Aménagement Habitat durable

Isolation thermique ne rime pas toujours avec isolation acoustique

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La nouvelle réglementation thermique apportée par la RT 2012

Alors que depuis juillet 2010, la nouvelle réglementation thermique RT 2012 a succédé à celle de 2010, elle-même mutation de la RT 2005. Une réglementation thermique qui a été initié en 1975 et qui a évolué  en fonction des exigences urbaines mais qui a permis de réduire considérablement la consommation énergétique des habitations neuves, la RT 2012 renforce cet aménagement « performantiel » dont la consommation moyenne d’énergie primaire des constructions neuves devra passer de 150 kWhEP/m2/an à 50 kWhEP/m2/an.

Il aura fallu deux ans de travaux et de concertation pour élaborer cette nouvelle réglementation, selon la méthode du Grenelle avec une application par paliers au secteur tertiaire, aux bâtiments publics dès le 1er juillet 2011 et au 1er janvier 2013 pour le secteur résidentiel. Les objectifs de la nouvelle réglementation imposent une priorité absolue pour un bouquet énergétique équilibré, celle de la conception du bâti. Cette priorité absolue qui doit permettre diviser par 2 à 4 la consommation globale d’énergie entraine de ce fait une généralisation des techniques les plus performantes.

L’isolation thermique par l’extérieur

L’isolation thermique par l’extérieur permet de répondre aux exigences de performances minimales de la RT 2012. Même si la RT ne fixe pas d’exigences particulières en termes d’épaisseur d’isolant seul la limitation de la consommation d’énergie primaire est exigée donc à 50 kWhEP/m2/an. Reprenant la norme du label BBC (Bâtiment Basse Consommation). Nul doute que l’isolation thermique par l’extérieur est incontournable et garante de confort énergétique. Toutefois, le renforcement thermique ne rime pas toujours avec renforcement acoustique, une analyse qui comme décrit auparavant doit faire appel à une priorité absolue, celle de la conception, aussi bien dans le neuf que dans l’ancien.

La croissance de l’isolation thermique par l’extérieur, notamment dans l’ancien et le facteur prononcé dans le marché du neuf appelle quelques énigmes techniques à résoudre bien avant sa réalisation évitant ainsi certaines désillusions… Pas de mystères sur le plan thermique, qui répondent correctement aux attentes suscitées, mais d’autres surgissent comme le confort acoustique qui est abaissé considérablement par l’ajout d’un procédé ITE (Isolation Thermique par l’extérieur), résonnance entre les étages et les appartements…

De bonnes résolutions thermiques ne riment pas toujours avec résolution acoustique et dans certains cas il aggrave même la nuisance sonore. Une nuisance sonore non pas du aux bruits d’impacts mais aux bruits aériens qui se diffusent en ondes entre les parois et les planchers. L’ITE peut augmenter ainsi  la propagation du bruit entre différentes pièces d’une même façade, superposées ou mitoyennes, la diffusion du bruit se propage par les parois et les planchers. La non-présence de doublage acoustique intérieur aggrave la diffusion latérale, et entraine donc une non-conformité réglementaire.

L’isolation thermique dans les travaux de rénovation

Dans le cas de la rénovation, lors de travaux d’ITE, les issues acoustiques, si nécessité il y a, passent inévitablement par l’intérieur. La mise en œuvre d’un faux-plafond pour l’isolement à la verticale peut s’avérer une solution. Pour l’isolement des parois, la mise en œuvre d’un isolant souple thermo-acoustique reste vraisemblablement l’une des meilleures solutions. L’existences de systèmes minces spécifiques, plaque de plâtre + isolant, en plafond ou en parois pour ce type de problématique acoustique permet de répondre aux contrainte acoustique réglementaire..

Si dans le marché du neuf, l’aspect acoustique peut être résolu grâce à une conception au préalable, celui de l’ancien tiendra compte des spécificités et des contraintes du type de construction. Autant dans le neuf, le confort acoustique dépendra du type de construction, exemple pour les immeubles de logements collectifs construit généralement en structure béton font appel à la dalle flottante sur sous-couche acoustique (dalle BA18), voile béton en façade (BA15), isolation extérieure (PSE) et refend (BA18) permettant de meilleures performances qu’une solution dalle poutrelles plus hourdis (8+13+5) avec façade en blocs creux (épaisseur 20 cm), isolation extérieure (PSE) et refend en blocs à bancher (de 20 cm).

L’usage d’une dalle flottante sollicite de multiples atouts aussi que sur l’aspect thermique qu’acoustique. L’inertie thermique sur la partie supérieure de la dalle qui limite les échanges et les ponts thermiques d’un niveau à un autre. La possibilité de mise en œuvre d’un chauffage par le sol. L’aspect acoustique répond aux exigences réglementaires à l’isolement aux bruits aériens tant à l’horizontale qu’à la verticale, ainsi qu’aux exigences des bruits d’impacts.

Dans le cas de planchers poutrelles et hourdis, les contraintes réglementaires notamment de l’isolement aux bruits aériens ne sont pas respectées verticalement, même si elles le sont à l’horizontale. Induisant non seulement une conception de l’agencement des pièces pour une superposition efficace et l’ajout de faux-plafond à équilibrer nécessaire à la réduction des nuisances.

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