L’action des plantes d’intérieur pour notre santé et bien-être

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L’Unep (lUnion nationale des entreprises du paysage) a initié une étude bibliographique concernant les différentes études sur le bénéfice des plantes d’intérieur pour notre santé. Elle met en évidence les multiples bienfaits des végétaux et a été confiée à Sandrine Manusset, Sociologue de l’Environnement et du Développement Durable. De plus des travaux de Wolverton pour la NASA aux Etats-Unis et le programme Phytair en France ont mis en lumière les qualités épuratives des plantes d’intérieur en conditions expérimentales, il apparaît que ces dernières ont également des impacts psychologiques et sociaux. Cette vision globale des bienfaits des plantes sur la santé physique et mentale pourrait donner lieu à des principes d’aménagement des espaces professionnels, tout particulièrement des bureaux ou lieux d’accueil.

Je vous propose ainsi un article détaillé sur les bienfaits des plantes d’intérieur pour notre santé et notre bien-être.

Le fonctionnement de l’épuration de l’air par les plantes

épuration air plante interieur

L’action épurative des plantes est essentiellement basée sur le principe de phytoremédiation, qui implique des processus comme la phytoextraction (où les polluants sont dégradés) et la phytoaccumulation (où ils sont stockés par la plante).

La capture des polluants par les plantes met en jeu deux mécanismes : les échanges gazeux via les stomates des feuilles au niveau de l’appareil aérien, ou le transit via le substrat au niveau du système racinaire. Or le rôle des micro-organismes se révèle essentiel dans le processus d’épuration et l’efficacité du complexe racine-substrat apparaît bien supérieure à celle du système foliaire.

Les facteurs limitant la bioépuration sont les paramètres physico-chimiques (t°C, humidité, luminosité…) et le phénomène de saturation, équilibre entre les concentrations dans l’air et dans le végétal. La capacité d’absorption d’une plante dépend ainsi de sa nature, de sa morphologie et de la surface de ses feuilles, ainsi que des paramètres physiques (vent, température…). Dans la perspective d’une action épurative, ceci implique le renouvellement régulier des plantes. Le ficus est la plante par excellence pour répondre à ces objectifs.

Pour tirer bénéfice des capacités épuratives des plantes, Wolverton donne, dans les conditions expérimentales qu’il a mises en œuvre, la valeur seuil d’1 plante pour 9 m2, qui correspondent à la surface moyenne d’une pièce d’habitation, chambre, bureau… Cette valeur doit être considérée comme une indication dans la mesure où les concentrations de polluants sont 10 fois supérieures en conditions expérimentales. Mais quelle taille de plante choisir ? quelle maturité de la plante ? de quelle famille ?… Réponses suite au futur programme Phytair III.

Wolverton établit une relation entre les espèces végétales et leur efficacité plus ou moins marquée pour 8 polluants. Deux plantes Dracaena marginata et Chlorophytum elatum apparaissent comme les plus efficaces parmi les six (cf. tableau). Afin que l’absorption soit aussi efficace en condition réelle où les polluants sont mélangés, il est donc pertinent d’associer plusieurs plantes.

Ces conclusions rejoignent celles du chercheur américain Nowak qui a démontré, dans le cadre de ses études sur l’absorption du CO2 rejeté par le trafic routier par les feuilles des arbres, que la capacité de rétention des particules volatiles (poussières) n’est que momentanée : elles sont remises en suspension par la pluie. Dans le cas des plantes d’intérieur, il est nécessaire de dépoussiérer régulièrement les feuilles afin de permettre les échanges gazeux entre air et stomates.

Quelles plantes d’intérieur choisir pour assainir l’air

Voici les 6 plantes « assainissantes » les plus remarquables :

Espèce de plante Composés absorbés
2 plantes remarquables à « large » spectre d’action Dragonnier

Dracaena marginata

Monoxyde de carbone – Toluène – Trichloréthylène – Xylène – Benzène – Formaldéhyde – CO2
Plante araignée

Chlorophytum elatum

Benzène – Monoxyde de carbone – Toluène – Formaldéhyde – Xylène – CO2
4 plantes de la mi- ombre, remarquables pour leur capacité d’absorption de composés spécifiques Fleur de Lune

Spathiphyllum

Trichloréthylène – Ammoniac – Benzène – Formaldéhyde – Xylène – CO2
Lierre du Diable

Scindapsus aureus – Pothos

Benzène – Toluène – Monoxyde de carbone – Formaldéhyde – CO2
Gerbera Benzène – Formaldéhyde – Trichloréthylène – Toluène – CO2
Marguerite

Chrysanthème marguerite

Benzène – Formaldéhyde – Ammoniac – CO2

Les plantes d’intérieur : un élément clef pour notre bien-être

Les plantes d’intérieur suscitent de l’intérêt dans la recherche d’une amélioration de la qualité de l’air des bâtiments qui prend aujourd’hui une nouvelle importance face à l’enjeu énergétique. Car, si un bâtiment étanche est un atout en termes de consommation énergétique, il crée parallèlement un enjeu lié au renouvellement de l’air ambiant. Une défaillance sur ce plan engendre des symptômes identifiés sous l’expression de « mal des bâtiments ».

