Bronzes de la Couronne.

– Italie-XVIIIe siècle, Caracalla, buste, bronze. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, en dépôt à Versailles.

– Italie-XVIIe siècle, Anacréon, buste, bronze. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, en dépôt à Versailles.

– Rome-XVIIe siècle, Socrate, tête, bronze. Legs de Charles Errard à Louis XIV en 1689 ; n° 195 des Bronzes de la Couronne ; œuvre attestée à Versailles en 1707. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, en dépôt à Versailles.

– Italie-XVIIe siècle, Amour chevauchant un cheval marin, groupe, marbre. Œuvre attestée à Versailles en 1707.

– Rome-XVIIe siècle, Antinoüs, tête, bronze. Legs de Charles Errard à Louis XIV en 1689 ; n° 213 des Bronzes de la Couronne ; œuvre attestée à Versailles en 1707. Paris, Musée du Louvre, département des sculptures, en dépôt à Versailles.

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Infos pratiques :

Moyens d’accès

RER Versailles Château-Rive Gauche (départ Paris RER Ligne C)

SNCF Versailles-Chantiers (départ Paris Montparnasse)

SNCF Versailles-Rive Droite (départ Paris Saint-Lazare)

Autobus 171 Versailles Place d’Armes (départ Pont de Sèvres)

Autoroute A13, sortie « Le Chesnay ». Entrée porte Saint-Antoine ou grille de la Reine.

Horaires d’ouverture

Le Château est ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 9h à 17h30 en basse saison (dernière admission à 17h) et de 9h à 18h30 en haute saison (dernière admission à 18h). Le Parc et les jardins de Versailles sont ouverts, tous les jours, de 8h à 18h en basse saison et de 7h à 20h30 en haute saison.

Tarifs

Billet Château, donnant également accès aux expositions temporaires : 15 €, tarif réduit 13 €, gratuit pour les moins de 26 ans, résidents de l’Union européenne.

Billet Châteaux de Trianon et Domaine de Marie-Antoinette : 10 €, tarif réduit 6 €, gratuit pour les moins de 26 ans, résidents de l’Union européenne.

Passeport donnant accès au Château, aux jardins, aux châteaux de Trianon et domaine de Marie- Antoinette, aux expositions temporaires et aux Grandes Eaux Musicales (d’avril à octobre) : 18€, 25€ les jours de Grandes Eaux Musicales. Passeport 2 jours donnant accès pendant deux jours consécutifs au Château, aux jardins, aux châteaux de Trianon et domaine de Marie-Antoinette, aux expositions temporaires et aux Grandes Eaux Musicales (d’avril à octobre) : 25€ en basse saison, 30€ en haute saison.

Visites commentées

Le château de Versailles propose une large offre de visites commentées, consultable sur le site www.chateauversailles.fr ou programmables sur demande au 01 30 83 78 78. Tarif (comprenant l’accès au Château): 16 €, tarif réduit: 7 €. Gratuit pour les enfants de moins de 10 ans.

Audioguide

Pour la visite du Château et les expositions, l’audioguide est compris dans le prix du billet. Visite du Château : audioguides en 11 langues, ainsi qu’une version en Langue des Signes Française. Visite des expositions: 2 versions disponibles (français et anglais). Les audioguides sont disponibles pour les enfants à partir de 8 ans.

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