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Construction neuve : 50% d’altérations sur les consommations énergétiques dès la 1ère année

Construction neuve : 50% d’altérations sur les consommations énergétiques dès la 1ère année, d’où le suivi technique…

Construction neuve : 50% d’altérations sur les consommations énergétiques dès la 1ère année

L’association Effinergie a édité un guide sur le principe d’un suivi structuré d’un bâtiment notamment après livraison afin d’entreprendre des mesures de corrections ou d’optimisation énergétique. « SUIVI ET INSTRUMENTATION DES BÂTIMENTS PERFORMANTS »

Destinés aux maîtres d’ouvrages, il insiste sur les hiérarchies en définissant les phases de chacune pour garantir une relation efficace à travers les étapes clés, avant, pendant et après la construction.

En effet, il est fréquent qu’un bâtiment achevé ne puisse procéder de manière efficace aux besoins énergétiques prescrits à la conception. Il doit faire l’objet d’ajustement, ainsi que ses occupants doivent être informés de l’usage en son sein. Il faut environ un an de processus d’instruction pour comprendre à travers les différentes saisons le mode de fonctionnement du bâtiment et ses équipements. Cette étape est crucial puisqu’elle permet, in fine, les dérives de consommations par les utilisateurs, entrainant un inconfort pour eux-même.

A travers plusieurs études, les conclusions montrent jusqu’à 50% de dérapage des consommations la première année, avec notamment des installations solaires de production d’eau chaude sanitaire qui n’avaient rien produit de valorisable pendant cette première année. Seul un suivi rigoureux, la première année, permettra de détecter les écarts, les incohérences, afin de préciser les données pour établir
les corrections ou supprimer ces erreurs. Toutefois, dans certains cas, le suivi dès la première année n’est pas suffisant, certaines particularités constatées et localisées restent encore non résolus deux ans après leur mise en service.

Les conclusions de ces études font apparaître que plus il y a d’utilisateurs impliqués dans la gestion du fonctionnement du bâtiment, plus il y a risque d’anomalies des consommations. A l’inverse, si les utilisateurs ne se sentent pas impliqués, les dérives sont aussi perçues.

Une étude portant sur 211 bâtiments BBC (neufs ou rénovés) réalisée en 2012 par l’Agence Qualité Construction (AQC) à la demande du Ministère de l’Ecologie (DHUP) montre que certains désordres couramment constatés dans les bâtiments neufs peuvent s’amplifier sur des bâtiments performants. Raison de plus pour identifier rapidement les causes de ces altérations et les corriger rapidement.

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Altérations : Identifier à chaque étape : Programmation, Conception, Réalisation, Exploitation.

Phase de programmation… :

Cette phase, en amont du projet, doit permettre de définir les principes du suivi du bâtiment.

– Stratégie de gestion technique :

Connaître le mode de gestion technique prévu pour le bâtiment en question. En phase programmation technique et fonctionnelle d’un bâtiment, les besoins sont identifiés non seulement en termes
d’usage mais aussi en termes d’exploitation et de maintenance. De plus, les orientations fixées sur les modes constructifs, les types d’énergie et les types d’équipements ont une répercussion
importante sur les modes de gestion technique.

* Définir la tache de la mission de gestion technique et identifier les compétences requises pour assurer la surveillance, la maintenance, la supervision, le suivi énergétique du bâtiment. Une
mission assurée par un responsable qui devra être associé en amont durant la phase conception pour que ces contraintes et ses remarques sur la réalisation de sa future mission soient prises en
compte.

* Définir les besoins de communication et d’information pour la gestion technique afin d’optimiser les instruments du bâtiment.

* Définir la durée de planification de la mise en œuvre d’une gestion technique et les besoins, si nécessaire, de formation.

Toutefois, il est possible que cette approche ne soit pas encore définit à ce stade de programmation du projet, il faut donc avant la livraison du bâtiment réfléchir à une organisation permettant
ce suivi technique. A ce propos 3 fonctions sont essentielles :

Ø Surveiller : il s’agit de maintenir les installations en état de fonctionnement, et de minimiser les durées
d’indisponibilité. La gestion technique correspond à de la maintenance corrective ;

Ø Piloter/Superviser : il s’agit de connaître au mieux les fonctionnements, de piloter les installations. La gestion
technique correspond à l’exploitation et à la maintenance préventive ;

Ø Optimiser/suivre l’efficacité énergétique : il s’agit d’optimiser la performance énergétique, d’adapter les
systèmes aux usages et de planifier les améliorations. On parle ici de gestion énergétique.

