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“C’est un métier que de faire … une pendule.” au Château de Fontainebleau

“C’est un métier que de faire … une pendule.” au Château de Fontainebleau

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Naissance et mort de Philippe le Bel, révocation de l’Édit de Nantes, mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska, baptêmes princiers, dont ceux des futurs Louis XIII et Napoléon III, abdications de Napoléon… De tant d’événements de l’histoire de France, tour à tour heureux ou tragiques, le château de Fontainebleau a été le théâtre. Si, au l de huit siècles de présence souveraine quasi ininterrompue, mémorialistes et chroniqueurs nous en ont livré le témoignage, leur récit demeure attaché à la saisonnalité des séjours de la cour, le plus souvent liés à la chasse.

Parce que la mesure du temps est indispensable à la vie en communauté, que celle- ci soit civile ou religieuse, Charles V fait installer des horloges dans chacune de ses résidences. Il est donc plus que probable que Fontainebleau en soit doté dès cette époque. Sous le règne de François Ier, le château en compte plusieurs, en particulier celles placées dans les clochers des deux chapelles. L’horloge à automates de la chapelle Saint-Saturnin était assez spectaculaire, avec ses figures des dieux de la mythologie représentant les jours de la semaine. Quant aux pendules – horloges mobiles – qui figurent parmi les plus belles des 40 000 œuvres de l’exceptionnelle collection du château de Fontainebleau, leur présence dans les pièces principales des appartements ne se développe que tardivement, au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

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À la fois instruments de précision et objets d’art, les premières pendules mises en place à Fontainebleau ne restent pas toutes à demeure : les services du Garde-Meuble apportent de Paris celles destinées aux appartements royaux, lorsqu’ils ne les louent pas à des horlogers ou à des marchands pour la durée du séjour. Ainsi, jusqu’au dernier séjour de Louis XVI à Fontainebleau, en 1786, on procède à de délicats déménagements, pour une partie au moins des pendules qui sont alors prélevées dans les cabinets de Versailles. Las, la Révolution vide le château de ses collections mises à l’encan ou renvoyées au Garde-Meuble.

Dès 1804, le château est remeublé sur ordre de Napoléon. À partir de cette année- là, des pendules anciennes sont acquises chez des marchands-horlogers. D’autres proviennent de saisies d’Émigrés ou encore de prises effectuées au domicile d’opposants à l’Empereur, tels que le général Moreau. Objets mobiles et de grand prix, nombre de pendules anciennes prennent le chemin de Fontainebleau tout au long du XIXe siècle. Il n’est pas rare que, sous les règnes de Louis-Philippe et de Napoléon III, des modèles datant du début du XVIIIe siècle (pendules “à la religieuse”, pendules en marqueterie Boulle et autres cartels violonnés d’époque Louis XV) figurent dans les inventaires. Ces envois ne sauraient toutefois occulter la qualité des commandes de pendules contemporaines, acquises à la demande de Napoléon Ier auprès des célèbres horlogers Lepaute, “Horlogers de l’Empereur”.

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Une exceptionnelle collection d’objets d’art des mouvements emblématiques de l’art de l’horlogerie aux xviiie et xixe siècles

Depuis avril 2008, les mouvements de 31 pendules présentées dans les principaux circuits de visite du château de Fontainebleau font l’objet d’une importante campagne de restauration permise grâce au mécénat de Rolex qui a souhaité le renouveler en 2015. Confiée à un horloger agréé des Monuments historiques, la restauration progressive de chacun des mécanismes de ces objets de précision permettra de rythmer la vie dans ces lieux chargés d’histoire et ouverts au public 310 jours par an. Emblématiques de l’art horloger des XVIIIe et XIXe siècles, ces pendules constituent à la fois des objets d’art et des instruments scientifiques. Disposées sur les cheminées des pièces principales des appartements, les 31 pendules concernées par le mécénat de Rolex sont réparties dans le musée Napoléon Ier, l’appartement du Pape, l’appartement des Chasses, les Petits Appartements des Souverains, le Théâtre impérial et le Cabinet de travail de Napoléon III. À l’éclectisme des formes des caisses des pendules (à sujet, en portique, en borne, en temple…) répond celui des matériaux (bronze patiné ou doré, cuivre, laiton, écaille, porcelaine, biscuit, marbre…) et celui des décors (rinceaux, palmettes, amours et chérubins, allégories, héros et autres références mythologiques…).

