Browse By

Quelques rappels distinctifs sur le bois pour bûcher attentivement : Humidité, durabilité, classes d’emplois…

Quelques rappels distinctifs sur le bois pour bûcher attentivement : Humidité, durabilité, classes d’emplois…

Quelques rappels distinctifs sur le bois pour bûcher attentivement : Humidité, durabilité, classes d’emplois…

RAPPELS SUR L’HUMIDITÉ DES OUVRAGES EN BOIS

Le bois est un matériau hygroscopique : il réagit à l’humidité, un peu comme une éponge !

Imaginons en effet une éponge trempée : si on la presse à la main, elle perd de l’eau mais reprend sa forme, si on la pose en plein soleil, elle sèche en se rétrécissant.

Le bois réagit de la même manière : très humide à l’abattage, il perd rapidement de l’humidité sans se rétracter jusqu’à 30 % d’humidité (point de saturation des fibres). En-dessous de 30 % d’humidité, il se déforme en fonction de l’humidité :

s’il absorbe de l’humidité : il gonfle et augmente de volume

s’il perd de l’humidité : il se rétracte et perd du volume

L’humidité (H %) se définit ainsi : H % = [(MH – M0) / M0] x 100 avec :

MH la masse du bois à l’humidité H %

M0 la masse du bois anhydre, c’est-à-dire contenant 0 % d’humidité.

Bien sûr (MH – M0) = Meau (masse de l’eau), donc : H % = 100 x (Meau /M0)

eponge-

Principales valeurs de l’humidité du bois

bois venant d’être abattu : 80 à 200 % selon les essences (en effet, H % peut être supérieur à 100 %, il suffit pour cela que Meau > M0, c’est-à-dire que le bois abattu contienne plus d’eau que de bois).

point de saturation des fibres : 30 %

bois en extérieur : 15 à 22 %

charpente : 12 à 14 %

bois en intérieur (meuble, agencement…) : 8 à 12 %

bois anhydre (valeur théorique) : 0 %

Si les conditions dans l’habitation ne sont pas normales (infiltrations d’eau…), ces valeurs peuvent ne pas être justes : un bon diagnostic s’impose avant toute rénovation !

Calcul du retrait d’une section de bois

(Extrait du DTU 31.1)

Par définition, les sections commerciales des sciages sont données à 20 % d’humidité. Pour obtenir la section de calcul, il convient d’appliquer la réduction de section de la manière suivante : pour chaque dimension de section (hauteur h et base b), le coefficient moyen de correction par % de variation d’humidité est β90, c’est-à-dire :

D = Dref x [1 – β90 x (Href – 12)]

Avec : D la dimension recherchée de l’élément à 12 % d’humidité

Dref la dimension (épaisseur ou hauteur) connue de l’élément à Href % d’humidité

β90 = 0,0025 valeur moyenne pour les bois résineux

β90 = 0,0030 valeur moyenne pour le chêne

Par exemple :

Élément en bois résineux dont la section est de 75 x 225 mm à 20 % d’humidité

Épaisseur à 12 % = 75 x [1 – 0,0025 x (20 – 12)] = 73,5 mm

Largeur à 12 % = 225 x [1 – 0,0025 x (20 – 12)] = 220,5 mm

Tous les bois se rétractent en perdant de l’humidité.

Il est donc primordial de bien prévoir quelle sera l’humidité du bois en service et de mettre en œuvre du bois séché à la bonne humidité.

C’est essentiel ! À défaut, le bois risque de se rétracter et de se fendre.

À l’extérieur c’est plus délicat, en été le bois se rétractera plus vite et la variation d’humidité entre l’hiver et l’été sera plus importante qu’en intérieur où l’ambiance est stabilisée.

RAPPELS SUR LES CLASSES D’EMPLOI ET LA DURABILITÉ DES BOIS

Rappels sur la durabilité des éléments et ouvrages en bois

En 2010, le BNBA (Bureau de normalisation du bois et de l’ameublement) a coordonné l’élaboration d’un nouveau référentiel technique français axé sur la maîtrise de la durabilité des ouvrages en bois. Ce référentiel, qui a le statut de « Fascicule de documentation », a pour vocation de définir des règles générales qui peuvent notamment contribuer à homogénéiser les prescriptions en matière de durabilité dans les différents DTU.