Ces tâches sont étroitement liées à celle de la gestion administrative, facturation énergétique, frais de fonctionnement.

– Stratégie d’instrumentation :

Complémentaire à la gestion technique du bâtiment, cette stratégie permet de gérer l’énergie par un suivi des factures, de réduire la consommation à confort identique, d’accompagner la commune
dans ses projets de bâtiments pour optimiser les choix, d’animer des actions de sensibilisation.

En réhabilitation ou sur l’existant, la faisabilité technique doit être approfondie en fonction de la place disponible et des systèmes en place. Il est nécessaire dans ce cas de faire un
diagnostic de l’existant pour savoir comment organiser physiquement le réseau et la collecte d’information par usage et repérer les contraintes techniques. Ce diagnostic peut être réalisé à
l’occasion des études de diagnostic nécessaires avant toute intervention sur du bâti existant.

En logements collectifs, il est par exemple utile de prévoir l’indépendance hydraulique par appartement afin de faciliter le comptage thermique et de prévoir un minimum d’isolation entre
logements si le chauffage est individualisé pour limiter les « vols de chaleur ». Des systèmes comme le CIC (Chauffage Individuel Centralisé) ont été développés en ce sens (ils sont valorisés en
termes de consommation énergétique dans la RT 2012).

Une mission complémentaire peut être donnée à l’équipe de maîtrise d’œuvre pour réaliser la faisabilité technique de l’instrumentation du bâtiment.

– Enjeux d’un suivi :

Les enjeux de suivi seront différents d’un bâtiment à un autre selon :

* La hiérarchisation des postes de consommations (destination d’usage, climat, taille de l’opération),

* La sensibilité des consommations selon le mode d’occupation,

* La comparaison des consommations réelles aux consommations prévisionnelles,

* L’intérêt d’étudier en détail une zone ou un point de consommation particulier soit par leur poids énergétique soit par
leur représentativité,

* La complexité et la fragilité des équipements,

* La répartition des frais de chauffage (pour les logements collectifs).

– Quelles mesures ?

En fonction des enjeux bien identifiés par le maître d’ouvrage, et au-delà de la simple analyse des factures d’eau et d’énergie, un niveau de suivi devra être défini. On peut distinguer 3 niveaux
d’instrumentation auxquels correspond un équipement de suivi plus ou moins complexe :

O Suivi 1er
niveau : une instrumentation strictement réglementaire (suivi des consommations réglementaires) à Sensibilise les
occupants et le gestionnaire

O Suivi 2ème niveau : une instrumentation simplifiée pour un suivi global des flux (flux thermiques, zonage, répartition par usage)
à Caractérise la performance réelle

O Suivi 3eme niveau :
une instrumentation globale avec suivi analytique complet pour le suivi détaillé du fonctionnement des équipements

Le 1er niveau correspond aux obligations réglementaires sur les postes RT, complétées par un suivi d’autres usages non
réglementés (ascenseurs, éclairage extérieur, consommations d‘eau, serveur informatique, chambre froide, ….) et par un zoom sur certaines parties de bâtiment où les enjeux liés à l’occupation
sont importants.

Le 2ème niveau correspond à la séparation des paramètres liés au bâtiment et à l’occupation des paramètres liés à la conduite et
aux performances des équipements. Ce niveau est issu des méthodes de suivi énergétique agrémenté du suivi des paramètres de confort (température et hygrométrie).

Le 3ème niveau correspond à un suivi analytique assez conséquent utilisé ponctuellement pour identifier le fonctionnement de
systèmes innovants ou repérer et corriger des dysfonctionnements techniques importants. A noter qu’il peut être mis en place de façon exceptionnelle ou périodique lorsque des défauts de
fonctionnement des équipements ne sont pas résolus.

Cas particulier des usages mobiliers de l’énergie (électroménager, multimédias, …) : Ces usages de l’énergie doivent a minima être suivis ou évalués globalement pour respecter la RT
(1
er niveau). Ils peuvent être suivis de manière plus ou moins fine dans les 2ème et
3
ème niveaux.