Toutes ont en commun la qualité de leur exécution et la précision de leur mouvement. Ces derniers n’avaient cependant, pour la plupart, pas fait l’objet de restauration ni même été révisés depuis l’après-guerre.

Usage et conditions de conservation

Éléments constitutifs de l’ameublement des appartements, les pendules y sont présentées en permanence. Néanmoins, les conditions – idéales – de conservation de ces objets d’usage sont rarement réunies dans les lieux mêmes où il sont exposés. L’extraordinaire richesse et le caractère particulièrement complet des ameublements des appartements du château de Fontainebleau font voisiner dans une même pièce un très grand nombre d’œuvres d’art de natures et de matériaux différents (bois, textiles, métaux, peintures, laques et vernis) ; lesquels requièrent des conditions de conservation souvent antagonistes. Ainsi, l’humidité relative – élevée – à Fontainebleau est certes bénéfique à une grande partie des œuvres (mobilier, boiseries) et dans une certaine mesure à certaines caisses de pendules, mais elle est difficilement compatible avec la conservation et le maintien en état de marche de leurs mouvements. Ajoutons en n que les mesures de conservation préventive portent en premier lieu sur ce qui est apparent ou visible (la caisse, le cadran, les aiguilles). Au cours du XIXe siècle, pour juguler les problèmes d’empoussièrement et les protéger, certaines de ces pendules ont été placées sous des cloches et des globes de verre. La fragilité de ceux-ci, l’usage et l’évolution du goût ont entraîné progressivement leur disparition.

La restauration

L’intervention de la Maison Arvaud a donc principalement porté sur le nettoyage des pièces soumises à l’oxydation (rouille, grippages) et au manque d’entretien régulier de ces mécaniques. Alors que chacun des 31 objets d’art est dans un état de conservation satisfaisant à très satisfaisant, le diagnostic de l’horloger est en effet beaucoup plus mesuré s’agissant du mouvement. Il peut arriver parfois que des pièces manquent. Elles sont alors refaites à l’identique dans des métaux analogues (acier, fer, cuivre, plomb, laiton). La difficulté principale consiste à faire fonctionner à nouveau des mouvements endommagés depuis longtemps,dont les matériaux ne sont pas au même stade de vieillissement. Respectueuse de l’intégrité de chaque mouvement, cette restauration est conduite de manière à en conserver la plupart des pièces. Une gageure quand on sait que presque toutes les pendules de Fontainebleau possèdent leur mouvement d’origine !

L’entretien et la maintenance

Le fonctionnement des pendules du château constitue une animation appréciée du circuit de visite. Cet usage quotidien implique un travail d’entretien et de maintenance sur ces objets au mécanisme fragile, subissant au quotidien les aléas climatiques des salons du château de Fontainebleau. Afin d’assurer la bonne marche des 35 pendules encore en mouvement au château et de poursuivre ses efforts de valorisation, Rolex a proposé d’apporter son aide pour assurer l’entretien et la maintenance de la collection de pendules pour une durée de trois ans. À raison de deux passages par mois, la Maison Arvaud veille au bon fonctionnement des mécaniques et effectue les réparations régulières.

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Mouvement de la pendule à l’Amour sur un char, par Bailly

31 mouvements de pendules

Au sein des différents circuits de visite du château de fontainebleau, en égrenant à nouveau les heures, les pendules constituent autant de signes de vie, au cœur même d’appartements inhabités depuis 1870 et la chute de la dernière monarchie française.

S’il porte sur 31 pendules, le mécénat de rolex permet de ranimer autant de pièces principalement réparties dans le musée chinois de l’impératrice, le musée napoléon Ier, l’appartement du pape, l’appartement des chasses et les petits appartements des souverains et dans les espaces récemment restaurés que sont le théâtre impérial et le cabinet de travail de napoléon III.

La pendule du salon du musée chinois de l’impératrice

Au rez-de-chaussée du Gros Pavillon (1750), l’architecte Alexis Pacard aménage – entre 1861 et 1863 – les salons et le musée Chinois de l’Impératrice Eugénie. Confortables et agréables à vivre, ces quatre pièces destinées à l’usage privé de la souveraine ouvrent de plain pied au midi, et donnent sur le jardin Anglais et l’étang aux Carpes. Alors que le musée Chinois présente les exceptionnelles collections d’objets extrême-orientaux de l’Impératrice, provenant de Chine, du Japon, du Cambodge, de Corée et du Siam, le salon du Lac est meublé à la mode anglaise qui prévaut alors (moquette fleurie, sièges et canapés capitonnés de cuir et de gourgouran, tables à jeux, piano mécanique…). Datant de la n du XVIIIe siècle, la pendule surmonte une boîte à musique.