Or le développement du mode de vie urbain amène l’homme à passer jusqu’à 70 % de son temps dans ces espaces clos où les sources de polluants sont nombreuses : appareils de chauffage, de cuisson, tabagisme, produits d’entretien, matériaux de construction, de décoration, d’ameublement… Depuis 2010, l’Observatoire de la qualité de l’air préconise l’utilisation des plantes pour améliorer la qualité de l’air intérieur dans le cadre domestique, après :

  • la limitation des sources de polluants,
  • l’aération et la ventilation régulière des pièces.

En Norvège, le professeur Tøve Fjeld a établi, dans le cadre d’études sur le confort de travailleurs en bureaux, que les plaintes portant sur les troubles mineurs (mal de tête, dessèchement de la peau, picotement des yeux…) diminuent de 23 % en moyenne lorsque des plantes sont installées.

De même, dans le service de rayons X de l’hôpital radiologique d’Oslo, non seulement les plaintes sur les troubles mineurs ont diminué de 25 % en moyenne, mais la fatigue de mi-journée a également cessé. L’absence au travail est passée de 16 à 6 %. Enfin, l’introduction de plantes a significativement contribué à réduire l’odeur des produits chimiques utilisés dans le service. Le service de radiologie est devenu un lieu de travail plus sain.

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Les actions des plantes d’intérieur sur les symptômes du « mal des bureaux »

Les travaux de Virginia Lorh, menés dans un laboratoire informatique et un bureau à Washington, ont mesuré l’humidité relative et les particules présentes dans l’air. En présence de plantes, l’humidité relative augmente de manière significative passant de 25 à 30 %, atteignant ainsi la valeur minimale recommandée pour la santé humaine et le confort. D’autre part, la poussière – en partie responsable des toux d’irritation citées dans le « mal des bureaux », est réduite de près de 20 % avec les plantes.

Voici les taux de réduction :

Fatigue – 20 %
Maux de tête – 30 %
Maux de gorge et gorge sèche – 30 %
Toux – 40 %
Dessèchement et tiraillement de la peau du visage – 25 %

L’impact des plantes sur les hommes : les études et constats

L’appétence de l’homme pour le végétal remonte aux origines de l’humanité. Les auteurs Orians, Wilson, Kaplan et Ulrich associent l’impact positif du contact visuel avec des éléments naturels à un processus psychologique de « récupération au stress », hérité de notre ancêtre Homo sapiens sapiens. D’après la théorie évolutionniste, près de deux millions d’années de développement dans le milieu naturel ont laissé des empreintes biologiques et génétiques. Wilson parle de « biophila », tandis que, pour Wohlwill, le contact positif du végétal est le résultat d’un conditionnement culturel.

Dès les années 70, Conklin met en évidence la relation symbiotique entre les hommes et les plantes dans une expérience réalisée en hôpital psychiatrique. Les patients profitant de plants fleuris pendant leurs repas mangeaient plus (+ 11 %), passaient plus de temps à table (+ 21 %) et parlaient plus avec leurs voisins (+ 33 %). Autant d’indicateurs de diminution du stress !

Le professeur Lohr a démontré l’impact positif des plantes sur la concentration, la rapidité d’exécution et le niveau de stress lors de tests sur ordinateur. En présence de plantes, la vitesse de leur pouls, leur pression artérielle et la conductibilité de leur peau retournaient à la normale plus rapidement. Ils corrigeaient plus vite leur travail, avec leur productivité augmentait de 12 %.

En Bavière, Engelbert Kötter établit que les plantes placées dans des bureaux amélioraient la perception des employés quant à leur bien-être, augmentant ainsi le facteur de confort. Parmi ces perceptions : l’atmosphère plus agréable grâce à l’augmentation de l’humidité, un environnement plus frais, des personnes qui se sentent moins stressées et le travail perçu comme plus humain. Ces amélioration ont un impact en chaine car employés heureux = meilleurs résultats = patrons heureux.

Enfin, des individus plus détendus et moins stressés sont moins sujets à des prises de position conflictuelles. Par rétroaction, dans une ambiance de travail où les conflits sont moins fréquents, les individus sont moins soumis au stress.