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– Définir le périmètre :

Les enjeux du suivi de chaque usage sont différents d’un bâtiment à un autre. Le périmètre étudié doit être aussi bien réfléchi. Il faudra définir les zones du bâtiment (par étage, par service ou
pôle, etc.) et définir les usages à suivre pour chacune d’entre elles. Si l’opération est importante, tous les bâtiments ne seront pas forcément équipés. Il convient alors de bien définir
l’échantillonnage des bâtiments à retenir. Le bureau d’études thermique peut également être sollicité.

– La Collecte des résultats :

Une fois définie le principe du suivi, ainsi que le périmètre, la collecte et la présentation des résultats.

Plusieurs modes de suivi qui conduisent à des outils de suivi qui peuvent être différents :

* En local :

o Tableau de recueil manuel des consommations par usage et par bâtiment avec analyse par
ratio en interne

o Tableau de recueil informatisé des consommations par usage et par bâtiment avec analyse
par ratio

o GTC (Outil de Gestion Technique Centralisé sur ordinateur18) avec tableau de bord

o Suivi externe par télé-relève (on arrive à environ 10 % d’économie avec ce système)

* En local et consultable à distance :

o GTC avec tableau de bord et recueil des données (poste pour traitement externe)

o GTC avec tableau de bord et alarmes relatives à des profils prévisionnels (traitement
interne continu)

o Suivi externe par télé-relève (on arrive à environ 10 % d’économie avec ce système)

* En externe :

o Analyse à distance par des experts énergéticiens qui rendent compte au maître d’ouvrage
des résultats du suivi et des dérives constatées. Ce service pourra intéresser les petites communes avec peu de personnel qui pourront obtenir des données toutes prêtes et des alarmes sur des
points précis.

o Suivi externe par télé-relève (on arrive à environ 10 % d’économie avec ce système)

Pour gagner du temps et limiter les erreurs de saisie, les solutions de relevage automatique des données (par le biais de compteurs dit “communicants”) peuvent être envisagées sous certaines
précautions.

Le principe de centralisation des données (comptage, températures) vers un système informatique type GTC (gestion technique centralisée) permet d’assurer une exploitation plus facile, voire à
distance, des performances du bâtiment. Les économies de chauffage grâce à un suivi via une GTC sont estimées jusqu’à 20 % et les économies d’électricité jusqu’à 50 %.

– Définir le poste de la gestion technique et le temps mobilisable :

L’instrumentation n’a de sens que si les informations sont facilement accessibles et utilisées quotidiennement pour l’exploitation du bâtiment. Il faut un “manager actif” pour analyser les
résultats et programmer des interventions ou des actions en direction des utilisateurs. Ce manager doit posséder un temps alloué à sa tâche, soutenu par une direction, et une crédibilité
transversale auprès des différents services.

Le mode d’instrumentation et le système de collecte d’information doivent être définis en concertation avec les personnes qui en feront l’exploitation. Il est nécessaire de définir quelle
personne assurera la mission technique et le suivi des performances (consommations et conforts) pour l’analyse et la fréquence des informations collectées. Service technique interne, économe de
flux, exploitant, service externalisé ? La réponse à cette question est dans l’identification des compétences requises pour assurer la surveillance, la maintenance, la supervision et le suivi
énergétique du bâtiment.

Qui ? Avantages Inconvénients
Un service technique interne – Suivi global de tout le patrimoine- Gestion des interventions àprogrammer

– Proximité avec les utilisateurs

– Disponibilité réduite pour chaque bâtiment- Interventions plutôt d’urgence- Besoin de formation à chaque renouvellement de personnel pour éviter la perte d’informations
Une personne sur place (type gestionnaire) – Gestion technique quotidienne- Optimisation possible trèsrégulièrement

– Proximité avec les utilisateurs

– Besoin de formation à chaque renouvellement de personnel pour éviter la perte d’informations
Un exploitant – Vision technique permettant l’optimisation des installations de chauffage et d’ECS – Souvent axé sur le chauffage, les autres postes de consommations ne sont pas ou peu traités- Risque d’avoir peu de contacts avec les utilisateurs finaux
Un BET ou AMO ayant une mission de suivi après la réception – Connaissance de l’historique du  projet- Travail avec les utilisateurs- Suivi global