Grande pendule en bronze ciselé et doré

Reposant sur un socle en bois noirci orné d’une frise à jour, cette pendule surmonte une boîte à musique (mouvement à orgue daté de 1803, jouant 8 airs différents). Le corps de la pendule ouvre à deux portes cintrées en haut et est orné de quatre statuettes représentant les quatre partie du monde (Asie, Europe, Amérique, Afrique). Autour du cadran : une couronne de branches de laurier que surmonte un cartouche enflammé et les rayons du soleil.

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Pendule du salon du Musée Chinois de l’impératrice Eugénie. Époque : fin XVIIIe et XIXe siècle Mouvement : numéroté 4514, daté 1790

Les 5 pendules du musée napoléon ier

Inauguré en 1986, à l’emplacement d’anciens appartements de Princes situés dans l’aile Louis XV, construite par Ange-Jacques Gabriel en 1739-1740 et 1773-1774, le musée Napoléon Ier présente la plus exceptionnelle réunion au monde de meubles, d’objets d’arts et d’orfèvrerie, d’armes, de peintures, de sculptures, d’habits et de souvenirs historiques ayant appartenu en propre à l’Empereur et à sa famille. Au sein de cet espace muséographié, les pendules – toutes d’époque n XVIIIe ou Premier Empire – constituent, avec le mobilier livré pour Napoléon et les siens, une évocation de l’aménagement palatial dans les différentes résidences impériales.

Pendule “du Roi de Rome”

Sur une terrasse en bronze ciselé et doré repose cette pendule borne ornée de cornes d’abondance rapportées sur un fond bruni. Elle est couronnée d’un motif en frise affectant la forme d’une anse de panier et surmontée de deux angelots sur une nuée tenant une sphère émaillée. Cette pendule provient de l’appartement du Roi de Rome au Palais des Tuileries.

Pendule “au buste d’Homère”

Sur un socle de marbre vert de mer porté par des pieds griffes et orné d’un bas relief en bronze doré représentant Virgile lisant l’Énéide devant la famille d’Auguste, cerné des profils d’Auguste et de Livie, protecteurs du poète, d’instruments aratoires et d’attributs champêtres, repose le piédestal de cette pendule surmontée d’un buste d’Homère. À gauche de la pendule, la muse de la poésie et ses attributs (lyre et trompette), à droite, Virgile et son cygne.

Pendule “à la muse”

Le socle en marbre vert de mer de cette pendule est porté par des pieds griffes et surmonté d’une terrasse en bronze doré. Elle est ornée d’une grande gure de femme tenant un livre dans la main droite. Sur le corps de la pendule, une gure d’amour lisant sur les genoux d’une femme assise, sur les côtés des attributs de l’amour (carquois, torches, foyers allumés, palmes, couronnes…).

Pendule “avec Uranie”

Reposant sur deux terrasses superposées en marbre griotte d’Italie, la seconde ornée d’un bas relief de bronze doré représentant une leçon d’anatomie donnée par Uranie, cette pendule est ornée d’une gure représentant la déesse regardant les astres et mesurant avec un compas appuyé sur un globe céleste supporté par quatre grands sphinx reposant sur un piédestal de forme égyptienne. Cette pendule avait été acquise primitivement pour l’ameublement du palais du Quirinal à Rome.

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Pendule avec Uranie. Époque : Premier Empire Bronzier : Denière Cadran : Bailly Mouvement : “de première qualité à demi seconde, échappement à chevilles, suspension à couteau sonnant l’heure et l’heure et demie, marchant 15 jours”.

Pendule “à l’Amour sur un char”

Sur une terrasse en marbre vert de mer reposant sur des pattes de lion et ornée des attributs de l’amour (trophées, arcs, torches et carquois) en bronze ciselé et doré, repose une sculpture en bronze doré affectant la forme d’un char attelé à deux chevaux au galop conduit par un amour. Le cadran décoré d’émaux de couleur est inscrit dans la roue et le mouvement est apparent. Cette pendule a été livrée à Fontainebleau par Bailly en 1806.

