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Près de 3 millions de français continuent à boire une eau chargée notamment en polluants agricoles ou en composants toxiques des canalisations

Près de 3 millions de français continuent à boire une eau chargée notamment en polluants agricoles ou en composants toxiques des canalisations

Près de 3 millions de français continuent à boire une eau chargée notamment en polluants agricoles ou en composants toxiques des canalisations

La quasi-totalité des Français peut boire sans crainte l’eau du robinet, mais 2,8 millions de personnes n’ont accès qu’à une eau polluée. Pesticides, nitrates ou plomb… Pour près de trois millions de Français, l’eau du robinet est polluée par ces substances, annonce l’UFC-Que Choisir dans une étude publiée jeudi 26 janvier. L’association de consommateurs a analysé les réseaux desservant les quelque 36 600 communes de France, sur la base de données du ministère de la santé.

De nombreuses raisons militent pour que l’on boive l’eau du robinet plutôt que l’eau en bouteille. Tout d’abord son prix : à 0,4 centime d’euro le litre elle est 65 fois moins chère en moyenne. Sur le plan sanitaire, la consommation de certaines eaux minérales est déconseillée au quotidien du fait d’une trop forte minéralisation. Facile d’utilisation, l’eau du robinet est disponible 24 h sur 24 et ne nécessite pas d’être portée jusque chez soi. Mais c’est sur le plan environnemental que l’eau en bouteille est définitivement surclassée. La fabrication de son emballage plastique génère 360 fois plus de gaz à effet de serre, puis elle parcourt en moyenne 300 km avant d’arriver sur nos tables. Enfin, sa mise à la poubelle génère au niveau national de l’ordre de 150 000 tonnes de déchets d’emballages par an !

Pourtant, malgré ces avantages indéniables, un consommateur sur deux déclare préférer l’eau en bouteille pour sa consommation quotidienne. Pire, cette proportion pourrait encore progresser au désavantage de l’eau du robinet, alors que certains acteurs de l’agro-alimentaire planifient d’augmenter les ventes d’eaux minérales de 10% d’ici 2019.

Au-delà de la pression du marketing, la véritable raison de la désaffection de certains consommateurs tient d’abord au déficit de confiance dont souffre parfois l’eau potable. Alors que les controverses sur les pollutions se multiplient dans les médias, il n’est pas étonnant qu’un consommateur sur cinq1 n’ait pas confiance en l’eau du robinet, notamment du fait d’un manque d’information crédible. Or, sur ce point, on ne peut que déplorer le manque de lisibilité et de pédagogie des informations officielles dont peut disposer concrètement le consommateur sur la qualité de l’eau potable de son réseau.

C’est donc aussi bien pour contrebalancer les annonces alarmistes que pour pallier le déficit d’information, que l’UFC-Que Choisir réédite son analyse de la qualité de l’eau potable, sous la forme d’une carte interactive, accessible gratuitement sur quechoisir.org. A cette occasion, le protocole en est encore amélioré, puisque c’est désormais sur la totalité des 50 critères réglementaires que nous avons analysé chacun des réseaux desservant les 36.600 communes de France.

Cette analyse complète de la qualité de l’eau potable en France, nous permet d’étudier celle-ci au regard de quatre groupes de critères. Le premier groupe est bien-sûr celui des pollutions au cœur des préoccupations des consommateurs. Le deuxième groupe porte sur les défauts du traitement de potabilisation avec notamment la qualité bactériologique de l’eau. Le troisième groupe concerne les caractéristiques naturelles des ressources en eau ou du sous-sol qui peuvent affecter la qualité de l’eau au robinet des consommateurs. Enfin, le dernier groupe concerne les composants des canalisations qui dans certains cas peuvent migrer dans l’eau.

Le constat global est très rassurant : sur l’ensemble des paramètres sanitaires l’eau du robinet est de très bonne qualité, tout au long de l’année pour 95,6 % des consommateurs français. Pour autant, 2,8 millions consommateurs, habitant essentiellement dans de petites communes rurales reçoivent une eau non-conforme. Les pesticides, détectés dans 5% des réseaux de distribution (2271 communes concernées) constituent -et de loin- la première cause de non-conformité de l’eau distribuée à près de 2 millions de consommateurs ! La deuxième place de ce triste palmarès est également décernée à une pollution agricole : les nitrates présents dans 0,8% des réseaux (370 communes) et dans l’eau reçue par plus de 200.000 consommateurs. En troisième place, ce sont les contaminations bactériennes dues aux défauts de traitement ou à la vétusté des installations de potabilisation, rencontrées notamment en zones de montagne. La dernière non-conformité relevée en proportions significatives est une pollution d’origine naturelle : l’arsenic présent dans l’eau de quelques petites communes rurales du Massif Central, des Alpes et des Vosges notamment.