– Technicité et expertise

– Peu de présence sur site- Nécessité d’un contact étroit avec le maître d’ouvrage
Un service externalise – Données déjà analysées- Peu de connaissance du bâti et de ses caractéristiques sont nécessaires – Peu d’actions directes sur le bâti- Aucun lien avec les utilisateurs
Un Conseiller en Energie Partage – Vision globale du patrimoine- Technicite – Disponibilité réduite pour chaque projet- Relais indispensable pour la mise en place d’actions correctives

à Quelle que soit la personne chargée du suivi, l’outil de suivi (tableau de bord) doit être un outil partagé avec le
maître d’ouvrage (communication des mises à jour ou accessibilité).

La mission de suivi des performances peut être effectuée par une autre personne que celle chargée de la “gestion purement technique”.

– Budget alloué :

Logiquement, plus le niveau de suivi est poussé et plus il sera onéreux. L’investissement financier dans les systèmes de comptage et les prestations intellectuelles pour faire le suivi des
consommations doit être comparé au coût du dérapage des consommations en absence de suivi sur plusieurs années. Cela conduit parfois à limiter les données recueillies et analysées à celles les
plus pertinentes (suivi de factures, relevés des index manuels).

Par ailleurs, dans l’élaboration du budget, il est pertinent d’identifier l’instrumentation stationnaire qui sera présente durant la vie du bâtiment et celle dite mobile qui sera utilisée pour
les campagnes ponctuelles (débits d’air, niveau sonore, qualité de l’air, qualité de l’eau, etc.).

Le coût lié à la maintenance du système d’instrumentation ne doit pas être oublié également (changement de compteurs, vérification de la GTC, maintien de l’accès à distance, etc.).

– Enfin suivi élargi à d’autres paramètres :

Au-delà de l’énergie et de l’eau, il est intéressant de mesurer d’autres paramètres, même ponctuellement, pour une appréciation du confort ressenti par les utilisateurs :

* L’éclairement réel (en lux) pour apprécier le confort visuel même si les mesures indiquent souvent des fluctuations suivant
le positionnement dans la pièce (à rapporter ensuite au facteur de lumière du jour FLJ théorique),

* Le temps de réverbération pour apprécier le confort acoustique,

* Les mesures de qualité de l’air intérieur : régulières pour le dioxyde de carbone (CO2), ou ponctuelles pour les composés organiques volatils (COV), notamment le formaldéhyde et le benzène,

* L’hygrométrie et le suivi des températures qui renseignent sur l’occupation des locaux et le confort thermique,

* La qualité de l’eau (petit kit d’analyse de l’eau),

* L’étanchéité à l’air à N+1, N+3 par exemple pour connaître l’évolution des moyens mis en œuvre suivant le vieillissement
des dispositifs mis en place.

L’appréciation du confort ressenti analysé par l’intermédiaire de ces paramètres peut être complétée par des enquêtes auprès des occupants et du gestionnaire du site (comportements, ressentis et
satisfaction) qui apportent beaucoup d’information sur la pratique réelle du bâtiment.

 

Phase de conception… :

– Définition des consommations théoriques de base :

La sollicitation du maître d’œuvre s’avère primordiale, ainsi dans le cahier des charges de la maîtrise d’œuvre, il faut imposer l’évaluation des consommations théoriques de base du futur
bâtiment qui diffèrent des consommations réglementaires fournies dans le cadre du calcul réglementaire thermique (RT 2012).

Ces valeurs « théoriques », « prévisionnelles » des consommations pour chaque usage peuvent être évaluées en phase conception, à partir d’hypothèses réelles d’occupation et de climat (scénario),
grâce à des logiciels de simulation (consommations de chauffage, rafraîchissement, éclairage, conditions de confort thermique et lumineux). Ces calculs simulent en effet les besoins en chauffage
et rafraichissement du bâtiment en fonction du mode d’occupation, des caractéristiques thermiques de l’enveloppe, de la performance de ses équipements, ainsi que des variations climatiques. Les
hypothèses d’occupation et d’usage seront à fournir précisément à la MOE.