Ce référentiel (FD P20-651) est disponible à l’AFNOR. Il introduit de nouveaux outils qui permettent d’interpréter le cadre normatif existant, afin de fiabiliser les prescriptions et de limiter la sinistralité, notamment pour les ouvrages en bois en semi ou pleine exposition aux intempéries.

On y trouve donc une segmentation de la classe d’emploi 3 en deux classes 3a et 3b, ainsi qu’un outil d’affectation de la classe d’emploi à partir de quatre critères :

la conception (drainante, moyenne, piégeante) vis-à-vis de l’écoulement de l’eau

* la massivité du bois (trois plages d’épaisseurs)

la pluviosité

l’exposition au vent de pluie dominant (paramètre fixe)

Massivité

rappels bois7

Pluviosité

Trois zones climatiques ont été définies avec la liste de cantons associée.

Sèche : N < 100 jours

Modérée : 100 ≤ N < 150 jours

Humide : N ≥ 150 jours

rappels bois8

Exposition au vent de pluie dominant

L’affectation de la classe d’emploi est réalisée à partir de deux tableaux très synthétiques. Le premier correspond aux cas courants (bois intégrés en façades de bâtiments : bardages, charpente…).

rappels bois9

Le second couvre les bois situés en pleine exposition aux intempéries.

rappels bois10

Une règle d’allégement du niveau de classe d’emploi sur les zones de façades protégées a été introduite (affectation en classe d’emploi 2 pour toutes les zones protégées par des débords de toiture par exemple).

Le FD P 20-651 comprend également des tableaux affichant la durée de vie atteinte pour un grand nombre d’essences (durabilité naturelle et conférée) en fonction de la classe d’emploi. Mais, à ce jour, aucun DTU n’a encore intégré cette notion de durée de vie.

Rappels sur les classes d’emploi

Les classes d’emploi du bois sont définies dans la norme NF EN 335-2 « Durabilité du bois et des matériaux dérivés du bois – Définition des classes d’emploi – Partie 2 : application au bois massif ». Elles ont pour objet de préciser les risques biologiques auxquels le bois est exposé dans les ouvrages en fonction de sa situation en service, et notamment de son humidité.

Le tableau suivant, extrait de la norme NF EN335-2, précise les cinq classes d’emplois.

rappels bois

Les dessins suivants illustrent des cas courants de chacune des classes d’emploi :

rappels bois1

Classe d’emploi 1 Bois en intérieur, toujours sec (lambris, porte intérieur, parquet…)

rappels bois2

Classe d’emploi 2 Bois en intérieur ou sous abri avec une humidification très ponctuelle (charpente, ossature, bardage ou menuiserie abrités sous un auvent…)

rappels bois3

Classe d’emploi 3.1 Bois extérieur hors sol, humidification fréquente sur des périodes courtes (quelques jours), séchage complet et rapide avant réhumidification (bardages s’ils sont en climat modéré et en conditions peu exposées et relativement drainantes, fenêtres et portes extérieures si elles sont en climat sec ou modéré)

rappels bois4

Classe d’emploi 3.2 Bois extérieur hors sol, humidification très fréquente sur des périodes significatives (quelques semaines), séchage complet mais lent avant réhumidification (bardages, menuiseries extérieures, éléments structurels… en conditions relativement exposées et moyennement drainantes, fenêtres et portes extérieures si elles sont en climat humide)

rappels bois5

Classe d’emploi 4 Hors sol ou en contact direct avec l’eau ou le sol Bois en extérieur en contact récurrent avec le sol et/ou l’eau, voire immergé en eau douce (piquets ou poteaux plantés en terre, solivage de terrasse, retenues de berges…)

rappels bois6

Classe d’emploi 5 Bois en immersion dans l’eau de mer (pieds de ponton ou de jetée en milieu marin) Un bois immergé en eau douce, totalement ou partiellement, est en classe d’emploi 4. La classe d’emploi 5 est réservée aux bois immergés en eau de mer (présence de mollusques : les térébrants marins).