Parallèlement à ce classement, il faut également citer certains composants toxiques des canalisations : plomb, cuivre, nickel et chlorure de vinyle. Mais il faut déplorer que malgré leur toxicité, ces pollutions soient les plus mal mesurées du fait du très faible nombre d’analyses réalisées, mais aussi parce qu’une non-conformité trouvée au robinet d’un consommateur n’est pas représentative du reste du réseau de distribution.

Si à l’échelle de la population française ces différentes pollutions sont limitées, elles restent cependant d’autant moins acceptables que l’alerte est donnée depuis longtemps et que les bons remèdes ne sont toujours pas appliqués. Si l’eau de 96% des consommateurs échappe aux pesticides par exemple, ce n’est pas parce que l’agriculture française aurait amendé ses pratiques : l’utilisation de pesticides a ainsi augmenté de 22% entre 2009 et 2014, ce qui explique que ces molécules soient désormais retrouvées dans 92% des cours d’eau. Non, la véritable raison en est la coûteuse dépollution financée à 87% par les consommateurs et seulement 6% par les agriculteurs !

Quant aux canalisations, si beaucoup de communes échappent à la sanction d’une non- conformité en plomb ou en chlorure de vinyle, ce n’est le plus souvent pas parce que ces problèmes seraient résolus localement, mais plus surement du fait d’un trop faible nombre d’analyses, cause d’une cécité coupable sur l’exposition réelle des consommateurs à ces composants toxiques !

Au vu de ces constats, l’UFC-Que Choisir promotrice d’une consommation responsable, appelle les consommateurs à s’alimenter en eau potable et soucieuse de préserver la ressource aquatique, exige que les Pouvoirs Publics imposent enfin des mesures de prévention. S’agissant des canalisations à l’origine de polluants toxiques, l’UFC-Que Choisir demande un audit national de l’exposition réelle des consommateurs à ces différents composés et, dans le cas du plomb, une aide aux particuliers pour le remplacement des canalisations anciennes.

Une bonne qualité au global qui ne doit pas faire oublier les 2,8 millions de consommateurs lésés

Si l’on ne peut que se réjouir de la forte proportion des consommateurs français -95,6 %- ayant accès à une eau de très bonne qualité, pour autant on ne saurait admettre que 2,8 millions d’entre eux soient oubliés des pouvoirs publics et continuent à boire une eau chargée notamment en polluants agricoles ou en composants toxiques des canalisations. Ce constat est d’autant moins acceptable que pour ces pollutions, l’alerte a été donnée depuis longtemps déjà et les remèdes identifiés.

Or, s’agissant des pollutions agricoles, si l’eau est très majoritairement conforme au robinet, ce n’est pas parce que les agriculteurs ont amendé leurs pratiques, mais parce qu’elle est chèrement dépolluée.

Quant aux canalisations, si beaucoup de communes échappent à la sanction d’une non-conformité en plomb ou en chlorure de vinyle, ce n’est probablement pas parce que ces problèmes sont résolus, mais plus sûrement à cause d’un trop faible nombre d’analyses !

1. Des pratiques agricoles inchangées

Les pollutions agricoles font peser une menace bien réelle sur les ressources en eaux brutes. Ainsi les pollutions en pesticides et en nitrates constituent les premières causes de fermetures de captages en France. S’agissant des nitrates par exemple, dans certaines régions, du fait de l’extension des pollutions, on ne trouve plus d’eau avec des teneurs suffisamment faibles pour continuer à diluer les eaux non-conformes. Les collectivités sont alors obligées d’investir dans des installations encore plus coûteuses de dénitratation.

a) Pesticides : une hausse en lieu et place de la baisse annoncée

Alors que les pesticides sont massivement présents dans les eaux brutes (en 2013, la présence de pesticides est avérée dans 92 % des 2 950 points de surveillance de la qualité des cours d’eau français) et qu’ils constituent la première contamination de l’eau du robinet, les professions agricoles ont à plusieurs reprises mis en avant des initiatives de réduction volontaire de leur utilisation: l’Agriculture Raisonnée et Ecophyto notamment.