Ces consommations théoriques peuvent servir de points de départ, d’indicateurs avant le démarrage du suivi. Toutefois, un ajustement des consommations est souvent nécessaire pour tenir compte de
l’évolution des conditions d’occupation.

Les économes de flux travaillent beaucoup avec des ratios (ex : kWh/m2 et kWh/DJU) afin de catégoriser leurs bâtiments existants entre eux et d’identifier les plus consommateurs, sur lesquels un
travail d’optimisation est nécessaire.

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* Consommation moyenne annuelle (en kWhEP/m2 SHON et en kWhEP/m3)

* Dépense moyenne annuelle d’énergie par personne (€/personne)

* Consommation d’eau rapportée en L/jour/enfant accueilli (sur un nombre de jours ouverts lissés sur l’année)

* Consommation d’eau d’espaces verts en L/m2 sans distinction de saison

* Etc.

– Contraintes techniques du suivi :

o suivi de certains équipements techniques comme les chaudières et poêles à bois, les
remontées de comptage gaz, le comptage thermique du fréon ou la mesure sur des gros diamètres dont les consommations sont plus délicates à définir.

O périmètre d’instrumentation (zones et usages d’énergie) qui implique parfois une
complexité assez grande et nécessite de le simplifier.

– Définir un plan de comptage :

Le respect de la RT 2012 sur le nombre de compteurs à mettre en place dans chaque bâtiment est un travail délicat et assez complexe sur des bâtiments importants.

Par exemple, les schémas électriques n’ont pas la même architecture que celle visée pour le comptage, ce qui ne permet pas toujours de différencier les usages (éclairage, prise électriques) tels
que demandé.

Il convient de définir précisément avec la maîtrise d’œuvre quel plan de comptage est réellement envisageable par rapport à la règlementation, en fonction de la configuration des installations
(fluides, électricité), des équipements mis en place et du coût que cela entraîne.

– Définition du mode de suivi :

Au cours de l’élaboration du dossier de consultation des entreprises, il sera nécessaire de vérifier avec la maîtrise d’œuvre que les informations suivantes ont bien été intégrées :

* le champ de l’instrumentation (énergie, eau, température, …),

* le plan de zonage et de la répartition des comptages/zone/usage (plan de
comptage),

* le descriptif des compteurs à poser et le lien avec les autres équipements
techniques,

* le calibrage de l’instrumentation,

* le protocole de collecte et de gestion des données.

> Si la mission de suivi est prévue en interne, s’assurer que le personnel en charge du suivi a les compétences nécessaires pour analyser les résultats et déclencher des actions correctives.
Dans tous les cas, il est préférable de prévoir un temps de formation pour une prise en main du bâtiment à sa réception.

Il devra travailler en étroite collaboration avec le bureau d’études durant la phase conception pour bien comprendre le fonctionnement du système de collecte d’informations retenu.

> Si la mission est externalisée, la définition d’un cahier des charges est nécessaire pour définir les attendus en termes de suivi, sa fréquence et la nature des rendus (rapport, graphes,
etc.).

Quelle que soit l’option retenue, il est indispensable de prévoir le maintien de la compétence dans le temps que ce soit par un plan de formations pluriannuelles en interne ou prévu dans
le marché d’externalisation. Cette précaution permettra de garantir le maintien de la performance du bâtiment dans le temps.

Pour les maîtres d’ouvrages qui auront opté pour un suivi niveau 2+, cela évitera le coût important d’une remise en état d’une GTC/GTB laissée à l’abandon.

 

Phase de réalisation… :

Pendant la phase chantier, c’est la maîtrise d’œuvre qui supervisera la mise en place de l’instrumentation. Le rôle du maître d’ouvrage est de veiller à ce que les étapes suivantes soient bien
réalisées.

En début de chantier, la maîtrise d’œuvre va échanger avec les entreprises concernées (Electricité CFO/CFA24, Fluides CVC Plomberie) sur la mise en œuvre du
plan de comptage afin de valider sa faisabilité, et de vérifier la nature des produits et systèmes qui seront installés dans le bâtiment. La maîtrise d’œuvre doit également pointer les limites de
prestation de chaque entreprise afin de garantir le raccordement effectif de tous les composants qui collecteront les informations. Il s’agit d’un travail de synthèse qui doit être fait durant la
phase de préparation de chantier.