Les 9 pendules de l’appartement du pape

Réouvert au public en 2007 après plus de vingt années de restauration, l’appartement du Pape est le plus bel appartement d’invité du château. Son enfilade d’antichambres, salons, chambres et cabinets procède de la réunion, en 1804, de deux appartements pour l’usage du pape Pie VII. Fréquemment attribué à des couples au cours du XIXe siècle, son ameublement actuel date des années 1860. Il constitue un remarquable témoignage du grand goût éclectique de Napoléon III et d’Eugénie. À l’instar d’un grand nombre des décors peints et sculptés, des tapisseries, des meubles et des objets d’art qui l’ornent, les pendules constituent de très beaux exemples du savoir-faire des horlogers, du règne de Louis XIV à celui de Napoléon III.

Cartel Louis xv

Petit cartel de style Louis XV de forme violonée en “marqueterie Boulle” d’écaille et de laiton. Il est orné de jolis bronzes ciselés et dorés représentant une figure féminine tenant un ruban, des chimères et un aigle aux ailes largement déployées. Il est surmonté d’un amour sur une nuée.

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Cartel Louis XV. Époque : Première moitié du XVIIIe siècle Mouvement : Leroi à Paris

Pendule “aux Grâces couronnant l’Amour”

L’important socle en bois noirci sur lequel repose la pendule contient une boîte à musique et date du XIXe siècle. Fabriquée par Davrainville, celle-ci joue plusieurs airs. Les bronzes, attribués à Thomire, sont ornés de médaillons et de plaques en biscuit de Wedgwood en bas relief qu’encadrent deux cariatides ailées. Le médaillon central représente des jeunes femmes jouant de la flûte. Le piétement de la pendule est cerné d’une balustrade et surmonté d’une terrasse sur laquelle un bas relief central figure des amours tenant des guirlandes de fleurs. La pendule est constituée d’une urne en bronze patiné de part et d’autre de laquelle deux figures en bronze ciselé et doré représentent des femmes vêtues d’une tunique à l’antique, cueillant des fleurs pour la première, tressant une couronne que vient saisir l’amour pour la seconde. Le tout est surmonté d’un bouquet de fleurs duquel s’échappent feuilles de lauriers et guirlandes de roses. Le cadran (squelette) indique les heures, les jours et les phases de la lune.

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Pendule aux Grâces couronnant l’Amour. Époque : Louis XVI Mouvement : Belle à Paris

Pendule “aux Amours jouant avec des guirlandes”

Reposant sur une forte terrasse néoclassique en bronze ciselé et doré, orné d’une plaque centrale en biscuit à la manière de Wedgwood par Jean-Baptiste Gille, dit Gille jeune, cette pendule constituée d’amours jouant avec des guirlandes sur les nuées s’inspire du couronnement d’une importante horloge sur gaine attribuée à Riesener conservée au musée du Louvre (inv. OA 5501).

Emblématique du goût de l’Impératrice, elle est livrée pour le salon d’Angle de l’appartement du Pape en 1861, lors de son réaménagement actuel.

Pendule “aux Amours”

Sur une terrasse en bronze ciselé et doré ornée de rinceaux fleuris repose cette pendule dont le cadran est cerné par trois amours également en bronze ciselé et doré, jouant avec des guirlandes fleuries dans un amoncellement de branchages, de fleurs et de guirlandes.

Pendule “à la figure de l’Étude”

Sur un socle en bois noirci orné de motifs en bronze ciselé et doré repose un groupe en biscuit figurant un fût de colonne dorique supportant le cadran. De part et d’autre se tiennent deux figures : l’Étude et un amour scrutant un globe terrestre (allégorie de la Géographie ?). Un coq chantant couronne le tout.

Pendule portique

Sur une terrasse demi-circulaire en marbre blanc rehaussé de motifs en bronze doré (perles, feuillages) reposent les quatre colonnes de cette pendule formant temple. Le cadran est cerné de motifs allégoriques de l’amour (arc, carquois, guirlandes fleuries) en bronze doré. Sous la colonnade du temple, statuette en biscuit.

Cartel “au Génie”

Sur quatre pieds à console à motifs de feuilles d’acanthe terminés par des têtes de lions, des fleurs et des rinceaux, repose cette pendule de “style Boulle” en marqueterie de cuivre et d’écaille aux ornements en bronze ciselé et doré. La pendule, en forme d’édifice est surmontée d’un dôme couronné par un génie tenant un glaive dans la main droite et un flambeau dans la main gauche. Le devant de la caisse est orné d’un motif en bronze ciselé et doré figurant la Vérité assise sur un char chassant l’hérésie sous la forme de serpents.

Mouvement à sonnerie, cadran en bronze doré et émail orné au centre d’un masque du soleil, en bas d’une plaque en émail avec l’inscription Mynuel à Paris.