Ecophyto constitue l’engagement volontaire le plus récent en matière de réduction des pesticides : lancé en application du Grenelle de l’environnement, sa première version prévoyait en 2008 de réduire de 50 % l’usage des herbicides et fongicides en 10 ans, c’est-à-dire d’ici 2018.

Afin de suivre précisément l’évolution des consommations de pesticides, un indicateur spécifique est alors défini : le NODU (Nombre de Doses Unités). En effet le tonnage des pesticides utilisé n’est pas un bon indicateur car régulièrement des molécules anciennes nécessitant l’application de quantité importantes pour être efficaces, sont remplacées par des molécules nouvelles plus puissantes à plus faibles doses. C’est à cet effet qu’a été développé le NODU, un indicateur qui pondère les quantités de pesticides vendues sur l’ensemble de la France, par le dosage propre à chaque molécule.

Le graphique ci-dessus montre que bien loin de diminuer, l’utilisation des pesticides augmente entre 2009 et 2014. Même lorsqu’on raisonne en moyennes triennales, censées lisser les variations climatiques d’une année sur l’autre, l’augmentation calculée est de 12% sur 4 ans !

Constatant l’échec manifeste d’Ecophyto 1, le Ministre de l’Agriculture Stéphane LE FOLL a annoncé en octobre 2015 la deuxième mouture de ce plan qui prévoit toujours une réduction de 50 % … mais d’ici 2025 et d’ici 2020 une réduction de -25%.

Pourtant à rebours de ces annonces volontaristes, les fabricants de pesticides eux- mêmes semblent craindre une impasse technique. La campagne 2014-2015 par exemple a nécessité des quantités d’herbicides jamais atteintes sur les blés du fait de la progression des résistances des mauvaises herbes aux herbicides. En l’absence de nouveaux herbicides sur les graminées pour les 5 prochaines années, cette situation risque de perdurer. C’est pourquoi, en rupture complète avec les orientations agricoles depuis un demi-siècle, ces professionnels recommandent désormais un retour à des pratiques culturales traditionnelles : labour, changement de dates de semis, rotation des cultures, etc, qui sont précisément les principes sur lesquels reposent l’agriculture intégrée et l’agriculture biologique !

b) Une utilisation toujours aussi massive d’engrais azotés

Deuxième source de pollution de l’eau du robinet : les nitrates. Déjà omniprésents dans les eaux de surfaces (rivières et fleuves) ils s’étendent désormais dans les nappes phréatiques. Ainsi sur le territoire français, les taux de nitrates augmentent jusqu’à 0,5 milligramme / litre et par an dans les nappes phréatiques du Nord, de Normandie, du Bassin Parisien et du Massif Central. La Bretagne est la seule région à voir ses taux baisser significativement, mais elle reste la région où les taux dans les nappes sont les plus élevés en France.

Cette pollution généralisée a valu en 2014 une condamnation de la France par les autorités européennes pour non-respect de la directive nitrates.

Pourtant, là encore des initiatives volontaires, parrainées par les pouvoirs publics français ont été lancées dans l’objectif louable de diminuer l’utilisation des engrais azotés à l’origine de ces pollutions : l’Agriculture Raisonnée et ‘Fertimieux’ notamment.

Le tableau ci-dessus présente la courbe d’évolution des quantités d’engrais azotés vendues en France sur plus de vingt ans rapportées aux surfaces agricoles sur lesquelles ces engrais ont été épandus, pour tenir compte des variations de production selon les années. Or ce graphique montre que dans la pratique, aucune diminution des quantités utilisées n’est constatée (cf. graphique ci-dessus) et que ces mesures volontaires sont des échecs.

c) Les autorités françaises complices des pollueurs

En matière de politique de gestion de l’eau, nombreux sont les documents et positions qui critiquent les Etats membres et notamment la France dans leur mise en œuvre laxiste des obligations environnementales européennes. Les deux dernières positions les plus significatives émanent de la Commission Européenne et de la Cour des Comptes française.