Il est conseillé d’associer le futur exploitant et/ou le personnel chargé du futur suivi technique et des performances afin qu’ils se familiarisent avec l’architecture du comptage envisagé et
intègrent plus facilement ce travail de suivi dans leur futur travail d’exploitation du bâtiment.

– Réception des systèmes de suivi des performances et formation :

Les installations nécessaires au suivi seront réceptionnées comme les autres équipements techniques durant les opérations préalables à la réception (OPR).

L’instrumentation doit être une aide à la prise en main du bâtiment. – Si la mission de suivi est externalisée et que la personne désignée est extérieure à la maîtrise d’œuvre, elle doit démarrer
avant la réception du bâtiment pour une meilleure compréhension du système d’instrumentation mis en place et de ses fonctionnalités par le biais d’échanges avec la maîtrise d’œuvre.

– Si la mission est réalisée en interne, le futur exploitant et/ou le personnel technique et/ou le personnel chargé du suivi des performances doivent être présents aux OPR et recevoir une
formation sur l’instrumentation mis en place.

Quel que soit le système d’instrumentation mis en place, l’installateur du matériel doit programmer une formation en présence de la maîtrise d’œuvre, de la maîtrise d’ouvrage et du personnel en
charge du suivi afin de présenter l’interface qui permet de suivre les consommations, de contrôler les consignes de chauffage, rafraîchissement, ventilation, éclairage et autres paramètres dans
le cas d’une GTC (température, alertes, etc.).

Dans le cas d’un accès à distance, le maître d’ouvrage définit les principaux types d’accès au système : accès limité pour une simple visualisation du bâtiment et de ses paramètres (souvent pour
l’AMO QE, ou les utilisateurs) ou plein accès pour modification des paramètres si besoin (pour le gestionnaire, le MOA si besoin).

La maîtrise d’œuvre ne doit pas omettre de fournir, au personnel chargé du suivi, un tableau avec les principaux indicateurs à vérifier en fonctionnement (= les consommations théoriques
prévisionnelles) sur les différents usages de l’énergie et de l’eau et sur les conforts (acoustique, thermique, visuel, etc.) en fonction du niveau de suivi choisi.

– Formation des utilisateurs :

Les futurs occupants, suivant leur degré d’implication (défini en phase conception), doivent être informés sur le fonctionnement optimal du bâtiment et les gestes qu’ils doivent effectuer au
quotidien pour obtenir un environnement confortable tout en maintenant les performances du bâtiment. Il est souhaitable qu’un livret d’accueil utilisateurs25 soit produit par la maîtrise d’œuvre (à demander en mission complémentaire MOE).

Ce livret résumera les principales caractéristiques du bâtiment, présentera les systèmes de chauffage, les actions nécessaires au confort d’été, ainsi que des préconisations en terme de
consommations électriques (éclairage, informatique, etc.).

Pour des logements, le livret d’accueil peut être remis aux locataires au moment de la signature du bail, ou pour les acquéreurs au moment de la signature de l’acte de vente.

Pour les bâtiments tertiaires et d’enseignement, il peut être remis à l’occasion d’une réunion d’information peu de temps après l’installation des utilisateurs.

– Le contrat de performance énergétique (CPE)

Pour les bâtiments tertiaires et collectifs réhabilités, un suivi des consommations énergétiques peut être encadré par un contrat de performance énergétique signé entre le maître d’ouvrage et le
prestataire. Ce contrat permet d’apporter une garantie de performance énergétique (GPE) assurant au propriétaire du bâtiment un niveau de consommation réelle après travaux qui ne dépassera pas
une certaine valeur.

En cas de non atteinte de la performance énergétique garantie, les responsabilités sont recherchées, les prestations défaillantes rétablies, le client est dédommagé sur la base de l’écart entre
la consommation constatée et la consommation garantie.

Cette GPE permet également de sécuriser la demande de prêt auprès d’organismes bancaires si le maître d’ouvrage supporte les investissements et envisage le recours à l’emprunt pour financer ses
travaux.

