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Le nucléaire, l’image négative des français contre celle positive des énergies renouvelables

Le nucléaire, l’image négative des français contre celle positive des énergies renouvelables

Le nucléaire, l’image négative des français contre celle positive des énergies renouvelables

Issu du Baromètre IRSN 2016 de la perception des risques et de la sécurité par les Français enregistre une nouvelle fois les mouvements de l’opinion en France sur les questions relatives aux préoccupations sociales et environnementales, à l’expertise scientifique et technique, aux situations à risques, y compris celles découlant de l’usage civil du nucléaire, si trois tendances se dégagent, parmi elles, il en est une dont l’image est plutôt en retrait c’est celle du nucléaire parmi les sources d’énergie et une inquiétude toujours forte liée aux accidents nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima.

Aux yeux des Français, les centrales nucléaires demeurent les installations industrielles les plus susceptibles de provoquer un accident grave ou une catastrophe : plus de neuf Français sur dix estiment qu’un accident dans une centrale nucléaire aurait des conséquences très graves, et la majorité d’entre eux ne souhaiterait pas vivre près d’une centrale nucléaire. Les installations nucléaires font aussi redouter des risques chroniques, soit sur la santé, soit sur l’environnement : doutes sur le fait qu’à proximité des centrales nucléaires les habitants soient en aussi bonne santé et les produits agricoles aussi bons, recul également de l’idée selon laquelle « autour des centrales nucléaires, les habitants sont en aussi bonne santé qu’ailleurs ».

Ainsi, depuis 1982, la proportion de Français qui accepteraient de vivre près d’une centrale nucléaire a diminué de moitié remarquer que la hausse concomitante de la confiance et de la crédibilité (vérité des informations communiquées) se rapporte surtout à des situations ayant trait à la santé, à l’univers médical, à la sphère domestique et à l’univers de vie quotidienne. L’hypothèse du «réflexe légitimiste» pourrait de ce fait être précisée et orientée vers ces situations : le caractère hors norme des attentats terroristes conduirait à relativiser des situations qui ressortent davantage du quotidien et à regarder avec plus de compréhension les questions de confiance et de crédibilité de l’information. Enfin, dans l’hypothèse où les résultats de l’enquête, réalisée juste après les attentats de novembre 2015, traduisent effectivement un « réflexe légitimiste » il conviendra de s’interroger sur sa persistance lorsque les faits qui en sont à l’origine s’estomperont avec le temps. Ce point sera pris en compte pour l’élaboration du prochain Baromètre IRSN 2017.

LES ARGUMENTS POUR ET CONTRE LE NUCLÉAIRE

L’indépendance énergétique, du côté de l’adhésion, et les accidents de Tchernobyl et de Fukushima, du côté de l’opposition, sont les arguments avancés par les Français

L’argument le plus fort en faveur du nucléaire demeure l’indépendance énergétique : cette réponse est choisie par quatre personnes sur dix. Après un score plus élevé en 2012 (c’est-à-dire l’année ayant suivi l’accident de Fukushima), les réponses d’adhésion à cet argument sont revenues depuis 2013 à un niveau proche de ce qu’elles étaient auparavant.

Un autre argument cité en faveur du nucléaire est le coût du kilowattheure, mentionné par un peu moins d’une personne sur cinq. Depuis 2013, cet argument a assez sensiblement reculé (- 7 points). Il convient toutefois de remarquer que le pourcentage observé cette année reste supérieur à ce qu’il était en 2006, 2008 et 2009. Ce recul relatif de l’argument économique peut être analysé comme un contrecoup de la baisse du prix du pétrole qui rend cet avantage moins net. En lien avec cet argument économique, il convient de rappeler la publication en 2012 du rapport de la Cour des comptes sur les coûts de la filière électronucléaire1, qui mettait en avant l’accroissement des coûts présents et futurs de cette lière.

Deux arguments en faveur de l’énergie nucléaire gagnent du terrain depuis quelques années : l’absence d’émission de gaz carbonique et la sûreté des installations nucléaires. L’absence d’émission de gaz carbonique (qui progresse de 3 points en 2015 et de 8 points par rapport à 2012) doit sans doute être interprétée dans la perspective des préoccu- pations des Français au sujet du réchauffement climatique, préoccupations renforcées en 2015 par la tenue de la COP21 à Paris. Par ailleurs, la sûreté des installations nucléaires si elle n’a progressé que de 2 points par rapport à 2014 (un écart non signi catif), elle a toutefois monté de 6 points au total depuis 2011.

Les accidents de Tchernobyl et de Fukushima continuent d’apparaître comme l’argument le plus fort contre le nucléaire : un peu plus d’un Français sur trois retient cet argument. Cependant, il décline sensiblement : baisse de 3 points par rapport à 2014 (ce qui n’est pas statistiquement signi catif) et de 8 points par rapport à 2013. Au total, l’argu- ment des accidents de Tchernobyl et de Fukushima retrouve à peu près le niveau auquel il était avant 2011, c’est-à-dire avant la catastrophe de Fukushima.

Le recul s’effectue au profit principalement d’un argument qui progresse encore, celui des déchets nucléaires. En 2015, plus d’une personne sur quatre estime qu’il s’agit de l’argument le plus fort contre le nucléaire. L’actualité et les débats liés au projet d’enfouissement des déchets radioactifs dans le centre industriel de stockage géologique Cigéo de Bure peuvent en partie expliquer la progression de cet argument depuis deux ans (+ 6 points par rapport à 2013).

LES QUALITÉS ATTRIBUÉES AUX DIFFÉRENTES FORMES D’ÉNERGIE

L’énergie solaire reste l’énergie plébiscitée par les Français, alors que l’énergie éolienne supplante en 2015 l’énergie nucléaire sur les critères économiques.

Le troisième indicateur apportant une évaluation de la place de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique est une question comparant les différentes formes d’énergie et demandant aux Français laquelle correspond le mieux à différentes qualités présentées. Dans ce cadre, les énergies les plus valorisées par les Français sont l’énergie solaire, en premier, suivie de l’énergie éolienne. Sur presque tous les critères, et notamment les critères économiques et environnementaux, ce sont les deux premières énergies retenues. Elles ne sont surclassées que sur le critère de performance, où l’énergie nucléaire est citée en premier.

Le classement des différentes formes d’énergie concorde assez bien avec la précédente réponse à cette question, en 2013. Cependant, il convient de remarquer que l’énergie nucléaire décline et qu’elle est même dépassée aujourd’hui par l’énergie éolienne sur deux critères économiques : l’énergie la moins coûteuse en investissement par kilowatt (baisse de 5 points du nucléaire et hausse de 4 et 5 points, respectivement pour l’éolien et pour le solaire), et l’énergie la moins chère à exploiter par kilowattheure produit (baisse de 3 points pour le nucléaire et hausse de 6 points pour le solaire).

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