  • Une application à contre-sens des réglementations environnementales

Dans une communication de 2015, la Commission Européenne déplore que les Etats membres n’appliquent qu’a minima les règlementations environnementales européenne et que dans leurs obligations de prévention contre les pollutions diffuses, ils ne recourent qu’à des mesures volontaires. Plus généralement, elle souligne qu’au lieu de mettre l’accent sur la prévention en amont des pollutions par un changement de pratiques agricoles, les Etats membres privilégient de couteux traitements de dépollution.

A l’inverse, la Commission recommande aux Etats membres de ‘’renforcer leurs mesures de base pour lutter contre la pollution diffuse due à l’agriculture’’, sachant ‘’qu’une amélioration significative ne peut être réalisée qu’au moyen des mesures de base obligatoires’’. Elle rappelle que « les mesures de prévention [sont] de loin préférables à un traitement en fin de procédé pour garantir la bonne qualité de l’eau potable, et permettent à la fois d’éviter des retraitements et de protéger l’environnement ».

  • Une aggravation du principe ‘pollué-payeur’

Quant aux coûts engendrés par ces pollutions, la Commission Européenne déplore que le monde agricole en soit quasiment exonéré, ce qui ne l’incite pas à raisonner ses pratiques. Ainsi ‘’la tarification insuffisante des activités agricoles et de leurs dommages entraîne toujours des dommages environnementaux et économiques considérables, par exemple la pollution nécessitant des traitements coûteux’’. Au final cette ‘’absence de récupération des coûts (…) liés à l’environnement, aux ressources et aux infrastructures, ne fait qu’alourdir la facture que devront payer les générations futures’’. La commission recommande au contraire ‘’des mesures incitatives économiques dans le secteur agricole. Une tarification adéquate, (…) favoriserait le choix de cultures ou de systèmes agricoles qui réduisent les coûts de production’’.

Quant à la Cour des Comptes elle souligne une nouvelle fois dans son rapport public de 2015 ‘’l’insuffisante application du principe « pollueur- payeur »’’ et met en cause les choix du législateur, notamment dans sa rédaction du Code de l’Environnement, qui explique « la faiblesse des redevances acquittées par l’agriculture’’

Alors que la ‘’loi du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) (…) prévoit qu’en application des principes de prévention et de réparation des dommages causés à l’environnement, généralement résumés par l’expression «principe pollueur-payeur», les agences de l’eau établissent et perçoivent auprès des personnes publiques et privées des redevances pour pollution de l’eau’’, (…) dans la pratique ‘’les redevances (sont) essentiellement acquittées par les usagers domestiques’’.

La Cour donne l’exemple de la forte augmentation des dépenses imposées par l’effort de mise aux normes des stations d’épuration lors du 9e programme des agences de l’eau (2007-2012). Cette mise aux normes a entraîné une augmentation de 24 % des redevances perçues pour atteindre en moyenne annuelle environ 2,2 milliards d’euros. Or cette hausse est ‘’principalement due à l’augmentation de 25 % des redevances acquittées par les usagers domestiques et assimilés à travers la facture d’eau’’ ! Ainsi en 2013, après cette augmentation, ‘’87 % des redevances perçues par les agences étaient supportées par les usagers domestiques et seulement 6 % par les agriculteurs et 7 % par l’industrie’’ ! (cf. graphique ci-dessous)

2. Composants des canalisations : une absence d’audit et de plan d’action

Si l’on ne peut que regretter l’absence de données fiables permettant de quantifier la population française exposée aux composants toxiques des canalisations, c’est surtout l’absence de plan d’action déterminé de la part des pouvoirs publics pour remédier à ces contaminations qu’il faut déplorer.

a) Le plomb

Il est généralement considéré que jusque dans les années 50, le plomb était largement utilisé aussi bien dans les canalisations dépendant des collectivités que dans les immeubles. Cet usage s’est ensuite raréfié au cours de la décennie suivante pour devenir quasi-proscrit à partir de 1960 (une circulaire ministérielle recommandant de limiter le plomb dans l’eau était en effet parue en 1954). Mais si les canalisations posées depuis sont indemnes de plomb, le problème subsiste pour les canalisations anciennes encore en service.