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L’impact des plantes sur notre bien-être

D’origine biologique ou culturelle, les plantes constituent une transposition des relations humaines et des dynamiques sociales. Mettre une plante dans une pièce permet d’humaniser cette pièce. Rubin démontre l’impact positif de tableaux représentant des paysages naturels lors d’examens médicaux, tandis que Kuo et Taylor prescrivent d’installer le bureau d’un enfant hyperactif près d’une fenêtre avec vue sur jardin.

Cette présence peut prendre la forme de végétaux, de représentations iconographiques ou de murs peints en vert. L’association de plusieurs moyens est intéressante pour bénéficier des effets écologiques et psychosociaux. Le choix des espèces (feuilles rondes/pointues, avec/sans fleurs…) pourra être corrélé au principe de management.

En mars 2018, 60 % des entreprises françaises étaient aménagées en open space. Ces bureaux ouverts, sans cloison, ont un certain nombre d’inconvénients comme le bruit, le manque d’intimité… une organisation souvent source de stress et de baisse de productivité pour les travailleurs.

L’organisation des bureaux se révèle à la fois un outil de management et de communication. Un cadre de travail de qualité assure le bien-être et la productivité des travailleurs, mais les choix d’aménagement reflètent également l’image de marque de l’entreprise. Organisation de l’espace, efficacité au travail et créativité des salariés sont intimement liés et reposent sur trois axes :

  • l’appropriation des espaces,
  • le déploiement des échanges entre les personnes,
  • l’intégration de la technologie,

Quelques règles d’aménagement pour vos plantes d’intérieur

Pour répondre aux besoins psychosociologiques des travailleurs et leur permettre d’optimiser leurs performances, Sandrine Manusset définit des règles pour créer un cadre de travail de qualité :

  • 1 plante pour 10 m2 et par personne : correspondant à l’échelle d’action épurative des plantes (selon Wolverton) et à la surface de bureau minimale par personne (selon Actinéo)
  • Si 1 plante représente 1 personne, plusieurs plantes représentent un groupe : cette symbolique permet d’amener des notions de travail en équipe, de convivialité, d’échanges…

Les bienfaits potentiels des plantes d’intérieur dans les bureaux

Les impacts écologiques :

  • Absorption des composés chimiques émis par les mobiliers et les matériaux de construction (bureaux en MDF, moquettes, peintures glycéro)
  • Augmentation de l’humidité relative
  • Régulation de la température ambiante
  • Diminution des particules volatiles
  • Diminution des symptômes du « mal des bureaux »
  • Augmentation de la luminosité ambiante
  • Réduction du niveau sonore moyen

Les impacts psychologiques :

  • Diminution du stress
  • Vecteur d’appropriation du lieu de travail et de personnalisation du bureau
  • Augmentation de la perception de bien-être et de la productivité par diminution de l’état de stress et amélioration de la capacité et de la rapidité de réponse

Les impacts sociaux internes :

  •  Socialisation des espaces de travail
  • Création de lieux favorables aux échanges (le végétal étant un vecteur fort de dynamique sociale qui régule les tensions sociales)
  • Amélioration des conditions de travail
  • Augmentation de la créativité et de la capacité d’innovation des travailleurs
  • Organisation des fonctions de l’espace (accueil, bureaux, réunion…)
  • Outil de management

Les impacts sociaux externes :

  • Outil de communication sur des valeurs de modernité, de responsabilité et d’innovation, renforcé par le choix des espèces et l’agencement (pots, alignement, mur végétalisé)
  • Participation à la stratégie de développement durable de l’entreprise
  • Augmentation de l’attractivité des entreprises pour les salariés
  • Réponse aux attentes de nature des personnes (enjeu sociétal)

Pour résumé voici une vidéo sur le sujet

 

Informations
L’action des plantes d’intérieur pour notre santé et bien-être
Nom de l'article
L’action des plantes d’intérieur pour notre santé et bien-être
Description
Cet article détail les bienfaits des plantes d'intérieur sur notre santé et notre bien-être à la maison mais aussi dans nos bureaux.
Auteur
Publisher Name
Jeremy

2 Commentaires

  1. […] Mais ce n’est pas tout ! Le manque de lumière naturelle dans la maison a des répercussions sur la santé et sur le bien être des habitants ! En effet, la lumière naturelle permet de réduire la fatigue, d’augmenter la motivation et de changer l’humeur. Cette lumière gratuite contribue positivement à la santé physique et psychique comme peuvent le faire les plantes d’intérieur. […]

  2. Cet article permet de montrer à quel point il est important d’amener de la végétation au sein de nos différents espaces de vie. Merci 🙂

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