Le Syndicat du Pilotage et de la Mesure de la performance énergétique a publié un guide gratuit et didactique relatif aux principes d’un plan de mesure et de vérification de la performance
énergétique. Il permet de trouver les termes contractuels appropriés et transparents relatifs à la vérification des économies d’un Contrat de Performance Energétique (CPE).

– Le contrat d’exploitation à intéressement

L’intéressement permet d’intéresser financièrement l’exploitant aux résultats de l’exploitation : il prend à sa charge tout ou partie des surconsommations par rapport à un objectif, et reçoit une
partie des économies engendrées.

La mise en place d’un intéressement nécessite une bonne connaissance préalable des consommations, et la conduite des réglages est obligatoire dans le contrat. Celle-ci peut être difficile à
mettre en œuvre (matériel non adapté, sensibilité des utilisateurs qui n’ont plus accès aux réglages) et nécessite une bonne réactivité de l’exploitant, d’où l’importance du matériel de gestion
technique centralisée (GTC). Il demande également des procédures de contrôle des prestations (par exemple : écarts de températures admissibles) et de systèmes de sous-comptage.

Marché Température à intéressement – P1 annuel corrigé température

Marché Comptage à intéressement – P1 unitaire (chaleur) et quantités réelles

 

Phase d’exploitation… :

Afin que le suivi du bâtiment se réalise dans la durée, il convient de mettre en place une organisation pérenne pour que la personne chargée du suivi soit bien identifiée et que son travail soit
quantifié et valorisé.

Que la mission de suivi des performances du bâtiment se réalise en interne (gestionnaire, référent suivi ou technique) ou en externe (AMO, BET, …), la personne référent au suivi doit être
identifiée par les utilisateurs, son rôle défini (suivi du confort, des consommations, pédagogie, etc.) et sa fréquence de présence sur site connue.

Il sera également intéressant d’identifier la personne chargée du suivi technique, qui peut être la même, mais pas obligatoirement, et de bien différencier son travail de celle qui réalise le
suivi des performances.

Cette identification des rôles de chacun est importante car durant la première année de fonctionnement d’un bâtiment, nombreux peuvent être les réglages à effectuer par le personnel technique (ou les entreprises) ; alors que le personnel chargé du suivi des performances s’attachera plus particulièrement à la vérification
du système de comptage et à l’observation du bâtiment durant cette première année (en lien avec le personnel technique) avant de travailler sur l’optimisation des performances du bâtiment.

Il conviendra également d’identifier parmi les occupants, une personne relais et/ou de mettre en place un comité de suivi afin d’organiser la remontée d’informations auprès du personnel technique
et du personnel de suivi des performances lorsque des actions correctives doivent être engagées.

Dans une démarche qualité, une procédure peut être définie pour indiquer comment et par qui les informations remontent jusqu’au maître d’ouvrage, qui se charge du traitement de la demande
(réponse dans un délai donné), et qui rapporte l’information aux utilisateurs.

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Lorsque le suivi est réalisé en interne, le référent devra être formé par la maîtrise d’œuvre pour qu’il puisse assurer le suivi du bâtiment. Cette action est définie clairement dans sa fiche de
poste ainsi que le temps nécessaire à ce travail (cadrage de sa mission). Il est soutenu par le maître d’ouvrage afin de déclencher facilement l’intervention des entreprises lors de défauts de
fonctionnement. La fréquence de relevés des compteurs peut être calée à une fois par mois. En fonction des relevés et des désordres éventuels, cette fréquence pourra être augmentée, mais en aucun
cas réduite.

Pour valoriser le travail de suivi et les résultats obtenus, un rapport biannuel doit être établi (par saison). Il comprendra les consommations réelles du bâtiment comparées aux indicateurs, les
relevés de température, les autres mesures sur les conforts et les résultats du questionnement des utilisateurs. Il rapportera les alertes éventuelles sur les anomalies constatées et indiquera
les solutions correctives en cours ou réalisées.

Le référent au suivi sera en contact régulier avec la personne relais parmi les usagers pour organiser régulièrement la sensibilisation des usagers au maintien des performances du bâtiment.

La durée de vie des compteurs est limitée, il faut assurer leur remplacement au même titre que les autres équipements techniques pour éviter de perdre des données de suivi. Ne pas négliger non
plus la mise en place de sauvegardes des données et des outils de suivi.

 

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