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Cartel au Génie. Époque : début XVIIIe siècle Mouvement : Mynuel à Paris

Cartel “à la gure de Chronos”

Pendule de style Boulle en vernis, marqueterie de cuivre et d’écaille. Elle affecte la forme d’un édifice avec socle à cul de lampe, pieds à console, archivolte avec dôme surmonté d’une figure en bronze ciselé et doré représentant le Temps. Le devant est orné d’un masque surmonté d’une coquille à enroulements.

Cartel “à l’Atlas”

Sur un piétement amovible en marqueterie de laiton et d’écaille repose cette pendule également de “style Boulle” ornée de motifs en applique de bronze ciselé et doré. Ils figurent des pieds et des consoles feuillagés. La pendule de forme architecturée est surmontée d’un dôme couronné d’une figure représentant Atlas. Le devant de la caisse est orné d’un motif en bronze ciselé et doré représentant Hercule et Eurysthée.

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Cartel à l’Atlas. Époque : Louis XIV

 

Les 2 pendules de l’appartement des chasses

Aménagé sous le Second Empire pour le prince Impérial (1856-1879), cet appartement de trois pièces (salon, chambre et cabinet) se situe à proximité du Grand Appartement de l’Impératrice. Orné de peintures à sujet cynégétique (principalement Les Chasses de Louis XV d’Oudry, mais aussi des tableaux de Desportes, Bachelier, Nicasius…) il est meublé avec des créations de la n du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Dans la chambre, outre le lit livré par la maison Fourdinois pour le prince et utilisé par lui jusqu’à l’âge de cinq ans, figure un exceptionnel tapis de la Savonnerie aux armes de France, d’époque Louis XV. Les deux pendules du salon et de la chambre datent du Premier Empire.

Pendule “l’Astronomie et la Géométrie”

Sur une terrasse en marbre griotte ornée d’un bas relief en bronze ciselé et doré repose un socle de même nature entouré de cariatides et orné de figures dans lequel s’inscrit la pendule surmontée d’un globe terrestre et d’un parchemin que saisit l’Astronomie. De part et d’autre, les figures en bronze patiné, représentées debout pour l’Astronomie, assise pour la Géographie sont accompagnées de leurs attributs. Cette pendule a été acquise en 1864 pour le salon du prince Impérial.

Pendule “Vénus endormant l’Amour”

Sur une forte terrasse en marbre vert de mer ornée d’une frise en bronze doré avec un bas relief figurant la toilette de Vénus, repose la pendule sur laquelle s’appuie la figure de la déesse endormant par le son de sa lyre l’amour alangui sur une peau de lion.

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Pendule Vénus endormant l’Amour Époque : Premier Empire Mouvement : Gallé, rue Vivienne à Paris Marque : Lepaute à Paris

Les 9 pendules des petits appartements

Ouvrant de plain-pied sur le jardin de la Reine (actuel jardin de Diane) les Petits Appartements ont été installés à l’emplacement et dans le prolongement des anciens cabinets de Louis XV. Ils constituent des espaces privés, réservés à l’usage de l’empereur Napoléon Ier et des deux impératrices Joséphine, puis Marie-Louise. Leur décor et leur ameublement datent pour l’essentiel du Premier Empire, malgré certaines modifications ultérieures. Quant aux pendules, acquises pour certaines d’occasion auprès des horlogers de l’Empire, elles datent de la n du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle.

Pendule “à la belle endormie et l’Amour”

Sur une terrasse en marbre griotte d’Italie ornée d’une frise en bas relief en bronze ciselé et doré figurant des putti repose la pendule ornée d’une figure montrant une belle endormie et un amour lui lançant un trait au cœur. Cette pendule fut livrée à Fontainebleau le 22 novembre 1804. Le bas relief représente une scène du fameux roman de Bernardin de Saint Pierre, “Paul et Virginie”.

Pendule “en forme de temple”

Sur une forte terrasse en marbre vert de mer repose cette pendule affectant la forme d’un temple à colonnes sommé d’un fronton triangulaire que surmonte un entablement scandé de vases et dominé par une figure de Cérès entourée de ses attributs. En marbre polychrome, cette pendule est ornée de motifs en applique de bronzes ciselés et dorés, de camées. Un camée antique sur le piédestal figure Minerve, il provient de l’important surtout offert par Charles IV d’Espagne à Napoléon lors de l’entrevue de Bayonne.

Pendule “en forme d’autel”

Sur une terrasse en bronze ciselé et doré repose un pendule de même nature figurant un autel. Elle est surmontée d’une coupe en albâtre portée par un groupe sculpté provenant, comme les cinq camées en applique rapportés, du surtout offert par Charles IV d’Espagne à Napoléon lors de l’entrevue de Bayonne.

Pendule “aux figures de Terpsichore et Erato”

Sur un piétement en marbre vert de mer repose la base de cette pendule dissimulée dans un boisseau que supportent deux figures en bronze ciselé et doré représentant Terpsichore et Erato. Cette pendule fut livrée à Fontainebleau le 9 octobre 1809.

Pendule “en forme de portique”

Sur une terrasse en marbre noir ornée d’une frise en bronze ciselé et doré en bas relief à motifs de palmettes, reposent les deux pilastres ornés de bronzes à figures de cariatides de cette pendule affectant la forme d’un portique. Sous le cadran pendent des draperies, au-dessus un couronnement en entablement orné de motifs rapportés en bronze doré.

Pendule “à l’Amour couché sur une corbeille”

Sur un piétement en bronze doré repose cette pendule insérée dans un socle en bronze patiné affectant la forme d’une corbeille. Elle est surmontée par une figure en bronze ciselé et doré représentant un amour vendangeur allongé sur un tertre, le coude droit appuyé sur un monticule, un carquois suspendu à l’épaule et tenant un arc dans la main gauche. Cette pendule fut livrée à Fontainebleau le 28 septembre 1810.

Pendule “à la figure d’Uranie”

Sur un piétement en bronze ciselé et doré repose cette pendule en biscuit à deux figures représentant Uranie regardant les astres et un amour, génie des sciences, appuyé sur un globe en porcelaine de Sèvres. La figure d’Uranie, couronnée d’étoiles, tient dans la main un rouleau. Ce groupe en biscuit fut livré par la manufacture impériale de Sèvres le 26 août 1809 pour le cabinet Particulier du Petit Appartement de l’Impératrice.

Pendule “à la figure du Temps”

Le fort socle en marbre noir orné de bronzes en applique de cette pendule supporte un piétement en bronze ciselé et doré. Cette importante pendule repose sur un piédestal en marbre. Le groupe en bronze patiné représente le Temps embrassant l’Univers sur lequel est assis l’Amour entouré de nuages, montrant l’heure avec une flèche. Le globe supporte le cadran horizontal. À gauche figurent les ruines d’un temple antique et un coq chantant.

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Pendule à la figure du Temps. Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute

Pendule “aux trois Grâces”

Sur un socle circulaire en bronze patiné et doré repose cette pendule en biscuit à trois figures de femmes vêtues à l’antique représentant les trois Grâces. Elles dissimulent l’arbre et portent sur leurs têtes un globe de cristal dans lequel s’inscrit le mouvement tournant de la pendule “squelette”. Le mouvement tournant à sonnerie est marqué “Fait pour S.M. l’Impératrice par Lepaute Oncle et Neveu à Paris 1809”.

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Pendule à la belle endormie et l’Amour. Époque : fin XVIIIe – début XIXe siècle Mouvement : Debay à Paris 2. Pendule en forme de temple. Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute 3. Pendule en forme d’autel. Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute 4. Pendule aux figures de Terpsichore et Erato. Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute à Paris 5. Pendule à l’Amour couché sur une corbeille. Époque : Premier Empire Fondeur : Jean André Reiche (modèle déposé à la bibliothèque impériale le 1er juin 1807) 6. Pendule à la figure d’Uranie. Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute 7. Pendule à la figure du Temps. Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute 8. Pendule aux trois Grâces Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute

La pendule du théâtre impérial

Inauguré en 1857, le Théâtre impérial est un joyau du Second Empire aménagé par l’architecte Hector Lefuel à la demande de Napoléon III pour remplacer l’ancienne Comédie du XVIIIe siècle. Il comporte 450 places réparties sur quatre niveaux pour répondre à la hiérarchie sociale de l’époque. S’y ajoutent la scène, les locaux réservés aux acteurs et machinistes, et l’ensemble des services attenants au théâtre : vestibules, dégagements, escaliers, salons. Cinq années d’études ont été nécessaires pour dessiner les contours d’un projet ambitieux qui rendrait au lieu son éclat d’origine tout en préservant son authenticité. Lancés en 2012, les travaux de la salle ont mobilisé de nombreux artisans, attachés à la restauration des soieries capitonnées, des moquettes fleuries et des ornements peints. Véritable conservatoire des arts décoratifs du Second Empire, le Théâtre impérial est désormais accessible à la visite depuis mai 2014.