RAPPELS SUR LE BOIS ET LE FEU : UN COUPLE ÉTONNANT

Le bois brûle, c’est indéniable ; c’est même un bon combustible, utilisé comme tel depuis des millénaires.

Pourtant, il résiste bien à l’action d’un incendie : il va continuer d’assurer sa fonction porteuse tant que le feu ne l’aura pas suffisamment consumé ni suffisamment réduit sa section.

Cela est d’autant plus vrai que la couche périphérique carbonisée brûle moins bien et ralentit la vitesse de pénétration du front de carbonisation. Elle protège ainsi l’intérieur non encore brûlé. On observe ce phénomène aussi pour les arbres vivants : après un incendie de forêt, certains arbres brûlés reprennent leur croissance l’année suivante !

Le bois brûle par la périphérie : l’intérieur d’une pièce de bois reste longtemps intact et peut continuer à assurer ses fonctions porteuses pendant une durée qui se calcule.

Quelques réponses sur le bois et le feu

Le bois s’enflamme et se consume

Bien sûr, mais il peut être rendu moins inflammable, voire non inflammable (classement français M1), par un traitement d’ignifugation. Dans ce cas, il brûlera plus lentement et sans dégager de flammes, avec une surface carbonisée qui s’étendra petit à petit.

Le bois ne se dilate pas à la chaleur

C’est un avantage indéniable : en cas d’incendie, il ne sollicite pas davantage les assemblages, contrairement à certaines charpentes métalliques dont les assemblages vont perdre très rapidement leur résistance sous l’action du feu.

Le bois ne dégage que peu de fumées toxiques

Comparé à d’autres matériaux, il dégage très peu de fumées toxiques. Ce sont surtout les produits en plastiques (PVC, polystyrène…) qui sont particulièrement dangereux : beaucoup de gens meurent asphyxiés (et non brûlés) par leurs fumées. Attention toutefois, car les adjuvants présents dans le bois (colles, peintures, traitements…) peuvent rendre ses fumées plus toxiques.

Le bois ne se fend pas sous l’action du feu En effet, il brûle de la périphérie vers l’intérieur des pièces, sans se fissurer.

Le bois est conducteur de chaleur

Au contraire, le bois est très peu conducteur de chaleur. C’est pourquoi l’on peut tenir à la main un bâton en train de brûler ou une cuillère en bois plongée dans de l’eau bouillante. Une porte en bois bien fermée est une bonne protection temporaire contre un incendie dans le volume contigu.

Les pièces de forte section résistent longtemps sous l’action d’un incendie

En effet, l’action du feu sur le bois est lente : les pièces casseront seulement quand le bois aura suffisamment brûlé au point d’être affaibli mécaniquement. Sa vitesse de combustion étant d’environ 1 cm par quart d’heure seulement, il faudra pas mal de temps avant qu’une charpente voie sa section diminuée au point de céder sous la charge qu’elle supporte.

Le bois ne produit pas de particules enflammées

On peut donc rester assez longtemps sous une charpente bois qui brûle avant que des braises ne commencent à tomber.

Le bois : un combustible qui résiste au feu

Le bois combine deux caractéristiques apparemment contradictoires : c’est un bon combustible, mais qui présente une très bonne résistance au feu. C’est un matériau très sûr par rapport à ses métaux qui se déforment et à des plastiques qui fondent. De ce fait, il répond très facilement aux exigences réglementaires de sécurité incendie en vigueur pour les maisons individuelles !

carbonisation bois

One thought on “Quelques rappels distinctifs sur le bois pour bûcher attentivement : Humidité, durabilité, classes d’emplois…”

  1. Pingback: Quelques rappels distinctifs sur le bois pour b...
  2. Trackback: Quelques rappels distinctifs sur le bois pour b...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »