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Pour une meilleure représentation des peuples autochtones de Guyane

Une meilleure représentation des peuples autochtones de Guyane

L’Organisation des Nations Autochtones de Guyane (l’ONAG) interpelle la collectivité territoriale de Guyane.

« La mémoire des Elus responsables dans le dossier APA (Accès aux Partages et Avantages) semble faire défaut »

En effet, alors que la Charte du Parc Amazonien était en préparation, en 2011, le Conseil Régional (C.R) avait délibéré, en prenant comme décision de supprimer de la charte, la nécessité du « consentement préalable des autorités autochtones » pour l’usage des ressources génétiques issues de la biodiversité.

Or, la convention sur la diversité biologique évoque dans son article 8(j), la nécessité d’une reconnaissance de la propriété de la biodiversité aux communautés et aux individus autochtones et aux populations locales ainsi que leur droit à protéger leurs savoirs dans ce domaine.

Ce même article évoque la nécessité de respecter, maintenir et préserver les connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones dans le domaine de la diversité biologique « avec l’accord et la participation des dépositaires de ces connaissances, innovations et pratiques ».

Tout accès aux ressources naturelles de ces communautés ou aux savoirs sur ces ressources doit donner lieu à un accord de la part de celles-ci dans le cadre d’un consentement préalable et informé. Ceci implique, dans les pouvoirs de décisions, et pas uniquement consultatif, les communautés autochtones et locales concernées.

Il y a là, une évidente et pathétique contradiction de la CTG, tant l’essence même d’un pouvoir oligarchique dans son acception idéologique et matérielle est incompatible avec l’esprit et la mise en oeuvre des droits des peuples autochtones en Guyane, qui paient une fois de plus, les pots-cassés dans ce double langage.
La CGT ne représente pas les communautés autochtones.

Il conviendra d’établir les missions des différentes entités impliquées dans la question de l’accès aux ressources et du partage des bénéfices. Sur 117 personnes, 35 personnes identifiées comme Palikur et 14 personnes comme Galibi ont été interrogées durant l’enquête ethnobotanique, soit 41% des personnes interrogées. Les peuples premiers, autrement dit peuples autochtones devraient légitimement être représentées par leurs propres institutions, en tant que détenteurs de savoirs ancestraux traditionnels.

Les peuples premiers ont su accueillir et transmettre ce savoir inaliénable aux descendants venus d’ailleurs.

Infantilisés, marginalisés, voire ignorés, cette communauté de destin subit une nouvelle colonisation, celle du mépris et d’une forme de racisme sur leur propre territoire à travers l’exclusion de la prise de décision collective.

Ainsi sans consulter les communautés autochtones, le C.R a délibéré en prenant la décision de supprimer de la charte la nécessité du consentement préalable des autorités autochtones.

Ce corollaire oblige évidemment que l’IRD préfère avoir à faire uniquement avec la CTG.

Si le PDG de l’IRD souligne les limites opérationnelles que peut induire la demande de consentement des populations dans les travaux de recherche, il lui semble tout à fait justifié de demander le consentement des habitants lors des premiers travaux de recherche sur le terrain. Il lui apparaît beaucoup plus difficile aussi d’imposer aux chercheurs, au stade des études épidémiologiques, de demander un consentement concernant l’éventuelle exploitation commerciale qui pourrait être effectuée par la suite.

C’est vraiment du colonialisme ouvert.

La recherche n’est pas au-dessus de tout. Le fait que le consentement soit « difficile » à recueillir n’est pas une excuse. Cela signifie seulement que la recherche est mal structurée et mal préparée. Ce n’est pas aux participants à la recherche de s’adapter aux contraintes des chercheurs. Le consentement en cas de changement d’utilisation des savoirs et des ressources est un principe de base dans les conventions et déclarations.

Finalement nos représentants sont plus occidentalisés que les occidentaux par cette attitude d’exclusion des premiers habitants de la Guyane qui sont dépositaires des connaissances de la biodiversité, pour la gestion de l’environnement, ainsi que pour le développement d’innovations biotechnologiques.

Pourtant, les représentants de la Guyane gagneraient plus en crédibilité, en efficacité et en sérieux en associant toutes les composantes de sa population détentrices de connaissances dans le domaine de l’environnement, la biodiversité et les innovations biotechnologiques.

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