Pendule du salon octogonal – salon de l’empereur

Les sièges de la famille impériale, situés au niveau du premier balcon du théâtre, sont précédés par un riche salon octogonal, dit “salon de l’Empereur” coiffé d’un dôme et orné de capitons en soie de couleur “bouton d’or”. Livrée le 23 août 1806 par Lepaute oncle et neveu pour le salon de l’appartement de Madame Mère au château de Fontainebleau, la pendule avec la gure d’Apollon, divinité du chant, de la musique et de la poésie, a été placée à l’occasion de la construction du théâtre sur la cheminée du salon octogonal. Un mémoire du 8 septembre 1806 nous donne une description de l’objet : “une pendule à figures toute en bronze représentant Apollon assis agréablement, tenant une lire dans l’une de ses mains, ayant un pied posé sur une harpe, accompagné d’attributs de musique. Elle a pour pendant une sphère céleste en émail bleu azuré avec des attributs des Sciences et des Arts, les bas-reliefs qui sont dans le socle sur lequel le sujet est posé représentant tous les travaux de ce Dieu. Cette pièce est richement décorée d’ornements analogues, bien réparés, ciselés et totalement dorés au mat. Le mouvement est de la meilleure exécution, à sonnerie d’heure et demi au nom Lepaute à Paris”.

La pendule du secrétaire du cabinet de travail de Napoléon III

Ce cabinet de travail fut créé dans les années 1860 pour l’empereur Napoléon III, qui l’utilisa jusqu’à son dernier séjour à Fontainebleau en 1868. Il constitua pour lui un lieu de travail privilégié. Après la chute de l’Empire, cette pièce fut transformée en salle à manger, destinée à l’usage particulier du président de la République. Au XXe siècle, la pièce fut utilisée par les écoles d’art américaines et par l’INSEAD. Puis à leur départ, dans les années 1980, elle tomba en désuétude, tout comme ses pièces annexes. Suite à une vaste opération de restauration et de restitution, le cabinet de travail de Napoléon III a retrouvé en 2013 son aménagement d’origine et son décor évoquant le confort souhaité par l’Empereur.

Pendule du secrétaire de l’empereur

Communiquant avec le cabinet de l’Empereur, une petite pièce ouvrant sur l’Étang aux carpes était destinée au secrétaire particulier de Napoléon III. Livrée le 23 août 1806 par Lepaute oncle et neveu pour l’appartement du grand maréchal au château de Fontainebleau, la pendule représentant les muses Erato et Therpsicore fut placée sur la cheminée face au bureau du secrétaire. Un mémoire du 8 septembre 1806 évoque : “une pendule à deux figures de femmes debout représentant les muses Erato et Therpsicore, portant ensemble un boisseau où est contenu le mouvement, lequel est à sonnerie d’heure et demie et à quantième de mois et jours de semaine. L’échappement est à repos et à chevilles, le pendule régulateur est composé de cuivre et d’acier pour corriger les effets de la dilatation. La suspension est à couteau, l’ouvrage dans toutes ses parties est traité avec le plus grand soin. Le sujet de cette pièce est posé sur un socle de marbre vert d’Égypte, les figures modelées par un artiste habile sont ainsi que les autres ornements parfaitement bien réparés et ciselés, elles sont muses au vert antique, et le reste des bronzes est doré au mat”.

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Pendule du salon octogonale Salon de l’Empereur Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute

La pendule du salon des Laques d’Eugénie

Le salon des Laques constitue le dernier décor aménagé au château de Fontainebleau sous le Second Empire. Au rez-de-chaussée de l’aile Louis XV, et dans la continuité du cabinet de travail de Napoléon III, l’impératrice Eugénie se fait elle aussi aménager un cabinet de travail en 1868, qu’elle décore comme le musée Chinois et les salons voisins dans le goût asiatique. Cette pièce au caractère précieux est décorée de panneaux de laques peints, de soieries et de petits meubles et objets asiatiques.

Pendule à l’éléphant

Cette pendule disposant d’un mouvement signé Dutertre est entrée au château en 1865. La pendule, en bronze doré et patiné, est posée sur une boîte à musique en marqueterie elle-même rehaussée de bronze doré. Si la pendule date bien du XVIIIe siècle, la boîte à musique en revanche fut certainement ajoutée au milieu du XIXe siècle. Le modèle de la pendule à l’Éléphant apparaît à Paris dans les années 1740 et fut commercialisé particulièrement par les horlogers de la famille Baillon, qui semblent même avoir été propriétaires du modèle pendant une période. Dans le cas de la pendule de Fontainebleau, elle comporte un mouvement de Dutertre, importante famille d’horlogers parisiens active des années 1735 à la fin de l’Ancien Régime. Le choix a été fait de présenter cette exceptionnelle pendule dans le salon des Laques de l’impératrice Eugénie en raison de son caractère exotique, la pendule placée originellement dans cette pièce étant perdue.