 Les branchements publics changés avec l’argent des consommateurs

S’agissant des branchements en plomb du domaine public, les autorités organisatrices (mairie, intercommunalités, syndicats de communes), en lien avec les opérateurs d’eau (délégataires, régie), ont effectué leur programme d’éradication des branchements sur le réseau public au cours de la décennie 2003-2013, motivées notamment par le renforcement de la réglementation qui a fait passer la teneur maximale autorisée dans l’eau potable de 25 microgrammes de plomb par litre à 10 microgrammes. On considère que la plupart de ces opérations ont été menées à bien et achevée avant 2013. Il est vrai que ces coûts considérables ont été en partie pris en charge à plusieurs reprises par des agences de l’eau : 254 millions d’euros entre 2002-2006 pour l’Agence Seine Normandie, 66 millions pour l’agence Rhône Méditerranée Corse dont les ressources proviennent à 90% des consommateurs, via la facture d’eau !

 Un manque d’information sur les canalisations privées

Rien de tel en revanche, pour les habitations privées et les copropriétés. En l’absence d’aide ou d’incitation forte des propriétaires à changer les canalisations, on considère qu’un grand nombre d’immeubles anciens possèdent toujours des tuyaux en plomb. Selon l’enquête réalisée en 2012 conjointement par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), la part du parc français concerné par les colonnes en plomb représenterait pas moins de 600.000 logements ! Même si l’eau bue dans tous ces immeubles ne dépasse pas nécessairement la norme maximale en plomb (notamment du fait de la protection apportée par les minéraux qui se déposent sur les canalisations dans les zones où l’eau est ‘calcaire’), il est cependant certain qu’un nombre important de logements restent concernés. Mais en l’absence d’enquête plus poussée, on ne sait pas à ce jour quelle est la proportion ni la localisation des consommateurs exposés à un niveau élevé de plomb dans l’eau du robinet.

 Un coût estimé à 1.000 € par logement

Le coût de changement des canalisations en plomb est estimé par l’Agence Nationale pour l’Habitat (ANAH) à 12-14 000 euros HT pour un immeuble de 16 lots, ce qui représente près de 1 000 euros TTC par logement. Mise à part l’aide que l’ANAH elle-même est susceptible de donner, sous condition de ressources et parmi bien d’autres priorités notamment concernant l’habitat insalubre, les consommateurs ne disposent donc d’aucune aide à la différence des collectivités.

b) Chlorure de vinyle monomère

Selon une estimation des fabricants de canalisations, le réseau apportant l’eau depuis les stations de potabilisation jusqu’aux domiciles des consommateurs se compose pour près de la moitié de canalisations en fonte, de 40% de canalisation en PVC, de 4% en amiante ciment et de 2% en acier/béton. Les canalisations en PVC d’avant 1980 susceptibles de relarguer du CVM représentent d’après les fabricants au moins 5 % du linéaire national, soit pas moins de 50 000 km de conduites !

Or, selon une instruction du Ministère de la Santé, ‘’le taux annuel de renouvellement des canalisations (tous matériaux confondus) est en France de 0,6 %, ce qui n’est pas suffisant pour remplacer les canalisations concernées par le CVM dans des délais compatibles avec les délais de gestion’’ jugés raisonnables.

Face à ce problème, quatre solutions ont été proposées :

o La purge des secteurs des réseaux concernés qui permet d’accélérer la circulation de l’eau et de la renouveler. Mais il s’agit là cependant d’une mesure de court terme qui nécessite d’être répétée très régulièrement.

o Le tubage qui consiste à insérer un tube en matériau neuf de plus petit diamètre à l’intérieur de la canalisation défectueuse.

o Sachant que les teneurs les plus élevées sont observées en fin de réseau à cause des faibles débits d’eau autorisant l’eau à se charger en CVM au contact des canalisations, il a été proposé de raccorder les extrémités de réseau afin de former un maillage permettant une circulation en continu de l’eau dans la canalisation.

o La solution la plus satisfaisante du point de vue sanitaire consiste à déposer et à remplacer complètement les canalisations incriminées. Ces canalisations ayant entre quarante et cinquante ans, il s’agirait alors d’un renouvellement anticipé de canalisations non encore totalement amorties puisque la durée d’amortissement est fréquemment comprise entre soixante et quatre-vingts ans.

Mais en l’absence de données fiables sur la localisation et le niveau d’exposition, aucun plan d’action n’a été défini au niveau national pour éradiquer ces contaminations.

 

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