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Pendule à l’Éléphant Époque : XVIIIe siècle Mouvement : Dutertre

La pendule de l’appartement intérieur de Napoléon Ier

Dès 1804, Napoléon Ier manifesta le désir d’avoir un appartement distinct des salons d’apparat des Grands Appartements lors de ses séjours bellifontains. Il prit à cet effet possession de l’appartement intérieur aménagé en 1786 pour Louis XVI et en modifia le décor afin qu’il répondît au goût du temps. L’appartement intérieur se décline en une série de salles à l’usage de l’Empereur : chambre, cabinet de travail, salon particulier, salle de bain, salon des Aides de camp et antichambre. C’est dans cet appartement que Napoléon Ier abdiqua le 6 avril 1814.

La pendule fut livrée le 1er frimaire an XIII (22 novembre 1804) par Lepaute pour la chambre à coucher de l’Empereur au château de Fontainebleau. Un mémoire du 15 frimaire an XIII (6 décembre 1804) donne la description suivante : “une pendule dont la boîte est en très beau bois d’acajou, forme de piédestal à jour sur toutes les faces, garnie de ses glaces, retenues par des cadres de bronze dorés au mat. Le mouvement de cette pendule est à sonnerie ; il est à demi-secondes, il marque les quantièmes du mois. Son pendule régulateur est composé : il est très lourd, pour obtenir une grande précision dans la marche de cette pendule ; il y a aussi des arrêts aux remontoirs”.

La pendule se trouve en 1804 dans la chambre de l’Empereur, puis en 1807 et 1810 dans le salon de l’appartement de Prince n°6.

L’horloge du clocher

La chapelle de la Trinité a été dotée, depuis le règne de François Ier, d’un clocher comportant une horloge. Sous Louis XIII, on suréleva la tour de clocher et une nouvelle horloge à trois cadrans fut installée, œuvre de Jean Legaigneur, maître horloger à Paris. L’incendie du pavillon des Armes en 1702 ravagea le clocher et fit même fondre les cloches. L’horloge actuelle date de 1812 et elle est l’œuvre de Jean-Joseph Lepaute. Une inscription portée sur le mécanisme rappelle son installation : “Sous l’Empire de Napoléon le Grand, S.E. le duc de Frioul étant grand maréchal du Palais, S.E. le duc de Cadore, intendant général de Sa Majesté, M. le baron Costaz, intendant des Bâtiments de la Couronne et M. Heurtault, architecte du palais, Jean-Joseph Lepaute, horloger de l’Empereur, a fait cette horloge pour le palais de Fontainebleau”.

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2. L’Horloge du clocher Époque : Premier Empire Mouvement : Lepaute

Informations pratiques

Renseignements

tél. 01 60 71 50 60 ou 01 60 71 50 70

www.chateaudefontainebleau.fr

Le château

Ouverture tous les jours sauf
les mardis et le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.
D’octobre à mars : de 9h30 à 17h Dernier accès 16h15
D’avril à septembre : de 9h30 à 18h Dernier accès 17h15

Les jardins

Ouverture tous les jours.
De novembre à février : de 9h à 17h En mars, avril et octobre : de 9h à 18h De mai à septembre : de 9h à 19h

Tarifs

Entrée:11€-Tarifréduit:9€

Gratuité aux moins de 26 ans et pour tous, chaque premier dimanche du mois.

Accès

Par la route : porte d’Orléans,
porte d’Italie, A6 sortie Fontainebleau SNCF : Gare de Lyon (grandes lignes), station Fontainebleau-Avon puis Bus ligne 1 direction Les Lilas,
arrêt Château

Circuit de visite principal

(Grands Appartements
et Musée Napoléon Ier)
Visioguide en français, anglais, allemand, espagnol, italien, russe, japonais et chinois.
Visioguide enfant (7 – 14 ans)
en français et anglais

Visites commentées

Les Petits Appartements Le musée Napoléon Ier Le Second Empire.

Le week-end et pendant les vacances, le dézonage du pass navigo permet aux détenteurs d’un abonnement
de se rendre en train à Fontainebleau et d’y prendre le bus sans supplément

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